Le groupe
Biographie :

Skáld est un projet musical unique qui puise son inspiration dans la mythologie nordique. Mûri de longue date par un groupe de passionnés, ce projet est né de la rencontre du producteur et compositeur Christophe Voisin-Boisvinet avec un trio de chanteurs talentueux aux timbres atypiques. Ensemble, ils ont entrepris de faire revivre la poésie des anciens scaldes qui chantaient dans leur langue - le vieux norrois - l’histoire des peuples et des dieux vikings. Dans la société scandinave de la première moitié du Moyen Âge, les scaldes sont conteurs, poètes et musiciens. Au même titre que les bardes celtes, ils chantent les louanges d’une lignée, narrent l’épopée d’un héros ou les exploits des dieux, dans un temps où l’oralité est reine. Mêlant narration scandée et chants rythmés - le tout emporté par une musique qui souvent rejoint la transe - ils captivent leur auditoire par la puissance de leurs évocations. Car la poésie scaldique est extrêmement forte ; sa langue riche et sa versification souvent complexe donnent à son propos une aura de mystère et confèrent à son auteur le statut d’initié. Il est à noter que la fonction n’est pas réservée aux seuls hommes, car plusieurs noms de femmes scaldes sont également connus.

Discographie :

2018 : "Skáld" (EP)
2019 : "Le Chant Des Vikings"
2020 : "Vikings Memories"


Les chroniques


"Vikings Memories"
Note : 17/20

Souvenez-vous. En 2018, Skáld naissait de la collaboration de plusieurs musiciens sous l’impulsion du producteur Christophe Voisin-Boisvinet. 2019 a permis au groupe de sortir son premier album, et de le défendre sur plusieurs dates, dont un show sold out à Paris et un concert au Hellfest. Une version avec deux titres bonus de l’album sort fin 2019, et le groupe se remet à la composition pour nous offrir "Viking Memories" en cette fin d’année 2020.

Toujours mené par les voix de Justine Galmiche (chant) et Pierrick Valence (chant, talharpa), les compositions nordiques de Christophe Voisin-Boisvinet prennent vie. Si Mattjö Haussy (chant) a décidé d’arrêter l’aventure, il a tout de même participé à l’enregistrement de cet album, en compagnie du chanteur Xavier Bertrand. Le groupe reste dans cette dynamique néo-folk ritualistique, utilisant des techniques de chant traditionnelles, des instruments folkloriques et nous offrent des paysages musicaux qui nous propulsent directement en terre viking. Si "Fimbulvetr" est très douce, "Jörmungrund" et "Grotti" sont des compositions plus énergiques. On retrouve une intensité plus progressive pour "Norðrljós", et une ambiance très martiale pour "Sækonungar" et ses percussions, ouvrant un peu plus le champ sonore des français.

Entre mélancolie et sonorités épiques, "Þistill Mistill Kistill" est la suivante, mêlant à nouveau plusieurs voix et sons mystiques, alors que "Sólarljóð" est très douce. A cette ballade succède "Víðförla", un autre titre entre douceur et percussions guerrières, ainsi qu’"Hafgerðingar", un titre qui ne tient plus compte de la douceur. Le morceau est sombre, oppressant et fait penser à une marche de guerriers nordiques. On revient dans des sonorités plus légères sur la fin de l’album grâce à "Í Dansinum" et "Nýr", deux compositions plus axés sur les instruments folkloriques que les percussions, donnant un son plus léger.

A nouveau, Skáld nous montre que les racines nordiques coulent dans leurs veines. "Viking Memories" est un excellent album pour quiconque s’intéresse à cet univers, et un petit morceau de voyage pour qui ne le connaîtrait pas encore.


Mathieu
Septembre 2020




"Le Chant Des Vikings"
Note : 17/20

Que ce soit par effet de mode ou par réelle conviction, les groupes traitant des vikings sont légion, et certains font plus qu’en parler, ils le vivent. Skáld, jeune formation française, en est le dernier exemple en date. C’est sous l’égide de Christophe Voisin-Boisvinet (composition) que le projet est né, grâce à la force de ses trois chanteurs. Venus d’horizons très différents, Justine Galmiche, Pierrick Valence (Phazm) et Mattjö Haussy, tous trois également joueurs d’instruments traditionnels, ont décidé de faire vivre l’Edda, texte poétique scandinave écrit aux alentours du XIIIe siècle. Nous n’avons que peu d’informations sur la formation du groupe, mais tout ce que je peux vous dire, c’est que leur musique vaut le détour !

