Le groupe
Biographie :

Rudra est un des leaders de la scène metal asiatique. Le groupe s'est formé en 1992 à Singapour, il est composé de : Shiva (batterie / Kaliyuga), Kathir (chant, basse / Abyssal Vortex, The Wandering Ascetic, ex-Narasimha, ex-Zushakon), Vinod (guitare / Narasimha, Predatory, ex-$uicide $olution, ex-Chaos Aftermath) et Simon (guitare). Le groupe a évolué de simple death metal, à fondateur d'un nouveau genre appellé "Vedic Metal". Rudra compte sept albums à son actif.

Discographie :

1995 : "The Past" (Démo)
1997 : "Rudra" (Démo)
1998 : "Rudra" (Compilation)
2001 : "The Aryan Crusade"
2003 : "Kurukshetra"
2005 : "Brahmavidya: Primordial I"
2009 : "Brahmavidya: Transcendental I"
2011 : "Brahmavidya: Immortal I"
2013 : "RTA"
2016 : "Enemy Of Duality"


Les chroniques


"Enemy Of Duality"
Note : 14/20

Rudra est un groupe de black metal originaire de... Singapour. Oui, j’avoue avoir été surprise à ma première lecture. J’ai la fâcheuse tendance à être assez eurocentriste dans mes goûts musicaux et suis toujours surprise de voir des groupes émergeants d’autres pays. Et là, j’avoue m’être prise une claque dans la figure car apparemment Rudra a créé son propre genre, le "Vedic Metal", combinant thrash, death, black, musique traditionnelle indienne et spiritualité. Et cela depuis les années 90. Subitement, je me sens inculte. C’est donc avec une grande curiosité que j’ai appréhendé cet album, bien décidée à comprendre ce que j’avais manqué pendant tout ce temps.

L’album s’ouvre sur "Abating The Firebrand" et... en effet, on entend nettement les sonorités orientales. Je vais être honnête : c’est assez perturbant au premier abord. Autre élément perturbateur selon moi : la batterie. Petit souci de mixage ou préférence personnelle, je ne le sais pas, mais mes oreilles ont un peu sifflé. Passons. Rudra nous propose un album articulé autour d’un concept original : chaque titre se base sur un verset du poème sanskrit "Mandukya Karika". Je ne vais pas mentir, sur le papier ça m’évoquait autant de choses que la perspective de devoir nettoyer mon aspirateur sans sac. Et je serai honnête, après une courte recherche sur le sujet, j’étais encore plus confuse qu’avant. Mais même face à mon ignorance, j’ai eu envie d’en savoir plus. Le groupe a une véritable énergie, et une passion pour ce qu’il propose. Ce genre d’enthousiasme est largement communicatif. Mais malheureusement pour moi, cette passion est la seule chose qui me connecte à la musique du groupe. J’ai ainsi eu du mal à accrocher à "Slay The Demons Of Duality" qui, pourtant, envoie la pâtée de façon très sévère, mais qui m’a laissé sur le carreau. Là où Rudra a réussi à m’intéresser, c’est au détour de passages plus traditionnels comme le début de "Perception Apparent" qui propose une ambiance très intéressante, grâce à l’utilisation d’une flûte qui a probablement un nom mais que j’ignore malheureusement. C’est hélas une impression que je vais conserver tout au long de mon écoute. Je resterai captivée par les passages traditionnels, et un peu imperméable au côté plus metal des compositions de Rudra. Et c’est un comble ! Pourtant, je ne vais pas blâmer le groupe à ce sujet, il est clairement ici question de préférences personnelles. Le son de l’album s’apparente pour moi plus au thrash metal, et j’ai toujours eu un peu de mal avec ce genre en particulier. Brûlez-moi ! Je vais pourtant noter quelques passages remarquables : l’intervention de voix féminines sur "Hermit In Nididhyasana" et le final tirant vers l’épique de "Ancient Fourth".

Il faut ici être clair : Rudra a un son bien particulier, et a au moins le mérite de nous proposer une musicalité venant d’ailleurs, avec une réelle prise de risque. Avec le recul, je comprends largement que le groupe possède une fanbase solide et fidèle. Leurs compositions sont originales, et il y a un background culturel qui mériterait d’être creusé davantage. Seulement voilà, je n’ai pas été subjuguée. Je reste cependant ravie d’avoir pu découvrir un groupe qui diffère radicalement de ce que j’ai l’habitude d’écouter. C’est une expérience... à voir si elle vous conviendra.


