Le groupe
Biographie :

En 1998, les cinq Bernois du groupe Shakra sortent leur premier album éponyme au Japon puis en Europe. Accueilli avec enthousiasme par la presse spécialisée et les fans, le groupe suisse sort un deuxième album "Moving Force". Ce n'est qu'à la parution de leur album "Rising" que le groupe gagne en notoriété en Suisse. Le groupe sort le DVD live "My Life – My World" en 2004. Shakra se produit sur scène en 50 dates, dont une au Hallenstadion de Zurich en première partie des Guns N' Roses durant l’été 2006, pour ensuite enregistrer dans les Power Ride Studios en automne. Après cinq mois d'enregistrement sort l'album "Infected". Mark Fox (chant) quitta le groupe en 2010 et fut remplacé par John Prakesh. "Back On Track" sort en Février 2011 chez AFM Records. En 2014, Mark Fox fait son retour après avoir pris quatre ans pour se réconcilier avec le groupe. Depuis, le groupe a enchaîné "High Noon" en Janvier 2016, suivi de "Snakes & Ladders" en Novembre 2017, et de "Mad World" en 2020.

Discographie :

1998 : "Shakra"
1999 : "Moving Force"
2000 : "The Live Side" (Live)
2001 : "Powerride"
2003 : "Rising"
2004 : "My Life My World" (Live)
2005 : "Fall"
2007 : "Infected"
2009 : "Everest"
2011 : "Back On Track"
2013 : "Powerplay"
2016 : "High Noon"
2017 : "Snakes & Ladders"
2020 : "Mad World"


Les chroniques


"Mad World"
Note : 16/20

Vingt-cinq ans maintenant que Shakra évolue sur la scène rock /metal. Les vieux routiers suisses proposent donc ici leur douzième album studio en carrière. Shakra étant surtout reconnu pour son rock endiablé, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre, surtout au niveau des guitares, des influences Nocturnal Rites dans la pièce "A Roll Of The Dice". Non, Shakra ne sait pas converti en groupe de power metal, mais je trouvais tout de même juste de le mentionner. Cette pièce contient également un des refrains les plus mélodiques de l’album et en fait la parfaite introduction pour les gens ne connaissant pas le groupe.

Je n’ai rien contre le rock à haute teneur en blues, mais je préfère lorsque Shakra flirte avec son petit côté plus metal, comme sur l’éponyme "Mad World". Je trouve sincèrement que cette facette de leur musique leur sied à merveille. Cela se poursuit même sur l’accrocheuse "Thousand Kings" et honnêtement, je ne sais pas pourquoi cela ne m’avait pas frappé avant, mais Mark Fox sonne franchement sur cet album comme Jonny Lindqvist (Nocturnal Rites). Il est cocasse de réaliser (sans doute suis-je un peu subjectif tout de même par mon amour du metal) que Shakra s’avère plus pertinent lorsqu’il lorgne du côté du metal que lorsqu’il propose des pièces plus près de sa véritable nature. D’ailleurs, j’ai trouvé que les moments les moins intéressants de l’album venaient de leur côté hard rock, comme sur la générique "I Still Rock".

Au niveau de la production, Shakra s’est assuré d’être de son époque et la balance de son est parfaite. Il y a une profondeur dans le son du groupe qui rend son rock moderne et dynamique. Un travail singulier a été mis sur les voix et les guitares, mais la section rythmique n’est pas en reste et les amateurs de batterie seront ravis par le son de celle-ci sur "Mad World".

Shakra montre plus de vingt-cinq années d’expérience au compteur et n’allez pas croire qu’ils ralentissent pour autant. Certes certains morceaux semblent un peu téléphonés, mais l’on ressent tout de même une passion contagieuse tout au long des quarante-neuf minutes de ce "Mad World". Ce désir de performer et de livrer à ses fans le meilleur de soi-même, tout en demeurant encore pertinent un quart de siècle suivant sa création, est un défi que sait relever Shakra avec brio.


Mathieu
Février 2021




"Snakes & Ladders"
Note : 15/20

Ringards stylés 2017 ou plutôt précurseurs stylés 1977 voire rockouzes sur le déclin stylés 1987, Shakra n’a rien à envier aux touffes grasses de leurs idoles, les vieux de la vieille, ni leur attirail fourrure, latex et clou. Et pourtant, il faut dire que depuis ses débuts, il y a désormais onze albums, Shakra n’a jamais délaissé ni nier son côté kitsch mais efficace. Alors depuis 1990, les Suisses de Shakra en sont toujours au hard’n’heavy ultra kitsch mais hard’n’heavy de bonhomme quand même. Et ce "Snakes & Ladders" est loin, très loin de déroger à la tradition initiée depuis "Ruckus" (où ils officiaient sous le nom de... Ruckus justement). Quoi qu’il en soit, notre Doc préféré s’écrierait facilement "Nom de Zeus Marty, on décolle pour l’âge d’or du latex, du spantex, du heavy et des hauts fourrures : les 80’s !".

