"Unveiled Nightsky"
Note : 14/20
Winter Eternal continue son ascension. Né en Grèce sous le nom Unveiled Nightsky, le projet déménagera en Ecosse en 2018, et commencera à vraiment percer quelques temps plus tard. En 2026, son créateur Stelios “Soulreaper” Makris (guitare / basse / chant), toujours signé chez Hells Headbangers Records, annonce la sortie de son cinquième album, "Unveiled Nightsky".
La batterie a été enregistrée par l’ancien batteur Vagelis “V.Nuctemeron” Felonis (Burial Hordes, Necrovorous…).
"Born Of Winter's Breath" nous plonge immédiatement dans le black metal mélodique glacial du musicien, révélant ses influences old school évidentes et enivrantes dans les harmoniques, mais également très féroces, notamment du côté des parties vocales. Le titre est très direct, et prend un peu trop vite fin à mon goût, mais "Omen Of The Cosmic Order" vient sans attendre prendre sa place, laissant déjà son intro frapper pour charger à son tour tout en dévoilant des touches légèrement différentes, notamment sur le break. La fureur saura retrouver la rythmique en temps voulu pour nous mener à "Nurtured By The Night" où une section hypnotique nous attend avant que la tornade ne reprenne vie à une allure similaire, distillant leads perçants au sein de ses ténèbres. Nous rencontrons à nouveau la quiétude de l’oeil du cyclone, partie en chant clair inclue, puis cède une fois de plus à la saturation qui file vers "Unveiled Nightsky", le morceau éponyme où l'on ressent toujours plus ce son glacial qui nous entoure et nous frappe sans relâche, profitant d’une base brute et agressive.
La fin du titre est marquée par des cris particulièrement intenses, puis c’est avec "Descent Into Hades Embrace" que le musicien nous accorde un temps de répit, puis fait renaître sa rage ancestrale grâce à des touches occultes dissonantes et bien rythmées, mais aussi ce son imposant après une courte pause. Le son est volontairement très sale, presque chaotique, et nous offrira une dernière vague puissante avant de laisser place à "The Deceiver's Tale" qui adopte comme son nom le laisse suggérer une touche de mélancolie, presque même de regret renforcée par les parties vocales plaintives. Le chagrin se teinte de fureur grâce à une partie saccadée et nous envoie vers "Echoes Of A Fallen Crown" qui nous accueille avec une basse entêtante, puis ce sont de nouveaux riffs criards et nostalgiques qui nous attendent, se brisant puis reprenant sous un voile saisissant avant que "Drifting Into The Depths Of Oblivion" ne marque la fin de cet album avec guitare et violon qui s’allient naturellement pour sonner le glas.
Si l’on perçoit d’excellentes idées chez Winter Eternal, rendant hommage aux racines du style, on se rend vite compte que "Unveiled Nightsky" souffre d’un seul mal : il est court. Les morceaux mériteraient plus de développement pour profiter pleinement de leur potentiel.
"Echoes Of Primordial Gnosis"
Note : 17/20
Quatrième album pour le projet Winter Eternal. Né en 2001 sous le nom Unveiled
Nightsky en Grèce de l’esprit de Soulreaper (guitare / chant / basse, Without Guidance,
ex-Nightbreed), le groupe change de nom en 2011 puis se relocalise en Ecosse en 2018.
En 2024, accompagné par V.Nuctemeron (batterie, Burial Hordes, Necrovorous…),
Matthew Dakoutros (violon, Art Of Simplicity) et Hildr Valkyrie (chant, Folkearth,
Folkodia…), le groupe dévoile "Echoes Of Primordial Gnosis" chez Hells Headbangers
Records.
"Echoes of Primordial Gnosis", le premier titre, nous enferme immédiatement dans ce voile de
froideur obscure aux influences old school pendant que les tonalités aériennes se mêlent à
la violence brute. La voix claire donne une teinte inquiétante à la composition qui rejoindra la
lancinante "Two Heavens As One" où les deux voix se répondent et nous emportent jusqu’au
break clair, ajoutant une touche mélancolique qui nous permet de respirer avant le retour de
la saturation. "Battle Cry" débute également dans la lenteur et l’apaisement, mais la rythmique
va évidemment exploser et accueillir des harmoniques entêtantes qui flottent aisément dans
l’air, rappelant des tonalités pagan tout comme sur "The Serpent's Curse" où choeurs
féminins et violons apparaissent, donnant au morceau son atmosphère majestueuse avant
de laisser la violence y régner à nouveau.
"Voices" nous offre un interlude instrumental
relaxant mais relativement morose avant de laisser place à "Bending The Fabric Of Reality" où
blast et saturation réapparaissent pour transformer le titre en complainte infernale ponctuée
de hurlements furieux. On continue avec "Sacrifice For Glory" dont les mélodies tranchantes
collent parfaitement à la rage ambiante, parfois tout de même nuancées par la voix d’Hildr
Valkyrie, très différente de celle de Soulreaper, mais l’album prend déjà fin avec "The
Keeper Of Sorrows" qui charge d’abord à toute allure avant de ralentir et devenir plus douce,
ne reprenant que pour distiller sa peine jusqu’aux derniers instants.
Winter Eternal reste attaché à ses racines old school mélancoliques pour proposer un
black metal impur mais saisissant. "Echoes Of Primordial Gnosis" fait honneur à l’héritage des
années 90 tout en apportant une nouvelle dose de noirceur.
"Land Of Darkness"
Note : 17/20
Winter Eternal nous ouvre les portes de son univers pour la troisième fois. Créé en Grèce
en 2011 par Soulreaper (guitare / chant / basse, Without Guidance, ex-Nightbreed), le
groupe est depuis devenu un one-man band, relocalisé en Ecosse. "Land Of Darkness", son
troisième album, sort en 2021.
Avec l’aide de Matthew Dakoutros (violon / contrebasse, Art Of Simplicity), le groupe reste
dans cet univers black metal qui pioche autant dans la scène grecque que dans des
influences nordiques. Le mélange est brut, tranchant et glacial comme sur "Crossing The
Blackest Skies", le premier titre, mais aussi mélodieux et mélancolique avec "Land Of Darkness", le morceau éponyme. On retrouve cette agressivité mêlée à des sonorités
sombres et saisissantes avec "The Illusive Wings Of Death", un titre pesant qui pioche parfois
dans le DSBM, notamment au niveau du chant, puis "Lord Of False Reality" revient nous
envelopper de cette mélancolie tranchante et désabusée.
Les leads enchanteurs nous
mènent à "Crown Of Stars", un morceau qui crée un contraste entre beauté et violence,
développant des éléments très doux, alors que l’on retrouve la noirceur la plus pure sur
"Faded To Silence", une composition brute et incisive. Avec "Isolation", les influences nordiques
sont à leur paroxysme, proposant ce son froid mais imposant et captivant, qui s’éteindra
avec "Shaped By Grief", une courte instrumentale. La beauté du son sera à nouveau ternie
par l’agressivité de "Dawn Of Flames", une reprise de Gates Of Ishtar, qui sera parfaitement
respectée par le musicien, bien qu’assombrie tout en gardant cette patte old school.
Avec "Land Of Darkness", Winter Eternal nous propose un album de très haute qualité. Le
son old school prend forme entre plusieurs influences brutes complémentaires et glaciales,
ce qui donne un résultat saisissant.
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