Le groupe
Biographie :

Viande est un groupe de death metal originaire de Chambéry, formé en 2013, et actuellement composé de : J (compos, chant, basse / ex-Swarms Of Darkness), B (guitare / Nahar), O (basse / Abyssal Vacuum, Serpens Luminis, Trogne, ex-Lvx Hæresis, ex-Tenebrae Aeternum, ex-Vortex Of End) et I (batterie / Illusive Key, Serpens Luminis, Solitudo Solemnis, Suamanucaedere, Trogne) Viande sort son premier EP en Mars 2015, suivi d'un second en 2017, et de son premier album, "L'Abîme Dévore Les Âmes", en Avril 2022 chez Transcending Obscurity Records, suivi de "Monument Aux Morts" en Juillet 2026.

Discographie :

2015 : "Viande" (EP)
2017 : "À La Mort !" (EP)
2022 : "L'Abîme Dévore Les Âmes"
2026 : "Monument Aux Morts"


Les chroniques


"Monument Aux Morts"
Note : 15/20

Hommage et noirceur pour Viande. Quatre ans après son premier album, le groupe mené par J (chant, ex-Swarms Of Darkness), B (guitare, Nahar), O (basse, Abyssal Vacuum, Trogne, ex-Borgne, ex-Vortex Of End) et I (batterie, Illusive Key, Serpens Luminis, Trogne, ex-Ungfell) renouvellent leur partenariat avec Transcending Obscurity Records pour dévoiler "Monument Aux Morts", son successeur.

Le groupe nous ouvre les portes de l’inconnu ave "Linceul Immense", premier titre d’abord calme mais angoissant d’où commencent déjà à s’échapper des sonorités entêtantes avant l’arrivée de premiers riffs extrêmement lourds, puis les parties vocales caverneuses qui viennent parfois dynamiser une rythmique abrasive. On notera également quelques harmoniques plus douces mais dérangeantes, alternant avec le blast décharné pour nous mener à "Sacrifice Ardent", titre bien plus virulent au premier abord, mais finalement aussi plus malsain, n’hésitant pas à proposer changements de rythme et partie vocales étranges pour compléter l’assaut. Les tonalités hypnotiques se déversent à allure régulière, puis disparaissent pour le break avant de passer à un final explosif, puis à "Germes De Mort" qui vient nous piétiner à son tour et répandre sa crasse auditive par tous les moyens à différentes allures, mais qu’elle soit effrénée ou plus pesante, elle reste toujours présente jusqu’au final agonisant. On enchaîne avec la toute aussi pénible "Monolithe De Chagrin", titre bien plus court mais clairement pas moins accessible qui nous piétine avec dédain et nous montre dès les premiers instants toute sa fougue, et ne ralentissant qu’à de courts instants pour mieux montrer une approche lancinante avec "Cercueil De Vase", secouée par des éruptions régulières.

Les parties lead ne sont pas en reste, distillant des tonalités aussi hypnotiques que dissonantes, mais le final horrifique aura tôt fait de nous terrifier à son tour pour nous emmener à la martiale "Une Cage d’Os" et son introduction plutôt singulière qui finira par fondre entièrement sur nous à bonne allure. Sans grande surprise, les passages les plus lents sont apocalyptiques alors que les plus rapides sont virulents à souhait tout comme sur "L'Esprit Cachot" qui nous grogne au visage et dont on devine sans mal l’odeur de putréfaction avancée à chaque note, chaque frappe et chaque gémissement. Le final disparaît peu à peu dans l’obscurité, et c’est finalement "Austérité Maximum" qui nous accompagne jusqu’à la sortie, non sans laisser ses bruits inquiétants nous hanter une dernière fois, complétés par des voix qui semblent tout droit sorties d’une radio… mais le groupe a prévu un titre bonus, "L'Homme Brasier", qui vient rajouter une couche d’oppression et de douleur à l’allure changeante mais toujours intrigante, nous offrant une dernière occasion de sombrer avec les musiciens.

Le premier album de Viande avait marqué par sa singularité, mais celui-ci le fera par son oppression et sa viscéralité macabre. Je ne recommanderai "Monument Aux Morts" qu’aux oreilles averties, celles qui savent déjà ce que mêler black, death et sludge signifie.


Matthieu
Août 2026




"L'Abîme Dévore Les Âmes"
Note : 16/20

Après deux EPs en 2015 et 2017 ("EP 2015" et "À La Mort !"), Viande revient nous glisser de la crasse dans les oreilles avec son premier album "L'Abîme Dévore Les Âmes". Ces bouchers ne se sont évidemment pas calmés et les règles d'hygiène ne sont toujours pas respectées dans cet établissement décidément bien poisseux.

