Le groupe
Biographie :

Kampfar est un groupe de pagan black metal fondé des cendres de MocK en 1994 par Dock. Grâce à une cassette en 1995, le label Season Of Mist accepte de signer avec eux. En 1997 sort "Mellom Skogkledde Aaser". Après un premier changement de label, ils sortent en 1999 leur second album, "Fra Underverdenen". Enchaînant les problèmes de line-up et de labels, ce n'est qu'en 2003 que le groupe se stabilisera pour reprendre les concerts et sortir, en 2006, "Kvass", leur troisième album. Leur quatrième album sort en 2008, sous le nom de "Heimgang". Après être passé au Hellfest en 2010, Kampfar sort en 2011 "Mare", son nouvel album tant attendu. En 2013, le groupe retourne au Abyss Studio pour enregistrer son sixième album "Djevelmakt", avec Jonas Kjellgren à l'enregistrement et Peter Tägtgren au mix. "Djevelmakt" sort le 27 Janvier 2014 chez Indie Recordings. "Profan" sort le 13 Novembre 2015, toujours chez Indie Recordings.

Discographie :

1997 : "Mellom Skogkledde Aaser"
1999 : "Fra Underverdenen"
2006 : "Kvass"
2008 : "Heimgang"
2011 : "Mare"
2014 : "Djevelmakt"
2015 : "Profan"
2019 : "Ofidians Manifest"


Les chroniques


"Ofidians Manifest"
Note : 18/20

Depuis des années déjà, Kampfar fait partie des références du black pagan mondial. Créé en 1994 en Norvège, le groupe compte aujourd’hui sur les hurlements de Dolk (chant, ex-batteur, Mock, ex-Gruesome), les cordes de Jon Bakker (guitare / claviers, Fester, ex-Gruesome) et Ole Hartvigsen (basse, Emancer) et les frappes d’ Ask (batterie / chant, Hades Almighty, ex- Kraków), pour une discographie de huit albums au total. Et le dernier, "Ofidians Manifest", est d’ailleurs à peine sorti.

Le premier titre de ce nouvel album est "Syndefall", qui débute avec un sample de hurlements mêlant terreur et souffrance. Mais très rapidement, c’est une rythmique orientée sur un black metal glacial et des cris effrayants qui nous sont offerts par la formation. Cependant, les riffs ralentissent, et un écho en chant clair s’invite au mélange. La transition entre black pur et black pagan est assurée par une guitare lead au son claquant, mais entraînant. Le deuxième morceau, "Ophidian", reste sur ce modèle, un black intransigeant sur lequel les Norvégiens saupoudrent des éléments pagan / folk, qui adoucissent le mélange et lui donnent cette saveur si intense. Les hurlements en chant clair font froid dans le dos, mais le groupe renforce la rythmique, comme pour créer un décalage supplémentaire avec cet univers riche. On passe sur "Dominans", une composition qui arrive plus lentement, et qui fait la part belle aux orchestrations et autres choeurs malsains pour saisir son auditeur à la gorge. La basse est également très mise en avant, et la guitare pose sur le tout des harmoniques aériennes bienvenues.

Le groupe enchaîne avec les riffs énergiques de "Natt", morceau nettement plus pêchu malgré cette ambiance très sombre, et il est presque impossible de ne pas headbanguer au rythme de cet hymne à la nuit. La férocité des harmoniques perçantes contraste avec la rythmique, plus saccadée, mais le riff principal revient vite avant de nous lâcher sur "Eremitt". A nouveau, c’est la noirceur qui marquera cette composition, mais toujours avec ces accents presque mystiques qui font le lien entre les différentes influences de la formation. C’est un clavier qui créera la rupture, accompagnant par la suite les riffs, jusqu’à se perdre dans l’infinité des notes que le groupe nous aligne. La basse et la batterie débutent "Skamløs!", un titre résolument plus atmosphérique, avant d’être rejointes par la guitare et le chant. Une approche différente se fait sentir dans la composition, bien que l’on retrouve les éléments essentiels à la formation, et je ne saurais réellement décrire ce qui change mais… il est difficile de ne pas le sentir. Dernier morceau, après un passage aérien, "Det Sorte" s’annonce grâce à un riff acoustique porté par un sample. A nouveau, c’est un nouvel aspect de leur univers que les Norvégiens nous dévoilent, et cette chanson est pour moi la parfaite incarnation d’une marche en forêt. Si la rythmique est assez claire devant nous, en se concentrant sur les riffs on y découvre à chaque fois un nouvel élément, une nouvelle note, une harmonique plus distincte… Et si la rythmique paraît très massive, il y a également énormément d’éléments beaucoup plus calmes qui lui donnent toute sa saveur.

