Le groupe
Biographie :

The Scalar Process est un groupe de death metal progressif et technique originaire de Besançon, formé en 2016, et actuellement composé de : Eloi Nicod (guitare / Dawohl, ex-Derealized), Mathieu Lefevre (chant), Vincent Amar (basse), Thomas Giroud (batterie / Alchemists) et Lucas Martinez (guitare / Avaland, Seven Works Of Mercy). The Scalar Process sort son premier album, "Coagulative Matter", en Février 2021 chez Transcending Obscurity Records, suivi de "Agnomysticism" en Mai 2026.

Discographie :

2021 : "Coagulative Matter"
2026 : "Agnomysticism"


Les chroniques


"Agnomysticism"
Note : 18/20

Retour gagnant pour The Scalar Process. Cinq ans après sa première création et dix ans après sa naissance, le groupe signé chez Transcending Obscurity Records mené par Mathieu Lefevre (chant), Eloi Nicod (guitare, Dawohl), Vincent Amar (basse), Thomas Giroud (batterie, live pour Adelon) et Lucas Martinez (guitare, Avaland, Seven Works Of Mercy) dévoile son deuxième album, "Agnomysticism".

"Physical Conquest" nous accueille avec des claviers majestueux, mais une première guitare vient très vite les rejoindre, suivie d’une autre plus saturée, et c’est enfin le groupe entier qui fond sur nous à toute allure, conjuguant puissance et technicité pendant que le vocaliste rugit de toutes ses forces. Le mélange est extrêmement efficace, et même si on constate quelques moments de relâche, le retour de flamme virulent au possible nous mène à la toute aussi agressive "Far From The Flesh" qui frappe sans attendre et propose une allure effrénée où les musiciens se déchaînent tous pour nous offrir une expérience intense. Là encore, les harmoniques nous offriront ce répit si appréciable dans l’ouragan de lourdeur et de violence qui s’apaise à nouveau avec "Incessant Continuum", titre suivant où les harmoniques sont d’abord beaucoup plus aériennes avant de devenir cinglantes. Le contraste vocal est assuré par Andy Thomas (chant, Black Crown Initiate, Rivers Of Nihil) qui place son chant clair enchanteur dans le moment le plus calme, mais qui cédera face au retour de la violence, suivi par "Illness", où le groupe accueille cette fois Justin McKinney (guitare, The Zenith Passage, ex-The Faceless) pour compléter la rythmique ultra saccadée du combo.

Nouveau moment de flottement avec "Affluent Marea" et ses tonalités très éthérées qui s’envolent doucement avant de finalement s’enflammer et s’alourdir, puis "A Breathing Moment" nous laisse quelques secondes pour nous préparer avant de nous clouer au sol à son tour avec une rythmique aussi épaisse que dissonante. Blast et double pédale énergiseront quelques passages avant de revenir à une approche très travaillée, mais le titre est finalement assez court, et laisse place à la longue "Agnomysticism" qui prend le temps de développer chaque élément avec la technicité du Prog pour finalement mieux les faire exploser en même temps, révélant une violence dévastatrice. Bien que le groupe ait prévu des moments pour souffler, la saturation revient bien vite à la charge pour nous mener à "Lack Of Colors", qui prend le relai et nous matraque sans ménagement avec des riffs aussi virulents que travaillés. Le titre va cependant très vite nous faire rejoindre "Sigil", interlude planant aux influences Trip-Hop accueillant une voix fantomatique en arrière-plan, mais on sent que l’instrumentale se gonfle avant de déboucher sur le dernier titre, "In A Light Frame", qui est infusé de son calme avant de finalement retomber dans sa violence et sa complexité en permanence pour clore l’album.

Si leur premier album vous avait plu, "Agnomysticism" va tourner un moment sur vos platines ! Alors que le groupe avait déjà un excellent niveau, l’enrichissement du line-up donne à The Scalar Process des armes pour faire encore mieux !


Matthieu
Juin 2026




"Coagulative Matter"
Note : 17/20

Si le groupe s'est formé en 2016, c'est cette année que les Français de The Scalar Process nous livrent leur premier album "Coagulative Matter" chez Transcending Obscurity et il suffit de voir les groupes cités dans le bio, dont certains sont des confrères de label, pour savoir sur quoi on va tomber : Inferi, Coexistence, Hateful, The Faceless, Necrophagist et autres Cynic par exemple. Vous aurez compris que c'est bien du death technique brutal et mélodique que l'on va entendre sur ce premier album.

