Le groupe
Biographie :

Misery Index a été formé au cours de l'année 2001 dans le Maryland, aux États-Unis, par son chanteur / bassiste Jason Netherton, le chanteur / guitariste Mike Harrison et le batteur Kevin Talley. Jason Netherton est le seul membre présent depuis les débuts du groupe. Le style de Misery Index se définit par une musique death metal avec de fortes influences punk hardcore et grindcore. Le groupe a d'abord été sous son propre label, Anarchos Records, où il a réalisé quelques démos, puis il a signé un contrat avec Nuclear Blast Records pour la sortie de son premier album, "Retaliate", en 2003. Il signe ensuite chez Relapse Records pour la sortie de "Discordia" en Janvier 2006, de "Traitors" en 2008 et de "Heirs To Thievery" en 2010. En Juin 2011, Misery Index rejoint Season Of Mist et sort son cinquième album, "The Killing Gods", en Mai 2014. "Rituals Of Power" sort en Mars 2019.

Discographie :

2003 : "Retaliate"
2006 : "Discordia"
2008 : "Traitors"
2010 : "Heirs To Thievery"
2014 : "The Killing Gods"
2019 : "Rituals Of Power"


Les chroniques


"Rituals Of Power"
Note : 19/20

Enfilez vos protège-gencives car Misery Index est revenu, et ce n’est pas pour faire de la couture. Créé en 2001 par Jason Netherton (basse / chant, Asphalt Graves, ex-Dying Fetus), il recrute un premier line-up afin d’enregistrer le premier EP de la formation la même année. Et cette année, c’est le cinquième album du groupe, "Rituals Of Power", qui vient nous distribuer les baffes, avec Adam Jarvis (Pig Destroyer, Scour, ex-Criminal Element) à la batterie, Mark Kloeppel (Scour, ex-Criminal Element) à la guitare et au chant, ainsi que Darin Morris (ex-Criminal Element) à la deuxième guitare. Vous expliquer à quel point le death / grind des Américains est intransigeant serait chose futile puisque vous allez le découvrir très vite.

On commence en douceur sur "Universal Untruths", un morceau court et dissonant mais qui annonce la couleur. Les riffs sont sales et tranchants, le double chant est toujours aussi puissant, mais ce titre n’est qu’une introduction la vraie violence, représentée dans un premier temps par "Decline And Fall". On y retrouve un blast furieux, une technicité assumée mais surtout une ambiance old school qui donne envie de distribuer des claques à quiconque s’approche pour une quelconque raison. Si ce titre ne vous séduit pas, les influences thrash de "The Choir Invisible" auront très probablement raison de votre envie de bouger la tête et de frapper du pied, dérangeant tous vos collègues de travail, pour peu que vous soyez à votre bureau.

Mais pour moi, le titre le plus dévastateur restera "New Salem". Il s’annonce rapide, mais en même temps la partie lead contraste cette impression, tout en étant un peu oppressante… Le son dissonant qui ponctue le morceau continue de s’insinuer un peu partout pendant que les autres musiciens se démènent pour nous envoyer en continu des riffs incroyablement rentre-dedans et c’est mission réussie ! Autre morceau très consistant, "Hammering The Nails" propose une rythmique solide et entraînante, ponctuée de hurlements qui donnent à nouveau envie de détruire tout ce qui passe à portée. Le solo, pourtant assez simpliste, lui donne un relief particulier, mais le groupe enchaîne rapidement sur le titre éponyme, "Rituals Of Power". Et s'il prend son temps, la claque n’en est que plus forte. Je ne suis pas spécialiste en termes de wall of death, mais si le groupe joue ce morceau en live je les vois venir d’ici ! Pourtant assez long, le morceau ne perd absolument pas en fougue.

Les Américains enchaînent sur la véloce "They Always Come Back", un autre morceau assez long et qui va mettre tout le monde d’accord à la fois en termes de puissance brute, l’essence même du groupe, mais aussi en termes de technicité, parsemée d’un peu de groove. Notez ce son de basse… Mais le groupe ne s’arrête pas là, et c’est "I Disavow" qui prend la suite, avec tout autant de fureur et de double voix que l’on peut en espérer pour un excellent morceau de death américain, mais malheureusement l’album touche déjà à sa fin. Un petit dernier pour la route ? La rapide "Naysayer" et sa rage va terminer de confirmer l’impression générale de violence incontrôlable qui se dégage de cet album.

Pour Misery Index, le pari est gagné haut la main. "Rituals Of Power" est le digne successeur de la discographie du groupe, et taille sa route à coup de riffs dévastateurs dans le paysage du death / grind mondial. Je ne me fais aucun souci pour le passage au live, et j’attends avec impatience la leçon qui va très vite arriver.


