Le groupe
Biographie :

Inferi est un groupe de death metal mélodique et technique américain formé en 2006 et actuellement composé de : Malcolm Pugh (guitare / ex-A Loathing Requiem, ex-Formless Creation, ex-Through Death And Crimson, ex-Diskreet, ex-Enfold Darkness, ex-Virulent Depravity, ex-Entheos), Stevie Boiser (chant / Equipoise, Tethys, ex-Calculating Genocide, ex-Ashen Horde, ex-Dissonance In Design, ex-Vale Of Pnath, ex-Enemy Reign), Sanjay Kumar (guitare / Equipoise, Greylotus, Wormhole, ex-Perihelion, ex-Rotting Phallus) et Nathan Bigelow (batterie / A Divinis, Arkaik, Meridian Dawn, Singularity, ex-Solar Impulse, ex-Alterbeast, ex-Blackened Skies, ex-Excystation, ex-Kruffix, ex-Path Of Exile). Inferi sort son premier album, "Divinity In War", en autoproduction en Mars 2007, suivi de "The End Of An Era" en autoproduction en Janvier 2009, de "The Path Of Apotheosis" en Janvier 2014 chez The Artisan Era, de "Revenant" en Avril 2018, de "Vile Genesis" en Septembre 2021, et de "Heaven Wept" en Avril 2026.

Discographie :

2007 : "Divinity In War"
2009 : "The End Of An Era"
2014 : "The Path Of Apotheosis"
2018 : "Revenant"
2019 : "The End Of An Era | Rebirth"
2020 : "Of Sunless Realms" (EP)
2021 : "Vile Genesis"
2026 : "Heaven Wept"


Les chroniques


"Heaven Wept"
Note : 19/20

Inferi est de retour au front. Cinq années ont passé depuis son dernier album, mais le groupe mené par Stevie Boiser (chant, Equipoise, ex-Ashen Horde, ex-Vale Of Pnath), Malcolm Pugh (guitare / basse / chant / orchestrations, ex-Demon King, ex-Entheos), Sanjay Kumar (guitare / orchestrations, Equipoise, Wormhole) et Spencer Moore (batterie, Arkaik) est de retour avec son septième album, "Heaven Wept", chez Artisan Era.

L’album démarre à toute allure avec "The Rapture Of Dead Light", première composition déjà ravageuse qui mêle avec brio la touche furieuse, la technicité et les éléments plus mélodieux sous les vociférations d’un Stevie en très grande forme, alternant growl monstrueux et scream démoniaques, s’adaptant aux déferlantes parfois soutenu par son acolyte Malcolm. On notera également des leads travaillés à souhait qui apparaissent de temps à autres, puis le groupe enchaîne avec l’inquiétante "Feed Me Your Fear" qui combine son atmosphère pesante avec une rythmique massive mais changeante, n’hésitant pas à opter pour une touche plus dissonante ou explosive qui reste toujours ancré dans ses racines violentes, comme sur cette mosh part finale. "Master Of Nothing" prend le relai et nous projette à pleine vitesse dans ses harmoniques entêtantes qui prennent souvent la place d’honneur, mais elles savent également la laisser au vocaliste pendant que la rythmique relance la machine, puis "Eternally Lie" va à son tour nous ballotter entre ses riffs tous plus virulents les uns que les autres sans chercher à nous ménager un seul instant, à part sur le break mystérieux.

La violence reprendra le dessus avant de nous assommer sur "Heaven Wept", titre éponyme qui frappe fort dès ses premiers instants et n'hésite pas à s’appuyer les orchestrations pour renforcer sa puissance, nous clouant toujours plus profondément au sol avec une facilité déconcertante. Là aussi, les leads sont impressionnants, faisant appel à toujours plus de ressources avant que les racines deathcore ne refassent surface, suivies par la nouvelle vague de fureur majestueuse nommée "Atonement Denied", accélérant sans mal pour nous emporter avec elle, oeuvrant elle aussi entre double pédale, riffs acérés et hurlements surpuissants. Le rythme effréné aura les plus récalcitrants à l’usure, et toutes les nuques bougeront pour le final, puis c’est avec "Of Rotted Wombs" que les musiciens font semblant de nous offrir du répit, enchaînant après une seconde de clavier avec leur tornade de riffs et de maîtrise sans précédent qui nous brisera une fois de plus la nuque, nous laissant sans voix. Le titre passe cependant assez vite, laissant place à "Godless Sky" qui nous accorde un véritable moment de flottement avant de s’embraser à son tour, continuant sur la même lancée que ses prédécesseurs sans avoir à rougir, mêlant tout le savoir-faire de ses créateurs pour en faire un monument de contraste avant un final en apothéose.

