Le groupe
Biographie :

Primordial est un groupe Irlandais de black metal créé en 1987 par Pól MacAmlaigh (bassiste) et Ciáran MacUiliam (guitariste), d'abord sous le nom de Forsaken. Les deux musiciens commencent à jouer ensemble accompagnés du frère de Pól, Derek. Le groupe ainsi formé, Forsaken, officie dans un style thrash / death metal avant de prendre une direction black metal, préfigurant ce que deviendra Primordial en 1991. Alan Averill (Naihmass Nemtheanga) rejoint le groupe après avoir lu une annonce de recherche de chanteur dans The Sound Cellar, un magasin spécialisé dans le metal à Dublin. Primordial s'oriente vers un black metal proche de Bathory et de Celtic Frost en incorporant des réminiscences de la scène Norvégienne émergente. Le groupe Irlandais signe avec Cacophonous Records (label de Cradle Of Filth, Bal-Sagoth...) pour son premier album "Imrama", qui intègre des éléments de musique Irlandaise et acoustique mêlés à des ambiances mélancoliques et oppressantes. Le folk metal prend définitivement toute sa place sur l'album suivant "A Journey's End" sur lequel le chanteur met à contribution sa voix claire. Primordial, alors signé chez Hammerheart, affirme son style qu'il conservera intact dans la suite de sa discographie. Il est suivi par "The Burning Season" (EP) et "Spirit the Earth Aflame". Ils tournent avec d'autres groupes de metal extrême comme Immortal. Ils publient leur quatrième album, "Storm Before Calm" en 2002, suivi du cinquième album, "The Gathering Wilderness", le plus sombre de tous les albums de Primordial. Le sixième album du groupe, "To the Nameless Dead", sort le 16 novembre 2007. En Novembre et Décembre 2010, le groupe entre au Foel Studio aux côtés du producteur Chris Fielding. L'album qui en résulte, "Redemption At The Puritan's Hand", sort chez Metal Blade le 22 Avril 2011. Primordial sort son huitième album sous le titre "Where Greater Men Have Fallen" le 24 Novembre. "Exile Amongst The Ruins", le neuvième album, sort le 30 Mars 2018.

Discographie :

1995 : "Imrama"
1998 : "A Journey's End"
1999 : "The Burning Season" (EP)
2000 : "Spirit The Earth Aflame"
2002 : "Storm Before Calm"
2005 : "The Gathering Wilderness"
2007 : "To The Nameless Dead"
2011 : "Redemption At The Puritan's Hand"
2014 : "Where Greater Men Have Fallen"
2018 : "Heathen Legacy" (EP)
2018 : "Exile Amongst The Ruins"


Les chroniques


"Exile Amongst The Ruins"
Note moyenne : 18/20

On reproche souvent aux groupes actuels de ne pas être originaux, mais c’est quelque chose qui ne pourra jamais être dit concernant Primordial. Créé en 1987 sous le nom de Forsaken, les Irlandais changent de nom en 1993 après une petite pause de quelques mois. Leur but était de faire des covers des premiers groupes de black metal, comme Bathory et Venom. Depuis ses débuts, la formation peut compter sur les capacités créatrices d’A.A. Nemtheanga (chant, également créateur de Dread Soverign et Twilight Of The Gods), Ciáran MacUiliam (guitare) et Pól MacAmlaigh (basse). Simon O'Laoghaire (batterie) les rejoint en 1997 et mis à part une petite pause entre 2002 et 2003 ainsi qu’en 2010, il les accompagne depuis, tandis que le membre le plus “récent” est Micheál O'Floinn (guitare) qui n’arrivera dans Primordial qu’en 2002. Les musiciens peaufinent leur style depuis neuf albums, et le dernier, "Exile Amongst The Ruins", les place au sommet de leur art : un black metal aux influences folkloriques celtes. Régalez-vous.

