Le groupe
Biographie :

Plebeian Grandstand a été formé l’été 2005 à Toulouse. Le groupe pratique une musique d’une violence intense et sort son premier EP en 2008 intitulé "The Vulture’s Riot". S’ensuit deux ans de concerts avec des groupes comme I Pilot Daemon, Celeste, Pelican ou encore Loma Prieta. Ceci emmène le groupe jusqu’en 2010 pour réaliser l’album "How Hate Is Hard To Define" ainsi que deux tournées, l’une avec Selenites l’autre avec Titan. Après quelque splits, Plebeian Grandstand se manifeste en 2014 avec l’album "Lowgazers" et, toujours sur un bon rythme, proposera l’album "False Highs, True Lows" en 2016.

Discographie :

2008 : "The Vulture's Riot" (EP)
2010 : "How Hate Is Hard To Define"
2014 : "Lowgazers"
2016 : "False Highs, True Lows"


Les chroniques


"False Highs, True Lows"
Note moyenne : XVII/20

Bon, si on résume rapidement la situation : Plebeian Grandstand est toujours chez le très bon Throatrunner Records et va jouer au Hellfest en Juin de cette année. Le truc est devenu une grosse machine.

Une machine sonore - les compositions et leurs captations sont monstrueuses. Le déchaînement de violence est ahurissant, attention à vous les cardiaques. Certaines parties jouent avec les limites du bruitiste, et clairement ça claque. Les mecs maîtrisent le sujet sur le bout des doigts.


Une machine de scène - Comme je l’ai dit plus haut, vous pourrez les admirez, le 24 Juin exactement, lors de l’édition 2018 du Hellfest. Les morceaux ayant évolué dans ce sens, les prestations sont plus sombres, les ambiances plus étouffantes. Attendez-vous à repartir avec des douleurs au cou plutôt qu’avec des bleus sur les épaules.

Une machine évolutive - Un des aspects de l’identité de Plebeian Grandstand, c’est le fait d’être en mutation constante. Je me souviens des premiers opus comme de véritable chaos, froids et saillants, avec une voix criarde et des riffs métalliques lacérés. Après avoir pris plusieurs formes qui lui son propre, le groupe est arrivé à un metal très sombre, lourd, maléfique.

Une machine tout simplement - Au final à la fin de l’album est-ce encore aussi violent que ça ? Non, c’est comme tout, on s’y fait. Un reflet finalement de nos sociétés modernes. Les mecs mettront toujours la barre plus haut. Et on s’y fera.

Je vous invite fortement à aller les voir en concert - enfin si vous aimez vous faire écraser la gueule. Alors ? Un petit quelque chose, les mecs, pour 2018 ?


Kévin
Avril 2018




"Lowgazers"
Note moyenne : 17/20

A première vue, c’est indigeste. Une somme inexplicable de violences diverses et variées, des hurlements, des beuglements et des riffs qui partent dans tous les sens par-dessus un ferraillage intempestif. Avec un peu de recul, c’est tout de même plus jouissif, mais toutefois à réserver aux oreilles initiées, âmes sensibles s’abstenir. Le fracas des guitares n’est pas accessible au premier venu et surtout ce n’est pas forcément simple sur la durée d’écouter ces morceaux qui s’enchaînent.

Le groupe se situe entre un post-hardcore et une thrashcore assez speed. Pas de temps mort, pas de répit. Tout s’enchaîne et s’entremêle, à tel point que l’on a quelquefois du mal à distinguer chaque chose. Le tout avec une batterie un peu trop omniprésente de par son ferraillage et un batteur qui syncope et qui doit plus ressembler à une pieuvre qu'autre chose. Les morceaux, sur cet album, font entre 4 et 5 minutes, ce qui peut sembler long pour certains, mais qui s’avère surtout être peu commun pour le genre où l’on tourne souvent plus autour de 2 à 3 minutes. Cette durée peut être un atout, avec l’inclusion de grandes introduction à la fois maladives et plaintives, mais aussi un repoussoir avec des longueurs rendant fatigantes à la longue la compréhension des morceaux. Pour celui qui est en recherche uniquement de violence pure, d’un déferlement directement en pleine face, d'un uppercut de décibels gras et puissants rendant tout son système auditif et humain imperméable aux pensées mielleuses et optimistes, oui, Plebeian, dont la haine est vomie au travers du chant (très bon dans le style au demeurant), est à recommander d’urgence. C'est noir et sans concession, sans respect aucun pour les BPM ou encore les peaux de grosse caisse. "Lowgazers" en est angoissant à terme et c’est sûrement le but recherché. Par contre, pour celui qui cherche de longs morceaux à la Dream Theater, on va peut-être pas te recommander Plebeian, tu risquerais la syncope.

