Le groupe
Biographie :

Originaire de Athènes en Grèce, le groupe de dark metal W.E.B. voit le jour en 2002. Le line-up est alors constitué de Sakis Darkface (chant / guitare), Alan Fall (guitare), Alex G (basse) et Nick Yngve (batterie). Après un premier concert à l'étranger en Bulgarie avec Orphaned Land et avoir signé avec le label Sleaszy Rider Records en 2005, le groupe sort un premier album intitulé "Don't Wake Futility" en Janvier 2006, bien reçu par la presse. Après avoir fait deux clips vidéo pour les titres "Enthorned" et "Blossom Cry" en 2007, un deuxième album, "Jesus Heist", sort en Mai 2008. Il reçoit également de très bonnes critiques, et atteint la huitième place des ventes d'albums metal en Grèce. En 2009, W.E.B. prend la quatrième place du classement des meilleurs groupes de metal grecs de l'année 2008. Le groupe participe ensuite à la tournée "The Great Mass French Tour 2011" avec Septicflesh, Svart Crown et Valet Parn, ainsi qu'au Durbuy Open Air Festival en Belgique en 2011, avant d'entrer en studio enregistrer son 3ème album au Devasoundz Studios à Athènes (Grèce) la même année. Le mixage et le mastering de l'album se fait avec Daniel Castelman du Lambesis Studio en 2012. S'ensuit un EP "My Storm Upon You", sorti le 12/12/12. W.E.B. signe un contrat avec No Regrets Records en 2013 pour son troisième album, "For Bidens", dont la sortie est prévue pour le 13 Mars 2014. Sextus Argieous Maximus arrive à la guitare en 2016, puis Nikitas Mandolas à la batterie en 2017, et enfin Hel Pyre à la basse et au chant en 2018. Le quatrième album du groupe, "Tartarus", est sorti en Novembre 2017 chez Apathia Records.

Discographie :

2006 : "Don't Wake Futility"
2008 : "Jesus Heist"
2012 : "My Storm Upon You" (EP)
2014 : "For Bidens"
2017 : "Tartarus"


Les chroniques


"Tartarus"
Note : 16/20

Si Septicflesh et Rotting Christ sont sûrement ses représentants les plus connus, la scène metal grecque n'a pas à rougir pour autant face à la concurrence et on va parler cette fois d'un autre de ses représentant à savoir W.E.B. (pour Where Everything Begun et non pas Internet hein...) et son quatrième album "Tartarus". Décrit comme étant du metal extrême symphonique, le groupe navigue dans une sorte de black metal mêlant la violences aux orchestrations et aux mélodies épiques.

Après avoir eu droit à un premier court morceau en guise d'introduction instrumentale et orchestrale, c'est le morceau éponyme qui ouvre les hostilités dans un style très dark metal. Des ambiances sombres, menaçantes, les orchestrations en appui, des guitares puissantes qui balancent des riffs simples mais puissants et des arpèges bien dark eux aussi. Si la violence n'est pas propos principal de ce premier véritable morceau, quelques blasts trouvent quand même le moyen de s'inviter et apportent une bonne dynamique qui permet de faire vivre la musique du groupe et ne pas s'enliser dans un tempo lourd du début à la fin, ce qui est plutôt important pour une ouverture d'album. D'ailleurs le format est assez compact puisqu'on tourne souvent aux alentours des quatre minutes, même si certains vont vers les sept ou huit minutes. Globalement, W.E.B. ne mise pas sur la violence à outrance et ce sont les ambiances qui trouvent à s'exprimer la plupart du temps, les blasts ne sont là que pour durcir le propos quand c'est nécessaire. Les plus bourrins risquent donc de ne pas trouver la musique du groupe à leur goût, j'apprécie moi-même mes groupes de metal extrême un peu plus rentre-dedans. Toujours est-il que la qualité est là, que le groupe a fait un énorme travail sur la production, les orchestrations, les arrangements et que globalement c'est plutôt bien foutu dans le genre. On sent les influences de Dimmu Borgir, les sonorités typiquement grecques que l'on peut retrouver d'ailleurs aussi chez Septicflesh et Rotting Christ, mais malgré ça, le groupe affiche sa patte et fait du bon boulot sur ce "Tartarus".

