Le groupe
Biographie :

Periphery est un groupe de metal progressif américain originaire de Bethesda et Baltimore (Maryland, États-Unis), créé en 2005 par le guitariste Misha Mansoor. Il gagne progressivement de la popularité sur Internet, à la base grâce à un compte SoundClick régulièrement mis à jour, ainsi qu'aux forums Meshuggah, John Petrucci et sevenstring.org. Avant et durant les performances du groupe Periphery sur scène, Mansoor forme sa propre réputation à l'aide de ses propres productions musicales, dont la majorité est créée par ordinateur et Pod XT pendant cette période. Mansoor continue de mettre à jour son projet personnel, Bulb, qui précède Periphery. Mansoor continue à s'impliquer dans de nombreux projets musicaux, incluant Haunted Shores et Of Man Not Of Machine. Entre 2005 et 2009, Periphery travaille avec les chanteurs Jake Veredika, Casey Sabol et Chris Barretto s'orientant petit-à-petit vers un son Meshuggah à un son plus ambiant, mélodieux avec l'idée de production innovatrice. Periphery joue massivement sur scène à partir de 2008, encourageant des artistes incluant DevilDriver, Veil Of Maya, Animals As Leaders, God Forbid, Darkest Hour, The Dillinger Escape Plan, Fear Factory, Between The Buried And Me et Fair To Midland. Periphery sort son premier album en 2010 chez Sumerian Records, suivi de "Periphery II: This Time It's Personal" en Juillet 2012. Le groupe sort ensuite un EP, "Clear", en Janvier 2014. Periphery sort un double album, "Juggernaut: Alpha/Juggernaut: Omega" en Janvier 2015. Le cinquième album, "Periphery III: Select Difficulty", sort en Juillet 2016. "Periphery IV: Hail Stan" sort en Avril 2019 sur le propre label du groupe, 3DOT Recordings.

Discographie :

2010 : "Periphery"
2012 : "Periphery II: This Time It's Personal"
2014 : "Clear" (EP)
2015 : "Juggernaut: Alpha/Omega"
2016 : "Periphery III: Select Difficulty"
2019 : "Periphery IV: Hail Stan"


Les chroniques


"Periphery IV: Hail Stan"
Note : 17/20

Les papes du djent sont de retour avec "Hail Stan", cinquième ou sixième album selon la façon dont vous comptez les deux "Juggernaut". En tout cas, le groupe a pris des risques sur ce nouvel album et je dois dire que ça devrait payer parce que les variations apportées lui vont plutôt bien.

Le risque qui frappe en premier c'est le fait que le groupe ouvre l'album avec "Reptile", un petit pavé de dix-sept minutes ! Un morceau pour le moins ambitieux qui fait intervenir une section de cordes et dont les structures sont forcément très mouvantes. Un pari risqué mais franchement réussi puisque le morceau fait mal avec de bons gros riffs bien vicelards pour du Periphery tout en gardant les mélodies accrocheuses et le groove qui fait que les morceaux du groupe passent toujours bien même quand ils se font plus riches et complexes. Ce premier morceau déroule ses riffs et ses mélodies tranquillement, passant d'une ambiance et d'un style à l'autre sans forcer et on sent qu'il y a eu du boulot là-dedans. On a un peu tout ce que le groupe sait faire : du chant clair, du chant hurlé, des mélodies, des choeurs, des cordes, du blast, des passages bien techniques et d'autres plus directs et catchy. Bref, encore une fois, si le pari était risqué, on peut dire qu'il est réussi et les dix-sept minutes passent sans laisser le temps à l'ennui de s'installer. "Blood Eagle" débarque juste derrière pour balancer un gros coup de latte dans vos enceintes et balance un djent bien plus violent qet sombre que ce à quoi le groupe nous a habitué jusqu'à maintenant. Le deuxième risque évident pris cette fois est justement que l'album dans sa globalité est bien plus méchant que tout ce qu'à pu faire Periphery, un titre comme "Chvrch Bvrner" va en calmer plus d'un par exemple avec ses accès de violence pas très loin d'un Dillinger Escape Plan par moments ! Ce morceau arrive d'ailleurs en troisième position juste après "Blood Eagle" qui avait déjà monté la tension d'un cran histoire de vraiment vous rentrer dedans dès le début de l'album ! On trouve clairement sur "Hail Stan"  une volonté de se démarquer des autres groupes de djent, d'emmener le genre plus loin et de faire taire ceux qui pensaient qu'il s'éteindrait au bout de cinq ans gros maximum. Une liberté et une envie d'expérimenter peut-être amplifiée par le fait que Periphery sort ce nouvel album sur son propre label cette fois, jouissant ainsi d'une indépendance totale. Pas d'inquiétudes cependant, la patte habituelle est bien là et on reconnaît facilement Periphery, le groupe a simplement poussé le bouchon plus loin à tous les niveaux.

