Les bandits d’Outlaw sont de retour. Deux ans et demi après leur dernier tour, D. (guitare / chant / basse, Imperium Infernale, Nahasheol) et T. (batterie / clavier, Spell Of Torment, Ondfødt, Void Of Hope) sont prêts à nous dévoiler "Opus Mortis", leur quatrième album.
Le groupe débute accompagné par Jelle (Deathless Void, Destructo, Dödsrit) au chant pour "Blaze Of Dissolution", une première composition aussi furieuse que mélodieuse qui met immédiatement en avant les racines glaciales et majestueuses. Je suis immédiatement captivé par la déferlante qui se permet de ralentir pour temporiser avant de proposer une allure martiale et filer droit vers "Through The Infinite Darkness" qui ne tarde pas à renouer avec la rage initiale tout en y alliant des touches occultes. Le flot ininterrompu est teinté par quelques claviers mystérieux qui accompagnent à merveille le tremolo picking et la batterie dévastatrice, mais le morceau finira par s’intensifier avant de laisser place à "The Crimson Rose" où la rythmique nous autorise un moment de répit pour mieux s’embraser. Jelle revient contribuer au chant, créant un duo identifiable et saisissant mais qui laisse place à un excellent passage instrumental plus lancinant où la guitare lead s’exprime librement avant de repartir à son allure de croisière pour rejoindre "A Million Midnights".
Le morceau reste dans cette atmosphère planante mais agressive, accueillant Lucas Veles (Blasphemaniac) à la guitare lead pour renforcer les tonalités déjà transcendantes de la composition, nuancée une fois de plus par quelques sonorités énigmatiques en arrière-plan, puis c’est avec Georgios (Destructo, Dödsrit) aux leads et Yan Violador (Blasphemaniac) aux paroles que le groupe renchérit avec "Those Who Breathe Fire", le titre suivant. On sent clairement que l’atmosphère s’est assombrie, renforçant les passages les plus pesants, mais donnant également corps à des tonalités éthérées sans affaiblir la base rythmique puissante qui sévit en permanence et nous dirigera vers "A Subtle Intimation" où les musiciens nous accordent un temps pour reprendre notre souffle avant de relancer la machine entre mélancolie et allure vive, faisant appel à Lucas U. (Isfet) pour l’écriture de leur discours hurlé saisissant que D. récite avec conviction. Les musiciens marquent une courte pause, puis laissent le torrent reprendre sa course vers ses derniers instants qui mènent inévitablement à "Ruins Of Existence", dernière composition qui revient rapidement à une approche plus brute du black metal, plus saccadée mais toujours glaciale sous les vociférations avant de prendre fin sur ces quelques notes de piano.
Le précédent album d’Outlaw m’avait impressionné, et celui-ci est au moins tout aussi bon, proposant autant d’agressivité que de maîtrise et de froideur. "Opus Mortis" devient de plus en plus intense au fil des écoutes, et est promis à un excellent avenir au sein de la scène.
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