Le groupe
Biographie :

Lord Of The Lost est un groupe de metal gothique allemand formé en 2007 et actuellement composé de : Chris Harms (chant, guitare, violoncelle, synthé, programmation / Die Kreatur), Pi Stoffers (guitare / chant), Benjamin Mundigler (guitare, synthé, programmation, chant), Klaas Helmecke (basse / chant), Gared Dirge (piano, synthé, programmation, percussions, chant) et Niklas Kahl (batterie / percussions). Lord Of The Lost a sorti ses cinq premiers albums chez Out Of Line et est depuis signé chez Napalm Records.

Discographie :

2010 : "Fears"
2011 : "Antagony"
2012 : "Die Tomorrow"
2014 : "From The Flame Into The Fire"
2015 : "Swan Songs" (Compilation)
2016 : "Empyrean"
2017 : "Swan Songs II" (Compilation)
2018 : "Thornstar"
2020 : "Swan Songs III" (Compilation)
2021 : "Judas"
2022 : "Blood & Glitter"
2023 : "Weapons Of Mass Seduction"
2025 : "Opvs Noir Vol. 1"
2025 : "Opvs Noir Vol. 2"
2026 : "Opvs Noir Vol. 3"


Les chroniques


"Opvs Noir Vol. 3"
Note : 16/20

La trilogie de Lord Of The Lost s’achève. Avec 2025 : "Opvs Noir Vol. 3", leur quinzième album qui sort chez Napalm Records, le groupe composé de Chris “The Lord” Harms (chant / guitare / violon), Class Grenayde (basse), Gared Dirge (clavier / guitare / percussions), Pi Stoffers (guitare), Niklas Kahl (batterie) et Benjamin "Benji" Mundigler (guitare / clavier) met fin à son projet le plus ambitieux débuté l’an dernier.

On attaque par l’inquiétante introduction de "Kill The Lights", premier titre où le groupe reste ancré dans une approche assez minimaliste côté couplets, laissant Chris mener la danse vers un refrain simple mais saccadé accrocheur, mais le groupe va rapidement passer à "I'm A Diamond", accueillant son premier invité : Alea du groupe Saltatio Mortis. Le titre est sans aucun doute très fédérateur, et les parties de l’invité sont participent à le rendre très mélodieux, que ce soit avec les choeurs ou lorsqu’il répond au vocaliste avant de laisser "My Funeral" apporter la touche symphonique majestueuse qui s’allie à merveille au meneur du groupe. On retrouvera tout de même une touche dissonante et une part d’agressivité entêtante, puis on passe à "I Hate People" où les allemands recrutent l’inimitable Wednesday 13 qui apporte son chant brut et rauque à une composition déjà très entraînante et à ses riffs sautillants. "The Shadows Within" repart dans les tons plus doux et aériens qui s’intensifient naturellement lors des refrains tout en conservant cette simplicité accessible avant que le groupe ne s’oriente à nouveau vers les tonalités imposantes sur "La Vie Est Hell", titre inspiré des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire chanté partiellement en français où l’on retrouve Hannes Braun, vocaliste de Kissin’ Dynamite.

Les deux voix se complètent à merveille sur cette ballade mélancolique, puis c’est avec une dynamique synthwave que "Square One" nous surprendra, laissant tout de même une grande liberté au chanteur sur les couplets épurés où il se retrouve souvent presque seul à assurer le commandement du navire. Les musiciens renouent avec leurs influences symphoniques en accueillant Ambre Vourvahis (Xandria) sur "When Did The Love Break", titre assez rythmé qui passe d’un moment de douceur absolue à un refrain plus puissant qui met alternativement puis simultanément les deux voix en avant. Retour d’une saturation bien plus lourde et agressive avec "Your Love Is Colder Than Death", titre assez contrasté dans son exécution qui sait parfaitement gérer le passage de l’un à l’autre, puis c’est avec Damien Edwards (Cats In Space) que le groupe débute "Take Me Far Away", renforçant de ce fait la douceur avec un duo hypnotisant. Nous n’échapperons cependant pas au break puissant où le chant se sature dans les deux extrêmes, puis une dernière accélération nous emporte jusqu’à "The Days Of Our Lives", dernier morceau qui met Chris et les claviers à l’honneur pour un dernier moment solennel afin de clore l’album en beauté.