"Garden In The Bones" fait redescendre la température niveau violence et repart dans un registre plus mélodique et accrocheur, plus proche de ce que l'on a l'habitude d'entendre. Les arrangements electro se font eux aussi une place plus grande qu'auparavant et on les entend régulièrement débarquer en plein milieu d'un morceau pour opérer un changement d'ambiance drastique et assez réussi là encore. "Crush" nous rappelle d'ailleurs presque toute la vague synthwave des Perturbator et autres Carpenter brut mais avec la patte Periphery par dessus. Bref, le groupe se fait plaisir et nous en donne par la même occasion avec ce "Hail Stan"  aussi varié que puissant, violent et accrocheur. La technique est évidemment toujours bien présente mais les morceaux accrocheurs le sont encore plus et les passages les plus tordus agrémentent surtout les passages les plus brutaux. Sûrement une volonté du groupe de rendre sa musique encore plus cohérente en n'utilisant que ce qu'il faut là où il le faut. Notons aussi la performance de Spencer Sotelo qui, en termes de hurlements, s'arrache comme il ne l'a jamais fait et crache tout ce qu'il a dans le ventre. On a pas mal de longs morceaux aussi puisqu'en plus du pavé de dix-sept minutes en ouverture, on en trouve un de neuf minutes en fin d'album et plusieurs avoisinant les six ou sept minutes. Pour faire simple, on a neuf titres pour un peu plus d'une heure, donc des morceaux qui s'étalent plus et qui confirment l'envie de Periphery d'expérimenter et d'étoffer sa musique. Le tout est tellement riche et varié que le temps passe sans que l'en s'en rende compte et l'album est terminé avant même que l'on ait eu l'occasion de remarquer que l'on était déjà à la dernière piste, ce qui est plutôt bon signe.

Un nouvel album qui voit Periphery prendre des risques et qui présente un visage parfois bien plus violent que ce que le groupe a pu proposer jusqu'à maintenant. Un album aussi bon que varié et aventureux et une preuve que Periphery ne s'endort pas sur ses lauriers.


Murderworks
Juillet 2019




"Periphery III: Select Difficulty"
Note : 16/20

Après avoir relevé le challenge du double album concept avec succès l’année dernière ("Juggernaut"), les Américains de Periphery reviennent déjà avec un cinquième album – "Select Difficult" ! Véritable orchestre de metal prog composé de 6 musiciens au style reconnaissable et sachant tous produire un morceau de A à Z (comme ils ont su le prouver avec leur concept EP "Clear" en 2012), le groupe a les reins solides en ce qui concerne de gâter les fans.

Malgré mon total support à la cause de Periphery et du djent, cette galette a été torpillée suffisamment vite pour m’inquiéter de sa qualité. Exigeant et terriblement passionné – à l’image de ses fans - Periphery a l’obligation de réaliser un très bon album comme cela l’a toujours été. Heureusement, "Select Difficulty" n’échappe à cette règle.

Avant de se mettre à travailler, il est recommandé de se donner un but et un cadre. Nos Américains de Periphery sont la personnification même de cette bonne organisation et c’est tout naturellement que "Periphery III: Select Difficulty" utilise la même approche libre et directe que "Periphery II: This Time It’s Personnal". Faisant suite au dense et très singulier "Juggernaut", le sextet a pris la sage décision de revenir à quelque chose de plus accessible et d’abrupt. Que ce soit sur le refrain ultra catchy de "Flatline", les blasts du single "The Price Is Wrong" ou le copieusement efficace "Prayer Position", Periphery donne la part belle au fun et à l’instantanéité comme le représente si bien "Catch Fire", titre certainement né d’un bœuf ou d’une fugace improvisation.

