"Toxic Noxious Undeath"
Note : 18/20
Megascavenger se dresse à nouveau. Mené par le prolifique Rogga Johansson (guitare, Dead Sun, Echelon, Furnace, Leper Colony, Paganizer…) et accompagné par Johan Berglund (basse, Echelon, Stass, ex-Ribspreader…) et Thomas Ohlsson (batterie, Dead Sun, Stass, House By The Cemetary…), le projet a décidé de frapper fort pour son retour chez Xtreem Music. Son sixième album, "Toxic Noxious Undeath"? est littéralement ce que l’on appelle un “All Star Death Metal”, invitant des vocalistes iconiques de la scène death metal.
On attaque avec "Graveyard Dreams And Bonehouse Screams", où Kam Lee (Massacre, ex-Death) grogne sur des riffs saccadés ultra efficaces dans la plus pure tradition de la violence old school, provoquant des soubresauts accrocheurs pendant que les leads malsains sévissent, teintant l’assaut d’une touche sombre. Le vocaliste laisse place à Felix Stass (Crematory, Stass) qui rejoint le trio pour "Corpses Below", morceau assez pesant qui n’hésite pas à ralentir pour renforcer le côté étouffant de sa rythmique alors que les harmoniques tissent un paysage mystérieux, alors que l’on retourne en compagnie d’Erik Rundqvist (Vomitory) vers une approche très brute pour "Exploding Casket Syndrome", titre qui ne lésine pas sur la lourdeur, laissant cependant à la basse une certaine liberté entêtante. Max Otero (Mercyless) prend le relai pour "Heading For The Furnace", morceau aux relents death / thrash qui lui conviennent parfaitement, proposant sa voix rocailleuse en complément des guitares parfois criardes et des patterns saccadés aux lenteurs planantes, puis c’est le révérend Dave Ingram (ex-Benediction, ex-Bolt Thrower…) qui prend la main pour "A World Of Fire And Brimstone" où le groupe reste en terrain connu pour jouer avec la noirceur et l’angoisse.
On passe à l’arrivée du danois Michael H. Andersen (Thorium, Withering Surface…) sur "Fleshburner Yearner", proposant une touche grasse propice au headbang en quasi permanence, laissant le groupe passer dans le death / doom tout comme lorsqu’ils reçoivent son compatriote Jan Bergmann Jepsen (Maceration) pour "As Purgatory Ascends" qui passe de moments de fureur dévastatrice où la tronçonneuse règne à des touches marécageuses épaisses. On repart avec une touche mélodieuse qui crée facilement un contraste lorsque Silvester Koorevaar (Fondlecorpse) apparaît pour "Toxic Noxious Undeath", titre éponyme qui est à la fois le plus agressif et le plus propice au live (oui, j’ai toujours espoir) de l’album, mais aussi celle qui propose le plus de touches techniques intéressantes, alors que l’on connaît la dimension directe des compositions. Le groupe appelle ensuite l’espagnol Dave Rotten (Avulsed, Christ Denied, Holycide…) pour ajouter un peu de brutal death à "Shallow Grave Overflow", titre massif où les rugissements emplissent sans mal l’atmosphère pour l’assombrir à nouveau, mais l’album prend déjà fin avec "The Morbid Rides Again" où les suédois reçoivent Peter Svensson (Furnace, Catacomb, Cult Of The Fox…) qui les aide à clore ce chapitre en beauté, mais aussi en brutalité et en mélodies abrasives, faisant à nouveau vibrer la corde de l’Old School à pleine puissance.
Si Megascavenger et ses créateurs avaient déjà une excellente réputation dans la scène death, cet album hommage à la scène est du plus bel effet dans leur discographie ! "Toxic Noxious Undeath" nous montre en une belle demi-heure quelques facettes du death metal, n’hésitant pas à piocher dans le registre de ses invités pour d’excellentes surprises !
