Le groupe
Biographie :

Xenosis est un groupe de death metal progressif américain formé en 2010 et actuellement composé de : Ken Bullard (guitare / Voidspore, ex-Begravelse, ex-Formless, ex-In The Shrines, ex-Lucifer Goatchrist Fuck, ex-Oriax, ex-Starvation), Gary Marotta (batterie / ex-Archaic Decapitator, ex-Nethereal), Keith Benway (guitare / Voidspore, Fear Apparent) et Travers Kenney (basse) et Sal Bova (chant / Voidspore). Xenosis sort son premier album, "Haunted Skies", en autoproduction en Août 2012, suivi de "Sowing The Seeds Of Destruction" en Juillet 2015, de "Devour And Birth" en Janvier 2018, de "Paralleled Existence" en Octobre 2021, et de "Hermetic Transmutation" en Juin 2026 chez Transcending Obscurity Records.

Discographie :

2010 : "Xenosis" (EP)
2012 : "Haunted Skies"
2015 : "Sowing The Seeds Of Destruction"
2018 : "Devour And Birth"
2021 : "Paralleled Existence"
2026 : "Hermetic Transmutation"


Les chroniques


"Hermetic Transmutation"
Note : 18/20

Nouveau décollage pour Xenosis. Près de six ans après sa dernière sortie, le groupe américain mené par Sal Bova (chant, Voidspore), Ken Bullard (guitare, Voidspore, ex-Formless), Keith Benway (guitare, Voidspore), Travers Kenney (basse) et Gary Marotta (batterie) renouvelle sa collaboration avec Transcending Obscurity Records pour la sortie de son cinquième album, "Hermetic Transmutation".

Le groupe nous plonge immédiatement dans sa complexité musicale avec "Sentient Shapes", première composition à la fois agressive et technique qui oscille entre violence permanente mais saccadée et touches dissonantes infusées au prog pour convaincre, le tout surmonté des rugissements bestiaux. Bien que chaotique, le mélange fonctionne et nous donne envie de secouer le crâne avant de passer à la toute aussi furieuse et travaillée "Prolapsed Twin Entombment" qui lui emboîte immédiatement le pas, forte de son blast dévastateur et de ses harmoniques cinglantes qui comblent les passages les moins explosifs. On notera une voix robotique avant le break massif, puis c’est la longue "Spore Whore" qui prend le relai en proposant une approche encore plus anarchique, multipliant les éruptions féroces mais surprenantes tout en laissant une large place à la maîtrise instrumentale peu importe l’allure, passant par exemple d’un torrent de notes à des palm-mutes épais.

Le groupe nous autorise une pause avec "Engravings For Dyslexic Clairvoyants", interlude d’un peu plus d’une minute assez inquiétant, puis passe à "Rapid Metamorphosis", composition également très longue qui nous matraque dès ses premiers instants et qui ne ralentira la cadence que pour nous proposer quelques riffs groovy à souhait, ainsi qu’un moment assez angoissant suivi d’un passage assez dansant et ses influences jazz. "Sea Of Teeth" prend la suite en s’embrasant sans prévenir, enchaînant les changements de rythme pour frapper en continu et nous tenir en haleine jusqu’à passer à "Altar Of The Hound" qui se veut à la fois plus brute, et encore plus chaotique. Si certains passages sont curieusement mélodieux, d’autres sont clairement pensés pour nous dérouter et briser totalement la rythmique tout en faisant étalage de sa complexité avant de nous diriger vers "No Longer Human", dernière composition qui - sans surprise - va elle aussi nous inonder de frappes toutes plus violentes et virulentes les unes que les autres pour clore l’album en beauté.

Avec des titres denses mais extrêmement travaillés, "Hermetic Transmutation" peut se vanter d’être l’une des sorties les moins accessibles de cette année ! Pour Xenosis, c’est un véritable coup de maître qui va faire sensation chez les amateurs de technicité musicale.