Malgré la décision évidente de miser sur le talent et la spontanéité plutôt que sur l’originalité et l’innovation musicale, Periphery n’oublie pas d’inclure quelques petites surprises rafraîchissantes comme la grande place laissée aux orchestrations ("Absolomb") et à la création de magnifiques morceaux de bravoure et d’émotions comme le final et très prog "Lune". Cette dernière composition brille par la simplicité avec laquelle elle culmine et se déroule naturellement jusqu’à son paroxysme tout au long de ses 7 minutes riche en émotion.

En ce qui concerne la production et le son, Adam "Nolly" Getgood et Misha ont réussi le défi titanesque de dépasser les prouesses techniques faites dans "Juggernaut". Personnellement, je ne pensais que c’était encore possible, pourtant ils l’ont fait ! Le son est organique et puissant, la caisse claire est divine, la basse dévastatrice…

Nonobstant cette avalanche de bonnes critiques, je ne peux nier le manque flagrant d’inspiration à l’opposé du vaste et très personnel "Juggernaut" d’il y a quelques mois. En effet, les compositions foncent droit devant sans plus de question, Specer fait le show habituel au poste de chanteur, les autres instruments font de même etc... La seule et véritable piste d’originalité dans "Periphery III: Select Difficulty" est cette nouvelle capacité de nos Américains à sonner d’une voix. L’ordinaire blind test du "devine qui des 3 guitaristes a composé cette partie" ne semble plus si simple.

Parfaite synthèse de l’univers et de la méthode Periphery, l’album "Periphery III: Select Difficulty" saura vous convaincre sans difficulté ! Si vous ne les connaissez pas encore, cet album fera mouche sans aucun doute et vous convertira en fan à coup sûr !


Vinny
Juillet 2016




"Juggernaut: Alpha/Omega"
Note : 13/20

On en aura bouffé du "djent" ces dernières années. Ce style de musique porté par des groupes aux élans messianiques aura littéralement fait le buzz et envahit nos ouïes… pour un plaisir mitigé. Depuis son apparition, ce genre musical me fait l’effet d’un pétard mouillé : il se révèle simplement un genre de métal progressif accouplé à une production moderne, massive et déshumanisée. Rien de révolutionnaire, contrairement à ce que certains semblaient prétendre (ou espérer).

Mais on ne peut pas gratuitement cracher dans la soupe puisque sous cette égide djent, des groupes de qualité ont vu le jour. TesseracT, Monuments, The Algorithm… Chacun a su trouver sa raison d’être sans pastiche. Et sur ce point, Periphery m’a toujours un peu frustré. Depuis son premier album éponyme, le groupe semble surfer sur la vague sans risquer l’introspection : tel un être en permanente recherche de soi même, flirtant trop frontalement avec ses références. De là mon sentiment contrarié.

Cela dit, nier le talent de Periphery serait bien ingrat : le groupe est amplement capable de produire des petites pépites et celles-ci parsèment chacune des productions : "Icarus Lives!", "Ow My Feelings", "Scarlet", "Ragnarok", "Feed The Ground"… A la venue de ce double album – un sacré bel effort de composition – je ne m’attendais pas à la révolution mais j’espérais déjà retrouver ces perles qui me feraient valser de mon siège. Et c’est finalement ce que j’ai eu.

Les artworks de Juggernaut – dont le groupe a eu le bon goût de ne révéler que l’extérieur – sont en tout point superbes et tranchent avec la sobriété des précédents albums. Couleurs chaudes et crues pour "Alpha", froides et inquiétantes pour "Omega". Cela dit, cette opposition que l’on aurait pu escompter entre les deux parties de ce diptyque n’existe pas, les deux albums se suivant tout simplement.

La production est ultra massive, mais cela personne n’en aurait douté. Elle permet d’épaissir la force de frappe de titres tels que "22 Faces" ou "Four Lights", les transformant en mastodontes de riffs et véritables rouleaux compresseurs. Le groove qu’était capable de déployer Periphery sur ses premiers albums est toujours présent mais semble muer vers une dimension plus progressive, plus sombre et étouffante. Le groupe semble d’ailleurs vouloir véritablement trancher avec le lumineux EP "Clear" qui précédait ce double album. En témoigne l’excellent "Psychosphere" qui pousse l’auditeur à l’asphyxie avec un soubassement de guitares monolithiques et oppressantes ou le titre "Hell Below", d’une noirceur jusque là inconnue chez Periphery.

