Le groupe
Biographie :

Phil Campbell And The Bastard Sons (anciennement Phil Campbell All Starr Band) est le groupe du guitariste de Motörhead accompagné de ses fils Todd, Dane et Tyla, et du chanteur Neil Starr. Le groupe sort un premier EP en Novembre 2016 chez Motörhead Music. Deux ans plus tard, le groupe sort son premier album, "The Age Of Absurdity", en Janvier 2018 chez Nuclear Blast. Le deuxième album, "We're The Bastards", composé en plein confinement dû au Coronavirus, sort en Novembre 2020.

Discographie :

2016 : "Phil Campbell And The Bastard Sons" (EP)
2018 : "The Age Of Absurdity"
2020 : "We're The Bastards"


Les chroniques


"We're The Bastards"
Note : 14/20

La fin d’un groupe mythique entraîne souvent par la même l’arrêt de mort des artiste qui le composent. Or c’est tout l’inverse pour les rescapés de Motörhead qui ont profité de leur liberté forcée pour explorer de nouveaux horizons. Le légendaire Phil Campbell signe ainsi en 2020 le second album de son projet Phil Campbell And The Bastard Sons, formation presque entièrement familiale qui fait ce qu’elle a dans les veines et ce qu’elle fait de mieux : du rock. Si "The Age Of Absurdity" s’était plutôt bien défendu, voyons ce qu’il en est de "We're The Bastards".

Le titre éponyme démarre ce qui s’annonce comme une danse rock’n’roll sans prise de tête ni prétention et qui ne demande qu’à faire secouer les têtes. Une promesse qui sera tenue par "Son Of A Gun" qui suit, dont les riffs gras et sinueux viennent titiller nos oreilles. Nous avons là également une composition loin d’être révolutionnaire mais tout de même efficace dans son travail. Heureusement pour les amoureux de l’éclectisme comme je le suis, la tendance dévie légèrement avec "Born To Roam" dont les guitares sentent bon le blues rock / country revisités. Sa structure très – trop ? – linéaire imprime la mélodie dans notre esprit en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, c’est à la fois bon et mauvais signe… ! Je déplore l’absence trop marquée du jeu de Phil Campbell, à peine perceptible pour le moment. Sans transformer cet opus en démonstration instrumentale, une patte affirmée aurait été fort appréciable.

Certains morceaux ont cependant une identité plus forte et ramènent l’album au niveau que l’on attendait de la part de la famille Campbell et Neil Starr. C’est le cas de "Bite My Tongue" ou encore "Desert Song", petit frère de "Born To Roam" où viennent se mêler rythmique lente et sensuelle, harmonica et le solo tant attendu, court mais efficace. Nous pouvons également citer les survoltés "Keep You Jacket On" et "Destroyed", dont la touche punk de ce dernier apporte son petit plus et nous fait par la même une piqûre de rappel quant à la philosophie de Campbell, qui ne s’affranchira jamais vraiment de Motörhead, moteur de sa vie pendant plus de trente ans.

Ainsi, "We're The Bastards" se parcourt sans vraiment de fil conducteur si ce n’est le rock brut de décoffrage. Nous nous laissons porter et assez souvent hélas nous nous perdons dans les méandres des riffs et des mélodies relativement identiques. L’album s’essouffle à plusieurs reprises mais retrouve un équilibre grâce à ces quelques compositions bien écrites et intéressantes. Nous terminons ainsi cette écoute un poil mitigée avec "Waves" qui constitue une agréable surprise. Bien que redondante, cette balade douce et légère apaise et rouvre nos chakras pour le potentiel prochain opus… !

"We're The Bastards" navigue entre deux eaux. C’est un album de rock sympathique dans son ensemble mais pas suffisamment percutant pour réellement marquer les esprits. Il serait malhonnête de le renier car en effet certains titres valent le détour, et il conviendra tout à fait aux amateurs de rock rentre-dedans et traditionnel. Cependant il est probable que si le nom de Phil Campbell ne figurait pas sur la pochette, nous passerions hélas plus vite notre chemin.


Candice
Mars 2021




"The Age Of Absurdity"
Note : 16/20

Phil Campbell And The Bastard Sons est un groupe de hard rock formé en 2016 aux Pays de Galles. Il est composé de Phil Campbell et Todd Campbell (guitares), Dane Campbell (batterie), Tyla Campbell (basse) et Neil Starr (chant). Leur premier album "The Age Of Absurdity" est sorti le 26 Janvier 2018 chez Nuclear Blast.

Que celui qui ne connaît pas Phil Campbell lève la main ! De toute évidence, toute personne un minimum renseignée sur le hard rock ne peut ignorer son existence, il fut le guitariste de Motörhead de 1984 à 2015, soit jusqu’au décès de son leader mythique et presque mystique, Lemmy Kilmister. Le groupe a ainsi cessé son activité, et Mikkey Dee est parti pour une nouvelle vie en tant que batteur chez Scorpions, tandis que Campbell a fondé avec ses quatre fils un groupe non dénué du sens de l’humour, Phil Campbell And The Bastard Sons. Ca sent bon les terres galloises, le rock brut de décoffrage, où vient s’ajouter Neil Starr au chant. Après leur premier EP plutôt réussi et des tournées en compagnie des plus gros comme Saxon ou encore Guns N’ Roses, Phil Campbell And The Bastard Sons nous ont concocté pour cette nouvelle année un album de leur crû, "The Age Of Absurdity", sorti chez Nuclear Blast. Préparez-vous, les enceintes risquent de fumer !

