Le groupe
Biographie :

La légende dit que malgré ses attaches françaises, l'essence même de ce groupe parisien est née dans les bas-fonds de Shibuya des années 80. En effet, la culture japonaise, les mangas et ses "Furyos" font partie intégrante de leur musique. Au travers des textes et de l'imagerie "japanisante", le groupe se crée une véritable identité, unique, flirtant avec le New York hardcore des années 90, le Shonen Manga et le beatdown actuel.

Discographie :

2008 : "Tokyo Assault" (EP)
2012 : "Demonstrating My Saiya Style" (EP)
2014 : "Welcame"
2018 : "The Legacy Of Shi"


Les chroniques


"The Legacy Of Shi"
Note : 15/20

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’actualité de Rise Of The Northstar a été chargée ces dernières années. Entre l’arrivée chez Nuclear Blast Records en 2014, une tournée avec Madball en 2015 et une prestation sur la scène principale du Download Festival en 2017, les métalleux franco-nippons n’ont vraiment pas chômé. 2018 : voici "The Legacy Of Shi", nouvelle timbale musicale, avec Joe Duplantier (Gojira) à l’enregistrement et à la co-production. Même si on reconnaît vite la patte de ROTN, j’ai trouvé ce nouvel opus assez différent du précédent, "Welcame" (je ne dirai pas qu’il est en dessous, même si j’ai préféré celui d’avant, car je pense que c’est avant tout une question de goût… Et que "Welcame" était quasi parfait !).

Je vais commencer par ce qui me dérange le plus avec "The Legacy Of Shi" : le hip-hop. Oui, je sais, les influences hip-hop chez ROTN, c’est comme le punk dans le NYHC, ça va de soi. Certes. Mais là, c’est un peu trop à mon goût. Par exemple, le morceau "Kozo", et son refrain que vous allez garder dans la tête pendant des heures, tant on y accroche rapidement : pour le reste, trop calme, des couplets hip-hop qui s’éternisent un peu trop selon moi, malgré une bonne instru'. D’ailleurs, globalement, rien à dire sur l’instru', peut-être un peu moins violente que sur "Welcame" mais toujours réussie, recherchée et souvent entraînante. Idem pour la suivante, "Teenage Rage", dont la fin sonne très Enhancer… On aime ou on n’aime pas vous m’direz.

Et des trucs que j’aime sur "The Legacy Of Shi", ce n’est pas ça qui manque putain ! Deuxième piste, "Here Comes The Boom", voilà du ROTN comme on l’aime, style NYHC sauce Biohazard au goût de wasabi. Je sais ce que vous allez me dire… Oui, on sent là aussi les influences hip-hop du groupe, mais soyons honnêtes, ce sont surtout ces riffs thrashy, ce solo et cette envie de secouer la tête qui dominent. Sur ce point précis, je trouve que l’instru' a pris du galon depuis "Welcame", ce qui se confirme par exemple sur "This Is Crossover", dont les excellents back vocals sont également à souligner. Je terminerai par citer "All for One", dont la voix hargneuse parviendra à convaincre les derniers indécis sans trop de difficultés.

Finalement, alors que je trouvais ce nouvel album un peu irrégulier lors des premières écoutes, il a clairement tout pour plaire, autant aux fans de HxC pur et simple qu’à ceux qui préfèrent le hip-hop (bon, ça ne tombe pas aussi bas sur Limp Bizkit, ne vous inquiétez pas). ROTN signe donc un retour réussi, qui n’attend que sa tournée pour être confirmé.


Grouge
Octobre 2018




"Welcame"
Note : 18/20

Les rois du hardcore français sauce aigre douce sont de retour pour cette fois-ci leur véritable premier album, et autant dire qu'ils n'ont pas fait les choses à moitié. Alors que jusqu'ici je considérais ce groupe comme étant surtout intéressant à voir en live, je peux vous dire que cette production va vous faire l'effet du wasabi dans les tympans. Non seulement la qualité est au rendez-vous, mais aussi et surtout, chose plutôt rare pour du hardcore, les ninjas français n'ont pas fait leur geisha sur la quantité puisque la plupart des 11 morceaux dépasse les 3 minutes.

L'album commence par un très violent tsunami intitulé "What The Fuck Up", dont les quelques premières notes se font vite balayer par de gros riffs ultra brutaux ; on se croirait devant "Defeatist" de Hatebreed, rien que ça. Les premières paroles posent l'ambiance, entre NYHC old school et hip-hop à l'ancienne, la couleur est vite annoncée chez les Nippons made in france. Autant dire qu'avec ce premier morceau de 5min45, qui comporte même un solo de qualité, on prend immédiatement une énorme claque dans la gueule, dont on aura du mal à se relever tant le reste de l'album parvient à rester à ce niveau. Vient ensuite "Welcame", dont le clip on ne peut plus furieux ne vous aura sans doute pas échappé. Même quand l'instru est au calme, la rage et la vivacité de Vithia au chant permettent d'assurer un très bon cru. De même, sur les passages purement instrumentaux, on reste scotché à sa chaise, sur une sorte de thrash très rapide, bien loin de l'image "kawaii" qu'a parfois pu avoir le groupe à ses débuts. Inutile de faire un haïku pour chaque piste, même si chacune arrive à se démarquer des autres et marque les esprits, ce que personnellement je ne retrouve que chez les plus grands en matière de hardcore et même de metal en général. Le point commun de ces titres réside sans doute dans le fait qu'à chaque fois, on a envie de bouger, de sauter, de taper, voire pour certaines de sortir de la fosse afin de grimper sur scène et de gueuler "Samurai Spirit" ou "Dresses All In Black" dans le micro, comme dans un concert de Backtrack. Les back vocals apportent également un plus tout au long de l'album et permettent d'être vraiment aspirés par le chant du début à la fin. On trouve également quelques originalités, comme le titre "Tyson", dont le début ressemble fort à "Psychosocial" de slipknot, un titre très thrash-punk comme "Bosozoku", ou encore la mélodie connue de "Simon Says" (GET THE FUCK UP !!!) qui vous sera sans doute familière.

