Le groupe
Biographie :

Pyramaze est un groupe de power metal danois formé en 2001 et actuellement composé de : Morten Gade Sørensen (batterie / Anubis Gate, Lance King, Wuthering Heights, ex-Scornfull, ex-Aurora Borealis, ex-Aurora), Jonah Weingarten (clavier / Echoterra, Structure Of Inhumanity, Arretohce, ex-Avian, ex-Infernal Method, ex-Written In Blood, ex-Lilitu, ex-Blood Promise), Toke Skjønnemand (guitare), Jacob Hansen (guitare, basse / Invocator, ex-Eidetic, ex-Jacob Hansen, ex-Beyond Twilight, ex-Anubis Gate, ex-Maceration, ex-Broomshanka, ex-Guffe & Jacob) et Terje Harøy (chant / ex-Teodor Tuff, ex-Memorized Dreams). Pyramaze sort son premier album, "Melancholy Beast", en Mai 2004 chez NTS, suivi de "Legend Of The Bone Carver" en Février 2006 chez Nightmare Records, de "Immortal" en Mai 2008 chez Locomotive Records, de "Disciples Of The Sun" en Mai 2015 chez Inner Wound Recordings, de "Contingent" en Avril 2017, et de "Epitaph" en Novembre 2020 chez AFM Records.

Discographie :

2004 : "Melancholy Beast"
2006 : "Legend Of The Bone Carver"
2008 : "Immortal"
2015 : "Disciples Of The Sun"
2017 : "Contingent"
2020 : "Epitaph"


Les chroniques


"Epitaph"
Note : 15/20

Les Danois de Pyramaze sont de retour avec leur sixième album, "Epitaph", dont on espère que le titre ne sera pas prémonitoire. Pour ceux qui seraient passés à côté, on est toujours en présence d'un metal progressif assez direct, accrocheur et mélodique. Les premiers albums présentaient un visage plus complexe et moins facile d'accès pour les néoophytes avant que le groupe ne décide de partir vers quelques chose de plus catchy.

Après l'intro de rigueur d'ailleurs assez mélancolique et dominée par le piano, c'est "A Stroke Of Magic" qui ouvre l'album avec un metal progressif puissant et mélodique, qui là encore ne lésine pas sur les ambiances épiques avec quelques orchestrations en fond. L'ambiance se fait assez sombre et même si on entend déjà cette facette du groupe depuis plusieurs albums, je dois dire que cela lui va toujours aussi bien. D'autant que ce premier morceau est très efficace et que les mélodies sont plutôt bien senties avec des lignes de chant toujours très accrocheuses sur le refrain. Cette puissance que le groupe montre sur les couplets en général contribue elle aussi à renforcer ce côté très direct évidemment en plus de filer un peu de patate à un metal progressif qui aurait pu paraître trop soft pour des métalleux sans ça. Le progressif n'a de toute façon jamais eu pour but de foncer dans le tas et Pyramaze mixe ces deux aspects de façon suffisamment intelligente pour que les morceaux aient ce qu'il faut là où il faut. J'ai même l'impression que l'équilibre est encore mieux géré que sur les deux précédents albums et que le groupe se fait ici encore plus efficace et accrocheur. Je ne sais pas si c'est l'inspiration ou le niveau de composition qui est encore monté d'un cran mais "Epitaph" est assez irrésistible dans son genre. Vous aurez donc déjà compris que malgré l'étiquette metal progressif, vous ne tomberez pas sur des passages excessivement techniques, même si le niveau des membres du groupe leur permettrait largement de le faire. Ce n'est pas le propos de Pyramaze et même les détracteurs du genre pourraient s'y retrouver sur "Epitaph".