Avec ses vingt-cinq années d’existence, Kampfar réalise une excellente performance en nous offrant "Ofidians Manifest". Les deux côtés de la musique du groupe s'emmêlent, se chevauchent, jouent littéralement entre elles sans jamais empiéter sur le territoire de l’autre, et c’est ce qui fait la particularité de la formation. Pour avoir vu le groupe à l’oeuvre sur scène, c’est une valeur sûre du paysage metal.


Matthieu
Mai 2019




"Profan"
Note : 18/20

Kampfar est un groupe assez spécial pour moi. C’est simple, à chaque fois qu’ils sortent un nouvel album, je les aime de plus en plus. C’est un groupe qui combine à la fois un passé musical très riche, et de nouvelles productions totalement jouissives. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de revoir le groupe assez récemment au BlekkMetal, et ils n’ont pas démérité. J’étais donc, en toute logique, très enthousiaste à l’arrivée de "Profan".

Cet album s’ouvre donc sur "Gloria Ablaze". On est directement mis en situation avec des ricanements qui se veulent glauques, caractéristique typique dans les albums de black metal. Franchement, si on étudiait la situation de manière scientifique, je suis sûre qu’on pourrait constater que la majorité des groupes utilise à un moment donné des grognements, rires ou autres bruits suspects. Mais ce titre se révèle d’ors et déjà une réussite. Les vocaux de Dolk, largement reconnaissables, sont incisifs et accompagnés par un martélement provenant de la batterie. Et le refrain, qui s’égare dans des choeurs de voix claires (mon foutu point faible dans les productions norvégiennes), est tout simplement hypnotisant. On reconnaît sans souci la patte de Kampfar dans ce premier titre. Vient ensuite "Profanum" qui laisse une belle place à la batterie. Mais plus largement, ce titre met en valeur le talent de tous les musiciens de Kampfar. Ce morceau joue sur les intensités, adoptant tour à tour un rythme rapide et agressif pour laisser place vers le milieu du titre à un tempo plus lent et lancinant. Et que dire du riff de fin qui est tout simplement entêtant ? Le titre suivant, "Icons", s’ouvre avec une douceur inattendue. C’est ensuite l’occasion de constater que "Profan" est un album tourné en majorité vers la guitare. Tout est fait pour qu’on lève les sourcils et qu’on commente cet instrument en particulier. Ce titre n’innove pas vraiment, et est peut-être l’un des moins convaincants de cet album, mais je note une fois de plus ces choeurs presque fondus dans le background, qui apportent une dimension mystique au morceau. Moins convaincue, mais tout de même un titre qui fait son petit effet.