Globalement, l'album est plutôt varié entre les passages black, d'autres limite death, les orchestrations, les passages mélodiques, les riffs bien lourds, il y a de quoi faire et "Tartarus" bénéficie d'un certain dynamisme qui lui permet de varier les ambiances même si cela reste évidemment sombre. J'ai évoqué vite fait la production à l'instant, sachez qu'elle est propre, puissante et qu'elle sied parfaitement au style pratiqué par W.E.B. Tant que nous sommes dans les détails, notons aussi l'apparition sur "Thanatos Part I - Golgotha" de Sotiris Vayenas de Septicflesh évidemment, apportant une ambiance toute particulière avec son chant clair inimitable. A noter que le double digipack ne lésine pas sur le contenu, en plus de l'album on trouve un DVD sur lequel figurent un making of assez intéressant de l'album d'à peu près une demi-heure dans lequel le groupe évoque aussi bien l'enregistrement que la composition ou le concept de l'album, donnant aussi l'occasion de voir que ces gars-là s'impliquent beaucoup dans ce qu'ils font. En plus de ça, on trouve aussi deux lives, un d'une cinquantaine de minutes et un autre d'une demi-heure, et si le son est un peu roots, il est toutefois largement audible et permet de voir que le groupe est carré sur scène.

Avec "Tartarus", W.E.B. signe sûrement son album le plus abouti, le plus travaillé, proposant un metal certes plus axé sur la mélodie et les ambiances que sur la brutalité mais qui propose des ambiances prenantes et un univers bien à lui. Mes goûts personnels me portent vers quelque chose de plus nerveux mais force est de constater qu'il y a eu du boulot sur cet album et que le groupe est un bon représentant du genre.


Murderworks
Août 2018




"For Bidens"
Note : 16/20

W.E.B. : trois initiales pour "Where Everything Begun". C'est le nom de ce groupe grec que j'ai eu l'occasion de découvrir pour la première fois en première partie de Septicflesh au Marché Gare à Lyon, lors de sa tournée du "Great Mass French Tour" en 2011 et dont il m'incombe à présent de chroniquer le dernier opus. Le groupe grec W.E.B. nous présente donc son troisième album "For Bidens" sorti le 31 Mars 2014 chez No Regrets Records. La scène metal grecque semble assez soudée puisque de grands noms issus de cette scène ont travaillé sur l'album : il a en effet été produit par Sakis Darkface et Fotis Benardo (Septicflesh), enregistré au Devasoundz Studios, et mixé et masterisé par Daniel Castelman au Lambesis Studios USA. George Emmanuel (Rotting Christ) s'est occupé de la production des guitares, et Chris Antoniou (Septicflesh, Chaostar) des arrangements orchestraux. Quant aux voix féminines présentes sur l'album, il s'agit de Androniki Skoula (Chaostar) et de Christiana Hatzimihali (Elysion). Rien que ça !! Mais être bien entouré musicalement parlant n'est pas forcément gage de qualité si les bases posées par le groupe ne sont pas déjà solides. Pour savoir ce que vaut "For Bidens", place à l'écoute.

L'album démarre avec "Let There Be Night", un titre à part entière mais qui sert d'introduction à l'album, s'enchaînant avec la piste suivante. "Nightmares In Disguise" est gothique / dark metal au début, et évolue vers un style plus black teinté de death, ponctué d'orchestrations ça et là, avec des atmosphères sombres et gothiques, mais aussi des sonorités electro indus. La voix sombre rappelle celle que l'on retrouve dans la musique gothique, se rapprochant du dark metal, alternant avec le chant "black" plus hurlé de Sakis Darkface. Un solo de guitare apparaît en milieu de piste, apportant des influences death et un côté plus mélodique au morceau. Les parties d'orchestrations ne sont elles pas sans rappeler des groupes comme Septicflesh. Les influences à la Moonspell restent toutefois très présentes sur ce titre pour les passages les plus dark metal. "For Bidens" sonne lui black sympho, alliant black metal et orchestrations à la Dimmu Borgir, sans oublier les choeurs féminins lyriques que l'on peut entendre sur les refrains. Des cris aigus apparaissent également par moments, qui me font penser à Cradle Of Filth et à la voix de Dani Filth. "God Plays Dead" est plus orienté dark / gothique et sonne très (trop?) electro / indus sur la majeure partie du morceau. Bien sûr, le black metal reste présent notamment au niveau du chant dont la voix est à la fois "black", associée à une voix plus sombre issue de l'univers gothique, ce qui n'est pas sans rappeler des groupes comme Moonspell encore une fois. "Eligos" se veut plus violent et ultra efficace, mais reste aussi mélodique, un titre très black symphonique. Ici, le black metal prédomine cette fois, notamment au niveau des parties de batterie blastées et des guitares typiques du genre.

