Le groupe
Biographie :

Thy Catafalque est un groupe d'avant-garde metal hongrois formé en 1998 à Makó par Tamás Kátai et János Juhász. Tamás Katai forme le groupe avec les compagnons de son groupe précédent, Gort. Dans leurs premières années, le groupe commence par un son black metal. Au fil du temps, il s'éclaircit avec l'ajout progressif d'influences plus électroniques et de musiques expérimentales, créant un son très atmosphérique. En Février 2009, le groupe signe chez le label indépendant Epidemie Records. Ils invitent des musiciens au cours des enregistrements, comme Ágnes Tóth du duo néo-folk The Moon And The Nightspirit. En 2009, le concept-album "Róka Hasa Rádió" sort, basé sur "la relation entre la constante évolution, matière physique solide et massive, et la fragilité des êtres humains et de tous les esprits vivants, à travers les souvenirs d'enfance lointaine et les explications scientifiques de la nature. Renouvelables, les mouvements de rotation du passé et du futur, couleurs, sons, parfums longtemps perdus par une transmission étrange d'une radio intemporelle". L'album dispose d'un mélange de musique instrumentale atmosphérique, d'éléments folkloriques hongrois traditionnels et de black metal, ce qui le rend très expérimental. Il manque de peu de remporter le HangSúly – Hungarian Metal Awards 2009, qui revient finalement à Dalriada. En 2011, le groupe signe chez Season Of Mist. Leur cinquième album, intitulé "Rengeteg", sort le 11 Novembre 2011 en Europe et le 10 Janvier 2012 en Amérique du Nord. C'est le premier album du groupe écrit et enregistré par Tamás Kátai, seul, sans János Juhász. Entre 2012 et Novembre 2014, Thy Catafalque enregistre un nouvel album, "Sgùrr", qui sort finalement le 16 Octobre 2015. En Septembre 2016 sort l'album, "Meta", puis c'est au tour de "Geometria" en Mai 2018, et de "Naiv" en Janvier 2020.

Discographie :

1999 : "Sublunary Tragedies"
2001 : "Microcosmos"
2004 : "Tuno Ido Tárlat"
2009 : "Róka Hasa Rádió"
2011 : "Rengeteg" 2015 : "Sgùrr"
2016 : "Meta"
2018 : "Geometria"
2020 : "Naiv"
2021 : "Vadak"


Les chroniques


"Vadak"
Note : 17/20

Si vous traînez vos guêtres par ici, vous devriez commencer à connaître Thy Catafalque, le projet du très prolifique Tamás Kátai. Il est déjà de retour avec "Vadak" et comme d'habitude avec lui, on ne sait absolument pas sur quoi on va tomber, entre les expérimentations electro, le metal folklorique, voire même carrément le black metal, on sait que tout est possible avec Thy Catafalque. On prend donc son tuba et sa combinaison et on va voir ce qui se cache sous ce nouvel album.

C'est "Szarvas" qui ouvre l'album et ses premières secondes ne laissent pas de doute sur le retour des sonorités electro, même si les grosses guitares ne tardent pas à faire leur apparition. Une fois de plus, on se retrouve interloqué devant ce mélange improbable puisque après deux minutes d'ambiances electro assez aériennes et éthérées et quelques gros riffs, ce sont les blasts qui reviennent nous pilonner la tronche ! Et tout ça avant de partir sur un lead de guitare très mélodique et très beau qui donne là encore une ambiance assez aérienne voire onirique qui ne se retrouve perturbée que par un chant black metal bien arraché. Thy Cataflaque a le don de créer une musique qui nous file entre les doigts et je souhaite bien du courage à la personne qui voudra coller une étiquette là-dessus ! Malgré ce mélange de genres parfois surprenant, ce premier morceau arrive à rester accrocheur et balance des mélodies très efficaces. Et si vous connaissez un peu la musique du bougre, vous savez à quel point il peut être doué dans ce domaine. Les sonorités traditionnelles et folkloriques, quant à elles, font leur retour dès le deuxième morceau, le très catchy et efficace "Köszöntsd A Hajnalt" qui nous fait entendre en plus la bien belle voix de Martina Veronika Horvath que l'on a déjà entendue plusieurs fois chez Thy Catafalque depuis "Geometria". "Gömböc", quant à lui, nous fait entendre autant de mélodies planantes que de rythmiques industrielles, tout ça au milieu de quelques touches traditionnelles et electro. Autant dire que ceux qui ne connaissent pas encore Thy Catafalque et qui n'ont pas l'esprit musical suffisamment ouvert vont faire une attaque en tombant sur "Vadak" !

