Le groupe
Biographie :

Slipknot est un groupe de nu metal américain formé à Des Moines dans l'Iowa par le percussionniste Shawn Crahan et le bassiste Paul Gray. Le groupe se composait de neuf membres : Sid Wilson (DJ), Paul Gray (basse), Joey Jordison (batterie), Chris Fehn (percussions), James Root (guitare), Craig Jones (claviers / samples), Shawn Crahan (percussions), Mick Thomson (guitare) et de Corey Taylor au chant. Slipknot est connu pour son image (numéros, combinaisons, masques...), ses chansons violentes, agressives et énergiques et ses performances sur scènes (fumées, explosions, lumières...) à l'aspect chaotique. Les origines des masques (d'après le témoignage de Corey et de Shawn, le clown) viennent du fait de ne pas vouloir se résumer à une simple coupe de cheveux, faire quelque chose de nouveau et de difficilement copiable. L'album "Slipknot" paraît le 29 Juin 1999 chez Roadrunner Records, produit par Ross Robinson. 2001 est l'année de la sortie de l'album "Iowa". L'album suivant, "Vol.3: The Subliminal Verses", produit par Rick Rubin, est sorti le 25 Mai 2004. Le groupe sort son quatrième qui se nomme "All Hope Is Gone" le 25 Août 2008. Le bassiste Paul Gray est retrouvé mort le 24 Mai 2010 dans la chambre d'un hôtel de Des Moines. Le 10 Mars 2011, Slipknot annonce que Donnie Steele, ancien guitariste du groupe (à l'époque de "Mate. Feed. Kill. Repeat."), allait remplacer le défunt Paul Gray en tant que bassiste au sein du groupe. Le 12 Décembre 2013, Slipknot annonce que le batteur Joey Jordison s'en va après 18 ans passés dans le groupe. L'album ".5: The Gray Chapter" sort le 20 Octobre 2014. Les nouveaux membres se nomment Alessandro Venturella (basse) et Jay Weinberg (batterie). Le 18 Mars 2019, Slipknot annonce avoir licencié Chris Fehn, ce dernier ayant porté plainte contre le groupe pour des motifs financiers. "We Are Not Your Kind" sort le 9 Août 2019.

Discographie :

1996 : "Mate. Feed. Kill. Repeat."
1999 : "Slipknot"
2001 : "Iowa"
2004 : "Vol.3: The Subliminal Verses"
2008 : "All Hope Is Gone"
2012 : "Antennas To Hell" (Compilation)
2014 : ".5: The Gray Chapter"
2019 : "We Are Not Your Kind"


Les chroniques


"We Are Not Your Kind"
Note moyenne : 12/20

Alors qu’on avait déjà eu la confirmation de leur retour il y a 5 ans, Slipknot nous envoie en pleine face deux informations majeures. La première, l’arrivée du Knotfest dans l’hexagone (d’ailleurs c’était démentiel), et la deuxième, "We Are Not Your Kind", un nouvel album. Le sixième du groupe d’ailleurs. Et du changement, il y en a eu depuis leur création en 1995 ! Si Shawn “Clown” Crahan (percussions / chant) est le seul membre fondateur à être présent dans la formation, les fans peuvent aussi compter sur l’imposante présence de Corey Taylor (chant, Stone Sour), Mick Thompson, Jim Root (guitare), Craig “133” Jones (samples / clavier), mais également Sid Wilson (DJ / clavier). Suite au décès de Paul Gray (basse) en 2010 et au départ de Joey Jordison (batterie, Sinsaenum, ex-Murderdolls…), le groupe recrute Alessandro Venturella (basse) et Jay Weinberg (batterie). Et si vous pensiez que huit membres est déjà beaucoup, sachez que Chris Fehn (percussions / chant) a été remplacé suite à son éviction du groupe par un… musicien inconnu.

L’album commence par "Insert Coin", un long sample introductif qui emprunte d’ailleurs un petit morceau de "Unstained", le premier véritable morceau de cet album, déjà connu et écouté des centaines de fois par les fans. Les choeurs provoquent une sensation de malaise, mais la rage de Slipknot reprend le dessus, et ce sont des hurlements ravageurs qui se superposent à une rythmique haineuse. On continue avec "Birth Of The Cruel", qui semble un peu plus calme, mais qui conserve tout de même cette position assumée de violence et de noirceur, alors que les riffs sont tout de même un peu plus doux qu’à l’accoutumée. Les hurlements en choeur redynamisent le tout, mais on en sort pas totalement rassasié.