La durée des morceau n'est d'ailleurs jamais excessive elle non plus et tourne généralement autour de quatre ou cinq minutes, en dehors du dernier morceau de l'album, "The Time Traveller" qui monte à douze minutes. Un morceau d'ailleurs assez exceptionnel puisqu'il fait intervenir deux des anciens chanteurs du groupe, à savoir Lance King et Matt Barlow ! Un morceau très épique qui commence d'ailleurs par de gros coups de double grosse caisse et qui montre du coup un visage plus agressif. Tant que l'on parle de guest, signalons aussi que Brittney Hayes de Unleash The Archers donne aussi de la voix sur "Transcendence" et met tout le monde d'accord comme d'habitude sur un morceau plus imprégné de heavy et de power qui se montre assez puissant lui aussi. "Indestructible" montre un visage plus épique que les morceaux précédents tout en gardant cette approche directe et immédiatemment accrocheuse. Ces changements d'ambiances au cours de l'album amènent une profondeur bienvenue qui permet de donner un aspect plus marquant à des morceaux qui sont certes très efficaces mais qui auraient pu devenir banals si Pyramaze n'avait pas pris soin d'y ajouter des ambiances prenantes. D'autant que l'album dure tout de même une heure et que sur une telle durée il est facile d'avoir un ventre mou en milieu d'album, ce que le groupe a réussi à éviter en mettant l'accent sur l'efficacité et en évitant de trop étirer les morceaux.

Un nouvel album efficace et accrocheur pour Pyaramaze qui poursuit sur la voie d'un metal progressif plus accessible et direct. "Epitaph" n'oublie pas les ambiances épiques pour autant et nous livre en plus une pièce d'anthologie avec "The Time Traveller".


Murderworks
Décembre 2020




"Contingent"
Note : 15/20

Cette fois il n'aura pas fallu huit ans pour voir le retour de Pyramaze, le groupe revient en effet deux ans après "Disciples Of The Sun" avec "Contingent" et toujours le même chanteur au micro, comme quoi tout est possible !

Dès "Land Of Information", le groupe confirme l'orientation plus directe et accrocheuse, le refrain rentre dans le crâne très facilement et le couple "grosses guitares / ambiances sombres" fonctionne toujours aussi bien. Nous sommes donc toujours en présence d'une sorte de power / heavy / prog qui privilégie l'accroche à la technique. Quelques orchestrations viennent souvent donner un côté plus épique et évocateur, notamment en entame de "Kingdom Of Solace". Une fois de plus, ceux qui préféraient la finesse et la complexité des premiers albums seront déçus, Pyramaze continue sur la voie lancée par "Disciples Of The Sun" et malgré quelques passages un peu moins inspirés (genre "Star Men", pas mauvais mais un peu banal dans le genre power ballad) ça reste de bonne facture et ça accroche l'oreille facilement. Niveau production, pas de souci, comme le style le veut ça sonne gros, clair et puissant. C'est limite radio friendly par moments et c'est encore une fois ça qui va défriser les métalleux pur jus. Je pense par exemple à "A World Divided" qui pourrait passer sans problème sur les ondes si les Français ne faisaient pas une réaction allergique dès que des guitares électriques se font entendre. C'est d'ailleurs le seul problème de ce nouvel album, on aimerait parfois que ça rentre un peu plus dans le lard puisque les rares fois où le groupe se permet de durcir le ton? il le fait suffisamment bien pour nous donner envie d'en entendre plus.

Globalement, le format est assez compact pour un groupe venant du prog, les morceaux dépassent rarement les cinq minutes et ne se perdent pas en circonvolutions inutiles. Les structures sont assez classiques elles aussi puisqu'on reste sur le traditionnel couplet-refrain, les soli de guitares ou de claviers se chargeant quant à eux des rares incursions techniques présentes sur l'album. Par contre, quand le groupe s'y met, il fait preuve d'un sens de la mélodie et du groove assez sympa, sur "20 Second Century" par exemple avec son riff principal qui rock bien comme il faut et son refrain qui, une fois de plus, vous rentre dans le crâne à la première écoute. L'ambiance est globalement froide et mélancolique, histoire de coller au délire visiblement futuriste de "Contingent", même si ça reste évidemment assez dynamique. On trouve quand même la fameuse ballade générique au piano avec "The Tides That Won't Change" qui n'arrive pas vraiment à passionner malgré le chant de Kristen Foss pour apporter une petite touche féminine. En dehors de quelques moments un peu mous dans ce genre, il n'y a pas de raison de bouder ce nouvel album de Pyramaze si vous avez aimé "Disciples Of The Sun". Rien d'exceptionnel ou de révolutionnaire mais un album une fois de plus mélodique, puissant et plutôt dans la bonne moyenne du genre.

