Le groupe
Biographie :

Lords Of Black est un groupe de heavy metal espagnol formé en 2014 et actuellement composé de : Tony Hernando (guitare / Voces Del Rock, ex-Saratoga), Ronnie Romero (chant / Rainbow, Rising, Voces Del Rock, ex-Aria Inferno, ex-Jose Rubio's Nova Era, ex-Santelmo) et Dani Criado (basse / Kaothic) et Jo Nunez (batterie / Darkblazers, Firewind, ex-Suicide Of Demons, ex-Kamelot, ex-Meridian Dawn, ex-Nightrage, ex-About: Blank, ex-Mystica). Lords Of Black sort son premier album, "Lords Of Black", en autoproduction en Mai 2014, suivi de "II" en Mars 2016 chez Frontiers Music, de "Icons Of The New Days" en Mai 2018, et de "Alchemy Of Souls Part I" en Novembre 2020.

Discographie :

2014 : "Lords Of Black"
2016 : "II"
2018 : "Icons Of The New Days"
2020 : "Alchemy Of Souls Part I"


Les chroniques


"Alchemy Of Souls Part I"
Note : 16/20

Lords Of Black, dont je vous avais déjà parlé en ces pages, est de retour avec un nouvel album annonciateur d'une saga puisqu'il répond au nom de "Alchemy Of Souls Part I". Pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre qu'il s'agit d'un album concept et qu'il y aura au minimum une suite. Sachant que le groupe est très bon dans ce qu'il fait, je signe !

Et justement, il fait quoi ce groupe me direz-vous ? Ben du heavy pur et dur, ça n'a pas changé et tant mieux ! "Dying To Live Again" ouvre l'album et envoie le pâté d'entrée de jeu avec de bons gros riffs puissants et un riff mélodique, accrocheur et fédérateur dans la grande tradition de tous les géants du heavy metal. Pas un monstre d'originalité on est d'accord mais en termes d'efficacité par contre, Lords Of Black se pose là et n'a pas de leçons à recevoir. La plupart des morceaux, en dehors de quelques ballades vite fait, ont une patate incroyable et le groupe balance un heavy metal énergique et toujours accrocheur avec en plus le chant bien rageur de Ronnie Romero qui fait des miracles une fois de plus. L'intro à la batterie de "Deliverance Lost" nous renvoie à celle de "Painkiller" et le reste du morceau se montre agressif et plus sombre et méchant. Quelques sonorités progressives se font discrètement entendre tout au long de l'album et cohabitent sans problème avec ces riffs de bûcheron qui prennent le reste de la place. Lords Of Black fait preuve ici d'un talent de composition incontestable et nous balance une série de brûlots tous plus frondeurs les uns que les autres. "Alchemy Of Souls Part I" est aussi un peu plus court que son prédécesseur, même s'il affiche tout de même cinquante-sept minutes au compteur, par conséquent le tout se fait un peu plus compact et direct. Les soli de guitare sont dans la lignée des grands shredders et gardent toujours un minimum de mélodie pour ne pas virer à la démonstration stérile, là encore comme dans la grande tradition du heavy. Il n'en reste plus tant que ça de nos jours pour pratiquer ce genre de heavy puissant à l'ancienne et Lords Of Black enterre clairement la concurrence les yeux bandés et les mains dans le dos.

