Le groupe
Biographie :

Perdition Temple est un groupe de black / death metal américain formé en 2009 et actuellement composé de : Ron Parmer (batterie / Catalysis), Gene Palubicki (guitare / Blasphemic Cruelty, ex-Angelcorpse, ex-Apocalypse Command, ex-Impiety), Gabriel Gozainy (basse) et Alex Blume (basse, chant / Ares Kingdom, Blasphemic Cruelty, ex-Nepenthe). Perdition Temple sort son premier album, "Edict Of The Antichrist Elect", en Juin 2010 chez Osmose Productions, suivi de "The Tempter's Victorious" en Janvier 2015 chez Hells Headbangers Records, et de "Sacraments Of Descension" en Mars 2020.

Discographie :

2010 : "Edict Of The Antichrist Elect"
2014 : "Sovereign Of The Desolate" (EP)
2015 : "The Tempter's Victorious"
2020 : "Sacraments Of Descension"


Les chroniques


"Sacraments Of Descension"
Note : 16/20

Gene Palubicki n'est pas du genre à resté inoccupé et si Angelcorpse s'est une fois de plus sabordé il y a une paire d'années, le bonhomme a trouvé de quoi s'occuper, tout comme son collègue Pete Helmkamp d'ailleurs qui a fini chez Revenge. Gene Palubicki a donc trouvé de nouveaux terrains de jeu avec Apocalypse Command qui a splitté après un album, Blasphemic Cruelty qui a pour l'instant un album et un EP à son actif et donc Perdition Temple qui nous occupe aujourd'hui et qui sort "Sacraments Of Descension", son troisième album.

Vous vous en doutez, le groupe donne dans un mélane death / black brutal, raw, old school et frontal. On retrouve évidemment un feeling Angelcorpse avec toutes ces cassures rythmiques et ces blasts imprévisibles mais Perdition Temple donne dans quelque chose de plus direct et encore plus old school. Par contre, c'est tout aussi brutal et "Sacraments Of Descension" ne perd pas de temps en palabres et autres intros, "Nemesis Obsecration" tape dans le tas d'entrée de jeu avec des blasts bien bourrins et des riffs evil à souhait. Qui dit Gene Palubicki dit soli de guitares effrénés et complètement hystériques, ils sont de retour ici et sont là aussi similaires à ceux qu'il faisait au sein d'Angelcorpse. Oui, ce nom revient beaucoup et c'est normal puisque le bonhonne y composait quand même pas mal et que sa patte va forcément se retrouver dans ses autres projets. Au moins, vous savez à quoi vous attendre avec Perdition Temple et il faut dire qu'en plus le boulot est plutôt bien fait. Ces projets-là sont bien plus discrets qu'Angelcorpse, probablement à cause du fait qu'ils ne tournent pas de façon aussi intensive. On y retrouve pourtant la brutalité et l'imprévisibilité que l'on avait apprécié et ce nouvel album ne fait pas de cadeaux. La production est peut-être un peu sèche mais cela colle plutôt bien ce death / black sauvage et evil et puis ça sonne toujours mieux que "Of Lucifer And Lightning" dans un style de production pourtant proche. En tout cas, musicalement, c'est direct et ça ne prend pas de gants, en trente-quatre petites minutes c'est terminé et il ne reste que des ruines après le passage de la tornade.

Les blasts sont très très fréquents et le groupe ne lève le pied que pour balancer de gros tapis de double avant de repartir en sauvagerie incontrôlée. Les soli sont aussi nombreux et aussi tarés que chez Angelcorpse et certains n'hésiteront peut-être pas à dire que "Sacraments Of Descension" aurait dû sortir à la place de "Of Lucifer And Lightning", d'autant que le chant de Gene Palubicki se fait assez proche de celui de Pete Helmkamp cette fois. Toujours est-il que si vous connaissez déjà les deux premiers albums ainsi que ceux de Blasphemic Cruelty et Apocalypse Command, vous savez déjà ce que vous allez trouver ici et vous ne risquez pas d'être déçus. Là où Angelcorpse misait beaucoup sur la technique et la brutalité, Perdition Temple met plutôt le côté evil et démoniaque en avant même s'il n'a rien à envier à son ancêtre en termes de brutalité. L'intensité est constante et la pression ne baisse jamais, pourtant on évite le bourrinage intensif et barbant justement grâce à ces riffs qui sentent le démon à plein nez et qui donnent une ambiance méphitique à ce death sauvage. Perdition Temple va à l'essentiel et fait partie de ces rares albums de nos jours qui n'ont ni intro, ni interlude, ni outro. Juste du metal extrême brutal, sauvage, malsain et sans pitié à l'ancienne. Ce groupe a encore ce que beaucoup ont perdu, le "death" de death metal qui a tendance à être noyé sous la technique ou les blasts à je ne sais combien de BPM. Ici, ça sent encore le souffre, le sang et la rage.