Résolument plus ambitieux, "Juggernaut" semble devoir prouver au monde l’étendue du talent de Periphery. Plus brutal, plus menaçant, plus complexe… mais malheureusement aussi plus compliqué (le passage du simple au double album y est peut être pour quelque chose). "Alpha/Omega" donne un peu le vertige : c’est long et ça part dans tous les sens sans réel fil directeur. L’énergie est présente mais ne nous satisfait jamais pleinement : la faute à un discours prolixe accro au zapping entre des parties brutes, des parties aérées et de multiples variations de chants – pourtant d’excellente facture – posées sur des passages mélodiques jamais réellement touchants. C’est le bazar. Et probablement que sur la longueur, "Juggernaut" en lassera plus d’un, moi le premier.

Cela dit Periphery n’est pas à plaindre et son talent encore moins à remettre en question : des titres de qualité, il y en a. Des passages à vous faire dresser les poils aussi. Reste la question de la propension à moduler son discours pour aller à l’essentiel. Je ne parle évidemment pas de "formater" sa musique pour des questions d’accessibilité, mais bien de penser au fil rouge qui permettra à ces agglomérats de riffs et de mélodies de trouver l’harmonie.


Rapha3l
Février 2015




"Clear"
Note : 11/20

EP : Extended Play (appelé un “maxi” chez nous). Format trop long pour être un single mais trop court pour être un album. Dans le cas de l’opus qui va suivre, qui causera pendant encore bien des jours des saignements répétés à mes tympans de mélomane, je suis fort content que cet EP ne soit pas un album à part entière, au risque de me donner envie de me couper une oreille sous le coup de la folie comme le fit feu V.Van Gogh. Dans le cas qui va suivre, EP signifie plus pour moi "Experimental Project", tant les influences présentes dans le disque, loin du blast des débuts du combo qui a su affirmer son style dès le premier album (style repris très rapidement et très mal par une floppée de groupes, plus incompétents les uns que les autres pour la plupart), sont tristes et de mauvais goût .Vous vous demandez sûrement, à juste titre d’ailleurs, ce qui me met tant en émoi en ce début d’année 2014 ?

Periphery, groupe americain (new-yorkais de surcroît) de djent, précurseur dans son style, et fortement affilié à Dream Theater pour des raisons familiales et auditives, sort effectivement en ce moment son second EP,  "Clear", presque deux ans après la sortie du très remarqué "Periphery II : This Time It’s Personal", notamment grâce à des titres comme "Scarlet", "Make Total Destroy" ou encore "The Gods Must Be Crazy" et surtout grâce au recrutement de Nolly à la basse et Mark Holcomb d’Haunted Shores à la troisième guitare (ceci explique cela). Etant fan "die hard" du groupe, j’attendais avec une certaine impatience la sortie de "Juggernaut", annoncé comme un projet experimental pour la fin d’année 2013 / debut 2014. Quelle ne fut donc pas ma surprise donc lorsque mon rédac' chef me demanda, non sans une certaine indifférence liée à ce style qu’il n’affectionne pas et à la visible ignorance du fait que ce combo, en particulier, figure parmi mes préférés, de chroniquer le nouveau Periphery. Quelle ne fut donc pas ma surprise en lisant "Clear EP" comme nom de fichier et en découvrant le 7 titres insipide qui se cachait derrière…

L’hystérie me gagnant, je m’installe devant mon PC, je ferme toutes mes applications et je balance le son. Pour mieux comprendre mon ressentiment, je vous propose de découvrir cet opus via un track by track.

"Overture : "Intro au piano de 2 minutes et 11 secondes. Ca part doucement, sur une ambiance de film d’horreur, avant de se décanter en intro de groupe de "metal à mèches" classique (avec des guitares) vers les 30 secondes. Jusque-là rien de choquant mais… Passé la minute, c’est le drame, on retombe sur du piano simple, voguant entre le film d’horreur grand guignol et la ballade aux sonorités trop entendues sur la chaîne YouTube de Misha Mansoor. Intro redondante, sans aucun intérêt, déjà entendue 100 fois. Ca commence mal, mon cœur de fan commence à saigner.