Après avoir opté pour la violence et les expérimentations, Lord Of The Lost se concentre sur sa partie majestueuse sur "Opvs Noir Vol. 3". Toujours très bien rythmées, les parties instrumentales accompagnent parfaitement le vocaliste dans sa sérénade aux multiples facettes.


Matthieu
Avril 2026




"Opvs Noir Vol. 2"
Note : 16/20

Lord Of The Lost poursuit son grand oeuvre. A peine quelques mois après le premier volume, Chris “The Lord” Harms (chant / guitare / violon), Class Grenayde (basse), Gared Dirge (clavier / guitare / percussions), Pi Stoffers (guitare), Niklas Kahl (batterie) et Benjamin "Benji" Mundigler (guitare / clavier) nous offrent "Opvs Noir Vol. 2", toujours avec le soutien de Napalm Records.

L’album s’ouvre sur "The Fall From Grace" et sa douce introduction aux claviers qui revient aux tonalités imposantes que l’on connaît, suivies de la voix si reconnaissable de Chris qui vient dynamiser le mélange, tout en conservant un ton assez solennel. Les refrains sont évidemment plus accrocheurs, faisant revenir le groupe au complet, puis le break laisse les hurlements apparaître avant un dernier refrain qui mène à "Would You Walk With Me Through Hell?", où le groupe accueille Lena Scissorhands d’Infected Rain. Le morceau est assez contrasté, passant de passages industriels virulents à ce duo vocal imprévisible et souvent agressif, mais aussi une mosh part massive et surprenante alors que "One Of Us Will Be Next" est beaucoup plus douce, adoptant des patterns de ballade mélancolique. La saturation revient dynamiser les refrains mais c’est avec "Walls Of Eden" que le groupe reprend du poil de la bête, proposant un morceau ouvertement taillé pour la scène et qui n’aura aucun mal à fédérer un public qui vient aux concerts en connaissance de cause. Le ton change du tout au tout avec l’arrivée de Käärijä pour "Raveyard" qui transforme un morceau déjà bien enjoué et motivant en une véritable danse folle pour un break totalement déjanté avec son rap qui l’avait mené à la deuxième place de l’Eurovision.

Retour aux tonalités plus lourdes pour "The Last Star" qui s’apaise sur les couplets mais reste bien énervé sur les refrains pour permettre quelques mouvements de foule, mais les choeurs ne parviendront pas à éteindre leur fureur tout comme sur "What Have We Become" qui accueille Chris Corner (IAMX) pour une touche plus expérimentale. Le contraste entre les deux vocalistes est parfaitement servi par une rythmique industrielle avant de revenir à une froideur enivrante et de saison pour "Winter’s Dying Heart", deuxième ballade de l’album aux sublimes passages instrumentaux qui rivalisent avec la voix du chanteur sans l’éclipser. "Scarlight" nous offre un temps de répit avant de repartir à toute allure, s’offrant même un solo entre deux refrains explosifs, puis c’est finalement avec Anna Brunner (League Of Distorsion, Exit Eden) que les Allemands s’attaquent à un nouveau duo sur "Please Break The Silence". Mélancolie et énergie s’entrechoquent, en particulier au niveau du break avant un final assez abrupt, puis "Sharp Edges" vient mettre fin à l’album dans une douceur presque entêtante grâce à des claviers particulièrement doux qui deviendront bruitistes pour le climax, nous amenant au final.

Alors que le disque précédent était très direct, "Opvs Noir Vol. 2" semble prendre une direction un peu différente, multipliant les prises de risque et expérimentations. Il conserve tout de même l’inimitable touche de Lord Of The Lost qui séduira les fans.


Matthieu
Janvier 2026




"Opvs Noir Vol. 1"
Note : 18/20

Lord Of The Lost se lance dans une nouvelle aventure. En 2025, Chris “The Lord” Harms (chant /guitare / violon), Class Grenayde (basse), Gared Dirge (clavier / guitare / percussions), Pi “p” Stoffers (guitare) et Niklas Kahl (batterie), désormais accompagné par Benjamin "Benji" Mundigler (guitare / clavier) entament une nouvelle étape de leur discographie avec leur dixième album, "Opvs Noir Vol. 1", qui sort chez Napalm Records.