Quoi qu’il en soit, ving-sept ans après sa création, Shakra apporte toujours sa dose de heavy-hard aux paysages de Bern. Douze nouveaux titres à se mettre sous la dent. Ou plutôt douze titres de Shakra à se mettre sous la dent, puisque rien de nouveau sous le soleil, Shakra reste Shakra et ne prend pas de risques en répétant la recette Shakra. En somme, des refrains efficaces et entêtants chargés de porter la mélodie tandis que le côté percutant de chaque titre apparaît avec un instrumental heavy incisif qui scie à souhait dans le nécessaire ("Snakes & Ladders", "Friday Nightmare"). Bien évidemment, le kitsch est toujours présent, l’exemple par excellence de ce postulat étant "Something You Don’t Understand" qui parle de lui-même et résume très bien la situation : du synthé, des riffs gentillés, une voix mielleuse raillarde et des paroles dignes d’Un Long Dimanche de Fiançailles. Pour la suite, ce "Snakes & Ladders" n’est pas mauvais et, sauf à y être complètement hermétique, son côté kitsch ne rebutera personne, certains passages n’étant vraiment pas vilains en leur genre ("The Seeds", "Rollin’"). Si l’album et son effet sont, somme doute, assez variable, certaines pistes se démarquent aisément du lot ("Medicine Man""I Will Rise Again"). Pour la suite, il ne reste plus qu’à se laisser bercer ou emmener par la voix de Mark Fox pour un petit voyage helvétique. Et pour finir en contredisant le grand Emmett Brown de 1955 qui plusieurs fois clama "Ne fais pas attention à l'aspect rudimentaire de cette maquette, je n'ai pas eu le temps de la faire à l'échelle ni de la peindre", ici ce "Snakes & Ladders" est léché, plus que léché.

Ce disque est bien cliché, tout y passe (les ambiances, les riffs, les chœurs et sans doute les tenues latex). Et pour contredire le traditionnel con qui criera qu’un disque aussi cliché ne peut pas être d’une bonne écoute, ne tentons rien d’absurde face à ce dernier, citons simplement Grégoire Lacroix "Quand on va à la pêche aux cons, ça mord toujours... ". Pour les autres, cons ou pas, même si ce "Snakes & Ladders" n’est pas l’album du siècle, il fera passer de bons moments à l’amateur de (glam) heavy dans la tradition du genre et comme on en fait plus (ah ben si en fait)...


Rm.RCZ
Janvier 2018




"High Noon"
Note : 17/20

Signé sur AFM Records, l’illustre label ayant sous son aile moult groupes connus de la scène heavy, power, death et black, Shakra nous arrive en 2016 avec "High Noon", dixième album en carrière, depuis l’éponyme "Shakra" sorti en 1998 !

Ne connaissant le groupe que de nom, je savais par contre à quoi j’aurais affaire. En effet, autant il peut être difficile d’associer un style à un groupe, autant l’étiquette "hard rock" n’aura jamais aussi bien collé à Shakra. Introduction réussie en ce qui me concerne. Ce "High Noon" se consomme comme un bon repas réconfortant. Aucun compromis, que du rock de qualité, d’un niveau de professionnalisme témoignant de plus de 18 ans d’existence.

"Hard rock", "old school metal", la plupart du temps, ces termes résonnent comme étant vieux jeu, d’un autre temps, d’une époque révolue. Pourtant, la scène n’a jamais été aussi active, il n’y a qu’à regarder du côté des Voodoo Circle, Alter Bridge et Cavo pour ne nommer que ceux-ci pour réaliser combien ce style est vivant et en santé.

Pour qu’un album de ce genre soit agréable à écouter, il se doit de proposer des refrains accrocheurs, des riffs de guitare donnant envie de se remuer la tête sans retenue ainsi qu’une production sans faille. Le volet rythmique ne doit pas non plus nous laisser en reste, Roger Tanner à la batterie s’assure de livrer la marchandise. Désolant par contre que, malgré la profondeur du mix final, la basse soit aussi timide, se limitant à son rôle de faire-valoir de la rythmique d’ensemble. Difficile de faire ressortir du lot une pièce en particulier tant le groupe excelle dans l’écriture des chansons. Encore une fois, l’ancienneté du groupe transparaît dans le produit fini. Tout est peaufiné et fignolé avec soin.

L’on peut sans gêne déclarer Shakra comme maître de son style, siégeant bien haut sur son piédestal, avec aucunement l’inquiétude d’y être détrôné.


