"De Venom Natura"
Note : 17/20
La nouvelle aventure de Ponte Del Diavolo les attend. Après le succès de leur premier album, Erba Del Diavolo (chant), Krhura Abro (basse), Kratom (basse), Segale Cornuta (batterie) et Nerium (guitare) sont prêts pour leur deuxième album, "De Venom Natura", chez Season Of Mist.
Le groupe fait également appel à Francesco Bucci (trombone, Ottone Pesante), Andrea l'Abbate (claviers), Sergio Bertani (thérémine, Lucynine) et Vittorio Sabelli (clarinette) pour renforcer son orchestre.
On attaque avec les sonorités étranges et presque inquiétantes d’"Every Tongue Has Its Thorns" qui s’embrasent rapidement pour se parer des racines black metal furieuses, donnant aux tonalités pesantes des nuances oppressantes supplémentaires. La voix reste relativement calme par rapport à la rythmique, et même si l’on notera quelques cris, elle demeure la partie stable du mélange, nous guidant vers "Lunga Vita Alla Necrosi" et sa touche entêtante beaucoup plus enjouée. Le groove macabre est très facilement communicatif, affirmant au passage sa lourdeur tout comme "Spirit, Blood, Poison, Ferment!" qui démarre à bonne allure et danse à son propre rythme par la suite, feignant de s’apaiser pour mieux relancer son flot ravageur. On enchaîne avec "Il Veleno Della Natura" dont les claviers nous envoûtent immédiatement avant que les autres musiciens ne s’installent, profitant de la saturation pour lâcher des harmoniques perçantes et permettre à la vocaliste des passages planants.
Le final reste assez dynamique avant de mener à l’oppressante "Delta-9 (161)" qui progresse avec une lenteur angoissante pendant que la rythmique ne demande qu’à exploser, profitant de la durée du morceau pour retarder au maximum le moment avant de lui offrir ce que nous désirons sous des nappes de doom massives. "Silence Walk With Me" prendra finalement le relai et accueille la voix lancinante de Gionata “Omega” Potenti (Nubivagant, Frostmoon Eclipse, Darvaza…) qui donne ce ton macabre au morceau pourtant assez énergique, proposant un duo singulier mais diablement efficace, laissant Erba clore le titre. Alors que le morceau précédent était assez sombre, "In The Flat Field" apporte des accents entraînants, presque pop / rock, et qui s’intègrent facilement à l’énergie du groupe et qui permettront de refermer l’album avec une touche un peu différente.
Ponte Del Diavolo fait partie de cette vague de groupes assez récents qui n’hésitent pas à mêler une base de metal avec des touches moins évidentes à appréhender, mais qui font fureur tant elles s’y intègrent bien. Je n’ai aucun doute sur le succès de "De Venom Natura".
"Fire Blades From The Tomb"
Note : 16/20
J’ai rarement entendu un groupe aussi étrange que Ponte Del Diavolo. Créé en 2020, le
groupe italien qui rassemble Elena “Erba Del Diavolo” Camusso (chant), Alessio
“Krhura” Caruso (basse), Andrea “Kratom” l'Abbate (basse), Stefano “Segale Cornuta”
Franchina (batterie) et Rocco “Nerium” Scuzzarella (guitare) sort trois EPs avant de
rejoindre l’écurie de Season Of Mist en 2024 pour la sortie de "Fire Blades From The Tomb",
son premier album.
C’est avec le son entêtant de "Demone" que le groupe attaque grâce à des influences black
metal avant d’accueillir une voix expressive en nous menant vers ses racines doom
pesantes, créant très rapidement un contraste assez naturel. Le son s’enflamme
régulièrement pour rythmer la complainte avant que "Covenant" ne dévoile sa dissonance
hypnotique en accueillant Andrea l'Abbate (synthétiseur), Lucynine (thérémine) et
Vittorio Sabelli (clarinette, Dawn Of A Dark Age, Incantvm, Notturno) qui apportent une
touche psychédélique à la composition, laissant également la vocaliste diversifier ses
apparitions pour alimenter ou apaiser l’oppression. Le groupe enchaîne avec "Red As The Sex
Of She Who Lives In Death", une composition inquiétante aux harmoniques vaporeuses qui
s’intensifie peu à peu avant de devenir une véritable saturation obsédante peuplée de
choeurs.
C’est finalement le silence qui nous mène à "La Razza", le titre le plus long qui
progresse de manière presque imperceptible à travers des notes brumeuses avant de
laisser la férocité renaître, créant une véritable disparité entre la rythmique saccadée et les
parties vocales vives, puis "Nocturnal Veil" vient nous envelopper dans sa noirceur. Le groupe
prend soin d’injecter sa touche inattendue tout en réservant une place à la clarinette
macabre de Vittorio qui accentue les tonalités étouffantes old school, puis nous autorise un
instant de relâche avec "Zero" dont la quiétude de l’introduction sera violentée par les leads
tranchants, le blast féroce et les éruptions vocales. Davide Straccione (Shores Of Null,
Zippo) rejoint le groupe pour donner vie à "The Weeping Song", dernier des sept morceaux,
en créant un duo plaintif et naturel qui nous accompagnera sur les derniers instants de
l’album.
Ponte Del Diavolo nous expose à une expérience sonore unique. Si le groupe se montre
parfois vif et extrêmement spontané, "Fire Blades From The Tomb" sait également placer des
vagues de tranquillité sombres et étouffantes plus imposantes qui nuancent la progression
du groupe. Un travail intéressant.
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