Passons à "Skavank". Il est en mon sens l’un des titres les plus travaillés de l’album, avec un jeu de variations très intéressant. Le tout semble beaucoup plus structuré et travaillé. Il est également davantage mélodique, mais reste néanmoins entêtant. Le riff reste en tête un bon moment, croyez-moi. Et mention spéciale aux vocaux sur ce titre, qui font un travail assez impressionnant sur l’auditeur. Cette variation entre la voix black et une voix plus grave et incisive qui insiste exagérément sur les notes donne un rendu admirable. Un vrai coup de coeur en somme. Poursuivons avec "Daimon" qui mérite une note spéciale. Il a servi en effet de titre utilisé pour le premier clip de Kampfar. Clip qui mériterait également un coup d’oeil pour comprendre l’univers que développe le groupe dans cet album, et qui est très marqué. Une fois de plus, on retrouve ces choeurs proprement entêtants. Je n’ai jamais caché que ce genre de choses était un point faible chez moi, mais ici c’est vraiment bien réussi, et cela instaure une atmosphère bien particulière. Bon forcément, j’ai maintenant l’imagerie proposée par le clip en tête, mais je pense qu’il est largement possible de se faire sa propre idée. Le travail d’ambiance effectué sur ce morceau est en tout cas hallucinant, et "Daimon" s’impose pour moi comme une des grandes réussites de cet album. Le parfait morceau pour un clip, et le parfait morceau pour cet album. Du grand Kampfar. Vient ensuite "Pole in the Ground" qui en rajoute une couche dans l’intensité. Tout l’album apparaît alors comme une montée en puissance progressive, qui amène à ce morceau précis. Ici, toute l’agressivité et la brutalité de Kampfar sont finalement relâchées. Il n’y a tout simplement pas de moment de répit. Et le final de ce titre est tout simplement inattendu dans des sonorités bien différentes de ce que le titre promettait à l’origine. Et quel final ! Encore une fois une réussite, dans un album qui ne semble pas avoir de véritables faiblesses apparentes. Le dit-album s’achève sur "Tornekratt" qui impose une nouvelle fois une véritable performance vocale et instrumentale. On y retrouve un côté plus classique sans doute, mais toujours avec ce jeu dans le background sur les vocaux. Et franchement, je suis totalement acquise au concept à ce niveau.

Ce n’est maintenant plus une surprise, j’adore Kampfar. Et ce "Profan" semble être l’évolution logique de "Djevelmakt" que j’avais, par ailleurs, déjà chroniqué. J’attendais beaucoup du groupe, car j’ai tendance à penser qu’on est souvent déçus par les groupes qu’on apprécie le plus, mais il n’en fut rien. Kampfar s’impose une nouvelle fois comme un groupe qui sait se renouveller, et qui propose un contenu des plus remarquables. Franchement, il n’y a pas un seul moment dans cet album où je me suis ennuyée, où j’ai eu envie de passer une chanson, ou tout simplement de changer d’album. C’est pour moi une des réussites de cette année 2015, car oui la fin d’année approchant, il va bientôt falloir faire le bilan. De plus, je tenais à signaler que Kampfar est un aussi bon groupe en studio qu’en live. Ils sont même meilleurs en live. N’hésitez donc pas à aller leur payer un salut, ils le méritent amplement.


Velgbortlivet
Décembre 2015




"Djevelmakt"
Note : 16/20

Kampfar est un groupe norvégien qui ... Non, attendez je me refuse à présenter un groupe aussi culte. Si vous ne connaissez pas encore ce monument de la scène norvégienne, c’est que de toute évidence il y a quelque chose qui doit changer dans votre vie. Sérieusement. "Djevelmakt" est le sixième album du groupe, qui fait suite à un "Mare" qui avait divisé l’opinion. Kampfar avait alors pris un virage assez significatif musicalement parlant, qui avait creusé les désaccords entre les fans. Le débat habituel s’était alors engagé : "Est ce que Kampfar ça craint maintenant ?". Pour moi, la réponse était non. Et donc, sans plus attendre, nous allons partir à l’assaut de ce petit nouveau.