"The Summer Jam : "Un début de morceau simple (pour du djent) mais ultra catchy, la voix de Spencer Sotelo en chant clair respire la dynamique. Là encore, le main riff sent le déjà entendu mélangé à une envie claire de faire du mainstream pour rameuter un public toujours plus large. Il semblerait, sur ce titre en tout cas, que le choix de l’élitisme progressif soit laissé de côté au profit de quelque chose de plus easy listening (pour les fans de Bring Me The Horizon, We Came As Romans, Avenged Sevenfold par exemple). Sans pour autant être qualifié de "mauvais", ce titre sera loin de faire l’unanimité chez les fans du combo qui ont justement apprécié le côté technique et versatile de leur musique (même les morceaux les plus "simples" de leurs albums, à l’image de "Icarus Live", et "Scarlet", qui apportaient une ouverture vers un public nouveau, plus frileux, se faisaient rares sur les albums).

"Feed The Ground : "Oh mais que cela sent le réchauffé au niveau des instruments !! Les vilains ! Quand par-dessus vient s’ajouter la voix de Spencer, avec un filtre dégueulasse, ça donne de la musique FM, sans saveur, indigne du groupe. C’est tellement mauvais qu’on dirait du A7X… J’aurais préféré ne jamais entendre ça, et les quelques envolées énervées n’y changeront franchement rien (noyées dans un break doucereux). Là je commence sincerement à me poser des questions sur l’orientation musicale prise par le groupe…

"Zero : "Voilà un vrai morceau de djent ! Pas le meilleur, n’abusons pas, mais tout de même, on reconnaît la "patte" Periphery. Clairement instrumental, ce morceau est relativement dur à décrire car, même si l’on sent l’influence de Jake Bowens sur les parties électroniques et d’ambiances, on reconnaît tout de même la compo de Mansoor et il est relativement difficile de savoir si Holcomb a participé à l’écriture du morceau. Titre de 5 minutes 30 secondes, il n’en reste pas loin le plus long de l’EP, volonté du groupe de verser quoi qu’on en dise dans le commercial avec des morceaux raccourcis. Ce qui m’attriste néanmoins dans ce morceau "instrumental", c’est que les changements de line-up, qui ont été faits au mieux, n’ont pas rendu le résultat meilleur, bien au contraire. N’importe quel titre estampillé Bulb, sur la compil de fan "Oxmodius" écoutable sur YouTube, aurait donné, avec un peu de travail, un résultat bien meilleur (surtout que les passages mainstream sont légion mais très bons !)…

"The Parade Of Ashes : "Au secours… Là c’est du Avenged Sevenfold au pire de sa forme. Entre grand guignol musical, lignes musicales cheesy, refrain calibré pour des gosses de 14 ans (en même temps, quand on écoute "Reflection" de Spencer Sotelo sur YouTube, on voit que le brave n’a pas toujours bon goût), avec 4 accords, on tombe dans ce que le combo a produit de pire, tout album confondu, tout projet perso inclus. Même le solo de guitare, qui, sur un titre comme ça, n’aurait pas été difficile à faire correctement (il n’y a qu'à écouter ceux de "Luck As A Constant" ou "Miles Zero" pour voir que, quand les braves le veulent, ils sont capables de sortir des pépites) est d’une pauvreté affligeante. Ils auraient donc dû continuer à faire venir des guests sur les solos, quitte à faire venir les gamins de Polyphia qui, à défaut d’avoir des idées, se donnent la peine de jouer de vrais solos. J’ai vomi, pardon.

"Extraneous : "Retour dans le djent instrumental, ça fait du bien. Morceau peu accrocheur au début, ressemblant plus à une démo de batterie qu’à quelque chose de solide, il ne saura évoluer qu’à partir de la deuxième minute pour proposer une phase un peu différente, mais là encore, lorsqu’on connaît les albums de Periphery comme je les connais, ainsi que tous les side projetcs des différents musiciens, on ne peut que trouver le résultat bien pauvre.