Le groupe commence par "Nail Their Tongues", un petit bijou qui prend méticuleusement son temps pour nous délivrer toute sa saveur. l’introduction nous met dans d’excellentes dispositions pour apprécier la déferlante de metal folk aux accents sombres qui nous tombe dessus sans crier gare, menée par la voix transcendante d’A.A. Nemtheanga . L’homme sait parfaitement nous faire passer toute sorte d’émotions sans hurler, et celle qu’il choisit pour ce titre est tout d’abord la langueur, avant de saturer un peu son chant. Les ambiances mystiques du titre conviennent parfaitement à l’ambiance du groupe, qui enchaîne sans tarder après un riff qui s’éteint dans l’obscurité sur "To Hell Or The Hangman". Quelques influences prog sur ce titre, mais toujours l’univers sombre et parfaitement construit des Irlandais. Plus dansant que la plupart des titres de la discographie du groupe, cette composition joue également sur des choeurs pour renforcer le côté folk. La sublime guitare lead de la fin permet un final qui nous laisse avec l’envie d’en écouter encore plus. Nettement plus mélancolique, "Where Lie The Gods" profite de riffs lents mais expressifs, ainsi que de la voix implorante du chanteur pour séduire un éventuel nouveau venu dans cet univers, mais également pour ravir les fans de la première heure. "Exile Amongst The Ruins", qui est également la composition qui donne son nom à l’album, mélange un peu le côté atmosphérique et planant que le groupe est capable de tisser pendant des heures avec une certaine mélancolie. On sent toujours les racines folk, mais également un black metal froid. Le son clair de la guitare contraste avec la rythmique saturée, mais disparaîtra pour "Upon Our Spiritual Deathbed", où tout est renforcé. L’intensité augmente d’un cran, alors que la rythmique est entièrement saturée, et que la complainte de Nemtheanga se transformera finalement en rage violente.

Un passage plus calme avec le début de "Stolen Years", et même si les guitares reviennent sur un son saturé sur la fin, l’ambiance est toujours à la contemplation avec quelques riffs qui me rappellent le post-metal, mais "Sunken Lungs" vient nous sortir de cette torpeur avec un titre qui nous démange la nuque, et un batteur survolté qui développe un jeu plus technique qu’à l’accoutumée. Les riffs sont tout de même enjoués, et on sentirait presque une ambiance lumineuse qui se dégage de ce titre, tout en contrastant avec le chant. Enfin, "Last Call", qui porte bien son nom car c’est le dernier titre, nous rappelle à quel point la solitude peut être écrasante rien qu’avec quelques riffs. La rythmique massive s’abat sur nous et ne nous lâche plus, jusqu’à ce que la chanson se termine, tandis que la guitare lead nous lacère lentement.

Chaque album de Primordial est différent et possède son propre leitmotiv. Si celui-ci est plutôt majestueux, quelques titres sombres sont présents pour nous rappeler à qui nous avons affaire. Le quintette est incapable de composer un mauvais album, et c’est ce qui nous réjouit à chaque fois que l’on entend l’annonce d’un nouveau disque. J’ai également hâte de voir comment leur interprétation leur fera passer la barrière du live !


Matthieu
Avril 2018




"Where Greater Men Have Fallen"
Note moyenne : 17/20

Un nouvel album de Primordial est toujours un événement tellement ce groupe est unique, autant dans sa démarche que dans le style pratiqué à proprement parler !!! Il aura fallu attendre trois ans pour voir sortir ce "Where Greater Men Have Fallen", et autant l'artwork de son prédécesseur était lumineux, autant celui de ce nouvel opus semble empreint d'une noirceur nostalgique... Que nous réserve donc ce déjà huitième album du groupe irlandais ??? Après un "Redemption At The Puritan's Hand" légèrement en deçà, je fonde de grands espoirs en ce nouvel album et c'est donc avec une certaine fébrilité que je me suis lancé dans son écoute...

Dès les premières notes du morceau éponyme, on reconnaît bien la patte si caractéristique de Primordial, mais le son semble bien plus lourd qu'à l'accoutumée, plus puissant aussi !!! Les guitares délivrent leurs riffs avec férocité, et la batterie bénéficie d'un son naturel des plus catchy, offrant donc à ce premier titre un énergie particulièrement entraînante !!! Les déclamations d'Alan Averill sont toujours aussi envoûtantes, même si je trouve qu'il a encore progressé tant au niveau de la justesse que de l'interprétation... A l'image des mélodies lancinantes, le refrain, appuyé par quelques chœurs discrets est vraiment magnifique, et l'envolée de fin de morceau apporte un souffle épique plutôt agréable !!! Voilà donc une très belle entrée en matière... Mais déjà, la noirceur commence à s'insinuer dans mon être !!!

"Babel's Tower" est le morceau duquel est tiré le très beau clip du groupe. Il commence de manière assez douce et lente, laissant l'émotion s'installer petit à petit... Il nous entraîne sur de sinueux chemins de souffrance jusqu'à une montée en puissance imparable !!! On ressent là toute la puissance évocatrice du groupe, aidée en cela par un style vocal ici plus proche que jamais de la fin des années 70, voir du début des années 80, et en parfaite adéquation avec l'atmosphère créée, entre colère et mélancolie... On se laisse facilement emporter, n'ayant pas les armes nous permettant de résister, et ce pour notre plus grand plaisir, même si de tels riffs font parfois ressortir des sentiments, des émotions, que l'on préférerait laisser enfouis à jamais... Bref, du grand art !!!