L’album démarre sur "Mylder" qui est, si je ne m’abuse, le premier titre à avoir été révélé par le groupe dans le cadre de la promotion de l’album. Titre qui démarre par une espèce de piano discordant et un énorme "HELVETE !". Ah oui, cash comme ça ? "Helvete" signifiant "enfer" en norvégien, et étant communément utilisé comme grossierté. Oui, j’arrête ici la parenthèse linguistique. Et on retrouve la patte très professionnelle du groupe, avec un black dans la lignée de "Mare" justement. Incisif, violent et brutal. Le tout est maîtrisé, et Dolk n’hésite pas à donner de la voix. Très bonne entrée en matière. Point positif avec les interludes "folk" avec des instruments très... folkloriques (applaudissements, merci).

Suit "Kujon", qui continue sur cette lancée. Mais je trouve dans ce morceau un petit relant hypnotique sans doute apporté par les back vocals. Bon là encore, il n’y a pas à tortiller : Kampfar va droit au but, preuve d’un sujet parfaitement maîtrisé. Le troisième titre "Blod, Eder Og Galle" qui s’ouvre d’une manière plus folk. Un petit air de groupes à la Finntroll d’ailleurs. Le tout replonge bien vite dans la brutalité absolue. On retrouve néanmoins les racines pagan de Kampfar. Il y a toujours un petit côté épique, qui là est doucement dissimulé. Je refuse de cracher dans la soupe : c’est du bon. Le titre suivant "Swarm Norvegicus" débute avec douceur. On peut entendre en fond une voix craquer. On y retrouve l’ajout de "voix claires" enfin non pas claires, mais de voix graves qui parlent avec austérité. Cela donne un petit côté rituel tout ça ! Une ambiance spéciale flotte sur ce morceau, qui se termine en quelques notes de piano. Piano que l’on retrouve immédiatement sur le morceau «Fortapelse». De nouveau, c’est un black sans concession rempli de "Helvete" qui nous embarque dans une quête épique dans les sombres forêts norvégiennes (des forêts, et encore des forêts et ô des montagnes !). Bon j’avouerai avoir été coupée dans mon élan. Le morceau fini m’a laissé un peu sur ma faim, dans une espèce d’anticipation frustrée de "Hein ? Déjà terminé ? merde alors !".

Place donc à "De Døde Fanes". Qui livre un cri de haine spectaculaire dès le début du titre. Et on aura le droit à nombre de hurlements, accompagnés des mêmes voix austères dont je causais plus haut. A croire que c’est quelquechose de commun dans le black norvégien. A croire qu’ils aiment nous faire imaginer leur toute puissance, alors qu’ils se tiennent debout au sommet d’une montagne... et c’est là qu’Abbath dévale la dite montagne et bousille mon scénario. Pour en revenir à Kampfar, j’ai beaucoup apprécié cet aspect et la petite flûte qu’on entend en background à certains moments du titre. Cela donne un petit aspect folklorique, et renforce mon idée que le groupe veut nous plonger dans un environnement bien précis. Le tout doit conduire à une représentation mentale de la musique... je ne sais pas si je suis bien claire là. M’enfin. Ma favorite de l’album. Poursuivons avec "Svarte Sjelers Salme". Là encore une fois, le groupe envoie la sauce. Je regretterai une fois de plus la durée du titre, qui me frustre une nouvelle fois et me stoppe dans mes pérégrinations mentales. Et nous voici déjà à la toute fin de l’album qui se conclut par un titre en anglais, une fois n’est pas coutume "Our Hounds, Our Legion". 7 minutes de bonheur. Un morceau qui se termine sur quelques derniers cris de guerre.

Alors ce nouveau Kampfar ? Dans la lignée du précédent. Simple, mais efficace. Et je prédis qu’il divisera de nouveau. Alors oui, c’est du Kampfar. Je veux dire par là que c’est attendu. On sait d’avance où le groupe va partir, ce qu’il aime, et où il officie. On reconnaît nettement une patte spéciale de la part de Kampfar. Peut-être qu’un peu plus d’innovation aurait été la bienvenue, certes. Mais au final, on ne va pas dénigrer ce qu’on a : un album très solide dans la continuité de la ligne artistique du groupe, doublé d’une production maîtrisée. Pourquoi se contenter des brouillons que propose ce genre musical, au final ? Un peu de netteté est aussi agréable. Entendez-moi bien, cet album n’est pas le chef d’oeuvre qui renouvellera un genre musical qui existe déjà depuis de nombreuses et longues années, mais il suffira à vous faire passer un agréable moment. Et j’ai dans l’idée que les nouveaux morceaux doivent vraiment poutrer des chèvres en concert. Et pour cela, je ne peux que vous conseiller de bouger vos fesses et d’aller assister à la tournée européenne de Kampfar pour vous en rendre compte par vous-même.