Petite coupure avec l’inquiétante "Death Because Of Death", assez énigmatique, mais qui nous lance sur le riff motivant de "Nero Forte". Et si vous pensiez avoir retrouvé la puissance et le groove d’antan, je vous conseille d’attendre ce refrain en chant clair qui m’a clairement coupé dans mon élan. Non pas qu’il soit faux ou mauvais, mais à mon humble avis, il ne colle pas vraiment avec l’impression générale que je me faisais de ce morceau. Passons à "Critical Darling" qui ouvre à nouveau avec une rythmique très groovy comme les neufs de l’Iowa savent le faire. Le son est lourd, les riffs plutôt engageants, le chant clair rythme cette déferlante, mais à nouveau il manque un petit quelque chose qui pourrait faire passer ce morceau de “sympa” à “très bon”. L’intensité finit par redescendre jusqu’à nous faire arriver à "A Liar’s Funeral", qui semble être la ballade de l’album. Et c’est ce cri de Corey Taylor qui va lui donner ce sursaut émotionnel dont le morceau avait besoin. Une rythmique plus martiale prendra la suite, tout en restant dans la mélancolie et la souffrance, et c’est avec un son clair que ce titre s’éteint.

"Red Flag", le morceau suivant, s’inscrit dans un registre nu metal avec cependant quelques parties truffées de bruits de claviers assez étranges et autres effets indus / futuristes. Bien qu’il interpelle l’oreille, le morceau passe sans trop de difficulté, nous laissant rapidement sur "What’s Next", une sorte de berceuse-interlude cauchemardesque qui introduit "Spiders". Et c’est une sensation de malaise qui s’installe, avec des sonorités qui se chevauchent sur une rythmique plutôt simple. Passée cette expérience originale, on arrive à "Orphan". Et si ce morceau est plutôt lent à la base, il saura devenir plus dynamique et utiliser les hurlements du chanteur qui… seront interrompus par ce même chant clair qui m’avait gêné quelques titres plus tôt.

"My Pain", le titre suivant, met un petit moment avant de démarrer, et c’est à nouveau un son très expérimental par rapport à la discographie du groupe (voire même uniquement à cet album) qui nous parvient. Un mélange de murmures, de sons lointains, d’ambiance malsaine… Même constat pour "Not Long For This World" qui s’appuie sur une étrange mélancolie totalement assumée avant de lancer une rythmique. Et bien qu’elle reste assez différente de ce que le groupe sait faire, elle passe plutôt bien, sans révolutionner le style non plus. Si le final semble un peu chaotique, la coupure sera brutale. Un sample nous emmène tout droit sur "Solway Firth", le dernier titre. Et ce morceau est je pense, celui qui sera le plus fidèle à l’esprit original de Slipknot, une sorte d’apocalypse musicale organisée et parfaitement orchestrée qui laisse la place à chaque instrument ainsi qu’à la fureur pure et dure.

Que dire de ce nouvel album de Slipknot… "We Are Not Your Kind" est très différent des autres, et si le groupe assume pleinement sa position, quelques prises de risques sont ratées pour moi. Il n’y a pas cette pleine puissance, ce déchaînement dont le groupe est capable de nous offrir sur scène, et qui nous avait laissé supposer le contraire au Knotfest. Pourtant très riche et particulier, je trouve que l’album manque parfois de cohérence. Une nouvelle ère de Slipknot serait-elle en train de se mettre en place ?


Matthieu
Août 2019
Note : 14/20

Ah Slipknot, mon premier véritable coup de foudre, celui qui m’a foutu dans la musique metal pendant des années (non, je n’ai pas honte), notamment grâce à leur live "Disasterpieces", que je regardais tous les jours pendant des mois, durant ma dernière année de collège. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts… Déjà un poil déçu par "The Subliminal Verses" (sorti en 2004), j’ai définitivement cessé de leur porter un amour fou avec l’album suivant, "All Hope Is Gone" (sorti en 2008), qui porte bien son nom d’ailleurs… Pourtant, à chaque fois, je ne peux m’empêcher de m’intéresser à leur actualité. Les déceptions s’enchaînent, et ce nouvel album, intitulé "We Are Not Your Kind", n’échappe pas à la règle.

