"The Unyielding Season"
Note : 19/20
La menace est réelle chez Winterfylleth. Deux années seulement après son précédent album, le groupe mené par Chris Naughton (chant / guitare, Atavist), Simon Lucas (batterie, ex-Atavist), Mark Deeks (claviers / choeurs, Ard), Russell Dobson (guitare / choeurs, Necronautical) et Mark Doyle (basse / choeurs, live pour Ard) nous dévoile "The Unyielding Season", son neuvième album, avec l’aide de son nouveau label Napalm Records.
Le groupe attaque sans attendre avec "Heroes Of A Hundred Fields", un premier titre déjà très prenant ou la rythmique massive et les vociférations viscérales se mêlent avec fracas, nous emportant naturellement dans cette tornade de noirceur aussi majestueuse qu’agressive où cohabitent claviers et leads perçants. Le titre marque une courte pause avant de repartir, puis nous mène à "Echoes In The After" qui lui emboîte le pas avec une approche similaire, couplant tonalités imposantes et une maîtrise des mélodies épiques incomparable, comme sur ces envolées enivrantes qui se succèdent. La cadence ralentit pour passer à "A Hollow Existence" et à ses touches lancinantes qui se démarquent lors de l’introduction, et qui teinteront sans mal l’ensemble du morceau tout en le rendant plus sombre, créant un contraste avec le final très doux auquel succède la brutalité de "Perdition's Flame" qui démarre d’un coup et nous emporte dans son tourbillon infernal. La rythmique est également plus pesante, déteignant sur les leads qui deviennent entêtants avant de rejoindre "The Unyielding Season", le morceau éponyme, qui débute de manière bien plus modérée et fait revivre ces tonalités enivrantes et mélancoliques.
Ce titre est de loin l’un des plus apaisants de l’album malgré les hurlements féroces, avec "Unspoken Elegy" qui propose une petite balade acoustique de près de quatre minutes où la guitare et les claviers dansent ensemble jusqu’aux synthétiseurs d’"In Ashen Wake". Si les premiers instants sont très doux, l’arrivée des guitares place une touche menaçante, qui se confirme lorsque la rythmique et les rugissements débutent, et le titre prend des airs de complainte douloureuse mais saisissante avant de revenir à de l’agressivité pour "Towards Elysium". Le son est bien plus abrasif, que ce soit côté rythmique ou harmoniques dissonantes, profitant toutefois d’une pointe plus mélancolique aux claviers avant de finalement rejoindre "Where Dreams Once Grew", autre interlude acoustique mené par la guitare qui débouche sur "Enchantment", reprise de Paradise Lost où le ton est bien plus planant, proposant également du chant clair pour compléter des riffs infusés au doom pour clore l’album, prouvant que le groupe peut aussi s’adapter à la douceur.
J’ai toujours eu une très haute estime de Winterfylleth, car chaque album possède sa propre approche d’un black metal saisissant. "The Unyielding Season" ne fait pas exception, l’album m’a enchanté du début à la fin, et je n’ai pas senti cette heure passer !
"The Imperious Horizon"
Note : 19/20
L’automne arrive chez Winterfylleth. Mené depuis 2007 par Simon Lucas (batterie / spoken
words, Spectral Apparition) et Chris Naughton (guitare / chant, Atavist, Nine Covens),
complété par Nick Wallwork (basse / guitare / choeurs, live pour Arð et Spectral Apparition),
Mark Deeks (claviers / choeurs, Arð) et Russell Dobson (guitare / choeurs, Necronautical) le
groupe anglais collabore à nouveau avec Candlelight Records pour dévoiler "The Imperious Horizon", son huitième album.
"First Light" nous propose une certaine douceur, pour pénétrer dans cet univers mélancolique
avant que "Like Brimming Fire" ne prenne la suite pour nous ensevelir d’un coup sous sa
noirceur. Les grognements du vocaliste rejoignent la déferlante, apportant une touche
sauvage aux sonorités majestueuses qui le reste du groupe développe, aidés par des
claviers imposants qui renforcent le contraste saisissant. Le voyage continue avec
"Dishonour Enthroned" où les musiciens reprennent immédiatement leur vitesse de croisière,
nous emportant avec eux dans leur folle course aux racines old school et à l’atmosphère
épique. Les riffs ralentissent, rejoignant finalement "Upon This Shore" qui alimente la tempête
ravageuse tout en laissant les éléments les plus aériens nous émerveiller avant de nous
dévoiler un son légèrement plus oppressant sur "The Imperious Horizon", où le vocaliste
laisse libre cours à sa fureur.
