"Nous, Le Venin"
Note : 18/20
Rébellion chez Movrir. Un an et demi après leur dernier EP, Olivier Lolmède (guitare / chant, Drawers, Vermine, ex-Plebeian Grandstand), Alexandre Berenguer (guitare, Drawers), Théophile Antolinos (basse, Bruit ≤ M83) et Maël Pretet (batterie) signent avec Pelagic Records pour la sortie de leur nouvel album, "Nous, Le Venin".
Nous débutons dans l’angoisse avec "Feu d’Un Regard", premier titre à l’introduction minimaliste faite de percussions et quelques bruits en arrière-plan, mais les riffs imposants et lancinants ne tarderont pas à faire leur entrée, suivis par les hurlements terrifiants qui rendent le mélange oppressant à souhait. On notera quelques accélérations dans ce voile de ténèbres aux racines sludge brumeuses avant de passer à "Ennui Ennemi" où le son devient plus complexe, plus chaotique même, alors que les musiciens proposent une approche viscérale et saccadée qui passe d’une vague de violence à un passage dissonant plus calme sans prévenir. Le dernier cri est tout bonnement glaçant, contrastant avec les tonalités majestueuses de "Mon Rêve Animal" qui prend la suite et nous expose à des touches abrasives infusées de black metal malsain que la composition défile, nous captivant toujours plus grâce à ses enchaînements naturels et pourtant très pesants.
Le final est également très épuré, à l’inverse de "Je Est Absent" qui se veut glacial, presque même distant mais très pesant avant de déverser toute sa noirceur à vive allure qui sera brisée nette par un long passage très aérien pour mieux redémarrer et nous noyer une fois de plus. Des bruits étranges nous accompagnent pour passer à "Aux Inutiles", titre suivant qui démarre en trombe et qui nous assomme avec des vagues de frappes explosives et régulières, nous menant dans le côté sombre et bestial des riffs les plus déchaînés tout en empruntant au DSBM côté chant. L’album prendra fin avec la longue "Nous, Le Venin", composition de plus de 10 minutes qui prend le temps de distiller son imposante et ténébreuse vision musicale qui mêle toutes les racines du projet dans un épais torrent aussi sombre et étouffant pour nous qu’il en est viscéral pour le quatuor avant la libération finale.
Si Mvurir est un projet aux influences toutes sombres et oppressantes, le résultat est presque intime, criant de réalisme. "Nous, Le Venin" est sans aucun doute trop obscur pour le commun des mortels, mais ceux qui vont l’apprécier ne le lâcheront pas !
"Insolence"
Note : 15/20
Movrir dégueule un nouvel EP. Après deux albums, Olivier Lolmède (guitare / chant, Drawers, Plebeian Grandstand, Vermine), Alexandre Berenguer (guitare, Drawers), Théophile Antolinos (basse, Indigo Raven, Bruit ≤, live pour M83) et Maël Pretet (batterie), le groupe nous régurgite "Insolence", avec l’aide de Pelagic Records.
On débute avec "Hubris" qui dévoile immédiatement un mix très brut, très sale et propice à l’agressivité ambiante, qu’elle soit menée par l’atmosphère pesante empruntée au sludge ou les passages plus brutaux. D’abord animé par une rapidité presque viscérale, la composition ralentit pour nous écraser avant un final plus vif, qui laisse finalement place à "Punitive" et à son presque silence, qui se transforme en nuage bruitiste assez oppressant. Un réveil nous projette sur "Nemesis" qui redémarre a pleine vitesse, mais qui revient rapidement dans une lenteur et une dissonance infernales, suivies d’une nouvelle vague de rage pure et effrénée. Les parties vocales apparaissent de temps à autres comme des manifestations fantomatiques dans ce désert dont on ne sort que pour rencontrer "Illusions" et ses teintes drone malsaines qui nous hantent et nous font perdre la notion du temps, ne laissant s’échapper que de rares bruits et grognements.
Movrir est un projet assez singulier qui utilise un mix très sale pour parvenir à rendre ses compositions assez funestes. Entre rage et apathie, "Insolence" se destine à un public de niche, qu’il satisfera sans aucun mal.
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