L’aventure débute par "Enn Átti Loki Fleiri Börn", un titre introductif à priori sans fioritures, mais qui place littéralement le décor. Une ambiance nordique contée par une voix chaude et rassurante, qui est rapidement reprise par un chant féminin plus perçant et qui nous laisse sur les percussions rituelles de "Rún". A nouveau, l’ambiance est pesante, lourde mais mystique. plusieurs voix se mêlent pour nous faire voyager, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce titre est digne d’un éclair de Thor ! A peine le temps de fermer les yeux que je suis happé par cet univers scandinave, et que débute "Valfreyjudrápa". Toujours ces voix multiples, mais le titre est plus dansant, plus joyeux. Bien évidemment accompagné par une multitude d’instruments folkloriques, les chanteurs s’en donnent à coeur joie, alors que "Níu" est beaucoup plus calme. Presque mélancolique, ce titre est empreint d’une tristesse innommable, et les percussions lointaines ne font que renforcer cette sensation.

On repart dans la partie ritualistique de l’univers du groupe avec "Flúga", un morceau qui me fait penser à des préparatifs de bataille. Bien que quelques éléments semblent joyeux, il y a cette impression qui persiste tout au long du titre, et qui me laisse penser à une explosion imminente, qui aura lieu avec l’intense "Gleipnir". Non, ce n’est pas une explosion comme pourrait la faire un groupe de death metal, mais ce morceau est réellement puissant ! Les voix des deux hommes se mêlent pour donner ce chant dissonant et malaisant qui accompagne les percussions martiales tout au long de la chanson. Le cri final nous mène à la douce "Krákumál", qui est la parfaite incarnation d’une fin de bataille. L’intensité retombe, et ce doux chant nous apaise également, mais c’est "Ó Valhalla" qui m’intéresse tout particulièrement. Le groupe repart dans cet aspect mystique de leur musique avec ce rite intense mais organisé, alors que les voix arrivent, partent, chantent ensemble, puis chuchotent à l’unisson.

C’est une autre ambiance qui s’empare de la salle lors de "Ec Man Iõtna", un duo vocal très particulier qui est tout sauf désagréable, mais très surprenant, alors que les instruments traditionnels reviennent sur "Yggdrasill". Une voix puissante démarre ce titre, mais tous le rejoignent finalement pour ce qui semble être une nouvelle marche guerrière, qui ne me laisse absolument pas indifférent. Les samples aidant, je suis à nouveau totalement pris par l’ambiance, et même la rythmique dansante d’"Ódinn" ne me sortira pas de cette transe. Je dis dansant, mais certains éléments guerriers sont également présents, et ce contraste est plus qu’appréciable, bien qu’assez étrange à première vue. La rythmique s’envole, et la communion est totale jusqu’au final, alors que commence "Ginnunga". Quelques bruits d’eau, une voix distante qui semble parler pour elle-même… Que de mystères pour un seul morceau, mais nous avons à peine le temps d’y réfléchir que "Jóga", le dernier morceau débute. Alors que je n’avais jusque lors reconnu qu’une langue scandinave, c’est en anglais que la jeune femme chante. Pas dérangeant, plutôt planant même, le morceau est porté par les instruments mais surmonté de voix particulièrement fortes.

Alors que l’on peut penser que Skáld surfe sur la vague Wardruna, "Le Chant Des Vikings" est un album doté d’une forte personnalité. J’étais moi-même réticent à l’écouter, et bien que ce ne soit absolument pas mon style de prédilection, c’est une véritable expérience que j’ai vécu. L’album nous fait voyager, penser, ressentir des choses diverses et variées. Oui, l’Edda a pris vie, et je ne peux que vous conseiller d’aller le voir s’animer sous vos yeux en live.


Matthieu
Janvier 2019


Conclusion
Le site officiel : www.skaldvikings.com