On débute à toute allure avec "Bazaar Bizarre", première composition assez majestueuse mais également mystérieuse, sentiment renforcé par les couplets où Chris est seul sur une instrumentale minimaliste. Les passages plus imposants reviennent rythmer le titre et lui donner des touches plus agressives, mais le morceau va finalement céder sa place à "My Sanctuary", titre un peu plus court et entraînant qui emprunte clairement aux touches dansantes du post-punk. Les riffs simples embellissent facilement le morceau, mais c’est avec une toute autre approche que le groupe collabore avec Within Temptation pour nous offrir la douce "Light Can Only Shine In The Darkness", créant un duo saisissant avec Sharon Den Adel qui représente parfaitement ce à quoi on s’attend sous le terme “metal gothique”, surtout lorsque le vocaliste retrouve son chant saturé. "I Will Die In It" reste sensiblement dans cette logique accrocheuse embellie par des claviers tantôt sombres tantôt grandioses, laissant le groupe proposer ce break massif avant de passer à "Moonstruck" pour lequel Chris se montre plus directif, tel un maître de cérémonie, surtout lorsqu’il hurle ou est soutenu par le collectif Stimmgewalt.

On continue avec "Damage", titre aux racines indus agressives sur lequel les musiciens accueillent Whiplasher Bernadotte (Deathstars) au chant, créant un nouveau duo naturel et extrêmement efficace avant que le son ne s’apaise notablement pour "Ghosts" où ils retrouvent la violoncelliste Tina Guo qui donnera un véritable avantage aux passages les plus intenses. "Lords Of Fyre", le titre suivant, prend des allures épiques vu que le groupe collabore avec leurs compatriotes Feuerschwanz dont les teintes power metal et les vociférations renforcent sensiblement le son de Lord Of The Lost, qui va à nouveau s’apaiser pour "The Things We Do For Love" qui démarre comme une ballade. Le son s’embrase par moments, mais la composition reste globalement assez calme, parfois même un peu mélancolique sauf sur le break dévastateur qui en surprendra plus d’un avant le final, suivi par "The Sadness In Everything" où ils retrouvent Anna Maria Rose (Tales Of Time) qui apporte une touche de douceur à l’intensité déjà présente. L’album atteint déjà sa fin avec "Dreams Are Never Alone", la dernière création assez lancinante qui permet au groupe de nous envoûter une dernière fois tout en déployant les éléments les plus majestueux dont ils disposent tout en restant extrêmement mélodieux.

Si la réputation de Lord Of The Lost est déjà faite, "Opvs Noir Vol. 1" est un début très prometteur pour cette nouvelle étape dans leur discographie. Tout sur ce disque est maîtrisé dans les moindres détails, et les collaborations leur permettent d’étoffer leur éventail de sons avec une cohérence époustouflante.


Matthieu
Août 2025




"Judas"
Note : 17/20

Pour leur septième album, les Allemands de Lord Of The Lost ont décidé de ne pas faire les choses à moitié, double album concept sur Judas Iscariot avec une moitié pour sa défense et l'autre à charge. L'album s'appelle fort logiquement "Judas" et voit le groupe étendre son spectre musical habituel. On retrouve toujours ce metal accrocheur aux frontières du gothique mais ce gros format permet forcément plus d'expérimentations.

"Priest" ouvre le premier CD et on se retrouve déjà dans une ambiance presque cinématographique avec ces percussions, ces choeurs féminins aux fines touches orientales et une ambiance déjà bien installée. Si le groupe peut éventuellement être rapproché des ses compatriotes de A Life Divided dans ses moments les plus accrocheurs, il se montre en général un peu plus dur et laisse entendre des sonorités un peu plus variées. C'est encore plus le cas sur ce nouvel album puisque ce concept qui s'étale sur une centaine de minutes laisse le champ libre à Lord Of The Lost pour donner de nouvelles choses. L'accroche est toujours bien présente et ce premier morceau est doté d'un refrain imparable dans le genre, avec en plus une mélancolie qui fait mouche. En cinq minutes, ce premier titre laisse déjà entendre des sonorités plus riches que n'importe quel autre album du groupe. Entre les influences gothiques, les gros riffs metal, le chant clair, les growls, les passages acoustiques, il y a déjà de quoi faire et ce n'est que le début ! "For They Know Not What They Do" montre d'ailleurs un visage bien plus dur et certains passages se montrent bien plus méchants que ce qu'on entend habituellement dans ce style de musique. On ne va pas partir non plus dans le track by track puisqu'il y a quand même vingt-quatre morceaux sur ce double album mais sachez que Lord Of The Lost s'est dépassé et a laissé les étiquettes au vestiaire. Les mélodies sont toujours aussi accrocheuses mais v fait évidemment preuve de plus de profondeur et laisse beaucoup de place aux émotions sans jamais tomber dans la niaiserie. "Judas" n'est pas seulement imposant par sa durée, il l'est tout autant par sa variété et sa richesse. Un album qui a probablement demandé beaucoup de travail tant tout semble maîtrisé et juste, le moindre arrangement, la moindre orchestration, la moindre ligne de chant est à sa place et tout contribue à appuyer les ambiances et les émotions que ces vingt-quatre morceaux étalent sur "Judas".