Velgbortlivet
Septembre 2017




"RTA"
Note : 16/20

Rudra a terminé sa trilogie "Brahmavidya" et est de retour avec un nouvel album intitulé "RTA". Rudra nous sert ici un concept album basé sur "Valmiki Ramayana", un poème vieux de 2000 ans qui vient de chez eux là-bas tout au loin ! Je vous le dis direct, cet album est très lourd à digérer, 6 titres pour une durée de 61 minutes et 51 secondes. La chanson la plus courte fait 8:48 minutes et la plus longue 12:34 minutes, vous êtes prévenus.

Cet album est un pur melting pot de ce que Rudra a l'habitude de faire (sauf pour le précédent en fait). Beaucoup de musique indonésienne, des paroles parfois en sanskrit (pour les passages plus atmosphériques) mais le plus souvent en anglais. On aura a droit à de tout : de la flûte, des instruments à vent divers, des tambours, des guitares sèches, les mecs se sont lâchés, ils ont dû utiliser un peu tout ce qui leur passait par la tête, vive les expérimentations. Mais bon, c'est quand même un groupe de metal à la base ! La musique se veut plus mélodique, moins violente que par le passé, on est souvent dans le mid tempo, voire plus lent. On a droit à quelques blast beats par-ci, par-là et à de la double pédale mais pas tant que ça. Vu la longue durée des morceaux, on a surtout droit à énormément de variations dans un même titre, tantôt mélodique, tantôt lourd et malsain, tantôt violent et agressif et tantôt atmosphérique. Il y a sur certains titres quelques rythmiques qui sont un peu bancales et qui clochent, c'est bizarre. Mais connaissant le groupe, je pense que c'est pour donner un style à certains passages car ils sont trop "pro" pour foirer des rythmiques ! Au niveau technique, rien à redire, les guitares et la batterie sont de bonne qualité. Le chant rappelle toujours celui de Legion (ex-Marduk), c'est-à-dire très rauque et vachement énervé. C'est d'ailleurs cette voix bien agressive et malsaine qui viendra trancher dans les passages plus lents de cet opus. Au niveau de la prod', j'ai connu mieux pour ce groupe, ça manque un peu de relief à mon goût et je finirai par la pochette, sobre, énigmatique mais elle a de la gueule !

Au final, si vous connaissez ce groupe et appréciez son metal mystique, alors vous aimerez, mais si vous n'avez jamais entendu parler de Rudra, le mieux est de commencer par les albums précédents, "Brahmavidya" car celui-ci est quand même lourd à digérer !


Danivempire
Décembre 2013




"Brahmavidya: Immortal I"
Note : 17/20

Rudra, voilà un groupe qui m'avait marqué avec leur dernier album "Brahmavidya: Transcendental I". Et voici donc la "suite" avec "Brahmavidya: Immortal I". Alors que reste-il des Singapouriens en 2011 ? Déjà, j'avais noté leur précédent album 20/20, si jamais celui-ci était meilleur je me serais joliment casser la gueule...

Eh bien non, heureusement, il est un peu moins bien que son prédécesseur et je vais expliquer pourquoi. La musique de Rudra se situe quelque part entre le death et le black. L'intro commence par un chant religieux de chez eux, un peu comme sur l'autre album mais la où, dans son prédécesseur, ce genre de chose parsemait la galette, ici on aura juste droit à une intro. Le groupe veux en effet faire quelque chose de plus "in your face" donc exit tout le folklore de-par-chez-eux. C'est dommage d'un côté mais peut-être n'ont-ils pas voulu avoir une étiquette et se retrouver enfermés dans un style, contrairement à "La Mano Verda-Negra Bouch' Beat"  qui eux, ont une étiquette justement... sur le t-shirt... Malheureusement on perd beaucoup de ce qui fait (faisait ?) l'originalité du groupe, on se retrouve donc avec quelque chose de plus conventionnel. Mais est ce que c'est mauvais pour autant ? Non, pas du tout, les titres sont bien construits. Musicalement c'est axé death-mélodique et assez rapide, technique comme il le faut, mais la voix est plus axée black, typée hurlé et sur la fin de l'album on est très proche de Legion (ex-Marduk, ex-Devian). Depuis le dernier album, le guitariste a changé et cela se ressent par une approche du solo très différente, pas mauvaise pour un sou mais différente. La batterie est très efficace, jouant sur les blast beats et la double pédale, mais un truc tout bête m'a gêné. L'utilisation excessive du hi-hat (vous savez, le truc qui fait un ding-ding aigu), ça peut sembler con mais ça m'a gavé, mais qu'on lui enlève ce truc de son kit, merde quoi ! Niveau production, petite déception aussi, j'ai trouvé l'album assez plat par moments, un certain manque de pèche. Rien de grave mais dommage. La pochette, quant à elle, est pas mal, sans plus, à vous de juger.

