Le groupe
Biographie :

Jungle Rot est un groupe de death metal américain formé en 1992 et actuellement composé de : Dave Matrise (chant, guitare / ex-Num Skull, ex-Fatal Violence, ex-Nocturnal), James Genenz (basse / Avernus, Reign Inferno, ex-Dead For Days, ex-Dead Of Winter, ex-Dysphoria, ex-Fleshgrind) et Geoff Bub (guitare). Jungle Rot est passé par les labels Pure Death Records (2 albums), Olympic Recordings (2 albums), Napalm Records (1 album) et est signé chez Victory Records depuis 2011 chez qui il a sorti les albums "Kill On Command" (2011), "Terror Regime" (2013), "Order Shall Prevail" (2015) et "Jungle Rot" (2018).

Discographie :

1997 : "Slaughter The Weak"
1998 : "Darkness Foretold" (EP)
2001 : "Dead And Buried"
2004 : "Fueled By Hate"
2006 : "War Zone"
2006 : "Live In Germany" (DVD)
2009 : "What Horrors Await"
2011 : "Kill On Command"
2013 : "Terror Regime"
2015 : "Order Shall Prevail"
2018 : "Jungle Rot"


Les chroniques


"Jungle Rot"
Note : 13/20

Jungle Rot nous a pondu son premier album en 1997, et voilà que pour célébrer, en gros, son 25ème anniversaire, nos mercenaires en provenance du Wisconsin nous offrent un disque qui s'intitule bêtement "Jungle Rot". Bah voui, à quoi bon s'enquiquiner de trouver LE titre qui va bien en plein milieu de carrière quand on n'a pas encore utilisé le joker du nom d'album éponyme ? Il est clair que le groupe mise beaucoup sur ce skeud, il n'y a qu'à voir la pochette, sublime, détaillée, qui dévoile un pauvre bougre, victime de piranhas à l'appétit féroce.

Musicalement, Jungle Rot semble persister dans ce qu'il sait faire de mieux, un bon vieux death metal groovy des familles, à la fois cryptique, thrashy, lourd et sans compromis. Les guitares dégoulinent comme un explorateur suant en pleine forêt amazonienne, mais restent cependant précises, la batterie martèle ses rythmiques de capitaine caverne en mode pilotage automatique, la basse est bien présente et le chant rageur et glaireux, très linéaire, ajoute lui aussi une touche préhistorique à l'ensemble. Il n'y a que dans le titre "Fearmonger" que les vocals évoluent, grâce à la présence de Schmier du mighty Destruction ! Mixé au Unisound studio, en Suède, par monsieur Dan Swanö, Jungle Rot a toutes les cartes en main pour satisfaire le fan de death groovy pachydermique.

Composé de 10 titres dont une reprise de Kreator, "Terrible Certainly", ce CD nous propose une musique puissante mais nuancée. En effet, les nombreux leads de guitares harmonisées font respirer le tout grâce à un apport mélodique bienvenu. Les solos, inspirés, apportent du crédit à l'ensemble (à part celui de "Glory For The Fallen" qui est pourtant un titre chargé d'émotions, écrit en hommage à un ami du chanteur, assassiné).

Pour le coup, Jungle Rot a réellement misé sur des compos "in your face" ! L'accent est placé sur le groove et la lourdeur mais du coup, l'album se trouve être un peu monotone. 40 minutes de mid-tempos, administrés par un death somme toute assez traditionnel dans l'approche, sans réelles variations, ça peut lasser. C'est quand même dommage car Jungle Rot a su prouver par le passé qu'il pouvait surprendre, comme avec l'excellent "Terror Regime", thrashy à souhait, ou l'étonnant "Kill On Command". Même si ce bien nommé "Jungle Rot" contient de bons moments, avec des passages véritablement bonnards, on a le sentiment que le groupe ne s'est pas réellement donné à fond pour cet album. En gros, on peut dénoter finalement un certain manque d'ambition, voire de motivation.

