"Violence, Blasphème Et Pourriture"
Note : 17/20
Miasmes ne mâche pas ses mots. Toujours signé chez Les Acteurs De L'Ombre
Productions, le trio composé de K. (guitare, Mhorn, ex-Inward), G. (basse / chant, Mhorn,
ex-Impureza, ex-Ritualization, ex-Seth) et C. (batterie, Mécréant, Ialdabaoth) annonce
pour 2026 son deuxième album, "Violence, Blasphème Et Pourriture".
"Déchéance" débute avec un long cri de rage qui annonce le ton : le titre ne fait aucun
compromis, alignant blast et riffs abrasif sous des parties vocales brutes. Tout dans ce
morceau nous donne envie de nous briser quelques vertèbres tout en frappant quiconque
s’approche pendant que le groove black’n’roll frappe à pleine puissance tout comme sur
"Ecorché" qui propose des leads cinglants pour débuter avant que le vocaliste ne reprenne
ses vociférations. Les fameux “ough” lancent les accélérations où le groupe vomit ses notes
avec fougue, mais "Nihil" vient alourdir le mélange avec un début plus lent, comme si le
groupe voulait prendre une direction plus lancinante et malsaine, chose qui ne leur va
visiblement qu’un temps puisqu’ils chargent à nouveau. On continue avec une première
approche mid-tempo sur "Possédé", affichant une fois de plus son côté brut à tous points de
vue, mais le son va s’enflammer vers la moitié du titre, reprenant son allure effrénée et
dévastatrice, et même si le titre se finit comme il a commencé, "Cendres" est là pour relancer
la machine comme il se doit, frappant sans fioritures peu importe le tempo.
Le final
accrocheur débouche sur "Vomi", titre sale et rapide à la limite du black / grind et ses ruades
brutales, puis les mélodies dissonantes refont surface avec "Catharsis" qui écrase tout sur
son passage et ne jure que par une approche saccadée imprévisible, portant au final très
bien son nom. Le solo criard trouve parfaitement sa place dans le morceau suivi par "Agonie"
qui va adopter des traces légèrement plus lancinantes pour contrebalancer les parties les
plus intenses, puis s’accorder un larsen avant de laisser "Horde" prendre le relai et
redémarrer le char d’assaut. Pas de surprise sur ce morceau qui se base sur sa vitesse
folle, ni sur "Rédemption" qui lui emboîte immédiatement le pas pour frapper à son tour sur un
concept similaire avant de placer une reprise de Motörhead, "In The Name Of Tragedy", pour
conserver jusqu’au dernier moment cette touche accrocheuse tout en restant dans la
noirceur et la virulence qu’on leur connaît pour clore le disque.
Miasmes est resté assez discret, mais sa fureur ne s’est clairement pas tari en trois ans ! Si
vous voulez être violentés comme il se doit par un son abrasif et sans compromis, n’hésitez
pas avant de vous jeter sur "Violence, Blasphème Et Pourriture" !
"Répugnance"
Note :
16/20
Miasmes signe son premier album. Créé en France en 2021 par K. (guitare, Mhorn, Inward),
G. (basse / chant, Mhorn, ex-Impureza, ex-Ritualization, ex-Seth) et C. (batterie), le trio signe
avec Les Acteurs De L'Ombre Productions pour la sortie d’un premier EP, suivi en 2023 par
"Répugnance".
L’approche du groupe reste de manière générale très old school, comme en témoignent ces
riffs rapides et ces hurlements vindicatifs, qui rappellent des inspirations énergiques à la
Marduk. Si le son reste brut et emprunte aux racines punk du black metal malsain, on note
une certaine misanthropie au niveau des paroles en français, qui colle évidemment très bien
à la dynamique agressive de la rythmique. Le duo place également quelques sonorités plus
lentes sur "Délivrance" qui se transforment en passages dissonants et entêtants sur la froide
"Prophétie", mais on note toujours une volonté de renouer avec les riffs bruts, incluant même
un solo criard sur "Calvaire" et ses influences thrash évidentes. Le groupe conserve les
sonorités rapides et abrasives sur "Peste" qui profite des placements de voix massifs pour
développer un contraste accrocheur tout comme sur "Repulsion", une composition assez
rythmée qui alterne blast, double pédale et parties plus calmes mais tout aussi sombres.
Les
influences plus mélodiques commencent à apparaître avant la fin du titre, laissant "Malemort"
les annihiler pour présenter un nouveau titre agressif mais accrocheur assez court qui laisse
toute la rage du groupe s’exprimer avant de renouer avec des tonalités étouffantes sur
"Aversion". Bien qu’assez similaire au titre précédent, cette composition ne nous laissera
aucun instant pour respirer, que ce soit au niveau des riffs ou des paroles, laissant la
dissonance répondre à la fureur avant que le groupe ne déploie à nouveau les sonorités
métalliques de la basse sur "Destructeurs" qui s’inspire des racines les plus sauvages des
trois musiciens à chaque instant. Pour clore son album, le groupe laisse "Pestilence" placer
une approche plutôt black’n’roll entraînante et relativement groovy tout en restant brute et
sombre, ce qui nous expose une fois de plus à un son contrasté mais parfaitement géré qui
laissera la partie finale nous écraser.
Avec son approche old school sauvage et accrocheuse, Miasmes développe les racines les
plus malsaines et agressives du black metal, faisant des quarante minutes de "Répugnance"
un voyage dans l’ombre et la crasse.
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