Comme si ça ne suffisait pas, "Az Ernergiamegmaradas Törvénye" balance de gros blasts sur des riffs carrément thrash et prend encore par surprise ! D'autant que des mélodies presque spatiales arrivent à se frayer un chemin au milieu de ce morceau très énergique et nerveux, créant là encore une ambiance particulière et propre à Thy Catafalque. Le talent de Tamás Kátai pour les ambiances est tel que ce nouvel album ne laisse que peu de place au chant, ou plutôt aux chants puisque entre le chant clair, le chant crié black, les growls et le chant féminin, il y a de quoi faire. Mais ce nouvel album préfère développer ses motifs musicaux et le chant n'intervient que lorsque c'est nécessaire, laissant pour le coup de grandes plages instrumentales poser les ambiances. Le projet évolue clairement dans sa propre sphère et le rapprocher d'un autre artiste ou d'un autre groupe va être bien compliqué. Comme d'habitude, il va falloir enlever ses oeillères et se concentrer sur cette heure de musique aux frontières de je ne sais combien de genres musicaux différents. Il est clair que les métalleux purs et durs vont passer leur chemin, car même si la violence est présente plus d'une fois sur ce nouvel album, Thy Catafalque prend plus d'une liberté avec le metal et part dans son monde. "Vadak" est un objet musical non identifié dans la discographie d'un projet qui en compte déjà un bon paquet. Un album presque éprouvant par sa variété, sa richesse, sa profondeur, qui se termine par "Zuzmara", un morceau magnifique tout en douceur qui permet de redescendre après ce voyage mouvementé.

Thy Catafalque nous envoie avec "Vadak" un album une fois de plus très riche et assez difficile à cerner qui va faire fuir les puristes de tous poils. Le projet ne leur a de toute façon jamais été destiné et si le metal fait partie de ses influences, ce n'en est qu'une parmi beaucoup d'autres. Un fait illustré sur ce nouvel album qui arrive à partir dans tous les sens sans perdre en cohérence pour autant, le talent de composition aidant. Il n'empêche que cette heure en est presque éprouvante par sa richesse, il va donc falloir donner à "Vadak" toute votre attention.


Murderworks
Juillet 2021




"Naiv"
Note : 18/20

Décidément plus rien n'arrête Thy Catafalque ! Le one-man band est déjà de retour avec "Naiv" qui succède donc au très bon et assez expérimental "Geometria" sorti en 2018. Comme d'habitude, on se demande ce qui nous attend cette fois car vu la versatilité de Tamás Kátai (le maître d'oeuvre du projet pour ceux qui n'auraient pas suivi) les surprises sont vite arrivées.

"A Bolyongás Ideje" débute l'album et on se rend vite compte que cette fois la musique de Thy Catafalque a repris quelques couleurs metal avec des riffs proches du black mais sans la violence qui l'accompagne habituellement. En lieu et place, on a des mélodies étranges voire même inquiétantes et un chant clair non moins singulier. La mélodie se fait toujours une place prépondérante et les expérimentations sont encore de la partie avec quelques discrets arrangements électroniques qui aident à tisser des ambiances prenantes une fois de plus. Le chant hurlé et quelques accélérations viennent pointer le bout de leur nez vers la fin de ce premier morceau et prouvent une fois de plus que la musique de Thy Catafalque est extrêmement riche et variée. L'ambiance générale est à mi-chemin entre l'onirisme et l'oppression, un mélange étrange qui vous fait passer d'un bout du spectre des émotions à l'autre sans prévenir et qui donne un air de montagnes russes à ce "Naiv". Quelques sonorités goth rock se font entendre sur "Tsitsushka" qui, en plus de ça, fait ressortir ces sonorités folkloriques que l'on connaît bien chez Thy Catafalque, le tout pour un morceau très accrocheur et entraînant avec une sorte de solo de basse slappé en plein break ! Toute la force de Tamás Kátai est encore une fois de proposer une musique accrocheuse tout en lui conférant une profondeur impressionnante. Ce nouvel album comme ses grands frères sont typiquement le genre d'albums sur lesquels il est très difficile de poser une étiquette, ce qui n'est pas un reproche bien au contraire. Comme d'habitude l'esprit ouvert est de rigueur et les plus bourrins vont clairement se demander sur quoi ils sont tombés.