Les compositions d’Inferi sont toujours aussi dévastatrices, que ce soit sur album ou en live ! Certains des nouveaux morceaux d’"Heaven Wept" ont déjà fait leur preuves en live, et le groupe continue son ascension pour notre plus grand bonheur !


Matthieu
Avril 2026




"Vile Genesis"
Note : 19/20

Inferi fête ses quinze ans avec "Vile Genesis", son sixième album. Créé aux Etats-Unis par Malcolm Pugh (guitare / chant, Demon King, A Loathing Requiem, ex-Entheos), le groupe prend une pause de 2009 à 2011. Après quelques changements de line-up, c’est avec Mike Low (guitare, Oubliette), Spencer Moore (batterie, Phobos), Andrew Kim (basse, ex-Seren) et Stevie Boiser (chant, Equipoise, Ashen Horde, ex-Vale Of Pnath), que le groupe avance.

L’inquiétante introduction de "No Gods But Our Flesh" nous présente immédiatement un son épique, qui sera renforcé par une rythmique à la fois puissante et mélodieuse. Les hurlements accompagnent cette déferlante de rage, qui se pare de leads perçants, mais également de parties techniques, comme avant le solo, puis "Maelstrom Prison" nous dévoile des sonorités plus sombres. Les mélodies vont également dans ce sens, créant une complémentarité avec les parties majestueuses, mais également avec les éléments violents, puis "Simian Hive" prend la suite avec des riffs tranchants. Le morceau sera brisé par des orchestrations terrifiantes, collant parfaitement à cette progression dans la fureur que m’évoque l’instrumentale. De plus en plus lourde, la composition débouchera sur "From Exile To Exaltation", un titre qui renforce ces éléments oppressants. Les riffs sont explosifs mais également très sombres, créant un contraste très savoureux qui se marie à merveille avec cette ambiance pesante.

"Vile Genesis", le titre éponyme, propose une lourdeur majestueuse que le groupe combine à des parties aussi mélodieuses que techniques, et qui rencontrent cette ambiance surnaturelle, en particulier lors du break repris par un son écrasant. Le morceau est très accrocheur, tout comme la planante "Mesmeric Horror" et sa douce introduction qui laissera place à l’habituelle violence aux patterns complexes. Le morceau devient plus sombre sur la fin, créant une sorte de continuité pour accueillir "Carving Thine Kingdom" et ses mélodies brûlantes. Si vous avez apprécié la première partie du morceau, reprenez votre souffle lors du break et laissez vous envahir par cette seconde vague majestueuse et intense, puis la longue "Heirs Of The Descent" vient clore l’album. Assez lancinante, la composition ne se prive pas d’éléments tranchants placés sur un tempo effréné en plaçant des éléments black metal, puis devient très pesante et oppressante avant de prendre fin sur des sonorités plus légères.

Inferi incarne à la perfection la rencontre de la technicité, de la mélodicité et de la violence. Chaque morceau est parfaitement équilibré et fluide, créant un univers incroyablement riche dans lequel on veut se perdre. "Vile Genesis" n’a que quelques jours, mais il a déjà tout d’un grand classique !


Matthieu
Septembre 2021




"Of Sunless Realms"
Note : 18/20

Retour des petits prodiges américains du death mélodique / technique, j’ai nommé Inferi. Créé en 2006 par Malcolm Pugh (guitare, A Loathing Requiem) sur les cendres encore brûlantes de Death Looks Promising, le groupe est sujet à une pause en 2009 après deux albums. 2011 est l’année de la renaissance, et c’est aujourd’hui "Of Sunless Realms", le nouvel EP du groupe qui sort, réunissant Mike Low (guitare, Oubliette), Spencer Moore (batterie, Phobos), Andrew Kim (basse, ex-Collapse, ex-Seren) et Steve Boiser (chant, Ashen Horde, Equipoise, ex-Vale Of Pnath).

L’introduction majestueuse de "The Abhorrent Art" nous fait progressivement plonger dans un univers mélodieux et doux avant la déferlante. Les riffs sont solides, rapides et bourrés d’harmoniques sanglantes, accompagnés par des hurlements intenses. La dualité entre screams perçants et growl massif se marie à merveille avec cette rythmique effrénée, tout comme sur "Eldritch Evolution", un titre qui pioche dans des ambiances symphoniques avec toujours cette tornade rythmique entre death mélodique et technique. Les leads déferlent en continu sur des orchestrations, permettant au groupe entier de se déchaîner.