Le disque commence pourtant très bien, avec ce "Send Forth Oblivion" dynamique et catchy, suivi de "Delusional Denial" un peu plus dans le délire Autopsy, avec ce riff entêtant et basique qui s'engage ensuite dans un élan thrash bien sympatoche. L'album se déroule ensuite en mode automatique, et tend progressivement vers la lassitude. En fait, le groupe n'arrive jamais vraiment à faire décoller ses compositions et c'est vraiment regrettable.

La carrière de Jungle Rot me fait penser à celle d'Annihilator dans le sens où ces deux formations ont comme point commun le fait d'être capable de sortir des disques vraiment cool, et d'autres plus dispensables. Alors qu'en 2015, le groupe nous avait servi un "Order Shall Prevail" vraiment trippant, qui succédait à des productions somme toute intéressantes, ce Jungle Rot made in 2018 est un peu mou du genou et manque d'initiative. Attention, ce n'est pas forcément une mauvaise rondelle, c'est juste que dans la discographie du groupe, on a eu droit à de meilleures pioches.


Trrha'l
Août 2018




"Order Shall Prevail"
Note : 18/20

S'il y a bien des formations qui ont atteint le statut de culte, je pense sans sourciller que Jungle Rot, les death métalleux originaires du Wisconsin, l'ont atteint aujourd'hui ou du moins n'en sont pas loin. Depuis leur formation il y a maintenant plus de 20 ans, les Américains n’ont plus grand-chose à prouver, la seule différence avec des grands noms du death metal se faisant peut-être au niveau de la reconnaissance, mais Jungle Rot a le mérite ne n’avoir jamais baissé les bras et a toujours offert à ses fans (et les autres bien entendu) de bons disques de death metal et des concerts de qualité. J’ai le plaisir de vous présenter aujourd’hui "Order Shall Prevail", leur nouvel album, toujours avec le soutien de Victory Records. Le combo, qui est toujours constitué de Dave Matrise au chant et à la guitare, James Genenz à la basse, Geoff Bub à la guitare et Joey Muha à la batterie, nous offre 10 nouveaux titres pour prés de 37 minutes d’un death metal au son résolument moderne qui claque le sang comme la queue d’un iguane en colère (je sais de quoi je parle, ça fait très mal).

Pour ma part, j’ai découvert Jungle Rot avec l’album "Dead And Buried" sorti en 2001 et je n’ai cessé depuis de suivre la carrière du groupe, quel plaisir de voir que le groupe sort régulièrement des albums et est toujours (aussi) inspiré. Pour "Order Shall Prevail", on prend les mêmes ingrédients, c’est-à-dire une grosse dose de hargne, de haine, de puissance, le tout emmené par de grosses guitares, une basse ronronnante, une batterie furieuse et le chant endiablé limite possédé mais si reconnaissable de Dave Matrise. Jungle Rot semble littéralement retrouver une nouvelle jeunesse depuis sa signature chez Victory Records (qui s’en plaindra ?). Pour "Order Shall Prevail", Jungle Rot n’a pas oublié ses sujets de prédilection, on a toujours droit à des textes ayant pour sujet la guerre, la torture, le meurtre ou la corruption, tant de facettes trop souvent montrées de l’être humain qui finissent par confirmer que l’homme est effectivement un loup pour lui-même.

"Order Shall Prevail" est, pour être honnête, très bon, pas au même niveau que les premières productions du groupe qui sont des pièces maîtresses (je pense entre autres au premier album "Slaugther The Weak"), on ne s’ennuie pas une seconde, on sent bien que le groupe a toujours la pêche et l’envie de faire du death metal agressif et puissant. Si certains avec les années se calment, que nenni pour Jungle Rot ! On branche les instruments, on monte le son et on envoie le bois sévère. J'en veux pour preuve le puissant et rapide "Doomsday" qui ouvre l’album (et qui met bien dans l'ambiance de l'album, il faut le souligner), ou encore "Blood Revenge", ou le très rapide "Order Shall Prevail" que personnellement j’apprécie beaucoup.