Matthieu
Mai 2026




"Paralleled Existence"
Note : 15/20

Réglés comme des horloges, les Américains de Xenosis nous livrent un album tous les trois ans et comme "Devour And Birth" est sorti en 2018 il est temps pour eux de nous livrer "Paralleled Existence". C'est le quatrième album du groupe qui pratique ce que l'on pourrait qualifier de death metal progressif, donc à la fois technique, mélodique et brutal. Jusqu'à maintenant, le groupe a toujours su développer de bonnes ambiances et ne pas tomber dans le piège de la démonstration malgré une musique pointue, on va voir si ce constat tient toujours avec le petit dernier.

C'est "Entities Yielded Essence Storage (E.Y.E.S.)" qui ouvre l'album et on reconnaît tout de suite la patte du groupe avec un death metal effectivement technique aux structures tortueuses mais toujours emprunt de mélodies. Xenosis blaste pas mal mais ses riffs et leads gardent toujours de quoi accrocher l'oreille et vu le nombre de cassures rythmiques que l'on se prend déjà pendant ces cinq premières minutes, c'est une bonne chose ! Une batterie aux allures de percussions tribales s'installe même en plein milieu du morceau histoire de casser la brutalité assez sauvage de la bête. En un morceau, on passe déjà du coq à l'âne et pourtant Xenosis arrive à maintenir une cohérence constante. "Prophetic Blight" continue sur une voie très technique et balance de mini solis de guitare un peu partout avec là encore des cassures rythmiques dans tous les sens et des riffs plus lourds qui brisent qsuelques vertèbres en passant. On entend d'ailleurs des passages modernes très djent dans l'esprit, une chose à laquelle Xenosis nous avait déjà habitués sur le précédent album. Des passages qui se retrouvent enchaînés avec d'autres bien plus jazzy et qui nous ramèneraient plus chez Atheist pour le coup. C'est un exercice d'équilibriste que le groupe arrive à maintenir pendant les cinquante minutes que dure "Paralleled Existence", on passe d'un death technique old school qui renvoie aux grands anciens de la scène à du death moderne aux senteurs djent avec polyrythmies à gogo en bonus. "Castrato", quant à lui, renvoie à beaucoup de groupes de death technique modernes et se montre un peu plus rouleau compresseur.

Vous aurez compris qu'il y a de quoi faire sur ce nouvel album et que Xenosis ne se prive pas d'aller piocher dans plusieurs scènes différentes pour étoffer ses morceaux. La plupart d'entre eux sont d'ailleurs assez longs et naviguent entre cinq et huit minutes donc attendez-vous à prendre une avalanche de cassures rythmiques sur la tronche. Xenosis a du mal à tenir en place et son death technique à la bougeote et même s'il arrive à garder un minimum d'accroche grâce à des mélodies toujours présentes d'une façon ou d'une autr,e il va quand même falloir s'accrocher un petit peu. Toujours est-il que cette approche mélodique couplée aux riffs de bûcheron et à la brutalité que le groupe n'hésite pas à lâcher permet à "Paralleled Existence" de se montrer assez percutant malgré ses cinquante minutes. L'album ne perd jamais en intensité et quand le groupe décide de lever le pied comme sur "Jenkem Overdose", c'est pour balancer un mid-tempo bien lourd sur fond de tapis de double grosse caisse. C'est une vieille technique très efficace qui permet de remettre vos vertèbres en ordre, d'abord on vous met une série de baffes et ensuite on lâche quelques enclumes pour voir si ça reste en place. Pour ce qui est de la production, ça sonne plutôt bien, c'est propre, clair et assez sec mais ça garde suffisamment de puissance pour ce type de death technique donc ça passe sans problème.

Xenosis nous envoie donc avec "Paralleled Existence" un bon album de death technique et progressif avec tout ce qu'il faut de brutalité, de cassures rythmiques, de polyrythmies et de mélodie. C'est bien équilibré, ça ne perd jamais en intensité et malgré une bonne durée d'une cinquantaine de minutes, le temps ne paraît jamais long donc pourquoi se priver ?


Murderworks
Janvier 2022


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/xenosisband