Pourtant, malgré l'aspect expérimental incontestable de la musique de Thy Catafalque il y a toujours ces mélodies et ce sens de l'accroche qui rendent finalement le tout assez accessible. Ce sera peut-être un peu déroutant à la première écoute pour les néophytes qui découvriraient le projet mais on se prend vite au jeu et le talent de composition de Tamás Kátai fait vite son œuvre. Et puis il y a toujours cette espèce de beauté vénéneuse qui habite chaque album du projet et qui vous prend à la gorge, "Embersólyom" en est un bon exemple avec ce chant féminin dont les lignes de chant font là aussi ressortir les sonorités folkloriques hongroises et qui s'emballe vite fait sur la fin à coup de grosses guitares. Globalement, comme je le disais, on retrouve un Thy Catafalque plus metal et moins planant que sur "Geometria" mais qui trouve le moyen de ne pas se répéter et de ne ressembler à aucun autre album du projet. On retrouve évidemment la patte habituelle de Thy Catafalque mais "Naiv" ne fera pas doublon avec ses prédécesseurs et la capacité de Tamás Kátai à se renouveler sans jamais trahir ses racines ou se perdre en route me surprendra toujours ! Ce serait déjà impressionnant dans un groupe mais l'on se dirait que c'est produit par le croisement des influences diverses des différents membres et par leur façon de composer, mais là Tamás Kátai est seul maître à bord et la versatilité de sa musique en est d'autant plus hallucinante. Pour la forme et comme souvent, la plupart des morceaux sont assez compacts et si quelques uns dépassent les six ou huit minutes, la plupart tournent de quatre ou cinq et permettent là aussi de garder une certaine accroche.

Nouvel album tout aussi excellent que les précédents mais dans une veine différente encore une fois. Un peu plus de guitares et de metal sur ce "Naiv" qui n'en n'oublie pas pour autant les passages planants et les sonorités folkloriques. Ceux qui connaissent déjà Thy Catafalque s'y retrouveront avec plaisir, les autres découvriront un one-man band aussi riche et profond qu'accrocheur et poignant.


Murderworks
Février 2020




"Geometria"
Note : 18/20

Thy Catafalque est déjà de retour avec "Geometria", nouvel album deux ans après "Meta" qui montrait un petit retour au metal et qui avait laissé de bons souvenirs. On repart pour une bonne brique d'à peu près une heure et quelque chose me dit que, comme d'habitude, ça va être assez dense.

"Hajnali Csillag" nous accueille avec une intro très planante, presque spatiale même, avant d'enchaîner sur un ton très prog voire jazzy. Un début d'album très feutré, immersif et évocateur qui vous plonge directement dans un univers cotonneux mais sombre et torturé. Les guitares ne refont leur apparition qu'à la fin de ce morceau de plus de huit minutes et encore de façon assez discrète. Le contraste avec "Szamojéd Fresko" est assez brutal puisque ce deuxième morceau balance de la double, des blasts et des gros riffs qui tâchent d'entrée de jeu sans prévenir, tout en gardant en fond les ambiances spatiales qui ont ouvert l'album. Le mélange des deux donne un morceau très sombre, aux allures expérimentales et qui pose un climat tout de suite plus menaçant. On retrouve quand même globalement un ton moins metal et plus planant que sur "Meta", ce nouvel album étant plus axé sur les ambiances feutrées et planantes. Quelques touches de saxo (que l'on entend décidément partout dans le metal en ce moment) viennent apporter la petite touche jazzy au milieu de quelques expérimentations planantes. Les grosses guitares ne se font entendre qu'épisodiquement et on retrouve plus souvent un feeling presque post-rock sombre sur ce "Geometria", un album qui vous fait voyager comme tous les albums de Thy Catafalque mais qui, cette fois, vous envoie dans l'espace. Même les sonorités folkloriques ont quasiment disparu et laissent la place à des mélodies et ambiances plus sombres et torturées, le chant de Tamás Kátai lui-même se faisant assez discret.

La petite surprise du chef étant que l'album se termine par un morceau très doom, écrasant et dans la droite lignée des mammouths du genre. Plus de huit minutes au compteur, des mélodies qui rappellent presque les premiers Paradise Lost et les grosses guitares de sortie pour des riffs pachydermiques qui écrasent tout sur leur passage et créent un contraste une fois de plus assez net avec les morceaux précédents bien plus posés, aériens et planants. Comme d'habitude avec Thy Catafalque, il vaut mieux écouter l'album d'une traite, se plonger dedans et lui offrir toute votre attention. Les structures ne sont pas conventionnelles et même si le tout est plutôt mélodique, l'accroche peut être compliquée par moments donc ne vous laissez pas distraire et laissez l'univers de "Geometria" s'étendre dans votre salon. C'est de cette façon que le voyage sera le plus percutant et que les ambiances vous frapperont et vu à quel point l'album est évocateur et planant, ce serait dommage de gâcher ça et de passer à côté. Oui, il va falloir être ouvert d'esprit mais si vous vous penchez sur Thy Catafalque, c'est déjà le cas et vous savez que ce projet là n'est pas du genre prévisible. Même si Tamás Kátai explore des terres qui ne lui sont pas inconnues sur ce nouvel album, il arrive à le rendre saisissant et sans forcément se réinventer de fond en comble arrive à ajouter ce qu'il faut de nouveauté pour qu'on tombe dans le piège une fois de plus.