Un long break planant nous permet de reprendre notre souffle
en compagnie de notes relaxantes, mais la saturation réapparaît pour nous conduire vers "In
Silent Grace" où le combo place d’abord des leads mélodieux avant d’être rejoint par Alan
Averill “Nemtheanga” (Primordial, Dread Sovereign) qui donne au morceau ses tonalités
intenses. Le duo nous guide au travers de ses ténèbres aux accents grandioses, mais "To
The Edge Of Tyranny" renoue avec l’agressivité, proposant une approche plus brute de la
musique du groupe tout en conservant les claviers, puis c’est avec un interlude instrumental
nommé "Earthen Sorrows" que les musiciens nous permettent de reprendre nos esprits dans
le calme. La violence refait surface dès que "The Insurrection" débute, nous replongeant dans
la rage grâce à une instrumentale imposante et aux cris viscéraux, tissant une toile aussi
agressive que majestueuse que l’on retrouve également sur "The Majesty Of The Nightsky",
reprise d’Emperor que le groupe parvient à intégrer à son univers, conservant la férocité de
base de la composition, mais également ses tonalités ténébreuses dans un vibrant
hommage.
On retrouvera également une version alternative d’"In Silent Grace", où Alan Averill
“Nemtheanga” chante seul toutes les parties vocales. Le morceau reste le même, mais sa
voix propose une approche différente de certains passages.
L’aventure de Winterfylleth s’écrit avec une touche majestueuse sur "The Imperious Horizon", dernier digne représentant de la discographie à ce jour. L’album est long, mais il se
savoure comme une véritable épopée rythmée par les musiciens.
"The Hallowing Of Heirdom"
Note : 12/20
Deux années après "The Dark Hereafter", les Anglais de Winterfylleth reviennent cette fois-ci avec un album totalement acoustique nommé "The Hallowing Of Heirdom" chez Spinefarm Records.
Cela est un peu déstabilisant car même si l'on ne peut pas dire que ce groupe soit ultra violent, il y a quand même une grosse différence entre un black metal atmosphérique et de la musique folklorique.
En effet, là, avec cet opus, on tombe dans un univers complètement à part qui ne nous rappelle pas du tout Winterfylleth, et cela pose quand même problème.
Ce que l'on aime, c'est de retrouver l'identité d'un groupe, même s'il a choisi de partir vers autre chose.
Avec "The Hallowing Of Heirdom", on est à des kilomètres de ce que l'on connaît de Winterfylleth.
Les 13 morceaux, essentiellement acoustiques et parfois uniquement instrumentaux ("Embers", "Halgemonath"), ne sont pas mauvais mais ne décollent pas.
Ainsi, même si certains titres nous accrochent plus l'oreille comme "The Shepherd" ou "Elder Mother", on reste sur notre faim.
Ça manque de relief et d'inventivité dans les mélodies pour que cela soit plus intéressant.
Les parties de violon présentes sur quelques morceaux nous procurent heureusement plus d'émotions et nous offrent une certaine mélancolie dans "Frithgeard" et "Latch To A Grave".
On ne s'attendait clairement pas à ce genre de retournement de la part de Winterfylleth.
Il s'agit sûrement pas d'un réel changement dans leur carrière mais d'un album isolé avant de revenir à ce qu'ils font de mieux, mais ce n'était clairement pas leur meilleure idée.
En effet, cet album acoustique n'a rien de transcendant et tourne laborieusement en rond.
"The Dark Hereafter"
Note : 17/20
La fierté du black anglais, Winterfylleth, est de retour avec un cinquième album dans lequel le groupe nous parle toujours de son beau pays.
"The Dark Hereafter" est donc le successeur de "The Divination Of Antiquity" datant de 2014.
Et après écoute de ce nouvel opus, on peut dire que le groupe ne se moque pas de nous et a su relever le défit d'aller toujours plus loin.
On se retrouve avec cinq titres pour une durée totale de 40 minutes d'une grande qualité.
Chaque titre a sa personnalité, avec des riffs lumineux et atmosphériques qui nous racontent une vraie histoire, propre au groupe.
C'est d'une belle richesse et d'une palette d'émotions jamais vues à ce niveau chez le groupe.
Le titre le plus long avec ses plus de 13 minutes, "Green Cathedral", est d'ailleurs une belle démonstration de ces émotions.
On ressent une certaine intimité avec des moments léthargiques et bien prenants.
C'est abouti, sincère et épuré, tout comme le sont les autres morceaux.
La lumière est également présente, avec des éclaircies, comme dans "Les Astray In The Forest Dark" qui est un morceau "positif", uniquement avec du chant clair.
"The Dark Hereafter", le titre éponyme, nous donne une bonne claque avec ses riffs répétitifs mais tellement efficaces qu'ils nous embarquent complètement !
C'est dynamique et bien foutu, ça nous donne envie de bouger.
Dans un style plus sombre et tragique, avec un ton plus grave, "Ensigns Of Victory" marque également des points,
tout comme "Pariah's Path" !
Ce morceau est vraiment bon et d'une justesse et qui nous emmène loin dans l'univers des Anglais.
Winterfylleth nous confirme avec ce "The Dark Hereafter" qu'ils ont toujours leur place en tant que maîtres de leur royaume.
Et d'album en album, ils nous prouvent que l'on peut compter sur eux pour passer un excellent moment !
L'émotion fragile, mise à l'honneur, permet au groupe de se renouveler.