Pour situer la bête, essayez d'imaginer la brutalité démoniaque et sale d'Incantation mélangée aux accents chaotiques de Portal, le tout parsemé de passages plus lourds flirtant avec le doom et quelques arrangements bruitistes et bourdonnants pour remettre une couche d'extrémisme sonore sur ces douces mélopées. "Les Dents Du Gouffre" ouvre l'album et après quelques secondes de grondements, de cris et autres bruits étranges, c'est un rythme très lourd et lent qui nous accueille avec des riffs qui dégoulinent dans les enceintes tant ils sont crasseux et purulents. L'ambiance est démoniaque, malsaine et même quand les blasts se font entendre, le tout a des airs de perversion musicale. La batterie pose un rythme presque martial sur "Le Ventre Monde" et évoque un mouvement de troupe qui se met en position pour prendre nos tympans d'assaut, une batterie qui se fait d'ailleurs moins frénétique que sur les deux EPs. Les blasts sont toujours présents mais n'atteignent plus les vitesses folles des anciens morceaux. Ce premier album se montre en effet plus rampant, plus sale encore et développe des ambiances malsaines et oppressantes. La violence s'exprime encore mais d'une manière moins frontale et plus vicieuse rendant "L'Abîme Dévore Les Âmes" d'autant plus inquiétant. La production donne cette fois à entendre un son moins caverneux et plus gras qui donne plus de puissance à l'ensemble sans perdre cet aspect très sale encore une fois. Pour le reste, c'est toujours aussi primitif, bestial, morbide et malsain et si Viande a légèrement modifié sa façon de faire, sa musique n'a rien perdu de son extrémisme.

Là où "EP 2015" et "À La Mort !" faisaient régulièrement entendre de grosses accélérations et pas mal de passages très violents, "L'Abîme Dévore Les Âmes" ralentit le tempo et nous balance tout son stock d'enclumes sur la tronche. Les blasts rappellent cette fois ce que l'on pouvait entendre sur les vieux Suffocation avec ce côté locomotive qui vous fonce dessus. Combinés aux riffs dégueulasses et vicelards, cela contribue encore un peu plus à donner un air d'armée des morts qui vous arrive dessus inexorablement. En tout cas, les racines sont clairement old school, vous ne trouverez pas la moindre concession à la modernité par ici. Vous ne trouverez d'ailleurs pas la moindre concession tout court, Viande aime son death metal le plus crasseux, vicieux et malsain possible. Ce groupe ne vous veut pas du bien et vous le fait très vite comprendre ! Les délires noisy reviennent à la charge sur "Le Souffle Des Os" histoire de moudre ce qui reste de vos tympans avant de repartir sur du death chaotique, gras et malsain. Et l'album se termine sur un "Langues De Brume" rampant à souhait qui développe une ambiance encore plus poisseuse et qui vous laisse des coulées de bave toxique dans les enceintes. On sent la haine, le désespoir, le nihilisme d'un groupe dont le patronyme est là pour nous rappeler que nous ne sommes que de la viande justement, un tas de barbaque à peine doué de conscience. Et ce premier album va vous hacher menu, vous broyer les os et vous noyer dans la fange que vos organes liquéfiés auront eux-mêmes créée. Dégueulasse vous dites ? Exactement, comme "L'Abîme Dévore Les Âmes" qui est un album dégueulasse. Mais on aime ça par ici donc on se le met joyeusement dans les cages à miel et on prend un plaisir masochiste à se faire malmener par ce premier album vicieux au possible.

Vous l'aurez compris, Viande n'est pas là pour plaisanter et "L'Abîme Dévore Les Âmes" va aussi dévorer vos tympans et vos enceintes. Si vous aimez votre death metal puissant, crade, malsain, rampant et chaotique, vous devriez jeter une oreille à ce joli glaviot sonore, ça devrait vous parler.


Murderworks
Juin 2022




"Viande"
Note : 13/20

Après Vaginal Cassoulet et Paupiettes, voici Viande. La scène metal française aura bientôt droit à son propre stand de boucherie chez Carrefour... Bon, soyons sérieux. Surtout que Viande n'officie pas dans le grindcore dégueulasse à deux neurones mais dans le death metal crasseux et préhistorique.

Dès les premières secondes, le duo occulte nous plonge dans le tartare. On se trouve projeter en plein milieu du garde-manger putride et infesté de cerbère. Lorsqu'on disait "préhistorique", on ne mentait pas. On ici affaire à du rudimentaire, du sale, du caverneux. Tellement caverneux que les volumes semblent nous parvenir du sous-sol, à travers des millénaires de strates sédimentaires, depuis les tombes des Grands Anciens. Un groupe comme Incantation semble avoir eu un bel impact sur nos deux hommes de Cro-Magnon. Mais la musique de Viande est plus extrême (moins en termes de brutalité pure que de rendu sonore) encore dans sa démarche.

Le mixage est singulier en cela qu'il met en avant la basse et larsens de guitares (ainsi que quelques parties lead). Les riffs de gratte, basiques mais efficaces, sentant le souffre et la mort, tapissent le fond sonore et créent une ombre menaçante et hostile sous ces sonorités abrasives. Les voix, sortent de râles bestiaux, sont profondes, monocordes et installent un climat régressif tout au long de cet EP. La batterie, sous-mixée, l'est un peu trop à notre goût. Si cette particularité semble suivre la logique minimaliste développée par le duo, on sent que c'est un poil exagéré ; un peu plus de puissance ou des effets d'écho auraient pu davantage servir le concept.

Viande, en tout cas, tient quelque chose avec ce premier EP. Une aura s'en dégage, une personnalité se dessine. Malgré un fond classique, la façon dont est tournée la musique de Viande rend le combo intéressant. Cette carte de visite présente un groupe avec une valeur, une vision de l'underground bien définie qui ne demande qu'à se concrétiser, par exemple, sur un album longue durée. La bête a mis le museau hors de sa caverne. Il ne lui reste plus qu'à en sortir totalement pour débuter le massacre. Avis aux carnivores.


Man Of Shadows
Août 2015


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/viande666