"Songs In The Key Of Madness"
Note : 16/20
Il est des oeuvres que le commun des mortels ne comprendra que très peu. À l’inverse, une franche de la population très restreinte ne jurera que par elle et adorera celle-ci. Et Megascavenger pose justement son cul dans cette catégorie.
Alors quésaco ? Rogga Johansson, ça te parle ? Paganizer, Wombbath, tu situes ? Grave et Illdisposed, ça te cause aussi ? Maintenant, mélange le tout et voici qu’apparaît "Songs In The Key Of Madness". Cinquième album d’un des groupes menés par le sieur Johansson, Megascavenger ressemble bien plus qu’à s’y méprendre à un défouloir à l’ancienne. Et le Suédois (Rogga, pas les Krisprolls hein) est d’ailleurs le premier à le dire. Megascavenger est un hommage au death de Stockholm et au goregrind. Rien d’absurde donc à retrouver tout au long de ce "Songs In The Key Of Madness" des performances vocales de membres de Machetazo, Cropsy Maniac, Wombbath, Fondlecorpse ou Paganizer.
Huit titres, plein de beau monde et du gras. Bien sûr, la chose est aussi expéditive que possible et d’une violence crade à l’ancienne. Jouissif pour les amateurs de death underground, insupportable pour les voisins en revanche.
"At The Plateaus Of Leng"
Note : 17/20
Rogga "The death metal machine" Johansson, un Nom, un Mythe, une Légende, dans le milieu du death metal et du thrash !
Le multi-instrumentiste nous débarque de sa Suède natale avec le deuxième album de son projet Megascavenger, "At The Plateaus Of Leng", chez les Mexicains de Chaos Records.
Ce projet solo qui commence à prendre réellement forme, le groupe ayant déjà sorti un EP "Songs Of Flesh (Part I)" en 2012 et un album "Descent Of Yaggoth" nous revient avec "At The Plateaus Of Leng", et que dire si ce n'est que l'on peut jouer du death metal, du thrash et proposer au fil de ses créations quelque chose de nouveau, et d'original sans trop se répéter.
Avec "At The Plateaus Of Leng", Rogga Johansson propose un album brutal et massif et a convié des invités très prestigieux du milieu death derrière le micro, des légendes telles de Dave Ingram de Bolt Thrower, Kam Lee de Massacre, Martin Van Drunen d'Asphyx et Hail Of Bullets, et c'est comme ça sur 8 titres ! On ne va pas tous les citer afin que vous les découvriez... Mais sachez que le neuvième titre est, lui, interprété par Rogga Johansson lui-même.
On pourrait penser qu'avec de si nombreux styles de chants différents cela pourrait donner quelque chose d'incohérent, mais il n'en est rien ; Johansson a su écrire pour chaque frontman un titre lui correspondant. Tout simplement hallucinant. Ce disque représente une somme de travail considérable mais reflète toute la reconnaissance et le respect envers Johansson par ses pairs.
Il est dommage toutefois que Paul Speckman (une autre légende du metal, Master, Abomination, Krabathor...), avec qui Johansson a collaboré il y a peu sur un projet, soit absent. Mais peu importe, "At The Plateaus Of Leng" est un album qui ravira à la fois tous les fans de death metal mais surtout beaucoup d'anciens, nostalgiques des années 90.
"At The Plateaus Of Leng" se doit d'être salué tant la démarche est sincère et honnête. Un album magistral. Aucun titre ne souffre de faiblesse, tout est au point, carré et surtout costaud. Rogga Johansson, sur le titre qu'il interprète, "Night Of The Grand Obscenity", démontre qu'il se débrouille par si mal que ça au chant mais reste une référence à la guitare.
L'artwork de l’album, magnifique, est une création de l'artiste Turkka G Rantanen (à l'origine des visuels de Demilich et Demigod). L'ombre et l'influence de H.P Lovecraft n'est pas loin...
Quel plaisir de retrouver autant de grands noms sur un album.
100% plaisir, 200% malsain !
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