C'est un bon opus qui s'écoute sans fin, pourquoi pas pendant des balades en forêt !
"The Divination Of Antiquity"
Note : 16/20
Les Anglais de Winterfylleth, avec Chris Naughton aux commandes, nous reviennent après un split avec Drudkh, datant de cette année, avec un quatrième album, "The Divination Of Antiquity", chez le label Candlelight Records.
Ils nous présentent ainsi un album avec un son différent de la toute puissance du précédent album, "The Threnody Of Triumph", qui donnait une impression sûrement volontaire de "distance".
On retrouve la marque de fabrique du groupe mêlant le black metal à une musique très atmosphérique.
Cependant, on constate que les titres sont plus rentre-dedans que d’habitude.
Ainsi, "Warrior Herd" et "Whisper Of The Elements" se trouvent être particulièrement violents, sur un ton plus grave.
Bien sûr, ces titres restent également mélodiques et aériens mais dans une moindre mesure.
"The Divination Of Antiquity" et "The World Ahead" nous transportent vraiment avec leurs mélodies épiques dans une belle légèreté, même s'ils sont également rapides.
On peut entendre des passage plus typés doom à certains moments comme dans "Foundation Of Ash" qui oscille entre vitesse et une certaine lenteur.
Bien évidemment, on retrouve toujours des morceaux bien plus aériens et plus atmosphériques avec "A Careworn Heart" et "Pariah’s Path" ou même ambiants dans "Forsaken In Stone".
On a en somme un très bon album qui regroupe les qualités du groupe que l’on avait déjà découvertes, mêlées à d’autres choses qui rendent cet opus encore plus intéressant.
"The Threnody Of Triumph"
Note : 17/20
Avec "The Threnody Of Triumph", Winterfylleth passe un nouveau cap en nous emmenant dans un monde glacial, sur les thèmes de la spiritualité et de la mort.
Les 10 titres de ce nouvel album forment un ensemble parfait et nous livrent un black metal atmosphérique, pagan et méme à certains moments dépressif.
La voix de Chris Naughton se mélange à merveille aux instruments pour créer une belle harmonie.
Sombres et plus directs, "Void Of Light", "A Memorial" et "Glorious Plain" nous interpellent avec une rage froide et agressive.
Deux superbes interludes viennent cependant tempérer cette rage en insufflant de la légèreté.
"The Fate Of Souls After Death" et "A Thousand Winters" sonnent, quant à elles, plus lourdes allant vers le doom atmosphérique, rendant ces titres assez mélancoliques.
Puis prenant aux tripes, "Souls Unbound" dégage une une réelle tristesse... sûrement un des meilleurs moments.
La production cependant est en dessous des albums passés, rendant le son moins agressif et moins percutant,
mais cela est peut-être désiré dans le but de rendre l'ensemble plus planant.
"The Threnody Of Triumph" nous transporte littéralement du début à la fin dans un univers où émotion et rage ne font qu'un.
Le groupe a réussi à créer un album intime et prenant. Certes il mériterait un meilleur mixage, mais cela reste malgré tout un excellent moment pour nos oreilles.
"The Mercian Sphere"
Note : 15/20
"English Heritage Black Metal", c'est la manière dont ils définissent leur musique. "Gateway To The Dark Peak / The Solitary One Waits For Grace" introduit l'album de manière épique et terriblement plaisante. Les chants païens sont de rigueur, mais pas omniprésents, cette subtilité renforce la crédibilité du groupe. En effet, nombreux sont les groupes de pagan / folk qui utilisent à outrance leurs instruments traditionnels, de manière parfois pompeuse. Ici, l'essence de la musique est le black metal, même si des passages ambiants font leur apparition ("The Ruin") ainsi que des mélodies se rapprochant des plus grands airs classiques, je pense notamment à "Children Of The Stones" dont les 5 premières secondes me perturbent à chaque écoute tant je crois entendre un fameux air de Schubert. Similaires à Drudkh ou encore Enslaved, Winterfylleth (Winter Full Moon en anglais traditionnel) est un groupe à écouter, si vous savez apprécier les musiques à ambiance.
De ces pistes musicales se dégagent différentes atmosphères, tantôt guerrières, tantôt reposantes et incitant à la méditation, dans un ensemble clairement Shakespearien.
Au niveau des paroles, il n'est pas étonnant de trouver des récits de batailles et d'événements majeurs de l'histoire anglaise. La nature et les paysages sont également une grande source d'inspiration pour nos quatre patriotes. La plupart des morceaux durent de 5 à 10 minutes, dans une alternance chant clair / chant black / chuchotements et il n'est pas rare de se laisser transporter sans s'en rendre compte et se surprendre à imaginer de lointaines contrées, jusqu'à ce qu'un coup de cymbale vienne vous sortir de votre évasion et vous emmène dans un nouveau voyage.
Un voyage onirique dont on ne souhaite pas nécessairement être extirpé, quand vient sonner le dur glas du silence synonyme de retour à la réalité.