Matthieu
Avril 2016




"The Killing Gods"
Note : 19/20

On ne présente plus Misery index. Depuis 2001, le groupe a eu le temps d’écumer pas mal de pays et de se forger une solide réputation dans le milieu du death metal. Ils présentent avec ce "The Killing Gods" ce qui est à coup sûr leur album le plus abouti, et le plus intense a écouter ("The Oath", "Conjuring The Cull"). Tiens en parlant de "Conjuring The Cull", on frôle le génie, la rythmique titanesque et l’ambiance générale du morceau sont proprement hallucinantes. Leur meilleur titre jusqu’à ce jour ? Possible. Le mot "intense" n’est pas usurpé. Les morceaux s’enchaînent, et "The Harrowing" prend la place... euh comment dire ?? C'est le début d'un disque d’exception ou quoi ? La fin de ma série noire des skeuds moyens à chroniquer ? Les deux, mon capitaine !!

Un disque d’exception, oui, car, il me donne une putain de banane au fur et à mesure que les morceaux défilent. La construction des compos est digne d’un foie gras de ferme servi sur un plateau en or, j’en oublierais presque leur artwork complètement médiocre. Il faut se délecter quand on a un disque comme ça dans les mains car ça n’arrive pas souvent. Adam Jarvis s’éclate derrière les fûts, on l’entend dès les premieres notes. Il s'en donne a cœur joie le bougre, pour notre plus grand plaisir. "The Killing God" fait dans la continuité de la première partie de l’album, Misery Index a développé un style qui leur est propre, plein d’idées et de mélodies formidablement incrustées les unes aux autres, pour former une espèce d’osmose qu’on retrouve du premier au dernier titre. Pour ma part, c’est un gros gros pas en avant de Misery Index, le skeud qui leur manquait. Cette avancée du groupe renouvelle leur propre style, tout en gardant une certaine continuité. "Cross To Bear" oscille entre moments ultra violents et passages techniques, là aussi c’est le must, the cherish on the cake. Faire un grand album, c’est simple finalement. Misery Index, sur ce disque, a su trouver "le" son parfait. Il met en valeur les compos alignées sur "The Killing Gods". Cet album va être monstrueux en live : "Gallows Humor", putain là aussi c’est du poutrage de dingue. Il est loin le temps de Dying Fetus, bien qu’on retrouve certains plans qui m’y font penser. Jason Netherton et sa bande viennent de frapper fort en ce presque milieu d’année. J’en suis déjà à la seconde écoute, et ma carcasse adore ce qu’elle entend, je soupire de plaisir, j’écrase une larmichette, fin de ma série noire ? "Heretics" me fait approcher de la fin du brûlot. Treize morceaux pour un running time de 45 minutes. Le groupe se lâche pour cet avant-dernier morceau ainsi que pour le dernier qui, comme on dit, envoie une grosse volée de bois vert en plein dans les couilles.

Je sors un tire-jus pour moucher mon pif luisant de morve, les yeux rougis par ce que je viens d’entendre. Comment dire ? Il n’y a rien à jeter dans l’album car il mélange habillement violence, groove, mélodies et inspirations. "Thieves Of The New World Order", la der’, est atomique, elle clôture un album exceptionnel par des gros riffs de bouchers gorgés de haine, et fulminant de blasts. J’attrape à nouveau un tire-jus pour cette claque finale. Cette fois-ci je m’affaisse dans mon siège, en proie à un léger malaise, il faut absolument que je voie ce groupe en live.


Davidnonoise
Juin 2014




"Heirs To Thievery"
Note : 19/20

On est tout de suite saisi par l'efficacité et la précision des riffs à l'écoute du tout premier morceau. La production est excellente, on se laisse piétiner par la sauvagerie des nombreux blast beats, et on se laisse emporter dans une déferlante de passages lourds où les guitares nous achèvent sans concession à coups de triolets survoltés ("The Spectator", "The Illuminaught", "Plague Of Objects") et d'allers-retours massifs ("The Seventh Cavalry"). Mention spéciale à la basse qui, néanmoins (et c'est dommage), a tendance à se faire un peu trop discrète sur certains morceaux ("Plague Of Objects"), mais qui vient parachever brutalement cette rouste qu'est "Heirs To Thievery". On félicite une violence et une hargne qui font rage tout le long de l'album, car rien de plus décevant qu'un album qui commence à s'essoufler alors qu'on en est à peine à la moitié. Ici, les trois dernières pistes, particulièrement massacrantes, nous scient en deux. "Day Of The Dead", touche finale de cette tuerie, à la rythmique groovy et bien balancée, donne tout de suite envie de se réécouter l'album. L'aspect mélodique est parfaitement dosé, quelques solos de guitare rapides, précis et soutenus par du blast beat ("Fed To The Wolves") viennent nuancer l'ensemble sans pour autant l'alléger (n'oublions pas que c'est du grindcore). Cet album émoustillera surtout le public des death metalheads (fans de Blood Red Throne, Napalm Death et Decapitated, jetez-vous dessus!) et mérite un 19 sur 20 pour la belle dérouillée qu'il donne à chaque écoute.


Delph
Février 2011


Conclusion
Le site officiel : www.miseryindex.com