Le groupe
Biographie :

Serious Black est un supergroupe de power metal international formé en 2014 et actuellement composé de : Mario Lochert (basse / Emergency Gate, ex-Visions Of Atlantis), Dominik Sebastian (guitare / Edenbridge, Shadows' Grey, Thirdmoon, ex-Scargod), Urban breed (chant / SProject Arcadia, ex-Bloodbound, ex-Pyramaze, ex-Tad Morose, ex-Trail of Murder, ex-Dark Empire) et Ramy Ali (batterie / Iron Mask, Roger Staffelbach's Angel Of Eden, Evidence One, ex-Getaway, Rik Priem's Prime, ex-Freedom Call, ex-Justice, ex-Kiske / Somerville, ex-Beautiful Beast, ex-Big Apple, ex-Frontline, ex-State Of Rock). Serious Black sort son premier album, "As Daylight Breaks", en Janvier 2015 chez AFM Records, suivi de "Mirrorworld" en Septembre 2016, de "Magic" en Août 2017, et de "Suite 226" en Janvier 2020.

Discographie :

2015 : "As Daylight Breaks"
2016 : "Mirrorworld"
2017 : "Magic"
2020 : "Suite 226"


Les chroniques


"Suite 226"
Note : 17/20

"Suite 226", cinquième album complet du groupe, marque également l’arrivée de nouveaux membres en son sein. L’on pourrait ainsi le nommer plutôt "Urban Breed et ses musiciens". Au-delà de ce carrousel de changements, n’en demeure pas moins qu’une certaine stabilité se retrouve dans la musique du groupe. En effet, Serious Black poursuit sa lancée dans ce que l’on pourrait qualifier de power metal à légère saveur progressive.

Une pièce comme "Solitude Etude" et ses petites envolées classiques rappellera au passage les Vanishing Point et Tad Morose de ce monde, dont un certain Breed comme chanteur du dernier nommé, de 1995 à 2005. Ce que j’apprécie particulièrement dans ses performances vocales est son approche à la fois mélodique et agressive, pleinement assumée, témoignant d’années de travail et d’efforts. Il fait partie du club select des grands chanteurs du genre, malgré que son nom ne sorte pas aussi facilement du lot.

Power metal mélodique donc, mais ce n’est pas sans renier des influences AOR que j’avais d’ailleurs notées dans les albums précédents du groupe, comme en témoigne "Fate Of All Humanity", sorte de Ten sous stéroïdes. Cette pièce démontre ses plus beaux atours en milieu de progression, avec un passage tout en lenteur, atmosphérique, laissant la place entière à Breed. Mais lorsque le groupe appuie sur l’accélérateur, cela donne la frénétique "We Still Stand Stall", laissant entrevoir un deuxième visage méconnu de Serious Black. Mentionnons également les claviers rappelant l’excellent Eldritch avec cette petite touche techno assumée. La formation de prog metal italienne ne renierait d’ailleurs pas la pièce de résistance de l’album, soit l’éponyme "Suite 226". Changements de tempo, performance vocale sans faille, ces 8:41 minutes de metal ferment la marche de cet album avec brio. On dénotera subtilement des influences moyen-orientales également dans la rythmique. Clairement, Serious Black ne fait pas toujours dans la facilité et sait produire des pièces de haut niveau.

Après une petite introduction à la Maiden sur "Castiel", la suite de celle-ci est un autre parfait exemple de ce que propose Serious Black, du metal mid-tempo résolument agressif, avec cette fois-ci Urban poussant la note dans la stratosphère. Ce sera d’ailleurs l’une des rares fois où celui-ci chantera de la sorte, préférant plutôt le confort d’un registre médian, mais ultra efficace pour la musique de Serious Black. Les plus attentifs remarqueront des petites influences orchestrales ("Solitude Etude", "Heaven Shall Burn"). Cette façon de faire n’a vraiment rien de nouveau dans le monde du metal, cependant la manière selon laquelle Serious Black les incorpore à sa musique pourrait lui permettre de se distinguer. Puis-je en suggérer un peu plus dans le futur ?

10 morceaux sur moins de 47 minutes, ceci est la recette gagnante pour éviter la répétition, surtout dans ce genre de metal. L’écoute de cet album s’avère fort agréable et il est indéniable d’affirmer que Serious Black se doit d’être mentionné lorsqu’il est question d’énumérer des formations de metal mélodique.


Mathieu
Juin 2020




"Magic"
Note : 16/20

Je ne sais plus trop comment aborder les albums concepts. Ce n’est rien de nouveau et l’idée est vieille comme le monde, The Who ayant créé quant à moi la meilleure des histoires avec "Tommy". Sacrilège crieront les amateurs de Pink Floyd statuant haut et fort que rien ne peut atteindre le prestige de "The Wall" et je me dois de leur concéder une partie de vérité. Vient aussi dans le portrait le grand (dans tous les sens du terme) Arjen Lucassen, le plus prolifique des membres de la communauté prog metal. Et pour en finir avec cet interminable éditorial sur les albums concepts, mon préféré d’entre tous, "Mercy Falls" de Seventh Wonder.