Nouvel album plus planant que son prédécesseur mais une fois de plus prenant, immersif et authentique. Les ambiances spatiales sont saisissantes et les mélodies vous prennent à la gorge pour ne vous lâcher qu'à la fin de l'album. Thy Catafalque a frappé fort encore une fois et c'est à se demander comment fait Tamás Kátai pour être aussi productif sans jamais sortir une bouse !


Murderworks
Septembre 2018




"Meta"
Note : 18/20

Le leader de Thy Catafalque connaît visiblement une période inspirée puisque "Meta" succède déjà à "Sgùrr" sorti l'année dernière ! C'est d'autant plus étonnant qu'il y a eu quatre ans entre "Rengeteg" et "Sgùrr", mais bon, vu la qualité des albums du projet, on ne va pas s'en plaindre.

Nouvel album donc pour Thy Catafalque qui revient à ce que le groupe proposait sur "Rengeteg", donc un mélange entre metal extrême à tendance black et de multiples influences flokloriques ou traditionnelles avec un sens pointu de la mélodie. "Sgùrr" présentait un visage plus expérimental avec des sonorités électroniques plus prononcées entre autres, sachant que Thy Catafalque est déjà un projet atypique à la base, ça a donné un album très intéressant en plus de prouver que Tamás Katái a plus d'une corde à son arc. Et sur ce nouvel album, ça commence fort d'entrée de jeu puisque après un début très ambiant "Uránia" débarque avec un riff bien doom / death pour enchaîner sur un passage plus atmosphérique et mélodique pour finir avec le retour des sonorités folkloriques et traditionnelles sur la fin, bref du Thy Catafalque comme on l'aime ! Une fois de plus, ce one-man band montre une multitude de facettes différentes, du très doux et folk "Sirály" au bien plus rentre-dedans et metal "10⁻²⁰ Ångström". On sent encore quelques traces électroniques de "Sgùrr" régulièrement même si le bouchon est poussé moins loin et que Thy Ccatafalque utilisait déjà de temps en temps ce genre de sonorités par le passé. En plus de cela, on a évidemment des passages bien plus orchestraux et épiques qui installent des ambiances prenantes et immersives. Malgré toutes ces expérimentations et sonorités inhabituelles pour le genre, on sent une fois de plus l'amour de Tamás Katái pour le old school quand sa musique redevient metal et brutale. On sent clairement que les racines extrêmes de Thy Catafalque se situent au plus tard dans les années 90, ce qui crée un contraste très intéressant avec d'autres sonorités bien plus modernes.

Le point d'orgue de l'album est bien entendu "Malmok jáarnak" et ses vingt et une minutes au compteur, autant dire qu'on va passer par tous les spectres musicaux possibles chez Thy Catafalque ! Les morceaux sont d'ailleurs majoritairement longs, une fois n'est pas coutume on tourne régulièrement autour des six ou sept minutes. On pouvait craindre une baisse d'inspiration avec un album sorti moins d'un an plus tôt que ce "Meta" mais il n'en est rien, la variété habituelle de Thy Catafalque et l'immersion dans le monde de Tamás Katái sont une fois de plus de la partie. Cet homme a un talent indéniable pour créer des univers à lui tout seul, des mélodies qui frappent en plein cœur et des ambiances qui vous embarquent sans vous laisser la moindre occasion de protester. Comme d'habitude, malgré la longueur des morceaux et la variété des sonorités auxquelles ils font appel, l'album ne part jamais en vrille, tout s'enchaîne de manière cohérente et on sent que malgré le délai court entre les deux albums les morceaux ont eu le temps de mûrir. La production, quant à elle, est très similaire à ce qu'on pouvait entendre sur "Rengeteg", de grosses guitares avec la dose minimale de crasse et surtout un son organique loin des productions en plastique en vigueur ces derniers temps.

Voilà donc un nouvel album qui, s'il revient dans les traces habituelles de Thy Catafalque après un "Sgùrr" très expérimental, n'en reste pas moins très varié et atypique pour un métalleux. La qualité est une fois de plus au rendez-vous et j'invite tous les curieux ouverts d'esprit à jeter une oreille attentive sur la discographie de Thy Catafalque, vous n'êtes pas au bout de vos surprises !