Velgbortlivet
Février 2014




"Mare"
Note moyenne : 12/20

3 ans après le très sympathique "Heimgang", Kampfar nous revient avec son nouveau méfait "Mare", toujours pour le compte de l'écurie Napalm Records. Mais même si certaines choses restent immuables, d'autres changent et c'est ainsi le cas pour Kampfar... Après le départ de Thomas, l'un des membres fondateurs du groupe, ce dernier a décidé de changer de son et a ainsi fait appel au grand Peter Tägtgren !!! Alors, les studios Abyss ont-il a nouveau enfanté d'un chef d'œuvre ? Verdict dans ces lignes...

Ce qui est sûr dès les premières mesures de ce "Mare", c'est que ce changement de son donne au groupe une toute autre physionomie. Malgré une batterie percutante à souhait, des guitares glaciales et le chant guerrier toujours impeccable de Dolk, on se rend vite compte que Kampfar nous offre ici un visage plus policé qu'à son habitude. Les quelques nappes de claviers présentes, heureusement avec parcimonie, tout au long de l'album n'y sont bien sûr par étrangères... Le problème, c'est que l'ensemble sonne de manière un peu trop chaleureuse à mes oreilles, finalement assez loin de l'image que j'ai de Kampfar depuis maintenant nombre d'années !!! Surprenant donc...

De manière générale, on a d'ailleurs affaire à un album assez mid-tempo, par moments limite atmosphérique qui saura couler paisiblement dans vos oreilles comme un long fleuve tranquille et peu d'éléments perturbateurs viendront finalement perturber votre écoute... Heureusement, quelques riffs, voire quelques morceaux viendront attirer votre attention ici ou là, vous sortant ainsi d'une étrange torpeur entre rêverie et sommeil profond. Il en est ainsi pour le parfait "Bergtatt" ou le très intéressant "Blitzwitch", purs monuments de pagan black-metal bénéficiant de la dynamique guerrière et des mélodies glaciales qui ont fait la réputation et finalement aussi le son de Kampfar par le passé.

A mon grand désespoir, ces moments épiques de haute volée sont bien trop rares dans ces 50 minutes que compte "Mare". En optant pour ce nouveau son, Kampfar nous offre donc son visage le plus sage et devient par la même plus insipide. Il ne faut bien sûr par négliger les qualités musicales du groupe et avouer que l'ensemble est plutôt bien fait, tant au niveau de la richesse des compositions que des arrangements, mais même si le produit final sonne vraiment plus pro qu'à une époque pas si lointaine, je trouve que le groupe a par la même perdu sa fougue et son âme. Et même lorsqu'on croit au réveil du groupe sur le dernier excellent morceau "Altergang", les courtes 2min30 du morceau parviennent tout juste à nous faire monter en pression pour nous abandonner là, sur le bord de la route, au bord de l'extase tant attendue.

Voilà donc le parfait exemple de l'album en demi-teinte pour un groupe qui refusait jusque là toute forme de compromis et qui devait une partie de sa réputation à son honnêteté et à sa droiture autant musicale que spirituelle... Bref, pour un groupe qui a peut-être été ensorcelé par les sirènes du music business et a ainsi préféré vendre son âme, quitte à perdre son identité. Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici et c'est ce que je trouve regrettable. Sans revenir trop loin dans le temps, avec un album comme "Kvass", Kampfar pouvait mettre tout le monde d'accord avec des morceaux et un son tout droit sortis des glorieuses années 90... Avec un seul morceau comme "Til Siste Mann", on retrouvait toutes les racines d'un groupe né en 1994 et qui, par ses mélodies, parvenait à faire vibrer jusqu'à votre âme !!! Espérons donc que Dolk et sa bande parviendront à se rattraper sur le prochain opus car même si aujourd'hui le coeur n'y est plus, le talent, lui, est toujours là...


