Le groupe
Biographie :

Necrotted est un groupe de death metal / deathcore allemand formé en 2008 et actuellement composé de : Fabian Fink (chant / ex-Hackneyed), Markus Braun (batterie / Cathedraline), Philipp Fink (guitare / ex-Hackneyed), Koray Saglam (basse / Rotten Pope) et Johannes Wolf (guitare) et Pavlos Chatzistavridis (chant). Necrotted sort son premier album, "Anchors Apart", en Juillet 2012 chez Supreme Chaos Records, suivi de "Utopia 2.0" en Septembre 2014, de "Worldwide Warfare" en Octobre 2017 chez Rising Nemesis Records, de "Operation: Mental Castration" en Mars 2021 chez Reaper Entertainment, et de "We Are The Gods That Tear Ourselves Apart" en Avril 2026.

Discographie :

2010 : "Kingdom Of Hades" (EP)
2012 : "Anchors Apart"
2014 : "Utopia 2.0"
2017 : "Worldwide Warfare"
2019 : "Die For Something Worthwhile" (EP)
2021 : "Operation: Mental Castration"
2023 : "Imperium"
2026 : "We Are The Gods That Tear Ourselves Apart"


Les chroniques


"We Are The Gods That Tear Ourselves Apart"
Note : 18/20

Révolte rime avec conscience pour Necrotted. Trois années ont passé, mais Philipp Fink (guitare, Hackneyed), Fabian Fink (chant, Hackneyed), Markus Braun (batterie, ex-Cathedraline), Koray Saglam (basse, ex-Rotten Pope) et Johannes Wolf (guitare) ont mis ce temps à profit pour signer chez Reaper Entertainment et dévoiler leur sixième album, "We Are The Gods That Tear Ourselves Apart".

On débute sur l’étrange "Apotheosis" qui ne manque pas de nous plonger dans l’angoisse avec des sonorités oppressantes avant de déboucher sur "Zeitenschlächter", premier morceau violent à souhait aux racines évidemment deathcore, mais bien plus sombres qu’à l’accoutumée. L’atmosphère est apocalyptique, notamment lorsque le vocaliste se déchaîne, invitant même Lukas Nicolai (Mental Cruelty) à l’accompagner dans ses hurlements avant de passer à la massive et groovy "Origin Of Human Sins", au sein de laquelle les musiciens n’hésitent jamais à placer samples et autres effets théâtraux pour garantir un rythme effréné. On notera également l’accordage très bas qui permet à la basse de nous piétiner en permanence avant d’arriver sur "Deus Ex" qui prend le relai en compagnie de Sven de Caluwé (Aborted, Coffin Feeder, Fetal Blood Eagle…), dont la voix massive colle parfaitement à l’assaut en question. Sans surprise, le résultat est dévastateur tout en s’autorisant quelques touches plus aériennes avant de passer à "Radiant Ransom" qui ajoute une pointe de technicité côté leads alors que la rythmique - réhaussée par ses samples majestueux - ravage tout sur son passage, tout comme "Fat God" qui prend la main et accueille Alan Grnja (Distant) pour renforcer la section hurlements.

Le duo est comme on s’y attendait surpuissant également, mais c’est seul que le vocaliste vocifère sur "Circus Sapiens", titre à la rythmique explosive qui n’hésite pas à relancer la machine en quasi continu pour garantir une tension permanente. Le break final sera parfait pour le live avant de lâcher le premier moment de répit sur "The Best And The Worst Of Times", le plus long des titres qui s’autorise une introduction avant de lâcher les rênes et de nous piétiner à bonne allure, restant cependant dans les codes du Deathcore et prévoyant nombre de passages saccadés dédiés au mosh. Les claviers conservent toutefois le ton pesant et dramatique du morceau avant de passer à "Holy Shit Talker", titre violent mais à l’humour évident lorsque l’on sait que le groupe est rejoint par Maty Matousek (Gutalax) au chant, mais qui redeviendra plus sérieux et imposant avec "Gottgeburt", dernière composition où les musiciens se donnent visiblement à fond pour nous offrir une dernière dose de puissance travaillée à l’efficacité indéniable.

Necrotted a visiblement évolué depuis sa dernière sortie, et il est désormais un acteur majeur de la scène extrême au sens large ! "We Are The Gods That Tear Ourselves Apart" puise évidemment ses racines dans le deathcore, mais le groupe ne renie pas des touches plus sombres ou travaillées de temps à autre.


