"Led Into Oblivion"
Note : 17/20
Nouvelle claque signée Scordatura ! Six ans après leur dernier opus, Daryl Boyce (chant, Party Cannon, ex-Repulsive Vision), Owen McKendrick (guitares), Tam Moran (batterie) et Liam McCafferty (basse, ex-Dominicide) signent chez Everlasting Spew Records pour dévoiler leur quatrième album, "Led Into Oblivion".
"Doomed To Fate" nous offre une introduction apocalyptique avant de nous jeter en pâture à "Led Into Oblivion", le très agressif titre éponyme qui frappe fort avec une touche old school furieuse, mêlant des éléments brutal death avec une pointe de thrash criard pendant que le vocaliste se déchaîne. Tout dans ce titre semble nous inciter à secouer le crâne alors que les musiciens frappent à bonne allure, puis c’est après un très court instant de flottement que "Existential Termination" vient déverser son torrent de riffs, reprenant le flambeau de son prédécesseur avec fougue. Blast et rythmique hargneuse s’enchaînent sous les hurlements tout comme sur "Echoes Of A Fractured Mind" qui prend à son tour le relai et nous frappe avec la même énergie, ne nous laissant même pas respirer avant la toute dernière seconde, et enchaînant immédiatement avec "Oppressed/Repressed", le morceau suivant. La rythmique effrénée sert parfaitement la déferlante que le groupe nourrit à grand coups de riffs épais, ralentissant tout de même pour devenir plus lourde, comme l’introduction d’"A Manic Indoctrination" qui lui emboîte le pas avec une approche plus lente mais toute aussi accrocheuse.
On retrouve des touches macabres et inquiétantes pendant que le groupe nous piétine, puis un sample marquera la fin du morceau et le passage à "Retali(h)ate" qui accélère un peu tout en restant dans la violence pure, incluant même une touche de technicité entre deux parties plus simples mais efficaces. Le groupe n’hésite pas à s’aventurer vers le slam death et son groove accrocheur entraînant avant de frapper à pleine vitesse avec "When The Red Moon Hangs Low", titre suivant où on retrouve cette allure sauvage mais maîtrisée pendant deux minutes trente, puis les musiciens enchaînent avec "Maw Of The Void" qui se trouve être du même acabit et qui aura sur nous le même effet : celui de faire remuer notre nuque. Si le morceau ralentit un peu vers son centre, il ne manquera pas d’accélérer à nouveau pour rejoindre "Begging To Die", ultime composition qui sans surprise va aussi nous matraquer et imposer son approche saccadée jusqu’au dernier moment, légèrement plus calme mais pas moins violent !
Scordatura n’a pas une minute à perdre sur "Led Into Oblivion" ! Le groupe va aligner une intro et neuf titres en moins d’une demi-heure, et même si je serais totalement incapable de dire combien de notes ont été jouées, le moins que l’on puisse dire, c’est que la hargne est palpable !
"Mass Failure"
Note : 18/20
Eloignez les personnes les plus fragiles des enceintes, Scordatura revient. Aussi fort qu’un
whisky, les Ecossais distillent depuis une quinzaine d’année déjà un brutal death de qualité.
Pour parfaire les présentations, Tam Moran (batterie), Owen McKendrick (guitare), Daryl
Boyce (chant) et Derek Wright (basse, Ageless Summoning), voici votre public ! Public,
voici "Mass Failure", le troisième album du groupe.
On commence en trombe avec "Disease Of Mind", un titre lourd et rapide, qui alterne entre
riffs agressifs et parties plus massives. Côté chant, les hurlements massifs du chanteur sont
parfois accompagnés de cris plus aigus. "Skin Trophy" prend la suite et nous propose un
nouveau matraquage en règle, entre parties écrasantes et rythmique rapide, avec
également ce son de basse gras qui accompagne le tout. On reste dans un groove violent
avec "Nothing But Dust", un titre qui va sans nul doute lancer des moshs un peu partout dans
la fosse, avec notamment des influences plus old school. La brutalité reprend
immédiatement avec "Contorted Existence" et sa voix samplée sur des riffs entraînants. Mais
ne vous en faites pas, les hurlements sont bien vite de retour, tout comme cette rythmique
explosive qui fera à nouveau remuer des crânes.
L’inquiétante "World Devourer" prend la suite, entre son massif et agressivité omniprésente.
Groove, riffs tranchants, son gras, tout y est ! Même constat pour "The Flesh That Hates", un
titre qui compte une fois de plus sur ce son de basse ronflant pour asseoir des harmoniques
sanglantes et un véritable mur de batterie. "Mass Failure", le titre éponyme, reste dans cette
veine de puissance brute servie par des patterns explosifs et remuants, qui plairont autant
aux amateurs de brutal death que de death technique, en raison de ces petites
harmoniques bien placées. La fin se dessine avec la véloce "Immense Atrocity", un titre incisif
qui prouve que le groupe ne demande qu’à en découdre à la fois sur scène et dans votre
casque. Encore une fois cet alternance de chant fait mouche avant "Collapse Of Humanity", le
dernier morceau. Très martial, il permet de refermer l’album comme les Anglais l’avaient
commencé : dans la violence sous sa forme la plus pure.
Bien que Scordatura ne soit pas très connu, "Mass Failure" est un excellent album ! Le
groupe maîtrise à la perfection les codes du brutal death, et nous les étale en pleine face
avec un accordage bas et une volonté de fer !
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