Le groupe
Biographie :

Sahg est un groupe norvégien de metal, formé en 2004. Leur style est assimilable à du stoner avec des influences issues des premières heures du metal, comme celle du groupe Black Sabbath. Il est composé de 4 membres ayant participé, chacun de leur côté, à différents projets musicaux, pour certains renommés, en Norvège. Leur premier album "I" est sorti en Avril 2006 à travers l'Europe, avec un certain nombre de critiques positives. En Septembre 2006, le groupe effectua une tournée de trois semaines à travers les États-Unis et le Canada, en première partie de Celtic Frost. De retour, le groupe commença à travailler sur son second album, "II", dont la sortie définitive fut finalement annoncée pour le 18 Mars 2008. Leur troisième opus, nommé "III", fut publié en 2010. Le groupe sort en 2013 un quatrième album, rompant avec la numérotation, et qui s'appelle "Delusions Of Grandeur". "Memento Mori" sort en Septembre 2016.

Discographie :

2006 : "I"
2008 : "II"
2010 : "III"
2013 : "Delusions Of Grandeur"
2016 : "Memento Mori"


Les chroniques


"Memento Mori"
Note : 14/20

Aaaah, Sahg ! Je me souviens vaguement avoir déjà chroniqué l’un de leurs albums, et en avoir conclu que c’était probablement l’un des groupes norvégiens les plus perchés que je connaisse. Sahg ou le groupe qui a la faculté de partir dans un trip pas possible à lui tout seul, et à nous emmener dans le même trip avec de grands sourires innocents. De la folie, mais aussi du génie. Et ils semblent bien repartis dans la même idée, car pour appeler un album "Rappelez vous que vous allez mourir", il faut bien avoir un plan derrière la tête. Penchons-nous donc ensemble sur ce plan.

L’album s’ouvre sur "Black Unicorn" et déjà, Sahg nous propose des sonorités étranges et nouvelles. Si au premier abord, cela peut sembler original et réussi, je regrette qu’ils aient fait durer cette introduction si longtemps. En effet, avec une répétition incessante de ce même son en background et la lenteur voulue des vocaux, on s’attend véritablement à une explosion en fin de parcours... explosion qui n’est pas si explosive au final, et c’est bien un comble pour une explosion. Passons. Suit "Devilspeed", qui a un côté plus heavy... mais qui manque un peu de peps selon moi. Le titre suivant, "Take It To The Grave" change radicalement de rythme, avec une ambiance plus lente. Mais chose surprenante, les vocaux donnent un côté assez lisse au titre. Pour un bien, ou pour un mal, je l’ignore encore. Mais le tout donne un aspect assez asceptisé assez dérangeant qui m’a rapidement évoqué une chambre d’hôpital. Ne me demandez pas où je suis allée chercher ça, je n’en ai foutrement aucune idée. Le rythme reste toujours assez lent sur "Silence The Machines". Ce qui est regrettable avec ce titre, qui est très satisfaisant s’il est pris de manière individuelle, c’est qu’il est intervenu au moment de l’album où je commençais à m’impatienter et à me demander quand l’un des coups de folie de Sahg surviendrait enfin. De toute évidence, pas maintenant. Et le côté un peu plus pesant et martial de "Sanctimony" n’arrive pas à me contenter pleinement. Suit "(Praise The) Electric Sun", un morceau tout à fait étonnant où j’ai retrouvé un peu de l’originalité du groupe. Il y avait un côté psychadélique et planant assez appréciable, et qui convient de façon remarquable à la sonorité de Sahg. Enfin un bon point ! Je retrouve un peu le sourire. Le groupe tente d’ailleurs de relever un peu le rythme sur un "Travellers Of Space And Light" mais une nouvelle fois peine à décoller véritablement. Sahg semble cloué au sol. Et cela me frustre énormément. L’album se termine sur "Blood Of Oceans", qui enfin, propose un moment de bravoure un peu plus dynamique. L’attente aura été longue, mais au moins Sahg en termine sur une note positive.

Le résultat est donc en demi-teinte. Sahg avait proposé un précédent album plus abouti à mon sens, et "Memento Mori" semble peiner à atteindre ce niveau. Il reste de très bonne facture, mais il manque ces moments de folie et d’incompréhension totale qui faisaient le charme des précédents albums et qui m’enthousiasmaient tout particulièrement. Sahg propose donc un album classique, mais qui ne fait définitivement pas partie de ses chefs d’oeuvre.