Matthieu
Juin 2026




"Imperium"
Note : 18/20

Et de cinq pour Necrotted ! 2023 marque non seulement les quinze ans du groupe composé de Philipp Fink (guitare, ex-Hackneyed), Fabian Fink (chant, bassiste jusqu’en 2013, ex-Hackneyed), Markus Braun (batterie, ex-Cathedraline), Koray Saglam (basse, ex-Rotten Pope) et Johannes Wolf (guitare), mais c’est également l’année de la sortie d’"Imperium" pour les Allemands.

Avec "A Veiled Awakening", le groupe propose une première approche inquiétante avant de délivrer ses riffs solides soutenus par une batterie puissante, puis par les parties vocales massives. Les racines deathcore donnent aux mosh parts ce côté accrocheur tandis que les leads entêtants se mêlent à la vague de violence avant que "Reich Der Gier" ne nous inonde sous son rouleau de double pédale inarrêtable. L’ambiance est relativement plus sombre sur ce titre qui conserve tout de même ses éléments ravageurs en les fusionnant avec la dissonance pour créer un son pessimiste qui s’enflamme rapidement sur "Sow Sorrow For Victory", le morceau suivant, en compagnie de Kevin Petersen et Marcus Jasak, vocalistes d’Acranius. Les parties entraînantes sont également au programme de cette composition majestueuse, tout comme ce solo épique qui apparaît après un moment plus calme, suivi par "Artificial Truth" qui va également développer l’alliance entre leads mélodieux et base plus brute, combinée à un tempo effréné.

Le groupe appelera ensuite Tomas Klar (Abbie Falls) et Simon Müller (Defocus) pour "Ignorance Is Fear", un titre où les trois voix se complètent parfaitement sous la rythmique saccadée, ajoutant des touches hardcore sauvages avant que "Round X: Freedom V Security" ne laisse les musiciens se déchaîner totalement pour placer leurs riffs les plus puissants. Quelques leads viennent donner une touche de douceur à la composition avant que le final écrasant ne nous projette sur "Imperator" et son approche relativement énergique qui n’aura aucun mal à séduire en live. On notera quelques touches old school qui s’intègrent parfaitement à la composition, tout comme sur le groove ravageur d’"Order Beyond All Bounds" qui enchaîne les mosh parts pour laisser les nuques se délier tout en intégrant quelques harmoniques plus froides. La fin de l’album s’assombrit avec "My Reign Come, My Will Be One" qui intègre cette mélodie lancinante à une vague de fureur incontrôlable, laissant également le vocaliste proposer des cris viscéraux avant un final plus apaisant.

Au fil des albums, la personnalité musicale de Necrotted s’affirme, empruntant toujours plus de mélodies aériennes pour donner de la force à ses rythmiques massives. "Imperium" est définitivement leur meilleur album à ce jour !


Matthieu
Octobre 2023




"Operation: Mental Castration"
Note : 17/20

Necrotted s'apprête à nous tomber dessus avec "Operation: Mental Castration", son quatrième album. Créé en 2008 en Allemagne, le groupe est composé de Philipp Fink (guitare, ex- Hackneyed ), Fabian Fink (chant, bassiste jusqu’en 2013, ex-Hackneyed), Markus Braun (batterie, ex-Cathedraline), Koray Saglam (basse, ex-Rotten Pope) et Johannes Wolf (guitare).

La base du groupe est constituée de death metal, mais pas uniquement, puisque l’on trouve sur "My Mental Castration", le premier titre, des éléments assez modernes, voire même parfois industrial. Le son du groupe est imposant, et il propose également quelques breaks, comme sur "Compulsory Consumption", un morceau très entraînant créé dans la violence pure et une sombre oppression. Julien Truchan (Benighted , Néfastes) rejoint le groupe qui joue dans le slam avec "Asocial Media Whore", ajoutant des influences malsaines à ces hurlements diversifiés mais toujours surpuissants, puis c’est après quelques leads que la moshpart finale nous amène à "Work Hard, Gain Nothing", un titre très accrocheur. Lourdeur et vitesse se relaient, accompagnés de quelques parties dissonantes, puis Grimo (Cytotoxin) rejoint les musiciens pour une "Happy Dysphoria" écrasante dans tous les sens du terme.

