Une revanche de près de vingt ans pour Lust Of Decay. Si l’histoire du groupe débute officiellement il y a vingt-cinq ans, elle est en dents de scie : de ses débuts sous les noms Pure Hate, puis Mindkill ou encore Dissident, le groupe finit par nous offrir trois albums entre 2000 et 2007 avant de prendre une première pause jusqu’en 2014, puis une nouvelle deux ans après.
En 2020, Jay Barnes (chant, Cesspool Of Vermin, Shuriken Cadaveric Entwinement), Steve Green (guitare, Purulent Necrosis, ex-Atrocious Abnormality), Jordan Varela (batterie, In-Conquered, Shuriken Cadaveric Entwinement, ex-Cesspool Of Vermin, ex-Lividity…) et Ryan Coulter (basse, Cesspool Of Vermin, live pour Shuriken Cadaveric Entwinement) reprennent le groupe en main, et finissent par livrer leur quatrième album, "Entombed In Sewage", en 2025 via Comatose Music.
Les amateurs de brutal death ont déjà tous ou presque entendu parler du groupe, et ce nouvel album - illustré par Daemorph (Avulsed, Anal Stabwound, Carnal Decay, Cephalotripsy, Demonstealer, Holycide, Party Cannon, Putrevore, Stabbing…) - est un exemple de plus de leur puissance et de leur maîtrise. Les seuls moments dédiés à nous laisser reprendre notre souffle sont faits de samples d’agonie ou de sauvagerie, mais les riffs reprennent bien vite, souvent à pleine vitesse et surmontés des hurlements massifs de Jay pour nous lacérer les esgourdes. Si les influences old school sont plus qu’évidentes, il en va de même pour la violence qui sévit au sein des morceaux en empruntant à des racines slam death hachées qui n’hésitent pas à partir dans des mosh parts plus lentes mais surtout beaucoup plus lourdes, s’assurant une virulence totale à tous points de vue.
Les morceaux et les passages s’enchaînent, comme sur "Nourishing The Swine" qui ralentit, accélère et nous surprend avant de nous lâcher sur "Fetal Contamination Process", et chaque amateur de puissance brute y trouve son compte tant les riffs font facilement remuer le crâne. Mention spéciale pour le titre le plus original à "Rusty Razor Rimjob" qui colle parfaitement au cliché gore et à moitié sexy du style avant de nous prouver sa véritable puissance, ainsi qu’au clin d’oeil spatial à "Order 66" qui annihiler toute trace de pitié dans sa rythmique, mais aussi pour les deux suivantes, la dévastatrice "Desiccate The Epithelium" et l’explosive "Entombed In Sewage", titre éponyme qui symbolise littéralement le climax de la rage sur cet album, avec tout de même un solo angoissant en prime.
J’avais pour ma part quasiment oublié le nom de Lust Of Decay, mais "Entombed In Sewage" vient de me faire comprendre mon erreur ! D’étoile montante des années 2000 à formation tombée dans l’ombre, le groupe est revenu en pleine forme pour récupérer ses lauriers en bonne et due forme grâce à un album plus que solide.
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