"Pale Aura : "Ouf, on arrive enfin au dernier morceau de l’album. Fort heureusement, le riff sent très très fort Mark Holcomb ce qui est pour le mieux. La référence n’est pas innocente car ce titre ressemble fort à ce que Spencer a fait avec Haunted Shores à l’époque en termes de qualité. C’est donc vraiment "pas mal" mais cela n’apporte rien de plus à ce recrutement VIP d’autant plus que le chant mélo devient vite extrêmement lassant.

Pour conclure, cet EP est vraisemblablement le signe marquant d’un changement de direction musicale pour ce groupe pourtant précurseur dans la complexité musicale. L’envie de faire du easy listening pour petit coreux américain de 16 ans se fait salement sentir (et oui, car ce sont eux qui cassent la tirelire pour aller en concert et acheter les t-shirts. On aura beau dire, mais Misha Mansoor, tête pensante de la formation, est un music business man qui sait où aller pour prendre l’argent, en témoignent les offres alléchantes de "packs VIP" qu’il fait sur le marché américain lors des concerts). Ma déception est aussi grande que la file d’attente pour aller au aux WC du Hellfest. Il ne me reste plus qu’à prier pour que "Juggernaut" soit meilleur et me réconcilie avec le groupe.


Byclown
Janvier 2014




"Periphery II: This Time It's Personal"
Note : 13/20

Deuxième et tant attend album de Periphery, groupe phare du mouvement djent, "This Time It's Personal" peut se vanter de créer la surprise tant il est différent sur bien des aspects de son prédécesseur, le désormais bien nommé "Periphery". Contrairement au premier opus qui arrivait, avec brio, à mélanger plusieurs styles dans une même chanson sans tomber dans la caricature, ce nouveau projet laisse un côté "mi-figue mi-raisin" relativement déplaisant. Autant la voix surprenante de Spencer Sotelo était utilisée avec intelligence et une certaine retenue dans le premier album, autant sur celui-ci, elle semble se la jouer "démonstration" tant les chants clairs sont énormes, suraigus à certains passages (et l’on sent bien que cela a été enregistré sur énormément de prises et bien collé derrière, dommage…), avec une grosse nappe ajoutée lors du mix. De plus, et c’est bien ce qui me choque, cette voix est posée sur des mélodies ultra simplistes, loin de "l’esprit" du groupe (loin sont les passages ultra catchy à la "Icarus Live" ou encore les belles mélodies travaillées sur "Jetpack Was Yes" ou encore "Letter Experiment").

Coté guitare, le constant est en demi-teinte car même si les rythmiques sont beaucoup moins sympa que sur le premier album (merci au sale côté "cheesy" apporté par le dernier guitariste en date, à savoir l’ancien gratteux de Haunted Shores), les solos ont été revus à la hausse en termes de présence. Détail qui a son importance, on peut noter deux guests solos sur cet album et pas des moindres puisque se sont invités Mister John Petrucci (Periphery a fait les premières parties de Dream Theater pendant un bout de temps, de plus John a enseigné la guitare à Jake Bowen) et Guthrie Govan, le guitar hero shredder à la mode depuis la disparition de bon goût de Ron Thal. Curieusement, à l’inverse du solo de Govan, celui de Petrucci (bien que bon tout de même) ne brille pas par son feeling et son originalité, on pourrait même dire que celui-ci est "syndical" tant il ressemble aux solos les plus convenus du maître.

Question orchestration, je dois reconnaître que certains passages sont excellents (une petite intro de chanson au violon et sons electro avant de balancer sur du gros djent, etc…) et que le son est énorme (peut-être trop parfois, telle la Voix de Spencer comme je l’ai écrit précédemment), j’attends donc de (re)voir le groupe en live voir si cela tient la route. Au niveau de la batterie, Matt Halpern aurait mieux fait de sortir la tête de ses futs et de ses partitions pour se concentrer un peu sur le rendu de la batterie sur CD, tant celle-ci paraît faiblarde et dérisoire comparée aux guitares et au chant. Il n’en reste pas moins que cet album, décevant pour les fans (dont je fais partie) à cause de certaines directions prises qui sont hasardeuses, contentera la majeure partie des fans du genre par son abondance de rythme, sa grandiloquence toute Américaine à la "Show must go on".


Byclown
Juillet 2012


Conclusion
L'interview : Jake Bowen

Le site officiel : www.periphery.net