C'est par un riff teinté de folk et typique de Primordial que débutera "Come The Flood", sorte de ballade nonchalante, mais du genre qui vous glacera le sang jusqu'aux os !!! Elle vous transportera comme une barque transporte un corps abandonné par la vie au gré du clapotis d'un lac en hiver... Mais il faudra peut-être ramer fort pour arriver à destination avant une nuit aussi noire que la suie, et la souffrance, soyez-en sûrd, sera au rendez-vous !!! Mais rassurez-vous, ce titre n'était que le calme avant la tempête engendrée par "The Seed Of Tyrants", incursion musicale dans le sombre monde du black metal... Le main riff, la rythmique, tout rapproche ce titre du côté obscure de la Force, au chant près !!! Toujours est-il que ce titre est particulièrement efficace et puissant, tout en restant fidèle au style Primordial... A la moitié du titre, la lourdeur fera son retour avec un magnifique riff mid-tempo et un chant flirtant avec l'extrême, pour se conclure sur un final poignant et épique !!!

Une intro à la batterie ouvrira "Ghosts Of The Charnel House", sûrement le titre le plus vintage du groupe sur ce "Where Greater Men Have Fallen"... La rythmique, le riff principal de guitare, tout nous plonge directement dans des sonorités vieilles de 30 ans !!! La lourdeur de la basse apporte ici un relief incomparable au titre, finalement plutôt intéressant, bien que surprenant au premier abord... Et les leads mélodiques nous maintiendront aisément dans le monde des Irlandais, ancré dans le passé mais pour autant tellement réel !!! Le titre suivant, "The Alchemist's Head", marquera le retour d'un chant black metal, comme sur chaque album de Primordial, mais il est ici utilisé dans un morceau particulièrement sombre et torturé, misant plus que d'habitude sur les dissonances... Un titre en somme résolument extrême, même quand Alan Averill revient au chant clair propre au groupe !!! Au milieu du morceau, on aura pourtant droit à un passage atmosphérique, presque païen, et évoquant fortement le Negura Bunget de "'N Crugu Bradului"... Sûrement le morceau le plus intéressant car le plus original de ce nouvel album !!!

Comme quoi, Primordial arrive encore à nous surprendre, ce qui est le signe des grands groupes !!! D'ailleurs, pour continuer à nous étonner, les Irlandais vont nous proposer un titre comme "Born To Night" et ses 3 minutes d'intro quasi folk et en tout cas profondément atmosphérique à la guitare... De quoi reposer l'esprit et aérer l'album sans jamais ennuyer, preuve que cela a été fait avec talent et intelligence !!! Et c'est un morceau entraînant comme Primordial sait en composer qui va alors commencer, nous proposant aussi quelques jolis instants doom, du genre qui retournent les entrailles... Et que dire de ce final mélodique autant qu'épique ??? Quant au dernier morceau de l'album, "Wield Lightning To Split The Sun", ses riffs vous pénétreront l'âme et la chair jusqu'à vous plonger dans un profond mais pourtant agréable désespoir... De ceux qui font souffrir, mais dont la souffrance nous entraîne vers une fin inéluctable, salvatrice, et donc réconfortante !!!

Ainsi, Primordial sait toujours trouver les notes et les mots pour faire vibrer son auditoire !!! A l'écoute de ce "Where Greater Men Have Fallen", je me suis senti proche de ceux que j'ai perdud, mais aussi terriblement proche d'un monde passé et fantasmé où honneur, valeur et courage étaient les maîtres mots... Si loin de notre quotidien !!! Grâce à un gros travail sur le son comme sur le chant, grâce à une qualité de composition indéniable et à une maturité sans faille, Primordial parvient à nous offrir un album indispensable, tout en nuances et intelligence !!! Certes, les Irlandais n'ont pas révolutionné leur style, mais tout en restant fidèles à eux-mêmes, ils ont su disséminer ici et là quelques surprises très plaisantes... Si l'album suivant pouvait me surprendre encore plus et s'il pouvait être un peu plus varié, peut-être atteindra-t-il la perfection, mais "Where Greater Men Have Fallen" est déjà une pièce maîtresse dans la discographie du groupe, soyez-en sûrs !!!