Fut un temps où l’annonce même d’un album concept me rendait fébrile et pourtant, au fil des ans, un tel produit ne fait plus autant d’effet qu’auparavant. Indéniablement, Urban Breed a mis le paquet dans ce "Magic". Dès la lecture du livret accompagnateur, on voit tout de suite tout le travail entrepris dans cet album. Et je dois saluer l’effort ici, car j’adore pouvoir mieux saisir la teneur de l’histoire sans pour autant que l’on m’en révèle trop les détails. Ainsi, je peux m’imprégner de la musique plus en profondeur, tout en y allant de ma propre analyse et compréhension de l’histoire.

Musicalement, Serious Black fait dans ce que l’on pourrait appeler un amalgame de AOR et de metal mélodique, dans l’ordre des Kamelot et de Elegy (pour les plus vieux d’entre vous qui se souviendront de la bande à Ian Perry). Produit par le groupe et masterisé par nul autre que Mika Jussila au mythique Finnvox Studio, l’ambiance et l’atmosphère ici créées siéent à merveille à la musique. Les claviers sont résolument bien employés et ajoutent la touche mystique nécessaire pour appuyer l’histoire ici racontée. Le récit d’un personnage retournant dans un village ayant connu une malédiction est d’autant plus rendu avec brio par l’excellente et robuste voix de Urban Breed (connu pour son travail avec Tad Morose entre autres). Breed propose un mélange de puissance et de mélodie fort réussi et si important pour le genre. D’ailleurs, les amateurs de refrains accrocheurs seront plus que ravis avec "Magic", chacune des pièces proposant tour à tour autant d’épiques moments vocaux.

Le terme AOR vous effraie ? Soyez sans crainte, Serious Black laisse bien assez de place aux guitares, appuyée d’une solide batterie, pour tout amateur de metal mélodique à tendance un peu plus agressive. N’allez pas croire que vous aurez affaire ici à la dernière sensation power metal du mois, l’ensemble de "Magic" penchant plutôt vers le rock qu’autre chose.

"Magic" ne révolutionnera sans doute pas le monde des albums concepts, mais avec une histoire bien ficelée et des musiciens hors pair, décidément les amateurs du genre ne seront pas déçus.


Mathieu
Octobre 2017




"Mirrorworld"
Note : 17/20

Démarré à titre de supergroupe avec en son sein Roland Grapow (Mastermind, ex-Helloween) et Thomen Stauch (ex-Blind Guardian), Serious Black a produit un premier album en 2015 ("As Daylight Breaks") et l’aventure se poursuit avec de nouveaux membres en 2016, pour un casting tout aussi prestigieux qu’à ses débuts. Avec au chant M. Urban Breed (ex-Tad Morose, ex-Pyramaze), qui se passe de présentation, deux guitaristes au talent fou en les personnes de MM. Bob Katsionis (Firewind) et Dominik Sebastian (Edenbridge) et une section rythmique de rêve (Alex Holzwarth (Blind Guardian) et Mario Lochert (ex-Vision Of Atlantis), tout est en place pour une suite grandiose.

Le concept de supergroupe, tout comme pour les équipes sportives, peut parfois devenir un piège plutôt qu'une une assurance de succès. La cohésion et l’esprit de famille peuvent en prendre pour leur grade lorsque l'alchimie n’est pas au rendez-vous. Tel n’est pas le cas avec Serious Black. Au-delà de citer des artistes de renom pour faire bonne impression, clairement les différents membres du groupe ont travaillé ensemble, d’où l’impression d’avoir affaire ici à un groupe à part entière plutôt qu’à une série de collaborations. D’ailleurs, suite à la sortie de "Mirrorworld", le sextet aura la chance de réaliser sa première tournée officielle en tant que de tête d’affiche.

Opérant dans le power metal à saveur moderne, loin des clichés des groupes italiens amateurs de dragons et de fées, plus près de l’agressivité des derniers Nocturnal Rites, Serious Black me plaît décidément plus quand il laisse aller sans réserve sa vitesse brute. Les deux premières pièces de l’album sont d’ailleurs un délice pour les amateurs de power metal rapide. Dès le troisième morceau, "Dying Hearts", Urban Breed délaisse l’approche vocale plus agressive pour une maîtrise vocale digne des plus grands, sur une pièce qui fera baver les amateurs de metal mélodique (ère Kamelot).

Par chance pour moi, et pour vous qui vous regrettez l’époque où Tony Kakko savait encore que l’on peut jouer à 160 BPM, "You’re Not Alone" reprend là où les hostilités avaient débuté. Remarquez d’ailleurs au passage un excellent solo de claviers, typiquement "neoclassic metal" fort agréable. Qui dit power metal dit souvent répétition et encore une fois, Serious Black évite ici un piège dans lequel il aurait été facile de tomber. Par un sens de l’écriture soignée, le dynamisme et la variété sont au rendez-vous, comme en témoigne la pièce titre de l’album, "Mirrorworld", et son côté résolument plus rock que le reste. Un supergroupe n’étant pas automatiquement garant d’un succès assuré. Serious Black devient en quelque sorte l’exception qui confirme la règle.


Mathieu
Septembre 2016


Conclusion
Le site officiel : www.serious-black.com