Certes ce nouvel album de Pyramaze ne sera pas perçu comme un chef d'œuvre du metal prog mais ses morceaux sont globalement efficaces et accrochent facilement l'oreille. Le genre d'album qui devrait bien passer sur scène ou qui permet de passer une heure agréable quand on veut écouter quelque chose d'un peu plus simple et direct.


Murderworks
Octobre 2017




"Disciples Of The Sun"
Note : 15/20

Nous n'avions plus de nouvelles de Pyramaze depuis la sortie de "Immortal" en 2008, album qui marquait d'ailleurs l'arrivée au chant de Matthew Barlow. Le groupe revient donc nous voir cette année avec un nouvel album, "Disciples Of The Sun", et une fois de plus un nouveau chanteur en la personne de Terje Haroy, et ces multiples changements de line-up expliquent sûrement pourquoi tant de temps s'écoule entre leurs albums.

En tout cas, ce nouvel effort est bien là et il présente un metal assez branché power, plus direct et efficace que sur les premiers albums mais toujours avec cette petite touche prog qu'on ressent surtout dans les soli de claviers et de guitares. Les amateurs des deux premiers albums du groupe seront certes déçus d'entendre que le groupe persévère dans une voie plus simple d'accès, plus frontale, mais la qualité de composition est là. Pyramaze a pour lui un sens de la mélodie qui fait mouche, les refrains sont accrocheurs, les riffs sont puissants et le chant est d'excellente facture avec des lignes qui rentrent dans le crâne vite fait. Alors oui, ça fait de Pyramaze un groupe peut être un peu plus générique que celui qu'il était à ses débuts, mais pour un groupe qui avait disparu de la circulation depuis tant d'années, il faut avouer que ça fait déjà plaisir de réentendre quelque chose de leur part ! Surtout que je le redis, cet album est vraiment bien troussé dans le genre, et même si d'autres représentants ont sorti de très bonnes choses ces dernières années, il n'empêche que cette scène n'est pas la plus saturée et qu'un album de bonne facture de plus est toujours bon à prendre. En tout cas, si vous aimez le heavy / power avec une pointe de prog, vous devriez vous y retrouver sur ce "Disciples Of The Sun", et même si ce n'est pas le genre le plus complexe ou le plus riche, la qualité d'écriture de cet album fait qu'on a tendance à y revenir assez souvent.

Bien entendu, les plus bourrins trouveront ça bien trop mélodique, sirupeux et pas assez épique à leur goût, mais le propos n'est pas de foncer dans le tas de toute façon puisque Pyramaze a toujours proposé une musique assez fine. Le groupe présente tout de même de temps en temps un visage un peu plus sombre, comme sur "Unveil" et son couplet un peu plus inquiétant qui prouve que Pyramaze est aussi à l'aise dans ce registre. "Hope Springs Eternal", quant à lui, dévoile une agressivité plus marquée qui n'est pas sans me rappeler discrètement les deux excellents albums d'Epysode. En tout cas, après une absence aussi longue il n'était pas évident de revenir avec un album inspiré, qui ne soit pas resté bloqué 10 ans en arrière et qui ne s'amuse pas non plus à pomper la scène actuelle. C'est l'exploit que Pyramaze a réussi à accomplir avec "Disciples Of The Sun", même si on n'entend rien de neuf non plus ça n'en reste pas moins de très bonne facture. Il ne reste plus qu'à voir si les gens se souviennent encore du groupe et, si ce n'est pas le cas, à voir si Pyramaze peut attirer de nouveaux fans. Rien n'est moin sûr malgré la qualité de l'album, ce style de metal n'étant pas franchement le plus en vogue en ce moment.

Retour réussi pour Pyramaze avec un album puissant, mélodique, accrocheur et suffisamment percutant pour tenir la longueur. A voir maintenant si le groupe va réussir à se débarrasser de ses problèmes de chanteur et à s'imposer une bonne fois pour toutes, c'est tout le mal que je leur souhaite.


Murderworks
Novembre 2015


Conclusion
Le site officiel : www.pyramaze.com