"Screams From Beneath The Surface"
Note : 18/20
La renaissance de Monstrosity est actée pour 2026. Toujours signé chez Metal Blade Records, le groupe mené par Lee Harrison (batterie, ex-Atheist, ex-Malevolent Creation, ex-Terrorizer), Matt Barnes (guitare, Chaos Inception, Quinta Essentia), Ed Webb (chant, Fleshreaper, Generichrist, ex-Massacre), Justin Walker (guitare) et Mark Van Erp (ex-Cynic, ex-Malevolent Creation, ex-Solstice) dévoile enfin son septième album, "Screams From Beneath The Surface".
"Banished To The Skies" nous propose un court sample introductif avant de laisser les musiciens nous montrer ce qu’ils ont dans le ventre, d’abord par un solo de guitare, puis avec une rythmique solide aussi technique qu’efficace qui accueille les rugissements bestiaux. On notera une touche particulièrement mélodieuse apportée au duo basse / guitare alors que "The Colossal Rage" repart immédiatement dans une approche bien plus violente qui prend appui sur les racines old school nourries au blast et aux riffs saccadés, conservant toutefois l’approche complexe sur des passages choisis. Il en est de même pour "The Atrophied" qui ne se prive pas pour nous abreuver de parties lead perçantes pendant que la section rythmique nous matraque, mais s’autorise également des passages dissonants salvateurs entre deux vagues de rage menant à "Spiral" qui sort immédiatement ses harmoniques cinglantes. La base du titre reste bien évidemment virulente, mais le titre est assez court, et nous passons rapidement à "Fortunes Engraved In Blood" qui explose sans attendre et nous offre une nouvelle occasion de nous briser la nuque grâce à son approche très brusque.
Nouvelle éruption dès que "Vapors" débute, offrant une nouvelle dose de leads torturés et parfois même angoissants pendant que les trois autres musiciens tiennent la rythmique, rejoints par le vocaliste une fois la guitare calmée, puis le groupe revient à des tonalités plus douces avec "The Thorns". Les parties vocales viennent bien évidemment contraster le tout en apportant une touche de rage bienvenue qui finira par déteindre sur la composition qui s’élance à pleine vitesse pour finalement nous lâcher sur "Blood Works" qui prend la suite et nous frappe à bonne allure dès ses premiers instants. On sent un groove sous-jacent qui rend la composition très accrocheuse tout en profitant des sons criards, puis l’atmosphère s’alourdit avec "The Dark Aura", que ce soit grâce à la lenteur, aux tonalités mystérieuses ou aux samples qui l’accompagnent. Tout dans ce titre nous plonge dans les abysses avant l’explosion finale qui mène à "Veil Of Disillusion" où on retrouve ces racines old school furieuses et diablement efficaces qui nous feront secouer le crâne, et que l’on a déjà hâte d’entendre en live, faisant parfois la part belle au vocaliste.
Malgré les changements de line-up encore assez “récents”, le groupe a retrouvé sa dynamique pour "Screams From Beneath The Surface" ! Monstrosity est en pleine forme, et bien que le groupe n’ait encore qu’une réputation assez underground, il frappe très fort !
"The Passage Of Existence"
Note : 16/20
Après plus de dix ans d’attente, Monstrosity remonte au créneau et nous offre "The Passage Of Existence", son nouvel album. Formé en 1990, le seul rescapé du line-up
d’origine est Lee Harrison (batterie, Terrorizer, ex-Malevolent Creation, ex-Atheist).
Actuellement, il est accompagné de Michael Poggione (basse, Vile, Doomzilla,
ex-Skinned…), Mark English (guitare, Deicide), Mark Hrubovcak (chant, Divine Rapture,
Vile, ex-Abraxas…) et Matt Barnes (guitare, Chaos Inception, ex-Temple Of Blood…),
mais a également compté dans ses rangs des membres de Cynic, Malevolent Creation,
Death et Cannibal Corpse, entre autres. Le groupe a eu une très forte popularité dans le
milieu du death metal et en a profité pour sortir cinq albums entre 1990 et 2007, mais
soudainement, plus rien. Leur deuxième album live sort timidement en 2012, mais il nous a
fallu attendre Septembre 2018 pour leur nouvel album. Je vous assure que le jeu en vaut la
chandelle.
Le groupe démarre par "Cosmic Pandemia", un morceau qui prouve d’entrée de jeu que les
musiciens n’ont pas perdu leur temps. Les rythmiques death technique nous heurtent de
plein fouet, et la voix du chanteur se joint aux riffs massifs pour un déchaînement pur et
simple de violence. L’excellent mixage permet de distinguer chaque instrument, comme sur
"Kingdom Of Fire", qui est un peu plus old school. La basse assure une ligne de fond
quasi ininterrompue, alors que les blasts sauvages se succèdent jusqu’à un break
énigmatique qui rejoint finalement un final explosif. "Radiated" ne ralentit pas la cadence et
exploite à nouveau la technicité des musiciens avec des cris plus hauts que précédemment,
mais également des influences thrash plutôt marquées. Le mélange passe parfaitement, et
donne une frénétique envie de secouer la tête en rythme. Après un solo endiablé, "Solar
Vacuum" est semblable à un coureur qui se lance dans un sprint effréné alors que les
harmoniques des guitaristes le frappent de temps à autre.
Dans ce même registre rapide, "The Proselygeist" est cependant un peu plus groovy et
saccadé que les titres précédents, ce qui permet de facilement se laisser prendre dans
l’univers torturé des Américains. On continue avec "Maelstrom", un titre aux harmoniques
hurlantes et à la fougue pleinement assumée du début à la fin, que ce soit dans les parties
lead ou les hurlements du chanteur, alors que l’ambiance est différente pour "Eyes Upon The
Abyss". En effet, seules la violence et la rapidité comptent sur ce titre aux blasts furieux, avec
un son de basse omniprésent qui permet aux deux guitares d’enchaîner les harmoniques et
les doubles leads sans se focaliser sur une rythmique. L’ambiance devient plus malsaine sur
"Dark Matter Invocation", et on retrouve des influences old school comme des riffs qui
sonnent black metal alors que la base est purement death metal, mais ce changement
inattendu est vraiment intéressant.
Retour à un son plus martial avec "The Hive" et son introduction très efficace qui permet de
nous amener facilement sur la rythmique puissante et saccadée dans la plus pure tradition
du death metal américain, avec une touche de modernisme dans ces influences old
school. La partie finale amène sur "Eternal Void" après un solo cinglant. Ce nouveau titre
renoue avec les influences thrash que le groupe se plaît à disséminer un peu partout dans
ses compositions, tout en nous donnant l’impression d’être au coeur d’un cyclone qui ne
s’arrête jamais mais qui redouble parfois d’intensité. Le suivant, "Century", joue également
beaucoup sur les leads de guitare, très nombreux sur ce morceau, alors que "Slaves To The
Evermore" s’axe sur des riffs dissonants pour clore cet album tout en puissance.
Bien que les fans l’aient attendu longtemps, "The Passage Of Existence" ne déçoit personne,
et la technicité des musiciens de Monstrosity leur permet de faire absolument ce qu’ils
veulent avec leurs instruments. Si on s’éloigne de la violence pure et simple de certains
albums, ce nouvel album reste tout à fait cohérent avec l’univers des Américains.
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