Velgbortlivet
Décembre 2016




"Delusions Of Grandeur"
Note : 16/20

Sahg, groupe norvégien formé à Bergen en 2004. Et qui depuis sa création, détruit la théorie de tout black métalleux qui se respecte, selon laquelle à Bergen on fait du black metal et rien d’autre. Hé non ! Il y a Sahg, un groupe ovni qui compose de la musique très... spéciale. Parlons de ce "Delusions Of Grandeur". L’artwork a un côté très psychadélique, et a été apparemment inspiré par le film de Kubrick L’Odyssée de l’Espace. Film qui a été un constant point d’interrogation dans ma vie personnelle, car très spécial et qui m’a trituré le cerveau en raison d’une fin que je ne comprenais pas. C’était pour l’anecdote personnelle, revenons à la musique.

L’album débute donc avec "Slip Off The Edge Of The Universe". On a affaire à du heavy, mais qui développe une atmosphère propre. En même temps, on cherche à atteindre une ambiance spatiale et étrange, donc le pari est osé. Mais relevé haut la main. Première réelle confrontation avec Sahg pour moi. En fait, tout est une question d’imagination. Sahg est ce genre de groupe qui doit arriver à vous transporter ailleurs. Très loin. Et le succès de l’album repose sur ce principe maître. Je me dis donc que c’est quitte ou double, soit on aime et on est transportés, soit on est laissés comme des radis sur le quai de la gare en regardant les autres partir en planant ! "Blizzardborne" a un côté plus planant encore, et on se retrouve propulsés je ne sais pas vraiment où. La deuxième partie de la chanson est vraiment superbe, et évoque tour à tour mélancolie, désespoir, tristesse et renoncement. "Firechild" développe un côté un peu plus heavy que les chansons précédentes. Mais il y a certaines touches qui donnent un petit côté perdition. Par là, j’entends que c’est comme essayer de regarder à la fois à gauche et à droite. On se sent un peu perdus, quasi happés par un cyclone ou je ne sais quoi. Perdus, c’est ça le mot. Où sommes-nous tombés ?!

Poursuivons avec "Walls Of Delusion". La voix devient entêtante, comme s’il s’agissait d’une autre voix qu’on entendrait sans fin dans notre tête. De la schizophrénie musicale. Oui, je suis sérieuse ! Cet album nous propulse en plein délire mental, c’est bien mon impression dominante. "Ether" le titre suivant innove par l’apparition de voix claires légèrement effacées qui ajoute une nouvelle fois à l’atmosphère si spéciale que développe Sahg. Et là, je trouve ce petit côté spatial qui rappelle bien l’artwork. "Then Wakens The Beast" poursuit sur cette lancée. On ressent les petits hommages et la grande influence aux années 70. Les initiés reconnaîtront sans nul doute des références que moi en tant que nouvelle venue dans ce petit univers je n’arrive pas à appréhender totalement !

Le titre suivant "Odium Delirium" me conforte de part son titre, que j’ai raison depuis le début sur cette histoire de délire mental qui vire un brin à la schizophrénie. C’est une incursion dans la folie. Il s’agit d’une instrumentale, avec des petits relants electro. Mais tout passe bien, même très bien. Place à la pièce maîtresse de l’album, longue de 11 min, "Sleeper’s Gate To The Galaxy". Les vocaux se font vecteur de diverses émotions, toutes aussi envahissantes les unes que les autres. On pourrait croire qu’il ne s’agira que d’une balade, mais très vite le côté heavy metal réapparaît et on est littéralement transportés. C’est à ce moment précis de l’album que Sahg a atteint le sommet de son art, et l’apogée de l’ambiance qu’ils distillent lentement depuis le commencement. Un seul mot pour qualifier ce titre : impressionnant.

On termine avec "Domno Abyssus" qui a une sonorité plus dure que les autres. Sans doute la chanson la plus metal de l’album à mon avis. Une belle façon de terminer cet album qui nous aura parachuté je ne sais où dans l’espace, ou dans les méandres de notre propre psyché. Allez savoir ...

Sahg nous sort ici son chef d’oeuvre, auquel je pense ils aspiraient depuis le commencement. Une réelle maturité se dégage de ce disque, la sensation que le groupe est au sommet de son art, un art qu’il a pauffiné dans l’espoir de le rendre parfait. Comme je l’ai dit, je ressens que c’est un de ces albums auxquels on adhère beaucoup ou pas du tout. Dans mon cas, ce sera beaucoup. Je n’avais pas vraiment d’affinités particulières avec le groupe, mais ils ont réussi à me convaincre et à m’envoyer délirer dans leur monde bien spécial. Un de ces groupes spéciaux qui méritent de l’attention de notre part, et qui arrivent à créer un univers en dehors des barrières habituelles des styles et des genres.


Velgbortlivet
Novembre 2013


Conclusion
Le site officiel : www.sahg.no