Les orchestrations et les choeurs s'intègrent parfaitement à ce metal gothique accrocheur et ne prennent jamais trop de place. Nombre de groupes sombrent dans la surenchère quand ils font appel à des orchestrations mais ce n'est pas le cas ici, Lord Of The Lost les utilise intelligemment et ne les laisse jamais phagocyter l'espace sonore. "Judas" est sans aucun doute ce que le groupe a produit de meilleur jusqu'à maintenant et si l'exercice du double album concept était risqué, Lord Of The Lost vient de prouver qu'il avait les reins assez solides pour se le permettre. Tout est là, que ce soit l'accroche, les émotions, la puissance d'évocation, la variété des sonorités utilisées, l'efficacité et cette heure quarante de musique passe vite. Malgré ce concept et ce format imposant, les morceaux ont une durée assez compacte, autour des quatre minutes, et gardent l'impact auquel le groupe nous a habitués jusqu'à maintenant. L'évolution est impressionnante car même si le groupe n'a pas vraiment changé de visage, sa musique a pris de l'ampleur et se montre bien plus profonde. Après avoir prouvé qu'il était intouchable quand il s'agit de balancer des mélodies accrocheuses avec "Thornstar", il nous démontre avec "Judas" qu'il peut aussi se faire plus fin, plus travaillé et plus évocateur sans jamais perdre son impact pour autant. Plus sombre aussi concept oblige, les ambiances développées ici sont plus poignantes que jamais et un morceau comme "And It Was Night", par exemple, arrive à la fois à s'ancrer dans votre crâne et à vous frapper en plein cœur. Un équilibre entre accroche et puissance émotionnelle que Lord Of The Lost n'avait jamais poussé aussi loin.

On dépasse le simple metal gothique sur "Judas" et même si le concept est basé sur Judas Iscariot, on a l'impression que le groupe ne s'est jamais autant livré qu'ici. Il y a quelque chose de plus profond, de plus poignant sur ces morceaux et le chant trahit plus d'une fois une sincérité et une fragilité qui dépassent ce concept. Après tout, le personnage de Judas permet d'exprimer des émotions que tout le monde connaît ou a connu que ce soit la colère, le désespoir, la trahison, le doute et a pu servir de véhicule pour exprimer des choses plus personnelles. En tout cas, à l'écoute, l'implication du groupe ne fait aucun doute et on sent que cet album restera particulier dans sa discographie, que ce soit par le côté massif du double album, le concept mais aussi et surtout pour la puissance des émotions qui n'ont jamais été autant mises en avant sur un album de Lord Of The Lost. "The Ashes Of Flowers" est un autre très bon exemple de morceau qui prend aux tripes avec ce choeur poignant qui accompagne le chant de Chris Harms et qui se termine par un cri qui vient lui aussi des tripes. Il va clairement falloir plusieurs écoutes pour que vous saisissiez ce monstre mais cela vaut la peine de persévérer tant le groupe s'est dépassé, d'autant que l'ensemble reste suffisamment accrocheur pour ne pas décourager. Quand les mélodies immédiates cesseront d'attirer votre attention, vous commencerez à saisir la profondeur de ce double album et comprendrez le travail que Lord Of The Lost a abattu sur ce double pavé.

"Judas" est impressionnant à bien des égards et surpasse sans problème tout ce que le groupe a pu faire jusqu'à maintenant. Lord Of The Lost s'est surpassé et a conçu un monstre à la hauteur du concept abordé. Bien plus difficile à assimiler que ses prédécesseurs mais bien plus profond, poignant et massif, "Judas" restera à coup sûr une étape particulière dans la discographie du groupe.


Murderworks
Novembre 2021


Conclusion
Le site officiel : www.lordofthelost.de