L'album s'ouvre sur "Elevation" qui sert d'intro et qui nous montre tout de suite que le groupe va éviter tous les pièges du genre à savoir l'excès de brutalité et de technique qui donne souvent lieu à une sorte de course à la vitesse peu musicale. Ces deux petites minutes nous laissent entendre que The Scalar Process va proposer quelque chose de plus atmosphérique et donc des ambiances riches et travaillées malgré les gros blasts qui n'auront pas mis bien longtemps à débarquer. "Cosmic Flow" confirme que la mélodie trouve toujours une place dans la musique du groupe et même si la brutalité de l'ensemble est assez intense et que Eloi Nicod nous tricote des riffs bien techniques et tordus, il y a régulièrement une guitare lead qui amène des mélodies plus éthérées. Un break très aérien avec un solo très mélodique vient calmer le jeu après une bonne déferlante de blasts et une première moitié de morceau assez frénétique. Cet équilibre entre mélodie, technicité et brutalité se maintient tout au long de ces cinquante minutes et permet non seulement à The Scalar Process d'avoir une patte particulière mais amène en plus un peu d'air dans ce déluge de notes. On entend d'ailleurs sur "Ink Shadow" un solo de Scott Carstairs de Fallujah qui pratique très bien le même genre d'équilibre et qui constitue à n'en pas douter une des influences de The Scalar Process. Le groupe développe d'ailleurs sur ce morceau des leads qui se rapprochent des deux premiers albums de Fallujah. "Mirror Cognition" calme lui aussi le jeu après plusieurs morceaux très denses et intenses en amenant trois petites minutes très aériennes elles aussi. Les mélodies se font planantes et ce calme avant une nouvelle tempête nous permet d'entendre l'excellent jeu de batterie de Clément Denys qui se fait plaisir et nous tricote des parties aussi techniques que subtiles.

Entre ces passages furieux ou complexes, The Scalar Process n'hésite pas à lever le pied pour proposer des riffs plus lourds et puissants au côté desquels s'ajoutent souvent ces fameuses mélodies aériennes. "Beyond The Veil Of Consciousness" se termine d'ailleurs avec quelques voix claires et des mélodies planantes, presque cosmiques du plus bel effet. "Coagulative Matter" est un album riche, complexe, varié et dont l'équilibre est quasi parfait. La mélodie, les passages techniques et la brutalité s'y côtoient harmonieusement et le groupe sait garder ce qu'il faut d'efficacité et d'accroche pour ne jamais donner dans la démonstration stérile. Je me doute que les cinq années qui séparent la formation du groupe et la sortie de ce premier album n'ont pas été intégralement consacrées à sa composition mais on sent clairement que l'ensemble a été travaillé et que rien n'est laissé au hasard. Le morceau-titre est d'ailleurs un pavé de onze minutes sur lequel The Scalar Process se fait plaisir et montre ce qu'il sait faire ainsi que l'étendue de son spectre sonore. A noter d'ailleurs que pas mal de guests viennent donner de leur personne sur "Coagulative Matter"  et en plus de Scott Carstairs, on peut entendre Enlia pour les choeurs féminins sur "Azimuth", Mark Garrett (Kardashev, Viraemia) sur "Mirror Cognition" et Tommy Bonnvialle (Deathawaits, Virulent depravity) qui nous fait un solo de piano sur le morceau-titre ! Tout ce beau monde n'est pas là pour épater la galerie et s'exprime au contraire sur des morceaux qui semblent avoir été taillés pour chaque invité. Ajoutez à ça une production claire et puissante qui met bien en valeur chaque instrument et chaque voix et vous avez tout ce qu'il faut pour faire un album très solide.

The Scalar Process frappe fort avec "Coagulative Matter" et on sent que le groupe a pris le temps de travailler ses morceaux. Tout est à sa place et ces cinquante minutes ne souffrent d'aucun temps mort grâce à cet équilibre totalement maîtrisé entre la furie des passages les plus brutaux, les riffs les plus techniques et les mélodies aériennes. Un nouveau venu qu'il va falloir surveiller de près !


Murderworks
Avril 2021


Conclusion
L'interview : Eloi & Mathieu

Le site officiel : www.thescalarprocess.com