En résumé, Plebeian Grandstand, porté par une production sidérante, ne se classe dans aucun style, si ce n’est le style de se faire mal à soi et son petit cœur, de se retourner le cerveau avec tant de violence. La production, largement dans le ton pour ce genre de groupe, entre un son un peu roots et pas trop surjoué mais quelque chose d’assez propre, permet la disctinction de chaque instrument. Notamment la batterie, et le chant qui est mixé aux petits oignons. Chapeau. Non accessible à tous, mais jouissif pour les fans d’ultraviolence, avec des morceaux n’évoluant pas en dessous de 200 BPM, cet album est pour vous. Pour les autres, une oreille s’impose, le temps d’un morceau.


Sam
Janvier 2016




"How Hate Is Hard To Define"
Note moyenne : 17,25/20

Chaos : Nom masculin, confusion totale, désordre général. Pour honorer cette seconde galette des Toulousains de Plebeian Grandstand je vais moi aussi m'en tenir à cette débâcle et donc commencer cette chronique par la conclusion. Plebeian Grandstand c'est un art maitrisé d'une violence animale et primitive et si le chaos c'est ça je veux bien en avoir un peu tous les jours, explications. L'album commence avec "Kata Ton Daimona Eaytoy" en une longue vibration, un larsen et quelques sombres accords qui mettent en scène un déluge nommé "Ordo Ab Chao". Alors là sortez les extincteurs parce que ce groupe vient de réinventer le feu.

D'une violence inouïe, c'est sans remords que les cinq musiciens vous crachent à la tronche toute leur énergie. Et ce son ! Parlons-en ! Une basse lourde, une batterie fracassante, une gratte bien aiguisée et un chanteur haineux … " what else" ? On passe à "Nice Days Are Weak" où le carnage ne cesse de gagner du terrain, quelques ralentissements venant apaiser le tout pour mieux repartir. N'essayez pas de survivre puisque de toute façon vous y passerez ! "Mein Kopf Ist Meine Heimat" continue dans la lignée et on sent une réelle envie de pousser leurs précédents travaux au maximum, en termes de violence et d'intensité. Ça continue avec "Easy To Hate / Hard To Define", où le groupe nous offre ce qu'il a de meilleur avec une structure en montagnes russes qui vous trimballe de gauche à droite en faisant bien attention à ce que votre tête heurte tout ce qu'il y a autour. Un titre complet qui résume plutôt bien l'énorme consistance de cette galette. Le groupe nous accorde deux petites minutes de répit avec "Pie In The Sky", un titre langoureux à la gratte plaintive. La batterie rétabli un peu d'ordre avec l'introduction de "Don't Expect Much From World's End", ordre vite renversé par un mur de brutalité, un peu comme si on vous coupez les tendons d'Achille à la pince coupante. Mais avec Plebeian Grandstand on n'est pas dans dans un brouhaha sonore sans queue ni tête, le chaos est un art et ces Toulousains le maîtrisent à merveille.

La leçon de style continue avec "Are You Angry [...]", qui ne fait que confirmer tout ce qui a été dit précédemment, entre larmes brûlantes et énergie destructrice, Plebeian Grandstand n'a pas choisi. L'album se ferme sur "[…] Or Boring ?" qui apporte une lourdeur supplémentaire à l'album et nuance un peu le reste de manière à vous abandonner sans pitié entre la folie et la raison.


Kévin
Janvier 2011
Note : 17,5/20

Plebeian Grandstand, c'est ce que le monde a fait de plus violent ! Je pensais avoir brûlé mes oreilles et mon âme avec Quartier Rouge, mais là, Plebeian Grandstand pousse la technicité et la violence encore plus loin, adepte des convulsions malsaines, de la rage vomie directement à même les restes de ta nourriture. Au meilleur d'un Converge sous drogues dures, d'un Botch schizophrénique, le chaos (K.O ?) n'est pas loin. Les oreilles vrillées directement à la perceuse, l'inclusion dans ton cerveau d'images détestables et détestées. Les premières images qui me viennent lorsque j'entends Plebeian sont les prémisses de la folie de fin du personnage principal dans le celèbre Orange Mécanique. Les morceaux sont assez longs, chiadés, remplis de breaks ravageurs, de remontées de violence, derrière la section basse / batterie martelle à gros coups de fonds du temps, l'accordage de la basse très grave renvoie directement des vibrations puissantes dans les breaks. Le plus impressionant est encore la section voix complètement déchirée qui prend aux tripes et renvoie aux heures sombres de l'humain... C'est sidérant. Je ne suis pas fan du style à la base, mais convaincu par cet album, tout en puissance et déchirure. C'est comme si on avait pris mes chairs et que l'on avait doucement et implacablement, avec une minutie sans faille, déchiré chaque fibre musculaire de la main pour en faire une large tapisserie. Tu cherches la haine ? "How Hate Is Hard To Define" est pour toi.


Sam
Mars 2010
Note : 17/20


Conclusion
Le site officiel : www.myspace.com/plebeiangrandstand