Carcharoth
Décembre 2014
Note : 16/20

Bien des groupes dans le meal manient avec brio l'art de toucher aux émotions les plus profondes et les plus sombres de chacun, mais de ces groupes, peu arrivent à égaler Primordial à ce niveau. Le quintet irlandais, formé en 1987 en banlieue de Dublin, officiait à la base dans un black metal tranchant et froid, teinté de musique traditionnelle celtique. A l'heure actuelle, le style du groupe a radicalement changé. En effet, Primordial joue une sorte de doom metal, toujours teinté de black, mais beaucoup moins celtique et bien plus mélancolique, mid-tempo et poignant. La voix d'Alan Averil (alias Nemtheanga) y est pour beaucoup. Il est passé du chant hurlé typique black metal à une voix chantée terriblement puissante, terriblement prenante. Comme si chacune des notes qui sortaient de sa gorge étaient un cri de désespoir, déchiré et déchirant. Depuis 2005, Primordial ne va qu'en s'améliorant. Le groupe avait posé les prémisses de ses futurs chefs-d’œuvre cette même année avec l'album "The Gathering Wilderness". Album qui était déjà très sombre, noir et mélancolique. Ils avaient enfoncé le clou avec leur premier véritable chef-d’œuvre, en 2007, "To The Nameless Dead", plus épique et guerrier que son prédécesseur. 2011 fut l'année où ils ont sorti leur plus bel album à ce jour, une véritable pièce d'orfèvre plus prenante que jamais, "Redemption At The Puritan's Hand". En cette fin Novembre, Primordial revient avec un album au titre et à l'aspect des plus funèbres... "Where Greater Men Have Fallen", illustré par une couverture où l'on voit un homme qui en pleure un autre sur son lit de mort, creuse encore plus profondément dans les abysses que les précédents opus...

Le disque s'ouvre sur le titre éponyme. Le son est plus tranchant et oppressant que sur l'album précédent mais tout y est. Un riff efficace, une batterie martiale et un Nemtheanga à la voix plus mélancolique et déchirante que jamais. Le titre est assez rythmé et guerrier dans son ensemble sans pour autant être enjoué, bien entendu. Sans surprendre, Primordial poursuit sa descente vers la noirceur et les ambiances déprimantes. Alliant toujours avec talent des morceaux lents et tristes au possible à des morceaux très black metal, tels que "The Seed Of Tyrants" ou "The Alchemist's Head" qui sont les deux titres les plus courts du disque. Le premier sonne très black par son instrumentation. Le blast de batterie est incessant, les guitares tranchantes mais la voix d'Alan Averill reste à la limite entre le chant et le guttural... Le second est basé sur l'inverse : une partie instrumentale plus lente, mélancolique mais martiale tout de même et une voix hurlée et haineuse qui donne au morceau un aspect froid et violent.

L'autre partie du disque, c'est-à-dire les six autres morceaux, constitue la part de noirs instants de songes mélancoliques dont seul Primordial a le secret. Des morceau tels que le poignant " Come The Flood" et son thème de guitare aux accents de musique traditionnelle irlandaise, ou la lente et tortueuse "Babel's Tower" sont de véritables perles. La voix d'Alan Averill y est plus torturée que jamais, plus haute perchée aussi, distillant avec force et conviction l'effet douloureux et de profonde noirceur que son chant véhicule. Malgré "Ghost Of The Charnel House" qui n'offre par de réelle surprise, il n'y a aucun morceau à jeter dans cet album. Tout y est superbe, comme "Born To Night" qui se voit introduite par une longue mélodie de guitares en son clair. Le thème joué, soutenu par un bourdon (chose typique en musique celte) est on ne peut plus brumeux et prompt à de sombres rêveries... Le morceau décolle au bout de presque quatre minutes pour accroître la sensation oppressante mais aussi pour pousser l'auditeur à s’abandonner plus encore à sa propre mélancolie. La voix y est vibrante et la musique lancinante.

L'apothéose de ce voyage lugubre et tortueux au cœur des plus ténébreuses émotions de l'Homme se trouve dans "Wield Lightning To Split The Sun", le dernier morceau de l'album. C'est probablement la plus belle pièce que Primordial ai pu composer. C'est après une introduction aux guitares acoustique, soutenues par un tom basse qui rappelle le bodhran que le morceau s'envole ou plutôt creuse encore plus profondément une marque la où les autres titres s'étaient déjà bien acharnés... La voix d'Averill y est bouleversante et triste. Les guitares acoustiques reprennent leur rythmique présente dans l'introduction pour renvoyer sur une partie ou la voix déchirante finit de nous achever, nous laissant sur un superbe thème de guitare qui se mêle parfaitement au riff global. Ainsi s'achève le nouveau chef d’œuvre de Primordial.