Ce que l’on remarque tout de suite, c’est la grosse production façon Roadrunner. Ici, aucun souci, les mecs ont du pognon et on est sur du Hollywood musical à 100%. C’est bien propre, mais cette qualité se transforme vite en défaut, puisque clairement, c’est too much. Slipknot veut trop en faire, trop étaler son talent, et dès les premiers morceaux, cela m’agace. On a des effets de partout, sans déconner, on se croirait sur un album de Pleymo ! Bon ok, j’en rajoute.

On a l’impression que chaque musicien souhaite se mettre en avant, et on est loin de la cohésion d’antan, celle qui régnait au moins jusque "Iowa" (sorti en 2001). Il faut dire que depuis la mort de Paul Gray (basse) en 2010, le line-up ne sera plus jamais aussi bon. Dans le même sens, Slipknot sans Joey Jordisson à la batterie, ce n’est clairement plus la même chose (imaginez un peu Pantera sans Dimebag Darrell, ou Didier Super sans Didier Super…). En fait, la musique me fait plutôt penser à celle de Stone Sour (l’autre groupe de Corey Taylor), à laquelle on aurait ajouté quelques effets supplémentaires, superficiels, voire inutiles.

Rien à faire, le chant clair de Corey Taylor, je n’y arrive pas avec Slipknot. Ce chant clair, on le retrouve partout, il vient tout gâcher à chaque fois, même quand l’instru' n’est pas si dégueu ("Critical Darling"). Mais ce qui énerve le plus, ce sont ces interminables morceaux, qui dépassent parfois les six minutes, et durant lesquels il ne se passe strictement rien. La définition même de l’ennui. Bon ok, c’est dark (enfin, si vous voulez quoi…), mais ça s’arrête là. On dirait du mauvais A Perfect Circle. En ce sens, on peut citer "My Pain", "Not Long For This World" ou encore "Solway Firth". Je peux sans hésiter affirmer que pour une bonne moitié, l’album envoie une sorte de rock mi alternatif, mi atmosphérique, toujours bourré d’effets à la con. Slipknot, c’est donc devenu les Marvel du metal : toujours plus d’effets spéciaux pour masquer des acteurs à l’agonie.

Alors certes, tout cela est voulu. D’ailleurs, ce nouvel opus suit la trace du précédent. Malgré tout, on reste sur un album de Slipknot, réalisé par des mecs qui conservent un talent fou, malheureusement sous-exploité. Je vais tout de même terminer par une belle note, ou plutôt deux. Citons ainsi "Red Flag" et "Orphan", qui rappellent vraiment l’album "Iowa". Des morceaux certes un peu longs, mais vraiment bourrins, rapides (presque hardcore), et un Corey Taylor qui use enfin ses cordes vocales comme on aime. Ce sont les deux seuls titres où je trouve que les effets ne sont pas de trop, et où le chant clair de Corey Taylor sait se faire appréciable, puisqu’en quantité limitée.

Bref, à l’image du procès que leur intente Chris Fehn pour des raisons financières, Slipknot part en couilles… Mais ils sont toujours là, pour le meilleur et pour le pire.


Grouge
Août 2019
Note : 10/20




".5: The Gray Chapter"
Note : 16/20

Alors qu'on avait laissé Slipknot dans la peine et que le groupe avait continué partiellement à avancer avec le side project de Corey Taylor, on retrouve un Slipknot quelques peu remanié en cette fin d'année 2014. Au niveau des membres tout d'abord mais également au niveau musical. Là où les derniers albums étaient un peu lassants voire irréguliers au niveau de la qualité des morceaux, ce ".5: The Gray Chapter", jeu de mots en rapport à la disparition de Paul Gray, tient ses promesses mais montre également une évolution. Beaucoup plus organique que les précédents, cet album va beaucoup plus au but également.

