Le groupe
Biographie :

Wedingoth est un projet musical basé sur l’ouverture, le mélange des styles, dont le credo revendiqué est l’éclectisme. Il allie la puissance du rock servie par une voix féminine chargée d’émotion, à des nuances atmosphériques invitant au voyage soutenues par une technique orchestrale. En Décembre 2009 est sorti le premier album du groupe : "Candlelight", reçu positivement par la critique. Il s’agit d’un concept album fondé sur une réflexion autour du devenir de l’humanité dans le contexte préoccupant de la dégradation terrestre. Parti depuis automne 2010 à la conquête de la scène, Wedingoth a enregistré son deuxième album "The Other Side" qui est sorti dans les bacs en Mars 2012. A l'été 2013, le groupe s’apprête à rentrer en studio pour élaborer son troisième album, "Alone In The Crowd", qui sortira en Octobre 2016. Steven, le guitariste du groupe, s’est entouré de musiciens formant actuellement le line-up : un batteur, Cyril Broult, une bassiste, Manon Fortin, et une chanteuse, Maud Hernequet.

Discographie :

2010 : "Candlelight"
2012 : "The Other Side"
2016 : "Alone In The Crowd"


Les chroniques


"Alone In The Crowd"
Note : 16/20

Troisième album déjà pour les Français de Wedingoth qui nous délivrent encore une dose de heavy / power prog avec "Alone In The Crowd". Et contrairement à certains groupes, l'étiquette metal n'est pas là pour rien.

Si la mélodie est toujours présente, "Alone In The Crowd Part I" balance d'entrée des riffs assez durs et purement metal, voire même heavy metal, le tout surmonté d'orgue façon Hammond. Petite particularité dans le milieu du metal prog chez Wedingoth, le micro est tenue par une chanteuse et croyez-moi que la surprise va vite s'effacer devant la qualité du chant de Maud Hernequet. Après toute une vague de groupes ayant abusé du lyrique il y a quelques années, ça fait du bien d'entendre une chanteuse qui sait servir les morceaux avec sa voix et qui sait la moduler pour faire passer les bonnes émotions au bon moment. "When The World Collapses" montre lui aussi un visage assez dur avec des ambiances sombres et un côté metal souligné à grands renforts de double grosse caisse et de riffs assassins. Globalement, tout l'album est baigné dans des ambiances sombres, mélancoliques et dures, on est loin du côté joyeux et insoucieux du rock prog par exemple. Mais une fois de plus l'accroche est toujours là et même si certains plans sont assez techniques, Wedingoth ne perd jamais de vue l'efficacité. Un tour de force si on considère la durée de la plupart des morceaux, la plupart tournant dans les huit ou dix minutes, le dernier atteignant même les treize minutes. Rien d'exceptionnel dans le milieu du prog mais on sait que certains se sont cassés les dents en voulant proposer de longs morceaux car, même si c'est assez simple de rallonger la durée d'un titre, c'est une toute autre affaire de proposer quelque chose qui tient la route. Wedingoth y arrive, balançant une collection de morceaux à tiroirs qui, malgré le fait qu'ils nous surprennent plus d'une fois par leurs changements de sonorités ou d'ambiances, ne perdent jamais leur cohérence.

Techniquement, le niveau est assez élevé et n'est jamais utilisé pour épater la galerie, même les soli de guitares sont systématiquement mélodiques et gorgés de feeling. Même si Wedingoth a des racines prog, la démonstration ou les parties trop tordues n'ont pas voix au chapitre. Mais un des gros points forts, c'est cette variété de sonorités et d'ambiances qu'il utilise tout au long de l'album, nous faisant passer d'un metal prog aux accents heavy à une ballade acoustique avec "Sing The Pain" pour nous enchaîner avec "Beyond Their Lies" dont l'entame sent fort le doom / stoner pour poursuivre dans un feeling très pop rock 70's ou encore des passages où le chant de Maud Hernequet adopte des lignes inquiétantes presque fantomatiques ! Des mélanges qui paraissent improbables sur le papier mais qui sonnent sacrément bien sur album. En tout cas, le groupe nous fait voyager pendant l'heure que dure l'album et passe par des émotions assez variées même si on reste dans quelque chose d'assez sombre, je conseille bien évidemment de l'écouter d'une traite tant les morceaux sont tous connectés. Certains passages apportent tout de même un peu de lumière sans jamais verser dans le too much. Niveau son, ça sonne bien aussi, la production est relativement puissante, assez claire pour qu'on entend tout le monde et assez loin des sons en plastique que l'on a tendance à entendre chez la plupart des groupes ces derniers temps peu importe le style pratiqué.

Voilà un troisième album solide, accrocheur, riche, varié mais toujours cohérent et efficace. Si le metal prog est la base, "Alone In The Crowd" se permet d'aller visiter de nombreuses autres terres musicales de belle façon. Si vous avez l'esprit ouvert et que vous êtes prêts à embarquer dans un voyage musical parfois digne des montagnes russes, je vous conseille de jeter une oreille sur ce troisième album de Wedingoth, dépaysement garanti !