Un nouvel album de Perdition Temple qui continue dans la lignée démoniaque et sauvage de ses deux prédécesseurs. "Sacraments Of Descension" ne risque pas de décevoir ceux qui connaissent les travaux de Gene Palubicki depuis la fin d'Angelcorpse et les autres devraient se prendre une bonne série de mandales dans la machoîre à l'écoute de ces huit nouveaux brûlots.


Murderworks
Juillet 2020




"The Tempter's Victorious"
Note : 15/20

Il y a des albums dont on sait exactement comment ils vont sonner, mais on ne pourra s'empêcher d'attendre leur arrivée avec excitation, car on sait que ce sera une nouvelle baffe. "The Tempter's Victorious" est de cette espèce. Après nous avoir mis l'eau à la bouche avec un EP vinyl limité contenant deux titres exclusifs ("Sovereign Of The Desolate" sur Hell's headbangers Records), Perdition Temple revient cinq ans après "Edicts Of The Antichrist Elect". Gene Palubicki est toujours autant amoureux de Morbid Angel et cet amour perdurera, semble t-il, jusqu'à la mort. Ce nouveau recueil de barbarie sonore ne déroge pas à la règle.

Remodelé, le line-up de ce cru 2015 voit la présence notable de Bill Taylor, guitariste d'Immolation depuis 2001 et l'album "Unholy Cult" mais aussi ancien membre d'Angelcorpse (sur les deux premiers et référentiels albums "Hammer Of Gods" et "The Inexorable"), et d'Impurath, leader de Black Witchery, autre combo culte hantant les tréfonds de l'underground américain depuis un quart de siècle maintenant. Si sur le papier, ce staff a de l'allure, on ne peut affirmer que cela crée une réelle différence sur le rendu. Gene est toujours le grand maître du Temple de la Perdition, et ses vicaires ne sont que des exécutants. C'est à peine si l'on osera dire qu'Impurath vocifère ses blasphèmes dans un registre un poil plus aigu que le père Gene. L'émulation créée autour de ce line-up se désintègre bien vite (comme notre cerveau à l'écoute de l'album), mais cela ne pose finalement pas de problème ; "The Tempter's Victorious" est un nouveau manifeste de rage et d'abominations sonores.

A l'écoute de l'album, on a une troublante impression que les morceaux ont été composés et arrangés en quelques heures. Les riffs semblent tous improvisés et sortis à l'arrache de la gratte de Palubicki puis mis bout à bout sans grande cohérence. On enquille 5,6 riffs au hasard, on fout du blast jusqu'à en donner la chiasse et on parsème le tout de soli dissonants et diaboliques. Prenez n'importe quel album de Morbid Angel, les morceaux sont tous travaillés et témoignent d'un grand effort de construction. Les arrangements à deux guitares, les atmosphères sombres et rampantes dignes d'une nouvelle de Lovecraft, les leads et soli d'outre-espace, tout est là pour créer une ambiance unique. Certes, les intentions des deux groupes sont différentes, il s'agit simplement de mettre en exergue un aspect musical important. Palubicki n'est pas un arrangeur hors-pair. Et il s'en branle. A vrai dire, nous aussi d'ailleurs. Le constat développé dans ce paragraphe, s'il est évident à nos oreilles, n'est pas du tout regrettable. Le groupe efface de sa mémoire les notions de subtilité et d'harmonie et détruit tout sur son passage, lamine, annihile. Il ouvre en grand les portes de l'Enfer et libère 666 légions infernales. C'est tout ce qu'on attend d'un album de Perdition Temple et notre attente est comblée.

Similaire en tous points aux autres projets du seigneur de guerre Palubicki (Angelcorpse, Blasphemic Cruelty, Apocalypse Command), Perdition Temple ne présente aucune nouveauté par rapport à ses cousins. C'est du back / death hyper brutal, sans concession, apocalyptique. La production est toujours aussi pourrie qu'auparavant (la batterie semble même plus brouillonne que sur l'album précédent). La batterie, quel que soit le studio emprunté, ou le musicien engagé, sonne de la même façon, toujours ce son en carton, risible. Oui, c'est ignoblement produit mais tel est l'intention. Ce côté, bestial, cru, sale, sied parfaitement au black / death infernal du char d'assaut Perdition Temple.

L'extrémisme et le jusqu'au-boutisme de Palubicki ne ravira pas tout le monde. Les fans du monsieur, eux, ne seront pas dépaysés et brûleront quelques édifices religieux en l'honneur du Grand Cornu (à l'image de la magnifique pochette ornant l'album, signée Adam Burke) après avoir écouté "The Tempter's Victorious". Dans son entreprise de dévastation, auditive, Palubicki est une fois de plus victorieux.


Man Of Shadows
Mars 2015


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/perditiontemple