Le groupe
Biographie :

Soul Grinder est un groupe de death metal allemand formé en 2018 et actuellement composé de : Mathias Junge (basse, chant / Ctulu, ex-Lunar Eclipse), Balrogh (batterie / Asenblut, ex-Reverence Lost, ex-Into Pain, ex-Bleeding In Desperation, ex-Hidden Agenda, ex-To Resist Fatality) et Jan Wollny (guitare, chant / Gut Absorber, Immortal Abyss, Neversun, Chaos HB, N.U.C., ex-Galskap, ex-Biorot). Soul Grinder sort son premier album, "Chronicles Of Decay", en Juillet 2020 chez Black Sunset.

Discographie :

2018 : "Sadistic Parasite" (EP)
2020 : "Chronicles Of Decay"


La chronique


Soul Grinder, formation de death metal allemande plutôt récente, nous dévoile cet été son premier album intitulé "Chronicles Of Decay". Si le groupe est, lui, tout jeune, les membres sont loin d’êtres des nouveaux arrivants dans la scène metal, tous ayant déjà joué précédemment dans plusieurs groupes (Ctulu, Neversun, Asenblut…), nous avons donc affaire à un combo déjà expérimenté, ce qui explique la technique impeccable des musiciens et la production très propre tout au long de l’album. En effet, on remarque une très grande justesse au niveau de tous les instruments, tous sont bien audibles, correctement mixés, ce qui renvoie un ensemble clair et cohérent sans pour autant être complètement lisse et dénué d’identité ou de relief.

On remarquera tout d’abord que, pour un album de death metal, les passages instrumentaux sont très nombreux, ainsi on se retrouvera de nombreuses fois face à plusieurs dizaines de secondes sans que le chant n’intervienne, Ces passages se qualifiant souvent par des riffs plus léger, moins lourds et oppressants, avec des trémolos et des accords moins graves, ceci a pour effet de nous laisser respirer un instant face au déferlement de violence qui nous atteint tout le reste des morceaux, ce qui est plutôt rare dans le death metal mais ça n’en reste pas moins appréciable. On retrouvera particulièrement cela dans les morceaux "Ruins Of Existence", "Flesh Defiler" et la fin de "The Delusionist". Le chant, en revanche, est loin d’être absent, il ne subit pas beaucoup de variations tout au long de l’album et suit une tonalité plutôt écorchée mais agressive, que l’on aurait plus tendance à retrouver dans du blackened death que du death metal pur et dur, ce qui n’est pourtant pas un problème car il est maitrisé à la perfection et ne vient donc pas tomber à côté des compositions instrumentales, la force et la justesse de ce chant sont particulièrement remarquables lors de l’impressionnante introduction quasiment a capella du morceau "Signs Of Decline".

On constate que l’album propose plusieurs ambiances, ainsi on passe de riffs plutôt lourds, donnant une impression étouffante d’agressivité comme "Morbid Masquerade", à des riffs plus imposants, plus mélodiques, donnant une dimension très épique et triomphante comme c’est le cas dans l’intro et le refrain du morceau « The Sun and The Serpent » qui propose un trémolo très clair et mélodique on retrouvera également ces tonalités plus grandioses, notamment dans le refrain de "March Of The Dead", qui, à ce niveau, se distingue réellement du reste de l’album. Chose assez peu habituelle, on notera la présence de beaucoup de samples qui appartiennent au domaine orchestral, ces derniers souvent assez en retrait, accompagnent le chant comme une sorte d’incantation, chose que l’on retrouve beaucoup dans le black metal mais beaucoup moins dans des compositions de death metal, avec moins de fioritures, cependant ces sample ne semblent pas en désaccord avec le reste et se mêlent plutôt bien à l’ensemble, même s’il est difficile de comprendre leur utilité au sein des compositions. Une touche death old school fait également partie intégrante de l’album et se traduit par de nombreux riff rapides, une utilisation assez récurrente de la distorsion comme dans "My Unwilling Giver" ou "The Withering", et des solos de guitares particulièrement surmixés et techniques comme par exemple celui de "March Of The Dead".

Finalement, Soul Grinder nous propose un premier album original qui sait parfaitement s’acquitter de tous les codes du death metal sans pour autant rester extrêmement convenu et oubliable, il se démarque particulièrement par plusieurs ambiances différentes, une touche old school et des samples qui viennent s’insérer là où on ne les attend pas. L’ensemble reste pourtant globalement très cohérent et appréciable même pour les novices dans le genre.


Praseodymium
Septembre 2020


Conclusion
Note : 15/20

Le site officiel : www.facebook.com/soulgrindermetal