Résumons : de la quantité, de la qualité, de l'originalité… Mais alors, il est parfait cet album ? Bah… Ouais, enfin presque ! Si vraiment on veut chercher la petite bête, on peut trouver. Notamment, sur la chanson "Authentic", on trouve quelques paroles en français, ce que j'ai vraiment trouvé moyen pour le coup, et peut-être qu'eux aussi d'ailleurs, vu le peu de temps que ça dure, ouf, mais ça fait quand même l'effet d'un poil de cul sur un délicieux sushi. Si je voulais encore chipoter, je pourrais parler de la longue outro qui au final ne débouche sur rien d'intéressant à mon goût, mais bon, passons.

Au final, ce premier album, mélange de hadoken et de genki-dama, récompense à merveille le début de carrière de ce gros nom de la scène hardcore française et on peut espérer un très bel et long avenir fort prometteur au groupe, en France comme à l'étranger. Allez, salut, et banzai !


Grouge
Décembre 2014




"Unholy Light"
Note : 16/20

Deuxième EP de nos cinq samouraïs franciliens, quelques mois seulement après avoir été finaliste du tremplin Hellfest au Bataclan. Leur premier effort "Tokyo Assault" (Akatsuki) a été particulièrement bien accueilli, d’où une succession de shows enflammés qui ont lourdement contribué à leur réputation de groupe taillé pour le live. Prétendre que ce deuxième missile des guerriers de l’Etoile du Nord était attendu au tournant serait mentir, tant la qualité de leurs deux dernières prestations parisiennes apportaient des éléments de réponse sur l’indéniable qualité intrinsèque du combo.

L’objet est beau, parfaitement produit ; la qualité graphique est présente et représente même un support indispensable pour les geeks que nous sommes. Le contenu est sans surprise ; ROTNS oeuvrant dans un thrashiphop propre à eux, comme l’est celui de Hed PE ; l’ensemble est propre, limite chirurgical comme l’est cette société source d’inspiration immuable pour le frontman aux grandes chaussettes et son gang. En témoigne l’ouverture aussi fun que bienvenue, à base d’un sample de la voix de Vegeta (the visual kei touch) annonçant la venue de nos cinq lascars. L’ovni s’appelle sans surprise "Bejita’s Revenge" et a le mérite de nous transporter immédiatement dans l’univers complètement barré de nos Streetfighters métalleux. "Sound Of Wolves" ouvre le bal avec puissance et lourdeur, Vithia gerbe ses lyrics avec fureur ; son accent très frenchie, à plusieurs reprises évoqué comme le point à améliorer, ne me dérange pas du tout, dans la mesure où il conforte le style vocal du genre par sa technique rythmique très appuyée, découpée, cadencée, très gangsta rap. Le breaké en mid tempo "Show Me Your Respect" ne laisse plus aucun doute sur les intentions du combo. Les guitares saturent, le style rentre-dedans invective à tout va ; c’est couillu et finalement tellement propre que toute prétention mal placée est inenvisageable. "Against All" est lui beaucoup plus atypique, limite néo punk, mais se justifie par un univers créatif bourré de ressources. C’est speed, sans concession, énergique à s’en demander si Vithia n’est pas né dans une canette de Red Bull. "Demonstrating My Saiya Style", titre éponyme et mosh titre en puissance, enfonce le clou avec classe et détermination qui ne laisse nul doute sur les intentions d’un combo prêt à franchir la frontière, les frontières… Petit cadeau en forme d’hommage à un genre qu’ils affectionnent particulièrement, "Protect Ya Chest", gangsta rap à la basse lourde, nous renvoie tout go à la fast période des années 80/90 où des groupes comme N.W.A proclamaient l’avènement d’un hip-hop sombre et sans concession.

L’esprit de ROTNS est beaucoup plus positif, rend hommage aux kids de toute une génération et porte le message d’années riches en courants créatifs aux oreilles des nouvelles générations. Un seul petit détail, la batterie vraiment excellente, aurait mérité une plus grande présence lors du mixage. Ces yakuzas mangakas sonores sont donc à suivre de très prêt et à découvrir en live dès que possible, le show est garanti.


Braindead
Septembre 2012


Conclusion
L'interview : Fabulous Fab

Le site officiel : www.riseofthenorthstar.com