Si "Icons Of The New Days" pouvait montrer certaines longueurs avec ces soixantes-douze minutes, ce n'est pas le cas de ce nouvel album qui fonce droit au but et ne perd pas de temps en palabres. Lords Of Black a toujours été un bon groupe et a toujours déployé un heavy très efficace mais cette fois le groupe est monté d'un cran et se montre encore plus inspiré. Pas étonnant que Ronnie Romero qui avait décidé de quitter le groupe à cause de sollicitations trop nombreuses soit revenu en entendant les nouveaux morceaux. Il aurait d'ailleurs été dommage de perdre cette voix puissante et rageuse, la qualité de la musique du groupe ne repose évidemment pas que là-dessus mais c'est tout de même un plus non négligeable. Les claviers qui se montraient parfois un peu kitsch sur "Icons Of The New Days" sont plus en retrait cette fois et sonnent bien mieux quand ils se font entendre. Vu l'orientation plutôt énergique que le groupe a décidé de prendre sur "Alchemy Of Souls Part I", les claviers n'ont de toute façon pas beaucoup de place pour s'imposer et les guitares sont reines ici. Les gros riffs se succèdent et la puissance de l'ensemble donne un petit surplus de patate à la musique de Lords Of Black qui n'en manquait déjà pas. "Ides Of Blood" lève un peu le pied mais pas pour balancer une ballade, le groupe en profite au contraire pour balancer un morceau plus lourd aux forts accents bluesy du plus bel effet ! Le point d'orgue de l'album étant évidemment le morceau-titre et ses dix minutes au compteur qui voit Lords Of Black se faire plaisir au niveau des ambiances. Une intro acoustique qui laisse sentir une ambiance mélancolique avant d'embrayer sur des riffs lourds et puissants, soutenus par quelques petits coups de double pour une ambiance plus sombre que le reste de l'album.

"Alchemy Of Souls Part I" prend toutes les qualités de Lords Of Black et les pousse encore un cran au dessus. Un nouvel album puissant, sombre, mélodique, accrocheur et certes pas foncièrement original mais diablement efficace ! Que ceux qui pensent que le heavy est mort se mettent ça dans les esgourdes et revoient leur jugement.


Murderworks
Avril 2021




"Icons Of The New Days"
Note : 14,5/20

Je vous avais déjà parlé de Lords Of Black à la sortie de leur deuxième album, "II", ils sont de retour cette année avec "Icons Of The New Days". Un bon pavé soit dit en passant puisque l'album atteint les soixante-douze minutes, les amateurs de heavy puissant et mélodique devraient donc avoir de quoi faire.

"World Gone Mad" nous accueille avec des couplets et un refrain bien accrocheurs et des mélodies très présentes sur un tempo assez mid-tempo. Près de sept minutes au compteur pour un morceau d'ouverture, on peut dire que le groupe ne perd pas son temps et entre dans le vif du sujet d'entrée de jeu ! Techniquement, c'est toujours aussi propre, le son est gros et puissant et le chant de Ronnie Romero toujours aussi bon et adapté au style. On retrouve d'emblée ce côté direct et accrocheur, Lords Of Black n'aime pas mettre trop de fioritures dans ses morceaux malgré une durée assez longue la plupart du temps. Les morceaux durent souvent entre cinq et sept minutes, sauf "All I Have Left" qui ferme l'album et qui s'amuse à dépasser les onze minutes. Encore une fois, on sent tout de suite que le groupe n'a pas prévu de réinventer quoique ce soit mais que son heavy est toujours aussi bon et que l'équilibre entre puissance et mélodie est toujours aussi maîtrisé. Même si le groupe connaît ses classiques, il parvient à insuffler une touche de modernité dans son heavy pour ne pas sonner comme une redite du passé, même si cela passe parfois par des sons de claviers un peu kitsch. En tout cas, ces gars savent toujours composer de bons morceaux et en matière d'efficacité et d'accroche il y a de quoi faire sur "Icons Of The New Days", faisant de ce nouvel album un digne représentant du genre qui devrait une fois de plus trouver son chemin vers les oreilles des fins gourmets du heavy.

Malgré sa longue durée, j'avoue que l'album passe assez vite, ce qui est la preuve incontestable que les morceaux sont bons et que le groupe sait y faire lorsqu'il s'agit d'accrocher l'oreille. Les traditionnelles power ballads sont de sortie aussi, que ce soit avec "The Way I'll Remember" ou "Not In A Place Like This", de quoi amener une ambiance un peu plus mélancolique sans tomber dans la niaiserie avec notamment quelques parties acoustiques. En parlant d'ambiances, celles de ce nouvel album sont peut-être un poil moins plombées que celles de "II" même si on ne tombe jamais dans la joie de vivre d'un Helloween pour autant. On a même droit à de l'épique aux relents guerriers sur "King's Reborn" qui, une fois de plus, balance un heavy dans le plus pur esprit avec des riffs mélodiques mais puissants. "Long Way To Go" nous rappelle au bon souvenir d'un certain Judas Priest, bref une fois de plus on est dans la pure tradition du heavy et ça fait toujours du bien à entendre. Ce style de metal n'est plus si populaire que ça de nos jours mais il reste toujours les gardiens du temple pour perpétuer la flamme, celle d'un style qui a fait entrer les vieux cons comme moi dans le metal. Outre Judas Priest et Helloween, plus sur le précédent album que sur ce nouvel effort pour ces derniers, on sent aussi quelques petites louches d'Iron Maiden sur certaines harmonies.

