Mortiis remue le passé avec "Ghosts Of Europa". Pour son onzième album, Håvard “Mortiis” Ellefsen (ex-Emperor, ex-Fata Morgana, ex-Vond) a choisi de rejoindre Prophecy Productions.
On notera également de nombreux invités aux voix et différents instruments : Benedicte Computorgirl (Computorgirl), Christopher Amott (ex-Arch Enemy, ex-Dark Tranquillity…), Christopher Rakkestad (Elvarhøi, Bolverk), Emil Nikolaisen (Brian Jonestown Massacre), Iliana Basileios Tsakiraki (Enemy Of Reality, Septicflesh…), Laurie Ann Haus, Matthew Setzer (Skinny Puppy, London After Midnight), Michal Kielbasa (Black Magic Rites), Sarah Jezebel Deva (The Kovenant, ex-Cradle Of Filth…), Thomas Bolverk (Ragnarok, Bolverk), Thorsten Quaeschning (Tangerine Dream), Vegard Blomberg (Mock) et Erling Blomberg.
"Ghosts Of Europa", le titre éponyme, nous embarque immédiatement dans son univers onirique avec une introduction légère, rejointe par une voix samplée avant l’arrivée des tonalités plus entraînantes et de nouvelles parties vocales auxquelles des effets confirment les teintes Industrial. Les refrains entêtants finiront par faire place à une mélancolie pesante avec "Return To The Old Fields", composition suivante, qui propose quelques touches plus mystérieuses avant que les voix ne nous envoûtent à leur tour, laissant claviers et différentes percussions mener la danse vers des tons nettement plus electro. Le silence prendra finalement sa place avant que "The Faith That Fades Away" ne lui emboîte le pas, ancré dans un certain minimalisme angoissant lors des premiers moments, puis plus oppressant lorsque le son s’épaissit, grésillant et proposant des touches sombres. A l’inverse, le chant est plus accessible, nous permettant d’arpenter les différentes nuances avant que "Violent Silence" ne prenne sa place avec des éléments très accrocheurs, presque même enjoués, alimentant encore la diversité de l’album tout en trouvant toujours plus ses racines dans la scène allemande et son contraste intense qui nous noie finalement sous ses synthétiseurs.
"Transcending Morpheus" nous ramène au centre d’éléments mi-vaporeux, mi-mystiques, frôlant presque le néofolk par moments avec les voix naturelles qui résonnent, mais le vocodeur viendra de temps à autre les corrompre pour abreuver la dualité, puis "Tundra, Heart Of Hell" s’offre une saturation plus agressive. Elle permettra notamment de dynamiser certains passages du morceau, comme les refrains motivants aux paroles entêtantes que l’on se verrait bien chanter à l’unisson en live, puis laissera place à "Tribes Of Dystopia (Edit)" qui nous propose une nouvelle vibe pagan / folk, notamment avec le chant guttural, mais transformée en vagues pesantes mais accrocheuses grâce aux éléments bruitistes. L’album touche déjà à sa fin avec "Farewell Romero", dernier titre assez calme dont s’échappe à la fois mélancolie et sérénité, sensation étrange lorsque l’on jette un oeil aux paroles, mais qui s’intensifie parfois, notamment grâce au chant qui devient plus prenant, et nous conduit dans sa détresse palpable jusqu’aux derniers instants.
Oeuvrant toujours avec une liberté créative impressionnante, Mortiis explore de nouveaux horizons sur "Ghosts Of Europa", ne se privant jamais de sa richesse et de la diversité intrinsèque de ses créations. Nul doute que l’album a besoin de murir plusieurs fois à nos oreilles pour libérer son plein potentiel !
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