Au final, une petite déception, avoir retiré le côté mystique de leur musique crée un grand vide et retire pas mal de leur originalité. Malgré cela, ce sont des sacrés musiciens et compositeurs et l'album reste super efficace.


Danivempire
Avril 2011




"Brahmavidya: Transcendental I"
Note : 20/20

Que voici un album très difficile a chroniquer, à cerner et à comprendre. Rudra est un groupe de Singapour, vous savez, en Malaisie. Et oui, pour notre plus grand plaisir le metal n'a pas de frontières, en sont témoins les quelques CDs metal Japonais ou Chinois en ma possession. Mais là ou certains groupes essaient juste de calquer leurs homologues Américains ou Européens, d'autres s'attellent à inclure leur propre culture. Si les quelques groupes qui s'y risquent ne font ça que pour essayer de se démarquer pour au final un piètre résultat voire opportuniste, d'autres nous ont fait quelques chose de sublime, je vous nomme comme exemple le fabuleux samba-thrash "Ratamahatta" de Sepultura. Alors, Rudra fait partie de quelle école ? Et bien il vous faudra attendre de tout lire bande de petits impatients !

Tout commence par une intro transcendante avec une espèce d'instrument à corde (dont je n'ai pas pu déterminer la provenance) avec une voix féminine et le chanteur récitant une sorte d'incantation religieuse en sanskrit, cela pose directement une ambiance toute particulière. Rudra est le nom d'un ancien dieu hindou, un dieu de la destruction, et la destruction nous acceuille dès le premier titre. Le groupe nous sort un hybride death / black, le chanteur vocifère d'une voix rauque (un peu dans le style Legion ; ex-Marduk), le batteur est impressionnant et quand ce n'est pas un blast beat c'est la double pédale qui est torturée. Ce groupe nous sort une musique extrême mais parfaitement maîtrisée, le chant est généralement en anglais mais quelques phrases dans leur langue natale viennent rajouter un piment non négligeable. Les guitares sont accérées et nous servent des riffs destructeurs et des solos magnifiques. Le quatrième titre est à nouveau une sorte d'incantation religieuse du chanteur en Sanskrit appuyé par des percussions sur tambourins 1 minute 12 de zen attitude qui, la seconde suivante, nous fout un gros coup de godasse en pleine gueule et c'est reparti pour la boucherie, blast, riffs de fou et chant rugueux à souhait le tout dans une brutalité naturelle et maîtrisée de bout en bout. Sur le titre suivant, de nouveau des incantations par une voix féminine accompagnée de guitares accoustiques et de percussions. Le plus étonnant c'est à quel point le groupe intègre tout ces éléments culturels et mystiques à sa musique extrêmement brutale, sans que cela ne fasse tâche une seule seconde !

Le reste des titres s'enchaînent et ils font de plus en plus mal. Jusqu'au huitième époustouflant, un gros solo de batterie accompagné par moment par le chanteur vociférant, moment grandiose. Il faudra attendre le treizième titre pour la dernière prière jubilatoire pour l'auditeur, qui ouvre la porte du dernier titre en guise d'apocalypse métallique. Chaque chanson a une personnalité propre mais en même temps fait partie d'un tout, s'inscrit dans une logique destructrice pour créer une osmose parfaite. Cet album est une pure merveille, un bijou, un monument. La production sonore est parfaire ! Le groupe maîtrise son art à la perfection, le mix de death / black / mysticisme est fabuleux. Rudra nous sert ici un des meilleurs albums de metal extrême !!!


Danivempire
Juillet 2009


Conclusion
Le site officiel : www.rudra.sg