C’est parti pour "Ringleader" qui, en effet, ne passe pas par quatre chemins ! Riffs saturés, rythmique rentre-dedans et décapante comme on pouvait en jouir avec son projet de presque toute une vie, Motörhead. Cependant nous ne sommes pas dans une simple copie, Neil Starr apporte une touche de nouveauté et une autre perspective qui fait de ce morceau une composition bien sympathique et efficace. C’est toujours autant un plaisir d’entendre le jeu de guitare de Campbell père, reconnaissable entre mille, notamment dans "Gypsy Kiss" où vient se poser la basse sale et grondante de Tyla qui lui donne l’agressivité du punk et la violence du hard / heavy. Dans la même veine, "Skin And Bones" retourne la tête comme il faut ! Le jeu carré et puissant de Dane à la batterie est un mur impénétrable où viennent se cogner les guitares grouillantes à la tonalité extraordinairement basse pour un groupe de hard. Celui-ci va d’ailleurs s’émanciper de son pays natal pour nous emmener dans le Far West avec "Dark Days" où harmonica et le chant bluesy et langoureux de Neil sont du plus bel effet. Un très bon morceau qui atteindra l’excellence avec un solo couillu, certainement mon coup de cœur de cet album. Et comme un bon morceau arrive rarement seul, "Dropping The Needle" déboule comme un boulet de canon avec ses guitares pêchues très rock’n’roll qui vont vous déchaîner pendant moins de deux minutes, et c’est ça qui est bon ! Phil Campbell semble inépuisable ! Son énergie est communicative et est même héréditaire, quand on entend les fils à l’œuvre ! Tous font du bon gros rock comme on aime, sans se prendre la tête plus que cela. Bien que l’album touche bientôt à sa fin, on tient toujours la cadence avec "Get On Your Knees" et "High Rule", deux titres qui déménagent sévère. La lourdeur de la rythmique fait toute la puissance et l’impact de ces titres, on sent que les musiciens s’éclatent et veulent nous transmettre leur amour du rock. Nous finissons cependant le voyage sur une note plus douce, "Into The Dark", même si elle n’est pas plus exceptionnelle que cela, nous balance sans crier gare un solo qui touchera les cœurs les plus insensibles. Du génie !

Vous l’aurez compris, "The Age Of Absurdity" est un album qui déménage, c’est du rock pur et dur que l’on appréciera d’écouter sans se poser de questions. La famille Campbell et Neil Starr nous livre des morceaux certes loin d’être uniques et exceptionnels, mais tout de même bien ficelés et très efficaces. Petite mention spéciale au morceau bonus "Silver Machine", titre phare des regrettés Hawkwind, interprété par Dave Brock himself. Un clin d’œil touchant, qui ajoute à cet album la petite dose de nostalgie que les die-hard fans de Lemmy Kilmister accueilleront à bras ouverts.


Candice
Mars 2018




"Phil Campbell And The Bastard Sons"
Note : 14/20

Quasiment un an après la mort de Lemmy, les membres de Motörhead ont créé ou intégré des projets. Mikkey Dee, le batteur, est désormais dans Scorpions, mais Phil Campbell, lui, a créé son propre groupe. A l'origine, le Phil Campbell All Starr Band a été formé avant la fin de Motörhead et avait permis de faire quelques dates en Europe, proposant un set composé principalement de reprises. Mais finalement, le groupe a été renomé "Phil Campbell And The Bastards Sons" car sont intégrés dans le groupe les trois fils de Phil et je dois dire que d'avoir renommé le groupe ainsi permet d'attiser la curiosité.

Néanmoins, c'est en Novembre 2016 que le groupe sort son premier EP de 5 titres avec une pochette reprenant le graphisme de Sons Of Anarchy. Sobre et efficace, mais il manque peut-être un peu plus de créativité, bien que le crâne me fasse penser très fortement à Kirk Windstein ! En revanche, côté musique, ce n'est pas dégueulasse. "Big Mouth", qui a été le single dévoilé, est peut-être dénué d'originalité mais on retrouve le son de guitare de Phil Campbell qui reste selon moi l'un des maîtres en termes de riffs accrocheurs. "Spiders" a un côté un peu plus lourd et on sent que le groupe s'est un peu plus lâché et a puisé dans des influences assez profondes, à mi-chemin entre "Orgasmatron" et du Black Sabbath. Cependant, mon titre favori est de loin "Take Aim" par rapport à ce côté riff master que Phil apporte, tout comme la voix de Neil Starr qui est loin d'être celle de Lemmy car beaucoup plus clean, plus "rock" que metal finalement, mais qui se mélange à merveille avec la philosophie du groupe. Et que dire du break en milieu de morceau qui m'a convaincu à 100%. Sur "No Turning Back", avec ce côté speed rock rappelant fortement les titres "Iron Fist" ou "Rock Out" de Motörhead, j'ai senti Neil moins à l'aise au niveau de la voix, contrairement au refrain qui est beaucoup plus lent et lourd, s'approchant du stoner. Du coup, ce titre, bien qu'il soit intéressant, m'aura moyennement convaincu. Enfin, "Life In Space" clôture ce premier EP très prometteur par un titre acoustique assez bluesy tout en restant dans l'esprit rock / ballade, prouvant que le groupe n'a pas totalement défini son "style".

La production réalisé à 80% par Cameron Webb permet à cet EP d'avoir un impact convaincant tout en conservant l'esprit du groupe qui est d'envoyer du son ! On regrettera juste ce côté "changement de style" sur chaque titre qui me fait dire que le groupe ne s'est pas encore trouvé à 100% ou bien je me trompe totalement et il faudra attendre l'album pour vérifier si Phil Campbell ne veut tout simplement pas préserver une certaine simplicité et une palette de styles assez large pour toucher un public plus vaste, et qu'il prend du plaisir en jouant ces titres.


Motörbunny
Janvier 2017


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/philcampbellatbs