Le groupe
Biographie :

Ôros Kaù est un one-man band de black metal belge formé en 2018. Ôros Kaù sort son premier album, "Imperii Templum Aries", en Juin 2020 chez Epictural Production.

Discographie :

2020 : "Imperii Templum Aries"


La chronique


Ôros Kaù cultive le mystère, inconnue au bataillon, cette formation belge s’introduit dans la sphère métallique du jour au lendemain avec un premier album au visuel somptueux, et interprète un black metal radical et de grande classe. "Imperii Templum Aries" est un disque qui se décline en 8 titres aux noms étranges, excepté le dernier track : "Set The Controls Of The Heart Of The Sun", qui est une reprise de Pink Floyd extraite du deuxième album de ces dieux du prog. Que nous réserve ce groupe qui entretient le mystère jusqu’au bout puisque aucune information n’est donnée sur ses membres ?

Déjà, on peut aisément penser qu’Ôros Kaù est un one-man band, car la seule photo apparaissant sur le Bandcamp du groupe dévoile une personne floutée, les mains en avant sur lesquelles est superposé le logo du groupe. Celui-ci, très esthétique, fin, est tout en tracés géométriques et cet aspect soigneux épouse parfaitement le design du digipack rouge vif, qui expose de multiples symboles associés à une imagerie démoniaque si chère au black metal. Musicalement, on a droit à un metal primitif, qui, malgré les apparences, se trouve être beaucoup plus nuancé et réfléchi que ce que l’on pourrait s’imaginer au premier abord. Dès les premières notes de "Zepar", titre d’ouverture, Ôros Kaù balance une musique dense et compacte de laquelle s’échappe une noirceur pénétrante. On pense aux frenchy d’Aosoth lorsqu’on écoute "Imperii Templum Aries", surtout en ce qui concerne le traitement sonore qui privilégie les sons graves aux aigus, créant de cette manière une opacité qui colle parfaitement au climat. Quelques dissonances paraissent çà et là, émergeant du chaos, ajoutant ainsi une touche supplémentaire de malaise à l’ensemble.

Le travail des voix est exemplaire, nous avons droit à de nombreux timbres vocaux. D’un chant profond presque death, certains grognements laissent entendre de subtiles harmoniques à la Attila Csihar, mais on peut aussi entendre quelquefois des vocalises indescriptibles, entre le souffle et le hurlement du vent, le genre de truc qui brouille encore plus les pistes et déshumanise de belle manière le rendu global. Tous ces éléments donnent à la musique d’Ôros Kaù un feeling occulte et incantatoire bien oppressant, tout comme la gestion des différentes strates sonores, car au-delà de l’apparente violence qui s’étend, des éléments discrets, en fond, incrémentent le sentiment d’instabilité, comme ce solo de guitare sur "Belial", autonome dans sa construction, il sévit sans aucune attache au reste de la musique. Un autre point non négligeable est le drumming. Celui-ci, intense et implacable est très varié, et même si le mix ne permet pas de déceler les moindres subtilités des parties de batterie, celles-ci sont bel et bien au rendez-vous et ajoutent à la violence de la variété et de la nuance.

Entre hystérie, occultisme pénétrant et black metal sauvage et incisif, Ôros Kaù parvient grâce à "Imperii Templum Aries" à démontrer que le black metal peut conjuguer traditionalisme esthétique et éléments plus modernes, devrais-je dire "post", sans toutefois sonner cliché. Ce que l’on recherche dans ce genre musical extrême, c’est l’oppression, la tension, le voyage vers des mondes angoissants et mornes et les 8 titres présents sur l’album synthétisent tous ces éléments grâce à un agencement simple et efficace.


Trrha'l
Septembre 2020


Conclusion
Note : 18/20

Le site officiel : www.facebook.com/oroskau