"Crimson Dawn" est un interlude instrumental dominé par le violoncelle, faisant office d'introduction au titre suivant, avec des sonorités orientales. "Prince Of 1000 Frozen Suns" continue donc dans la même veine que la piste précédente et démarre ainsi sur une mélodie et des voix arabisantes. Il reste tout de même principalement un titre de black metal orchestral avec des touches orientales. Les orchestrations se rapprochent cependant fortement de celles de Septicflesh, Chris Antoniou aux commandes oblige. Malgré cela, il n'en reste pas moins un excellent titre, envoûtant. "Malaise" évolue dans un style black / death efficace. Le chant féminin mélodique apparaît sur les refrains, en réponse au chant de Sakis Darkface, pour un duo efficace. Seules les exclamations de la chanteuse "Danger, danger !!" me paraissent de trop, sonnant à la limite du ridicule et assez étrange à l'écoute, venant "gâcher" un peu le morceau dans son ensemble, qui lui est pourtant bien fait et entraînant. "Night Funeral" nous plonge dans un black metal somme toute assez mélodique dans son ensemble tout en restant brutal, principalement sur la deuxième partie du morceau, mais sonne tout de même très gothique / indus dans sa majeure partie.

Les trois dernières pistes représentent une sorte de trilogie, puisqu'il s'agit d'un seul et même titre divisé en trois parties : "Clamor Rex", "Regina Est" et "Regnum Sanguinis". "Clamor Luna Part I : Clamor Rex" est joué uniquement à la guitare acoustique et au violoncelle, accompagné par le chant clair de Sakis Darkface, superbe. "Clamor Luna Part II : Regina Est" démarre de manière assez spéciale, difficilement descriptible, un peu à la manière de la musique de Chaostar (dont Chris Antoniou de Septicflesh fait d'ailleurs partie, ce dernier s'occupant des arrangements orchestraux sur "For Bidens", on comprend ici mieux pourquoi ces influences), pour évoluer ensuite vers un black metal agressif mais mélodique teinté de dark metal gothique. "Regina Est" a un côté très théâtral limite opéra de par son ambiance et la voix de soprano de Androniki Skoula, et se veut plus long que les deux autres parties de "Clamor Luna" puisqu'il s'étend sur près de dix minutes, les variations de style et l'évolution du morceau étant constantes et parfaitement maîtrisées. "Clamor Luna Part III : Regnum Sanguinis" termine cette troisième partie de "Clamor Luna" et par la même l'album sur une sorte d'outro orchestrale où l'on peut entendre une nouvelle fois la voix de soprano d'Androniki Skoula. Une trilogie qui clôt l'album magnifiquement.

"For Bidens" se révèle au final un album très riche et varié, sur lequel on y retrouve tout un panel de styles différents. En effet, chacun des membres du groupe et des musiciens et artistes qui ont travaillé sur cet album y ont apporté leurs touches personnelles et leur expérience musicale, les influences de chacun étant qui plus est bien mises en valeur et réalisées, sans être pour autant une pâle copie de leur propre musique. Ainsi, le "dark metal" de W.E.B. contient aussi bien des éléments black metal, voire black symphonique de par la présence d'orchestrations, que dark metal ou gothique, ou encore de l'electro / indus, le tout associé de manière cohérente et harmonieuse. Le travail de composition et de production lui, est énorme et de qualité. Certains titres se détachent toutefois plus que d'autres, avec certains morceaux un peu un niveau en dessous des autres, mais l'ensemble de l'album se révèle plutôt bon. Certes les fans puristes de black metal auront du mal à s'y retrouver à l'écoute de cet album, mais les personnes plus ouvertes musicalement et qui se retrouveraient parmi les différents genres cités plus haut pourraient fortement apprécier ce groupe et cet album.


Alexandra
Mars 2015


Conclusion
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