Carcharoth
Octobre 2011
Note : 13/20

Kampfar. Un nom, une légende. Venu des contrées Norvégiennes surpeuplées de ces hordes de néo-vikings et satanistes aux guitares accérés, cette formation a réussi à se tailler une place de choix sur la scène black metal de leur pays, mais aussi internationale. Inutile de dire que de la découverte de "Mare", j'attendais une pomme succulente et juteuse ou plûtôt un coup de hâche de guerre dans le cul capable de me faire délicieusement planer au dessus des champs de batailles et des froides montagnes Norvégiennes, dans la tradition des années 90.

Pour les nouveaux découvrant ce groupe de guerriers nordiques, "Mare" se doit de faire honneur à ce groupe culte. Quelle déception mais alors quelle déception ! Est-ce que j'attendais trop de ce disque. Les Norvégiens nous livrent ainsi un disque relativement classique, fait d'une batterie classique mais précise, de riffs en trémolo acérés, saturés et simplistes, une basse banale et des claviers distillés à des endroits stratégiques, "Mare" est un disque qui en arrive à ennuyer. Classique dans son ensemble, on a l'impression que Kampfar a essayé de créer des morceaux directs et accessibles mais a oublié d'y insuffler ce suplément d'âme qui fait la force d'un véritable album "classique". C'est bien beau de vouloir aller à l'école Peter Tägtgren mais peut-être faut-il travailler d'abord l'intérieur avant d'affiner l'exterieur. A l'image du morceau "Bergtatt", l'ennui nous guette à chaque riff. Qu'ils n'aillent donc pas prétendre qu'ils ne se sont pas assis autour d'une table pour se dire qu'ils devaient composer des classiques à la sauce Norvégienne. Il y a certes des changements de rythmes, des passages mid-tempo ou des interludes de claviers ambiants, mais la plupart du temps, on regarde sa montre et attend le riff suivant, ce son précis n'a pas d'intérêt quand il n'y a pas de contenu recherché.

Globalement, sur les neuf morceaux, on retiendra à peine quatre pistes composées avec un minimum d'inspiration . Quatre qui arrivent à interesser et interpeller l'auditeur. Le morceau éponyme est peut-être un peu long mais celui-ci résonne comme une charge épique et sombre. Doté de ralentissements, de passages pleins d'espoirs, cette tornade semble être faite pour le live et peut se targuer de faire partie des setlists de leurs prochains shows. Réduisant par la suite leur puissance de feu, on retiendra "Huldreland" introduit par une batterie mid-tempo accompagnée de notes de piano précises et rythmiques. Un morceau qui se laisse suivre. Dans le même genre, on retrouve un "Trolldomspakt" peut-être moins prenant mais qui se laisse suivre. Finalement, le dernier morceau que l'on retiendra est "Blitzwitch", un morceau dont l’intensité arrive crescendo, à la mélodie lente, simple et frappante, qui fait penser aux vieux Dimmu Borgir.

Donnant la plupart du temps l'impression de se retrouver quelques parts sur une lande de bruyère alors que de petits trolls dansent autour de nous dans l'espoir (vain) d’attirer notre attention, "Mare" ne marquera pas les esprits, tout au plus apportera-t-il au groupe quelques morceaux de plus à jouer en concert, là où la légende Norvégienne a une réputation à défendre. Gageons que nos vikings retrouveront bien vite leur inspiration.


Robin
Octobre 2011
Note : 11/20


Conclusion
Le site officiel : www.kampfar.com