Murderworks
Février 2017




"The Other Side"
Note : 12/20

Wedingoth, jeune groupe Lyonnais, m’avait agréablement surprise en 2010 avec "Candlelight", leur premier album. Doux, symphonique sans trop en faire, frais,… bref, j’étais séduite et curieuse d’écouter la suite. Cette suite qui se personnifie en l’an 2012 sous le titre de "The Other Side". Ne nous attardons pas sur la pochette d’un esthétique douteux et similaire en maints points à la précédente, et penchons-nous plutôt directement sur le contenu.

Si "Candlelight" et sa variété avait aussitôt capté mon attention, je ne peux malheureusement pas prétendre qu’il en soit de même avec "The Other Side". Pourtant, il y en a, de bons moments ! La voix de Laure est toujours aussi douce et charmante, et il semble que la demoiselle ait définitivement trouvé son registre (ceci dit, on se prend à souhaiter que l’album soit moins axé sur son timbre, histoire de laisser une part plus belle au reste) ; les influences pop sont aussi présentes qu’auparavant et, tout comme avant aussi, celles-ci adoucissent sans affadir. Et que dire des ambiances qui apparaissent ici et là de manière plutôt surprenante, telle les percussions ethniques sur "Meditation" ou ce détour à la fois chez les Indiens d’Amérique et en Asie sur "Bliss" ? Il y a également la première partie du disque, les quatre titres réunis sous le nom de "The Other Side" : "Requiem", "Death Tunnel", "River Of Souls" et "Salvation". Comme l’indiquent leur dénomination, ces morceaux permettent à l’auditeur de voyager dans un univers onirique, parfois plus éthéré, parfois (légèrement) plus rugueux, parfois teinté de progressif,… Une belle entrée en la matière, donc. Pourquoi alors ne suis-je définitivement pas aussi enthousiaste qu’il y a deux ans ? Tout d’abord, il y a la durée excessive de certains titres, tel "Ever After" à la mélodie entêtante mais dont les minutes s’écoulent sans rien apporter de plus, jusqu’à nous donner envie de passer à la suite sans attendre. Parfois aussi, alors que le groupe était parvenu à éviter de tomber dans les banalités affreusement clichées du metal et du symphonique sur "Candlelight", sur "The Other Side", les Lyonnais n’y échappent pas. Résultat : des pistes sans intérêt aucun, entendues et réentendues mille fois auparavant. Entre la ballade pseudo-obligatoire, le titre "énervé" qui retombe comme un soufflé et les passages mièvres, sucrés à s’en écœurer, il y a de quoi contrarier les bonnes surprises, pourtant bel et bien de mise !

Un album en demi-teinte, ni bon, ni mauvais, mais en tous cas malheureusement ni aussi mature, ni aussi abouti que ce que l’on aurait pu espérer après avoir profité de son très bon prédécesseur. Peut-être en attendions-nous déjà de trop ?


Gloomy
Juillet 2012




"Candlelight"
Note : 16/20

Je connaissais Catharsys, groupe de metal symphonique dont faisaient partie Laure et Steve. A présent, ladies and gentlemen, voici venir Wedingoth ! Ne vous fiez pas au patronyme : non, Wedingoth n’est ni un nouveau groupe de pagan black metal, ni encore la future formation de prédilection qui passera en boucle lors de vos futures soirées batcave. Mais qu’est-ce donc alors, me demanderez-vous. Eh bien… Un mélange subtil entre du rock progressif et de la pop atmosphérique, le tout saupoudré de quelques lignes acérées typiquement metal. Inutile de croire pour autant que Steve et Laure se sont avec Wedingoth totalement éloignés du style de Catharsys, tant l’aspect symphonique de ce nouveau groupe est mis en avant. Ceci dit, il va sans dire que les horizons de ce-dernier sont visiblement beaucoup plus larges, c’est indéniable ! Et bénéfique ! "Candlelight" s’en sort grandi, de par le talent et l’expérience des deux musiciens. Les titres, dont l’intégralité des paroles traite de l’avenir de l’humanité, ne se ressemblent jamais : on passe sans peine du progressif de "Mission" au metal un peu thrash de "From Hell", pour en arriver au rock empli de douceur du titre final, "Candlelight". Et ce en passant tour à tour par les quelques légères sonorités orientales de l’interlude "Mirage", puis par la pop suave et délicate du splendide "Oxygen". Le résultat, loin de paraitre brouillon, nous amène à nous régalez sans retenue par ce disque riche et varié à souhait ! La production (autoproduction, plus exactement, puisque l’entièreté du travail a été accompli par Steve et Laure en personnes) tient très largement la route, et nous permet de profiter de la moindre subtilité. Bref, Wedingoth a effectué du bon travail, pour ce premier opus ! Doux et finement séducteur, voici une bien belle découverte !


Gloomy
Février 2010


Conclusion
L'interview : Steven

Le site officiel : www.wedingoth.com