"Abhorrence And Anxiety" revient sur cette hargne ravageuse au son moderne et entraînant qui fera le bonheur des habitués du pit, alors que le groupe ajoute une inquiétante dissonance à sa rythmique très solide. C’est à nouveau la noirceur qui vient peupler les riffs de "The Burning Emptiness In Me", pendant que le groupe nous écrase avec des breaks et des riffs épais, qui serviront de base à un lead aérien. "Drained" sera très probablement présente sur les setlists du groupe grâce à son efficacité brute, mais aussi ses harmoniques tranchantes qui se transforment en palm mute brutaux et saccadés. Le groupe renoue avec la vitesse sur "Mirror’s Malicious Glance", couplée à ce son entraînant, puis avec la noirceur et l’oppression sur "Cynic Suicide", un titre à la fois étouffant et très critique. Rage, dissonance et leads entêtants referment l’album.

Si la base de Necrotted se trouve sans aucun doute dans le death metal, le groupe pioche dans le slam, la dissonance et la rage pure pour faire de "Operation: Mental Castration" un album aussi efficace que diversifié.


Matthieu
Mars 2021




"Worldwide Warfare"
Note : 17/20

Mélanger death metal et metalcore, ça revient à du deathcore, n'est-ce pas ? Eh bien je vais vous prouver que l'on peut mélanger death metal et deathcore avec le dernier album de Necrotted. Fondé en 2008 par Fabian Fink (bassiste de 2008 à 2013 et maintenant chanteur), Markus Braun (batterie) et Filip Fink (guitare), le groupe se voit contraint de réadapter son line-up en 2013. Ils recrutent alors Koray Saglam (basse), Johannes Wolf (guitare) et Pavlos Chatzistavridis (chant) cette année-là, pour avoir plus d'impact vocalement. Plus soudés que jamais, les Allemands se démènent pour la composition de leur deuxième album, mais c'est avec "Worldwide Warfare" que leur style particulier éclate. Reprenant le meilleur des deux styles, c'est lentement que le groupe s'impose dans la scène européenne. La preuve en musique.

"Worldwide" débute avec un sample de foule, puis des bruits d'armes à feu. Le ton est donné, la musique du groupe sera martiale. Et c'est en effet un blast surpuissant qui vient épauler les riffs endiablés de Necrotted, soutenu par les deux voix distinctes de Fabian et Pavlos qui se complètent l'une l'autre. "Not War But Class" enchaînera directement, reprenant la rythmique saccadée du death old school, avec une voix clairement typée deathcore, tandis que "Hunt Down The Crown" viendra apporter des breaks lourds qui donnent envie de se jeter dans le pit. C'est "Vile Vermin" qui viendra réconcilier les afictionados des deux styles sur une rythmique lourde à souhait. La double voix caractéristique du deathcore laissera la place à une guitare lead inspirée et à une basse omniprésente. Pourquoi se priver d'un riff de guitare au son clair avant de réellement débuter "The Lost Ones" ? Même si le groupe renoue bien vite avec le son qu'on lui connaît, il est toujours agréable de se détendre la nuque sur un son calme mais inquiétant, alors que "My Foray, Your Decay" de se donnera pas cette peine. Les riffs death débuteront directement, alors que les hurlements les soutiendront amplement, alternant un growl profond et un scream plus guerrier. Un nouveau titre martial qui abusera de la double voix, c'est "Unity Front". Le blast règne sur cette composition faite pour remuer la foule, et c'est une rythmique deathcore qui sera privilégiée. Le son malsain d'"Our Dominion" flirterait presque avec du slam death tellement sa rythmique est dansante, alors que "Babylon" s'axe sans aucun doute possible sur les racines les plus profondes du brutal death. Alors que toute la technicité du groupe s'affirme sur les parties lead, les deux chanteurs se démènent pour rendre l'expérience plus violente que jamais. Dernier titre qui se plaît à nous faire attendre, "Forlorn Planet" a un son presque malsain. En effet, la rythmique un peu old school privilégie la vitesse, alors que la basse rehausse le tout pour un chant puissant. Les parties lead se succèderont avant un sample final qui rejoint l'introduction du premier titre.

Vous pensiez réellement qu'il y avait un tel fossé entre les deux styles ? Je l'imaginais également, mais ce mariage est tellement bien réglé que je le perçois beaucoup moins à présent. Necrotted réussit à réconcilier les fans des deux genres en intégrant des inspirations diverses, mais toujours axées sur la violence et sur une fosse déchaînée. J'ai réellement hâte de voir ce que le groupe peut faire en live.


Matthieu
Octobre 2017


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/necrotted