"Satanic Chaos Legions"
Note : 18/20
Nunslaughter n’a pas rangé les armes. Après près de quarante années de carrière, le groupe mené par Don Of The Dead (chant, Nighnacht,Töndra), Tormentor (guitare, Mutated Sex Organ, Solipsist, BloodTusk), Wrath (batterie, Töndra, BloodTusk) et Malum (basse, Ancient VVisdom) signe chez BLKIIBLK Records pour la sortie de son sixième album, "Satanic Chaos Legions".
On démarre au bruit des bottes sur "Satanic Chaos Legions", un titre qui ne fera aucun compromis et proposera un death metal brut assez simple mais aux racines old school accrocheuses qui feront remuer plus d’une tête en live et qui ne ralentit pas, mais le titre passe assez vite la main au death / grind de "Jesus Fucking Dies". Là non plus, pas de quartier pour les américains, le groupe se concentre sur l’efficacité pure pour nous offrir un peu plus d’une minute de pure violence avant de laisser "Unsacrament" lui emboîter le pas en distillant une nouvelle dose d’agressivité toute aussi malsaine et impie. Rien de sorcier sur ce titre, mais l’enchaînement sur la rythmique saccadée est excellent, autorisant même quelques leads à placer une touche cinglante avant que "Christian Ruse" ne vienne placer sa rythmique épaisse et légèrement plus lente, mais clairement pas moins virulente. Nouvelle explosion agressive avec "Die Your Own Death" et ses patterns furieux joués à bonne allure, provoquant un torrent de blast sur la fin, puis "Rotten Messiah" enchaîne d’un seul coup avec ses influences death / thrash tranchantes qui sont parfaitement cohérentes avec le titre précédent. Le groupe ralentit le mouvement avec l’arrivée de "Peukharist", titre étouffant qui démarre avec basse et batterie, puis qui place quelques parties vocales en arrière-plan avant de laisser la guitare compléter l’oppression pendant que le vocaliste rugit, plaçant des racines sludge qui permettent de respirer comme on le peut tout en se faisant piétiner.
Retour de la rapidité avec "In the Flames Of Inferno", et ses harmoniques lacérantes qui s’intègrent à merveille avec la base remuante, mais le final reste assez calme en comparaison avec "Heavenless" qui suit et qui - bien qu’assez lente - nous plonge immédiatement dans cette angoisse grâce aux cris en arrière-plan. Les musiciens accélèrent d’un coup avec "Lucifer The Light", titre ravageur comme le groupe en a le secret et qui ne nous ménagera en aucun cas avant de passer la main à "Cathedral Of Stench", morceau qui comme son prédécesseur n’a pour but que de nous faire secouer le crâne frénétiquement tout en blasphémant avec le groupe à différentes allures. On profite volontiers du sample d’intro de "Listen To The Lies" pour souffler avant de se prendre la nouvelle vague de plein fouet, nous malmenant à toute vitesse jusqu’à ce que "Infernal Reign" ne prenne le relai avec une approche similaire, puis c’est sur "The Spear Of Satan" que les riffs furieux prendront fin pour de bon, non sans nous avoir lacéré une dernière fois les tympans au rythme du death metal.
Bien que le groupe se soit fait assez discret dernièrement, Nunslaughter est plus que prêt pour un énième blasphème, vomissant sur "Satanic Chaos Legion" un death metal ouvertement impie et furieux. Une demi-heure de violence pure.
"All Heads Are Gonna Roll"
Note : 17/20
Nouvel album studio de Nunslaughter avec "Red Is The Color Of Ripping Death". Créé en
1985 sous le nom de Death Sentence aux Etats-Unis, le groupe mené par Don Of The Dead
(basse, Nighnacht, ex-Gravewürm) change de nom en 1987. Le line-up subit de nombreux
changements, et malgré une pause entre 2015 et 2016, c’est avec Tormentor (guitare,
Humanity Is Cancer, Solipsist), Wrath (batterie, BloodTusk, Cholera) et Detonate
(basse) que sort ce cinquième album.
Pendant ces quatorze nouveaux titres d’un death metal sans compromis aux influences
grind malsaines, le groupe va nous montrer qu’il n’a rien perdu de sa puissance. Sans
perdre un instant, le groupe nous envoie des riffs old school impies et des hurlements
sauvages, à commencer par la brutale "Murmur". Et si ce morceau vous a accroché comme il
a pour but de le faire, vous allez apprécier l’intégralité de l’album. De l’introduction
lancinante de "To A Whore" qui changera pour des riffs bruts à la pesante "Casket Lid Creaks"
qui pioche dans le death / doom en passant par l’imposante "Red Is The Color Of Ripping
Death", la composition éponyme, tout est fait pour nous faire nous briser la nuque.
Quelques
pointes plus mélodieuses se font entendre comme sur "Eat Your Heart", mais le groupe reste
principalement dans l’efficacité pure comme avec "Beware Of God" ou "Black Cat Hanging", qui
proposent des riffs entraînants, que ce soit lors des accélérations ou des passages plus
lents. On retrouve également un groove sombre sur "The Devil Will Not Stray" et une rapidité
assez technique sur "The Temptress", puis le groupe referme son album avec la très courte
"Below The Cloven Hoof", une composition basée sur la brutalité la plus impure.
En à peine plus d’une demi-heure, Nunslaughter confirme que son savoir-faire impie est
toujours efficace. Le seul et unique but de "Red Is The Color Of Ripping Death" est de nous
faire headbanguer avec des riffs sanglants, et il le fait à merveille.
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