Jungle Rot, avec cette nouvelle livraison, nous offre un album très intéressant, dans la droite lignée de ce que le groupe nous propose depuis quelques années maintenant. Jungle Rot est entré dans la sphère, le cercle, le club pour ainsi dire de ce que j'appelle "les vieux briscards" et semble avoir trouvé la bonne formule, et ce, pour notre plus grand plaisir. "Order Shall Prevail", dans sa première édition, connaît une édition limitée au format digipack tirée à 7500 exemplaires, avis aux collectionneurs donc... Je finirai cette chronique par le visuel, encore une fois très agressif et qui dénonce de façon à peine cachée certaines choses. En conclusion, je dirais que "Order Shall Prevail" est un album qui plaira aux amateurs de sensations fortes et bien entendu aux fans du groupe.


Vince
Juillet 2015




"Terror Regime"
Note : 14/20

Ami de la poésie, le groupe qui doit son nom faut-il le rappeler, à une infection des pieds dont souffraient les soldats ricains durant le Vietnam, nous livrent leur huitième charge héroïque en dix-neuf ans d’un combat intense sur le front du thrash death ; autant qu’à l’ouest, rien de vraiment nouveau ; Jungle Rot nous propose une relecture conventionnelle mais terriblement efficace de leurs précédents skeuds ; point de changement de stratégie, en un mot, on fonce dans le tas… et vu le nombre de changements de line-up, le combo a dû essuyer de nombreuses pertes au combat.

Onze titre au compteur, mais pour une durée finale n’excédant pas les 35 minutes et première bonne nouvelle, le combo propose de nouveau une production craspec, suintant la putréfaction et le trauma des amygdales de ce vieux Dave Matrise, évoluant comme jamais dans une exagération constante, sévèrement burnée comme le serait une production Trauma justement. Primaire, primale et surtout primitif, le frontman nous prouve de nouveau sa répulsion à tout calculer, préférant à l’image du superbe artwork, un thrash death bourrin et immodéré, cadencé et groovy comme il se doit. Seul changement notable, une présence plus importante de soli, certes très basiques et assez redondants, mais qu’importe, le leitmotiv des G.I de Kenosha n’a jamais été de faire dans la stratégie, mais dans ce qu’ils savent faire de mieux. Sortez les tromblons. "Voice Your Disgust" et son thrash massif à la Machine Head pour ouvrir les hostilités ; "Terror Regime" et son intro roulements de riffs débouchant sur une accélération drumesque, voix grasse tendance death old school, solos riffs et double caisse en mid tempo ; "Utter Chaos" et son chant rageur, limite George Fischer époque "Hammer Smashed Face" ; "I Am Hatred" et son intro panzerienne, rythmique linéaire plus thrash que death ; "Blind Devotion" sur lequel Dave flingue définitivement ses cordes vocales ; pour preuve le titre suivant "Scorn", où la voix du frontman semble fatiguée, empreint de difficultés à articuler, à suivre une rythmiques tonique et speed pour mieux retrouver une massivité sur "Rage Through The Wasteland" et son blast assassin. "Ruthless Omnipotence" multiplie les riffs nerveux et groovy, un hymne au circle pit.

Suivent deux titres (dont une reprise de D.R.I.) assez anecdotiques et plutôt dispensables (rythmique limite punk sans grand intérêt), le combo s’en serait-il aperçu comme le suggère leurs durées respectives (1 minute 40 pour le plus long des deux) ? Quoiqu’il en soit, Jungle Rot se rattrape sur une conclusion mode sulfateuse, multipliant des salves de double et leur agressivité légendaire. La Légion d’honneur n’est certes pas pour maintenant, mais le plaisir d’écoute reste intact.


Braindead
Avril 2013


Conclusion
Le site officiel : www.jungle-rot.com