"Lux Ex Inferis"
Note : 18/20
L’éclat de Servant brille à nouveau. Actif depuis 2021, le groupe emmené par Farago (guitare / chant, Übergang), Samael (guitare), Thanatos (basse) et Apophis (batterie) - tous également membres d’Under The Night Sky - signe déjà son quatrième album, "Lux Ex Inferis", avec le soutien renouvelé d’AOP Records.
L’album s’ouvre avec la mystérieuse "In Noctem", composition introductive assez courte mais qui a un don tout particulier pour mettre en place une atmosphère mystique entre choeurs, guitares et percussions, n’hésitant pas à laisser la saturation apporter une touche planante tout comme sur "Tabula Rasa" où elle est immédiatement plus présente, mais aussi et surtout plus énergique. Les parties vocales apportent une touche de viscéralité parfois un peu chaotique qui colle parfaitement au morceau tout en permettant aux harmoniques de planer jusqu’à "Glorification", nouvelle composition qui elle aussi développe son approche agressive et fait la part belle à des hurlements intenses des fois teintés d’un écho pesant. Les claviers vont parfois adoucir le mélange en compagnie des leads, mais même le break ne pourra pas empêcher le retour des sons virulents avant que "Thanatos, Embrace Of The Night" ne nous envoûte avec ses riffs brumeux doublés d’une batterie ravageuse. Sur ce morceau aussi, une longue pause est prévue afin de nous laisser sortir la tête des ténèbres pour mieux y replonger dans une dernière accélération qui nous projette jusqu’à "De Profundis" où la fureur ne se fait pas attendre, laissant le groupe signer l’un de ses titres les plus directs.
Bien que très mélodieux, les refrains n’échappent pas à cette rage entêtante, alors que c’est avec des racines old school assez brutes que "Lux Fulget" prend la suite et nous emporte à son tour dans son torrent de noirceur impie jusqu’au break salvateur, suivi bien évidemment de l’éternel retour de flammes. "Of Stones, Sleep And Death" nous accordera quelques instants avant de s’embraser pour de bon, mais là encore les claviers sont omniprésents pour garantir des tonalités éthérées sur certaines parties, créant ce contraste enivrant avant que "The Accuser" ne vienne le corrompre avec une approche accrocheuse plus accessible. On sent tout de même la pointe mystique qui oeuvre en arrière-plan pour rivaliser avec l’agressivité, mais l’album va déjà prendre fin avec "Hypnos I See You" qui ne perd pas un instant pour nous charmer avec ses leads avant de charger et là encore nous emporter dans ses vagues sombres pour clore l’album tout en nous proposant une incroyable atmosphère.
Pas de doute, l’évolution de Servant lui est plus que bénéfique, permettant au groupe de signer sur "Lux Ex Inferis" une de ses plus belles performances à ce jour. Les musiciens sont souvent en mouvement, et j’espère que leurs nouvelles compositions leur permettront d’atteindre encore plus de scènes.
"Death Devil Magick"
Note : 17/20
Retour de Servant pour un troisième album. En 2024, Farago (guitare / chant), Samael
(guitare), Thanatos (basse) et Apophis (batterie), tous également membres d’Under The
Night Sky, signent chez AOP Records et annoncent la sortie de "Death Devil Magick".
L’album débute par la mélodie calme mais sombre de "Void" qui finira par devenir lourde et
lancinante avant de laisser place à "Temple" où la noirceur s’embrase littéralement pour nous
offrir un son perçant ancré dans une dynamique old school. Les parties vocales renforcent
l’agressivité de la composition qui n’hésite pas à user de ses leads cinglants pour avancer
jusqu’à "Sin", où des claviers rejoignent les quatre musiciens pour créer une approche parfois
plus éthérée, contrastant avec les passages les plus furieux. On découvre également un
passage intense avant que les musiciens n’accélèrent à nouveau, mais les mélodies ont
changé, comme nous le confirme "Devil" et sa froideur ambiante, qui ne cesse que pour
laisser la rythmique exploser et partir à toute allure. Certains passages plus lents permettent
au groupe de développer des harmoniques aériennes, tout comme sur les premiers instants
de "Hope", où la dissonance se développe progressivement, laissant finalement entrer la
batterie pour nous aider à nous aventurer à travers cette composition instrumentale.
Retour
des parties vocales sur "Fury" où la rage du vocaliste n’a d’égal que la sauvagerie de la
rythmique qui entre souvent en éruption et file à toute allure avant de nous dévoiler des
mélodies entêtantes comme lors de ce break brumeux. Le son finit par s’éteindre avant de
laisser place à "Death" et à ses choeurs envoûtants qui disparaissent parfois lorsque le
groupe intensifie ses riffs, mais l’atmosphère générale reste dans cette opposition entre
quiétude et oppression avant que "Litany" ne débute, et le moins que l’on puisse dire, c’est
que le son ne restera pas calme très longtemps. Les sonorités tranchantes se mêlent à des
parties énergiques, mais le break nous offre une accalmie hypnotique qui teintera la partie
finale, suivie par "Magick" et ses sonorités occultes qui nous entraînent vers une section
rythmique légèrement plus enjouée que d’habitude, mais qui sera bien évidemment
assombrie par des guitares mélancoliques accompagnées des vociférations jusqu’à ce que
le son ne sombre dans le néant.
Servant forge son black metal avec des mélodies cinglantes et des sonorités agressives,
mais également avec une touche de douceur sombre. "Death Devil Magick" est un album très
rythmé qui va sans mal trouver sa place chez les mélomanes.
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