Il faut certes plusieurs écoutes pour appréhender l'ensemble de ces subtilités. Pas la peine donc de s'insurger à la première écoute. On y trouve beaucoup plus de passages au chant clair de la part du frontman sur des parties qui, elles, envoient du bois sans pour autant être blindées d'effets et ne pouvant aucunement rappeler le second groupe de Corey. Au niveau de la production, encore une fois, moins d'effets et quelque chose de plus direct, moins surchargé, toujours très technique, mais également plus compréhensible, et moins apocalypse comme c'était le cas aux débuts du groupe. Placer cet album entre tel ou tel album culte de Slipknot n'a aucune sorte d'importance ni aucun sens car ".5: The Gray Chapter" est complétement différent, les membres ont évolué, ont pris de l'assurance et de l'âge, et c'est un groupe quasi remanié qui s'avance maintenant face à vous. On retrouve des guitares très techniques, une batterie qui, bien que changée, martelle toujours autant, dans le même esprit qu'avant, et même si auparavant Slipknot se reposait beaucoup sur cette violence et sur cette apocalypse très noire, le groupe se repose désormais beaucoup sur les mélodies de guitares et sur les gros riffs en saccade, ainsi que sur les capacités vocales de son frontman. Même si beaucoup de choses ont changé, la veine Slipknot est toujours bien présente, on ressent cette identité, cette puissance, cette envie, cet effet de groupe massif qui déboule, avec toujours une teinte noire sur les morceaux. La maîtrise technique est atteinte, Slipknot ne se cache plus ! Avant, on pouvait penser que les empilements de guitares étaient là pour cacher certains défauts, au même titre que les effets sur les voix qui les rendaient si caractéristiques, mais maintenant l'ensemble est réduit à sa plus simple expression : des effets minimum, des ambiances balancées en introduction des morceaux, des titres eux-mêmes plus organiques, plus puissants et directs. Et c'est un véritable plaisir de retrouver Slipknot ici, à ce niveau, après les épreuves que le groupe a eu à subir.

Une ballade plus tard, on est définitivement conquis par la suite de l'aventure de Slipknot. Cet album est un bel hommage, un nouveau chapitre s'ouvre désormais, et Slipknot pose encore plus les jalons pour devenir, non pas un groupe majeur du metal car c'est déjà fait, mais bien un groupe légendaire... Violent et mélodique, puissant, précis et organique, voilà ce qui caractérise la nouvelle façon d'appréhender la musique de Slipknot, une façon beaucoup plus musicale et variée qu'auparavant, mais avec toujours cette touche propre aux Américains masqués. En somme, une évolution logique. On a hâte de les voir sur scène lors des mois à venir.


Sam
Octobre 2014




"Antennas To Hell"
Note : 11/20

Je n'ai jamais été aussi déçu par un coffret CD / DVD. Alors oui, slipknot est culte, oui j'ai récupéré au fil du temps à peu près l'ensemble des choses qu'ils ont faites (sauf les masques et les t-shirts) et il est sûr que le groupe a traversé des épreuves difficiles (R.I.P Paul Gray) et qu'un un stand by technique à été instauré, mais quel est l'intérêt de sortir ce type de contenu en 2012 ? Une sorte de best of mal foutu.

Je m'explique, deux CDs avec du live d'une qualité douteuse. Encore une fois, je m'applique à expliquer tout cela. Un premier CD version "studio" regroupant les meilleurs titres, très bien, un deuxième reprenant la version du DVD au Download Festival de 2009 plus que moyenne dans le son, l'image en moins pour la puissance. Mais bon ça reste quand même une page mystique et mythique du groupe, et enfin le DVD puisque c'est celui-là qui nous intéresse le plus : un regroupement des clips du groupe, des portraits vidéo et des images d'archives des tournées... Plusieurs impressions se dégagent après l'écoute et le visionnage (oui parce que refusant de profiter du fait d'être chroniqueur, j'ai sorti mon portefeuille...), quel était l'intérêt de faire un best of d'un groupe, certes phares de la scène metal, si ce n'est car c'est la fin ? Un best of aussi conséquent mais avec aussi peu de soin dans les apports et dans la qualité globale de l'ensemble du package. Le live ne dégage rien sans les images et c'est bien dommage, et pour le DVD que dire de plus à part que si vous êtes un fan de la première heure il ne vous apportera rien... si ce n'est une belle pièce sur une étagère. L'ensemble des vidéos retracent le parcours du groupe qui, à n'en plus douter, sur ces 17 ans de carrière, est véritablement un pilier et une référence du metal ou nu metal... mais pour le fan, l'intérêt ne sera que très limité. Pour la personne non-fan ultime, c'est une source de découverte.

Alors oui, j'ai été déçu par cet objet que je n'ai trouvé que commercial et sans véritable intérêt, un peu bâclé, il est vrai, pour combler un vide dans l'actualité du groupe. Seul point intéressant, ce sont les titres filmés au Download Festival. Pour le reste, soit cet objet s'adresse au mec ultra dingue du groupe qui veut l'ensemble des objets qui s'y rapportent, soit au néophyte qui veut enrichir sa culture personnelle... Maigre consolation, on pourra se dire que le package est cool.


Sam
Janvier 2013


Conclusion
Le site officiel : www.slipknot1.com