Bref, si vous aimez le heavy puisant et mélodique et que vous avez aimé le précédent album, vous pouvez foncer les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes, il y a tout ce qu'il faut sur "Icons Of The New Days" pour assouvir votre soif de bon gros heavy.


Murderworks
Décembre 2018




"II"
Note : 17/20

Amateurs de heavy, voilà un gros morceau pour vous, à savoir "II" le sobrement nommé deuxième album de Lords Of Black. Au programme, un heavy pur et dur aux accents speed et power.

"Merciless" ouvre le bal après une petite intro de circonstance et balance d'entrée un heavy speed mélodique accrocheur et qui pourrait presque faire penser aux premiers Helloween mais la joie en moins (pas vraiment étonnant quand on sait que c'est Roland Grapow qui a produit la bête). En effet, Lords Of Black, sans balancer un heavy dépressif non plus, propose une musique plus agressive et sombre que celle du ténor du heavy speed précité. Ce côté très joyeux voire naïf qu'on trouve chez beaucoup de groupes de heavy speed laisse la place chez Lords Of Black à un côté bien plus épique et rentre dans le lard et donc de temps en temps des sonorités un peu plus modernes et puissantes. Un mélange foutrement efficace sur cet album avec lequel il est difficile de ne pas headbanguer comme un con devant ses enceintes ! Le tout est soutenu par le chant irréprochable de Ronnie Romero qui participe aussi à la reformation de Rainbow ! Si les Espagnols de Lords Of Black n'inventent rien, ils ont tout de même le mérite d'avoir un talent de composition indéniable et de mélanger deux écoles du heavy à leur sauce pour en faire un album percutant, accrocheur et qui nous tient en haleine malgré sa durée d'une heure. Les morceaux durent quasiment tous entre 4 et 5 minutes et vont à l'essentiel, pas de fioritures inutiles sur ce deuxième album, que de l'efficacité, de la mélodie et du riff de tueur.

Ce nouvel est ce qu'on appelle une usine à tubes, il n'y a pas un seul morceau qui ne s'ancre pas immédiatement dans votre tête. Tous les refrains sont des modèles d'accroche, les soli sont excellents, les riffs sont puissants et épiques, le chant est époustouflant, bref c'est la claque du début à la fin ! Le seul reproche que certains grincheux pourraient faire au groupe encore une fois c'est que ça n'invente rien, mais honnêtement quand on écoute du heavy est-ce qu'on s'attend à de l'innovation ? Non, on recherche l'efficacité, la mélodie, la puissance, or il se trouve qu'on a tout ça chez Lords Of Black. Et puis franchement, puisque j'ai fait un parallèle avec Helloween, on peut parler d'Edguy qui ne proposait rien de véritablement nouveau à l'époque des "Vain Glory Opera" et "Theater Of Salvation" et qui a pourtant été encensé chez nous pour la simple et bonne raison que ces albums étaient extrêmement bons. Le parallèle peut paraître un peu douteux mais les membres de Lords Of Black ont dû eux aussi beaucoup écouter Helloween et cet album présente le même schéma que ceux d'Edguy à l'époque, ce n'est pas nouveau mais c'est très bon et sacrément bien foutu ! Niveau production, comme je le disais, c'est Roland Grapow qui est aux manettes, je pense par conséquent qu'il est inutile de s'y attarder et qu'il suffit de dire que ça sonne extrêmement bien. A noter que sur la version japonaise on trouve une reprise de "Lady Of The Lake" de Rainbow et de "Innuendo" de Queen.

Deuxième album percutant, accrocheur, mélodique, épique et puissant de la part de Lords Of Black. Une pièce de choix pour tous les amateurs de heavy sombre à la croisée du speed et du power.


Murderworks
Juin 2016


Conclusion
Le site officiel : www.lordsofblack.com