"Kun Valo Minussa Kuoli"
Note : 18/20
Kaunis Kuolematon perpétue sa froideur. Deux ans après son dernier album, le groupe composé de Olli Saakeli Suvanto (chant, Tomb Of Finland, End Of Aeon), Mikko Heikkilä (guitare / chant, Dawn Of Solace, ex-Sinamore), Ville Mussalo (guitare, End Of Aeon), Jarno Uski (basse, End Of Aeon, ex-Sinamore) et Miika Hostikka (batterie, ex-Sinamore) dévoilent "Kun Valo Minussa Kuoli", leur cinquième album.
"Kaiku" débute avec une douceur enivrante qui finit par adopter la saturation tout en conservant ses tonalités lumineuses et aériennes, tissant une mélancolie omniprésente avant même que les premières parties vocales ne nous parviennent, axées vers la violence à travers les hurlements sauvages. Le morceau est tout de même assez court, et il laisse place à "Merta" qui fait rapidement renaître ces leads planants mais qui nous propose également le chant clair de Mikko qui répond aux rugissements d’Olli, en particulier sur les moments aux racines black virulentes. L’imposante "Kun Kyynelistä Muodostuu Meri" prend la suite et impose sa lourdeur mais surtout son allure, qui reste principalement assez modérée mais qui ne se prive pas pour s’enflammer lorsqu’elle le souhaite ou au contraire s’apaiser encore plus et devenir assez minimaliste, en particulier avant le break intense alors que "Rauniot" reprendra une certaine chaleur dans sa rythmique. Les riffs sont bien plus énergiques, et les quelques embrasements ne manqueront pas de nous me rappeler à intervalles réguliers, nous réservant tout de même un espace de calme avant de passer au final puis à la nettement plus sombre "Maailman Ainut Ihminen" qui ralentit à nouveau la cadence.
Les quelques choeurs de Gogo Melone (Aeonian Sorrow) fleuriront par moments, rendant le mélange encore plus contrasté et mystique, puis c’est avec un final épuré que le chant clair nous conduit à "Kaipaus" où l’on retrouve des harmoniques dissonantes mais étrangement calmes. Le son cristallin permet à Mikko de trouver une certaine quiétude sur laquelle s’appuyer avant que la rythmique ne s’enflamme et qu’il ne soit rejoint par son camarade hurleur avant un moment particulièrement cryptique qui mettra le feu aux poudres pour le final qui rejoint le titre éponyme, "Kun Valo Minussa Kuoli". Là encore, le groupe mise sur des tonalités majestueuses pour séduire et capturer notre esprit pour finalement mieux le maltraiter, s’ouvrant toujours à plus de violence et de sonorités perçantes qui frappent de manière régulière avant que "Kuura" ne nous autorise un moment de répit avec son introduction aérienne. La saturation n’est bien évidemment jamais très loin, profitant de la dualité intrinsèque de la musique du groupe pour en renforcer certains aspects tout comme sur "Aatos" qui propose des moments beaucoup plus marqués pour clore l’album sans renier l’un ou l’autre des aspects de sa personnalité musicale.
Depuis que j’ai découvert Kaunis Kuolematon, le groupe ne cesse de m’étonner. Leur mélancolie glaciale assume pleinement ses racines finlandaises, mais elle est également très personnelle, délivrant des touches uniques qui sont une fois de plus magnifiées sur "Kun Valo Minussa Kuoli".
"Mielenvalta"
Note : 16/20
Un bon chroniqueur, à mon avis, se doit d’avoir l’esprit le plus ouvert possible. Cela ne va pas sans dire qu’il n’existe pas de bête noire et pour ma part, le doom metal a toujours été problématique. Non pas que ce soit un sous-genre du metal qui soit mauvais, mais plutôt que je n’ai pas, à ce jour, réussi à accrocher. Par contre, je crois que le mélange des genres peut parfois aider à défoncer des portes verrouillées, comme le metal symphonique mixant chanteuse et growl m’a pavé le chemin vers le death.
Kaunis Kuolematon parvient justement à un savant mélange des genres pour rendre son death / doom attrayant (si cela est possible en parlant de death…). Les premières notes lugubres de "Surussa Uinuva" laissent même place à une approche plus proche du black que du death.
C’est retour au doom directement sur le morceau suivant, "Elävältä Haudattu" mais encore une fois avec une légère variante, à mon humble avis. En effet, contrairement au doom hyper lent et mélancolique, ici, nous avons affaire, certes à un tempo ralenti, mais dans une forme un peu plus épique dans l’ensemble. En milieu de parcours de ce morceau, nous avons droit à un chant clair qui vient contrebalancer les attaques répétées du large registre des growls livrés par Olli Suvanto.
Encore une fois, le mélange des genres opère merveilleusement bien, oscillant entre le death, le doom et le gothique. D’ailleurs, la pièce "Peilikuva" se décline pratiquement à moitié dans ce dernier style avant de retourner aux racines death / doom pour, par la suite, se poursuivre dans des influences, minimes, j’en conviens, black / death / doom.
Chanté entièrement en finlandais, je trouve personnellement que les langues scandinaves sont tout à fait appropriées pour ce genre de metal, ajoutant du même coup une touche personnelle et culturelle à l’album.
"Mielenvalta" n’est donc pas, vous l’aurez deviné, un album 100% doom, mais bien un amalgame de plusieurs genres, dont le doom fait partie, et comme je le mentionnais en début de chronique, s’avère ainsi la parfaite introduction dans un genre auquel je ne m’identifie pas encore à ce jour.
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