Le groupe
Biographie :

On Thorns I Lay est un groupe de doom / death metal grec formé en 1995 et actuellement composé de : Antony (clavier), Chris Dragamestianos (guitare / ex-Paralysis, ex-Phlebotomy ), Stefanos Kintzoglou (chant / ex-Paralysis, ex-Phlebotomy ), Jim Ramses (basse / Chrysilia, DivUrge, ex-Breed of Burden, ex-Monument), Akis Pastras (guitare / Dexter Ward, ex-Add The River, ex-Damon Systema) et Stelios Darakis (batterie / Dexter Ward, The Eternal Suffering, ex-Casus Belli, ex-Lloth, ex-Mortal Torment, ex-Sacred Outcry). On Thorns I Lay sort son premier album, "Sounds of Beautiful Experience", en 1995 chez Holy Records, suivi de "Orama" en Novembre 1997, de "Crystal Tears" en Mai 1999, de "Future Narcotic" en Septembre 2000, de "Angeldust" en Janvier 2002 chez Black Lotus Records, de "Egocentric" en Janvier 2003, de "Eternal Silence" en Octobre 2015 chez Sleaszy Rider Records, de "Aegean Sorrow" en Mars 2018 chez Alone Records, et de "Threnos" en Février 2020 chez Lifeforce Records.

Discographie :

1995 : "Sounds of Beautiful Experience"
1997 : "Orama"
1999 : "Crystal Tears"
2000 : "Future Narcotic"
2002 : "Angeldust"
2003 : "Egocentric"
2015 : "Eternal Silence"
2018 : "Aegean Sorrow"
2020 : "Threnos"


Les chroniques


"Threnos"
Note : 16/20

On croyait qu'On Thorns I Lay s'était perdu dans les limbes après la sortie de "Egocentric" en 2003 mais non le groupe est de retour depuis 2015 et a depuis sorti "Eternal Silence" et "Aegean Sorrow". Les plus jeunes ne connaissent peut-être pas mais ceux qui commandaient déjà à l'époque chez Holy Records, premier label d'On Thorns I Lay, n'ont pas pu passer à coté des deux premiers albums du groupe, "Sounds Of Beautiful Experience" et "Orama". Tout ça pour dire que cette année sort un neuvième album nommé "Threnos" qui prouve que les Grecs ont envie de rattraper le temps perdu.

Si la musique des deux premiers albums présentait un doom / death très mélodique et atmosphérique, la suite s'est orientée vers quelque chose de plus gothic rock. Avec "Eternal Silence", le groupe avait réintégré de discrètes touches de doom / death dans un album qui restait encore assez soft et c'est seulement à partir de "Aegean Sorrow" que les origines sont revenues au premier plan. "Threnos" continue donc sur ce chemin et nous accueille avec les riffs bien pesants de "The Song Of Sirens" qui remettent bien le doom en avant. Pas de retour aux débuts du groupe pour autant puisque le doom pratiqué ici est plus dur, plus sombre et moins porté sur l'onirisme. Ce premier morceau est opressant par moments, limite malsain même avec des arpèges qui frisent parfois la dissonance, bref On Thorns I Lay n'est pas revenu pour plaisanter. Les mélodies envoûtantes d'"Orama" sont loin et le ton s'est considérablement durci et si On Thorns I Lay pouvait évoquer le rêve et la beauté, c'est cette fois la détresse et la dépression qui nous tombent dessus sans prévenir. La beauté est tout de même présente et la fin de "The Song Of Sirens" présente de superbes mélodies poignantes mais celles-ci sont bien vite contrebalancées par ces riffs bien sales. "Cosmic Silence" balance lui aussi un break très sombre avec des claviers inquiétants avant d'enchaîner sur un magnifique passage avec des violons en renfort. Autre signe de l'assombrissement de la musique du groupe, le chant clair a disparu et les growls ont repris leurs droits. Quelques petites surprises aussi au programme avec notamment cet orgue Hammond qui débarque sur "Erynies" et qui amène un petit vent de folie très agréable au milieu de ce doom tellurique et déprimant.