Murderworks
Décembre 2016




"Rengeteg"
Note : 18/20

Thy Catafalque est un de ces nombreux groupes dont j'ai beaucoup entendu parler en bien depuis un petit moment, et sur lesquels je dois me pencher un jour où l'autre. Il y en a tellement que ça peut prendre du temps pour certains avant que je ne daigne me pencher sur leur sort, sauf que le hasard fait bien les choses. Et c'est justement le cas cette fois puisque j'ai reçu (il y a longtemps, désolé pour le retard) le dernier album (déjà le 5ème) de cet Hongrois fou nommé "Rengeteg". Je dis cet Hongrois puisque suite au départ du guitariste Janos Juhasz, Tamás Kátai se retrouve seul aux commandes de ce groupe aux multiples visages.

Et en parlant de ça on touche au gros problème que pose la chronique d'un album pareil, c'est juste impossible à classer tant les sonorités sont nombreuses. En entendant le riff d'introduction du premier titre on se dit qu'on a affaire à un groupe de death old school, juste avant d'être surpris par un côté beaucoup plus mélodique et des sonorités clairement folkloriques pour compléter le tableau. Bref dès le départ le groupe nous prend à contrepied, dès qu'on croit avoir cerné la bête elle nous file entre les doigts. Et ce "Fekete Mezök" va nous balader comme ça pendant plus de 9 minutes, tout ça pour déboucher sur un second titre presque rock dans l'esprit et donc totalement différent une fois de plus !

Vous l'aurez compris, cet album va vous demander un minimum d'investissement et de temps avant de pouvoir le cerner totalement. Bon point puisque c'est cette richesse qui fait la longévité de cette musique, on peut l'écouter des dizaines et des dizaines de fois et on continue à y découvrir des choses à côté desquelles on était passé. D'autant que tout ça ne s'est pas fait sur un coup de tête, les débuts de Thy Catafalque étaient plus proche du black, le groupe a évolué au fil du temps et les influences et inspirations diverses et variées sont totalement assimilées et parfaitement intégrées au metal plus brut.

L'album dure à peu près une heure et on ne la voit pas passer, ce melting pot est à la fois terriblement accrocheur. Et pourtant on est loin du simple schéma couplet-refrain habituel, la musique de Thy Catafalque est assez complexe et très riche comme je le disais. Malgré ça je dois avouer que pour peu qu'on ait l'habitude des musiques un peu plus touffues que la normale, on se retrouve totalement happé dans le monde de Tamás Kátai. Cette abondante richesse musicale aurait pu devenir indigeste, sauf qu'on n'a pas affaire à un manchot et que le monsieur maîtrise parfaitement son art. Un très bon mélangé de rudesse et de mélodies enchanteresses, de metal brut et traditionnel et de mélodies folkloriques, bref un voyage un peu agité mais dont vous risquez de ressortir avec la banane et le crâne rempli de passages qui ne voudront plus en sortir.

Le tout est surmonté d'un chant absolument excellent, qui passe de la vois agressive à un chant clair qui se marie divinement bien avec le reste, le tout chanté en Hongrois histoire de changer de l'Anglais. On notera d'ailleurs un magnifique chant féminin qui vient délicatement se poser sur "Vashegyek", créant un petit contraste entre les grosses guitares et cette voix d'ange. Si en plus vous rajoutez à ça un son purement énorme, avec un petit grain déguelasse sur les guitares qui me plaît bien, et ça donne juste une putain de bonne de galette ! Comme je le mentionnais plus haut, certains impondérables m'ont poussé à faire cette chronique tardivement. Mais l'avantage de cette situation c'est que ça m'a permis de voir que cet album tient sans problème la longueur, il a tourné un nombre incalculable de fois chez moi et je ne m'en lasse toujours pas !

C'est la marque des grands albums et des grands groupes de pouvoir tenir la durée sans lasser l'auditeur, je suis encore happé par l'album à chaque écoute et je prends un pied énorme. Le groupe a signé chez Season Of Mist et je pense que ça va leur offrir une bien meilleure visibilité, ne serait-ce que dans nos contrées. C'est tout le mal que je leur souhaite, ce groupe n'a pas la reconnaissance qu'il mérite et ce serait pas mal de le voir monter au milieu d'un marché saturé de groupes pas forcément talentueux. Là on a le talent et l'originalité dans le même groupe, que demande le peuple ? A bien y réfléchir peut-être un chose quand même, les anciens albums du groupe sont difficiles à trouver et une petite réédition ne ferait pas de mal histoire de permettre à tout le monde de profiter des ces joyaux.


Murderworks
Mars 2012


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/thycatafalque