Mathieu
Février 2016




"Powerplay"
Note : 16/20

Auteur d’un excellent "Everest" en 2009, Shakra nous avait quelque peu déçus en 2011 avec l’album "Back On Track" qui affichait un manque d’inspiration évident. Peut-être est-ce dû au départ de leur chanteur  Mark Fox  en 2010 ? Pourtant il s’avère que son remplaçant  Mark Parkesh  constituait une des principales satisfactions du dernier opus en date. En ce début d’année sort donc "Powerplay", numéro neuf de la discographie. Quel est donc l’état d’esprit de notre combo helvète ?

Shakra sévit toujours dans un hard rock mélodique proche de leurs compatriotes Gotthard et nous fait part de compositions solides et agréables à l’écoute. Un "Life Is Now" d’entrée de galette muni d’un rythme détonnant et arpenté d’un refrain tonitruant plante le décor et nous montre que le thermomètre du quintette suisse affiche beau temps ! Un titre taillé pour le live c’est une certitude ! "The Mask" et ses faux airs de "Domino Effect" de Gotthard est aussi d’une efficacité implacable qui vous bottera les fesses ! S’en suit les titres "Higher", "Save You From Yourself" ou "Because Of You", des tracks bien charpentées à écouter en boucle. Des guitares mélodiques, déchaînés tout comme le frontman d’origine indienne  Mark Parkesh  très en verve et qui n’a rien à envier à son prédécesseur. Tout est bon, appliqué, et on prend beaucoup de plaisir à l’écoute ! Même les deux ballades, "Wonderful Life" ou "Too Good To Be True" aux allures Aerosmith où les plus romantiques fredonneront les paroles dans le noir briquet à la main font mouche et donnent un peu plus d’aération à ce nouveau cru helvète d’excellente facture.

J’écoute Shakra depuis une dizaine d’année et je dois dire qu’ils m’ont rarement déçu. Avec "Powerplay", le combo renaît de ses cendres et va en faire taire plus d’un qui voyait le groupe stagner. Pour moi un de leurs meilleurs albums, je le conseille vivement à tous les fans de hard rock mélodique.


Romain
Janvier 2013




"Back On Track"
Note : 10/20

Shakra, groupe de metal / hard rock tout droit venu de Suisse, a sorti sa dernière production "Back On Track" le 25 Février dernier. 12 titres certes très bien produits ; dès les premières notes "B True B You", titre d’ouverture, flatte mon oreille. Un flanger monte en puissance jusqu’à l’explosion rythmique bien musclée provoquée par la frappe puissante de Roger Tanner et des "pinch harmoniques" du lead guitariste aux accents Zack Wildien », pas dégueu à écouter. Cela me donne envie d’approuver le fait qu’il y est un certain niveau au sein du groupe.

Hélas arrive la voix… là encore tout est question de goût, mais elle m’apparait tellement mielleuse, entendue et réentendue trop de fois avec une façon de chanter typée années 80 qui aurait mal vieilli, elle sonne dépassée par rapport à la puissance de l’ensemble sonore et à la production finale de l’opus qui lui reste dans son temps. Je me sens alors frustrée ! Ce n’est pas super mauvais non plus, mais il n’y a vraiment rien d’extraordinaire à en tirer. Au fil de l’écoute, même les riffs me paraissent semblables les uns aux autres, assez répétitifs et finalement, eux aussi trop prévisibles. Quelques solos viennent agrémenter la mixture, ça donne un petit peu de piment mais sans plus… de toute façon l’entrée de la voix me casse dans ma découverte musicale. Je ne connaissais pas ce groupe auparavant et m’aperçois après quelques recherches que les artistes n’en sont pas à leur premier opus, avec pas moins de 8 albums à leur actif et les précédents étant plutôt bien notés, celui-ci marque-t-il peut-être l’un des premiers signes de faiblesse du groupe ? Serait-ce dû au départ de leur ancien chanteur Marc Fox, dont les capacités vocales semblaient félicitées, remplacé par John Prakesh sur ce nouvel album ? Il y a sûrement un peu de ça. Le pire, c’est qu’il a lui aussi une très belle voix le bougre ! Mais l’exploiter différemment serait une idée des plus perspicaces me semble-t-il !

Même en essayant d’être un poil indulgente, l’irritation maximale pour mes oreilles se construira malgré tout autour des petites interjections du type "yeah yeah" (cf "Crazy") et des paroles tellement envisageables : "quand je te vois je veux juste te tenir dans mes bras…." Aïe… pas de doute, il y a de quoi devenir dingue et impossible pour ce groupe d’aller plus loin avec si peu de recherche d’écriture… C’est bien dommage, je pense qu’il y avait vraiment de quoi gratter dans ce succulent pays qu’est la Suisse et nos 5 compères n’étaient pas mal partis pour nous le prouver ! Mais un virage a été raté… attendons peut-être mieux d’un prochain album.


Angie
Juin 2011


Conclusion
L'interview : Thomas Muster

Le site officiel : www.shakra.ch