"Threnos" se montre d'ailleurs assez varié dans l'ensemble et montre un bel équilibre entre les riffs lourds et sales d'un côté et les superbes mélodies de l'autre. Les morceaux sont d'ailleurs assez compacts pour le genre et évoluent pour la plupart entre cinq et sept minutes, ce qui permet de garder de l'impact et d'éviter le monolithisme. "Misos" balance même quelques riffs bien puissants qui ne sont pas sans évoquer un certain Swallow The Sun et même de gros coups de double permettant là encore de varier les plaisirs et de prendre l'auditeur à contrepied. On Thorns I Lay occupe maintenant presque tout le spectre du doom puisqu'on y trouve des passages puissants, d'autres presque malsains et noirs, des mélodies magnifiques et certains tempi pas très éloignés du funeral par moments. "Threnos" confirme que le groupe est bel et bien de retour et qu'il est en forme en ce moment ! Si "Crystal Tears" était très bon dans un genre plus soft et que  "Future Narcotic" montrait encore quelques morceaux sympas, la suite était plus en dents de scie, cela fait donc plaisir d'entendre un On Thorns I Lay remonté comme un coucou et inspiré. On s'est tous dit que certains groupes auraient mieux fait d'éviter de revenir et que certains reviennent pour les mauvaises raisons, ce n'est pas du tout le cas d'On Thorns I Lay et cela fait du bien d'entendre un album aussi bon et aussi inspiré que ce "Threnos". Le groupe est clairement en forme en ce moment et j'espère que cela va durer car malgré un petit passage à vide en milieu de carrière, ces Grecs nous ont quand même fourni plusieurs bons albums, donc quelques uns en plus feront toujours plaisir.

Nouvel album plus dur pour On Thorns I Lay mais toujours très beau et lourd, plus sombre aussi que ses prédécesseurs. Pas de retour aux deux premiers albums pour autant, les ambiances sont bien plus noires ici, mais une remise en avant des racines purement doom / death pour un "Threnos" qui remonte sérieusement le niveau.


Murderworks
Mai 2020




"Aegean Sorrow"
Note : 14/20

C'est après plus de dix années d’absence que le groupe On Thorns I Lay est revenu en 2015 avec "Eternal Silence" qui restait tout à fait dans la veine gothique / doom / atmosphérique des premiers opus. Seulement voilà, le combo sort un nouvel opus, soit trois ans après, et là tout change !

En effet, avec ce "Aegean Sorrow" sorti chez Alone Records, les Grecs on évolué et on peut même parler d'un virage musical. Il n'est pas question de musique gothique, de doom éthéré, de chant féminin ou de fragilité. Le groupe a clairement muté vers un doom / death moderne assez mélodique. "Erevos" en est le parfait exemple, nous faisant penser à un croisement entre Insomnium, Paradise Lost et surtout The Fall Of Every Season. C'est un beau morceau, lumineux, avec des riffs entêtants. Encore plus dans la légèreté, on a "A Sign Of Sadness" et "Olethos Part II", ces titres sont reposants et aériens, avec une bonne dose de modernité, nous faisant penser cette fois-ci à du Swallow The Sun.

Les autres morceaux sont plus froids mais conservent de jolies mélodies atmosphériques, comme "Aegean Sorrow" qui est empreint de mélancolie. "Olethros Part I" est, quant à lui, plus dynamique et riche avec pour notre plus grand plaisir pas mal de relief. Dommage que ce ne soit pas le cas pour "I Emerald Eyes" qui est la déception de l'album, rien ne se passe, l'émotion et la niaque se perdent dans des longueurs inutiles et le tout devient mollasson... Heureusement qu'il se passe le contraire pour "The Final Truth" où l'on retrouve Paul Khur de Novembers Doom en guest. C'est clairement le coup de coeur ! Son chant clair chaud et expressif donne de la profondeur au morceau et varie un peu des growls de Steanos Kintzoglou.

Alors que dire de ce changement ? Personnellement, ayant découvert le groupe avec cet opus, je ne suis donc pas choquée par cette tournure musicale. On a un album tout à fait cohérent et mature qui s'écoute sans souci. Maintenant, il y a clairement un manque d'originalité car pendant l'écoute on a pensé à pas mal d'autres groupes (dont certains n'ont pas été cités). Ensuite, en procédant ainsi, le groupe a tourné le dos à sa discographie passée et risque de décevoir les puristes fans de l'ancien doom gothique atmosphérique. Et que l'on aime ou pas ce qu'il faisait auparavant, au moins c'était plus personnel et original. A suivre.


Nymphadora
Avril 2018


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/onthornsilay