Il a commencé là où "Redemption At The Puritan's Hand" nous avait laissés et il nous a portés encore plus loin dans cette triste et funeste mélancolie ajoutant à celle-ci une dimension amère qui noue la gorge. Il est difficile de décrire autrement "Where Greater Men Have Fallen" qu'avec des émotions plus que des mots. En fait, il est difficile de décrire cet album tout simplement. Il faut le vivre. Chacun y ressentira ce qu'il veut. Tout ce qu'il y a à en dire c'est qu'il s'agit d'un excellent album. Pas forcément le meilleur de Primordial mais au moins aussi bon que le reste...


Thomas
Décembre 2014
Note : 18/20




"Redemption At The Puritan's Hand"
Note : 14/20

Enfin... Quatre ans après le fabuleux "To The Nameless Dead", Primordial nous propose son nouveau bébé tant attendu !!! C'est qu'en plus de 20 ans d'existence, les vieux briscards Irlandais nous ont habitué à des albums de haute volée, et ainsi, chaque nouvel album fait naître en moi une petite parcelle de doute et de terreur : et si, pour une fois, ce dernier n'était pas à la hauteur de mes espérances, et si le groupe était subitement abandonné des Dieux ??? Mon poul s'accélère, j'ai les mains moites... Alors, alors ??? Verdict dans les prochaines lignes...

Dès les premières notes, on reconnaît le style unique de Primordial, même s'il est à noter que le son s'est amélioré depuis leur dernier opus, surtout au niveau des guitares, leur conférant une dimension plus metal. En tout cas, le premier morceau "No Grave Deep Enough" apparaît très vite comme le chef d'œuvre de ce "Redemption At The Puritan's Hand", dans la continuité logique de l'album précédent, avec un chant black suffisamment présent pour satisfaire les plus extrémistes d'entre vous... Et concernant le chant clair toujours aussi torturé du sieur A.A.N, je trouve que de net progrès ont été fait, lui donnant un très fort pouvoir évocateur et offrant à ce nouvel opus une aura toute particulière.

A.A.N est effectivement habité par ses paroles de même que par la musique lancinante et mélancolique de ses congénères, et pour peu que l'auditeur ouvre son âme, il sera lui aussi convié à ce véritable voyage spirituel autant aux frontières du Divin qu'aux Portes de la Mort. Les connaisseurs auront déjà ressenti ce genre de frisson qui glisse le long de nos colonnes vertébrales à l'écoute d'une musique qui n'a d'autres desseins que de vous posséder, au moment même où vous laissez aller votre esprit et où vous ne faites plus qu'un avec le groupe... Les novices n'auront qu'à écouter "Redemption At The Puritan's Hand" pour connaître ce plaisir solitaire finalement quelque peu égoïste !!!

Finalement, à y regarder de plus de près, pas de grande surprise ni d'innovation de la part de Primordial qui déroule pendant plus d'une heure la recette qu'on lui connait déjà et qui lui a conféré sa notoriété actuelle. Même si cet album présente un peu plus de relent black qu'à l'accoutumé, on reste sur une base connue et entendue, parfaitement exécutée et inspirée, mais les Irlandais atteignent assez rapidement (je me comprends, les morceaux faisant en moyenne 8 minutes !) leur vitesse de croisière. On se rend en effet vite compte que même si Primordial a toujours axé sa composition sur le mid-tempo, on découvre au fil de l'écoute une dimension quasi atmosphérique du groupe, faisant montre d'une grande maturité mais cassant malheureusement le rythme si parfaitement lancé sur "No Grave Deep Enough".

Finalement, l'écoute de cet album me rappelle un peu celle du dernier Moonsorrow que j'ai chroniqué dans ces pages... L'écoute de "Redemption At The Puritan's Hand" doit se faire seul et dans un calme absolu, par exemple au casque dans une ambiance tamisée... Ouvrez votre âme, laissez vagabonder votre esprit et suivez le chant d'A.A.N pour une épopée onirique dont vous ne ressortirez pas indemne... C'est à mon sens le meilleur moyen de ressentir cet album car dans tous les autres cas, votre esprit réfractaire lâchera vite l'affaire. Pour moi, un album en demi teinte malgré toutes ses qualités, qui demande un effort non négligeable de la part de l'auditeur mais saura dévoiler sa perfection à qui osera enfoncer ses portes !!!


Carcharoth
Juillet 2011


Conclusion
Le site officiel : www.primordialweb.com