"Spellbound Unearthed Terror", le titre suivant, prend la même direction. Entre rapidité, technicité, son massif et parties techniques, le groupe ne perd pas un seul instant pour nous en mettre plein les esgourdes sans jamais nous lasser avant "The Summoning". Ce sample mystique vient briser le rythme en nous laissant respirer en compagnie d’un clavier qui devient de plus en plus oppressant, puis "Aeons Torn" frappe. Dernier titre, il réunit l’aspect majestueux du précédent ainsi que les bases mélodiques tranchantes du groupe. Bien que plus lent que les autres titres il est également plus imposant et écrasant, tout en gardant ce côté planant jusqu’à la dernière note.

Bien que court, "Of Sunless Realms" nous confirme qu’Inferi est plus puissant et motivé que jamais à conquérir le monde. Leur dernière tournée européenne me l’a confirmé : le groupe mérite amplement plus de reconnaissance.


Matthieu
Septembre 2020




"Revenant"
Note : 17/20

Inferi est un groupe inscrit dans cette tendance qui prend de l'ampleur, et qui consiste à proposer un death metal très mélodique et tout autant rapide et agressif. The Black Dahlia Murder avait jadis posé les jalons, stylistiquement parlant, d'un type de metal qui ne cesse de s'étendre dans le monde de l'extrême. D'ailleurs, ce cher Trevor Strnad, hurleur et leader du groupe précité, vient pousser la chansonnette sur le titre qui conclut cet album : "Revenant". Inferi ne peut franchement pas passer à côté de la comparaison avec Black Dahlia tant il utilise les mêmes artifices pour composer : voix grave / aiguë en alternance dans un registre de timbres assez similaire, lead harmonisés, solos de guitare exécutés avec le même type de plans, et des riffs à la fois syncopés et saccadés sur fond de batterie thrash sous amphétamine. Cette recette fonctionne à merveille et c'est en utilisant ces ingrédients-là qu'Inferi a conçu "Revenant".

Attention cependant, n'allez pas penser que de ce fait, Inferi ne vaut pas le coup que l'on se penche sur son cas car ces musiciens proposent tout de même un metal intéressant et bien accrocheur. Déjà, au niveau purement technique, c'est le cran au-dessus. L'aspect démonstratif est très présent, autant dans les riffs que dans la rapidité d'exécution de l'ensemble, à grands coups de rafales de double grosse caisse. Les solos sont très mélodiques et ponctués de phrasés aussi fluides que bourrés de feeling, d'ailleurs, à ce sujet, James Malone du groupe Arsis est invité à débouler sur le titre "Through The Dephts". En ce qui concerne la basse, celle-ci se démarque bien dans le mix général. Le son est clair dans l'ensemble et met en valeur l'aspect dynamique durant la totalité du disque. Un autre détail à souligner, Inferi ajoute aussi parfois quelques nappes de synthé, non seulement pendant les intro ou les interludes, mais aussi au sein des compositions. L'utilisation de ces sons synthétiques, un peu à la manière de Fleshgod Apocalypse (en moins abusé tout de même), confère à l'ensemble une certaine profondeur et consolide le côté mélodique.

Depuis "Path Of Apotheosis", sorti en 2014, du chemin a été parcouru. Le groupe s'appuie aujourd'hui un peu moins sur la technique et se trouve même être dans une démarche qui semble rendre leur musique plus accessible. De ce fait, même si "Revenant" est vraiment un bon album, son prédécesseur est une œuvre magistrale dans le genre techno death mélodique. Signé chez The Artisan Era, label qui possède dans ses écuries des poulains tels Augury ou A Loathing Requiem, d'autres spécialistes du death technique et mélodique, Inferi détient suffisamment d'atouts pour devenir un cador dans le genre. Dans un registre musical complètement identique à Vale Of Pnath, The Black Dahlia Murder (je me répète), Rings Of Saturn, Beyond Creation et consorts, Inferi poursuit son bonhomme de chemin en gagnant en maturité et en parvenant à trouver un équilibre de plus en plus judicieux, entre technicité et efficacité. "Revenant" est un album musicalement solide, bien ficelé et entraînant.

Si vous aimez la déboule, la haute voltige instrumentale et les structures alambiquées, tournez-vous vers "Path Of Apotheosis" de 2014, mais si vous cherchez un metal plus direct, avec des titres construits pour avoir de l'impact sur l'auditeur, "Revenant" sera un peu plus votre came. En plus, la pochette ravira tous fan d'heroic fantasy qui se respecte grâce à cette superbe illustration d'une entité démoniaque gigantesque faisant face à un guerrier intrépide.


Trrha'l
Juin 2018


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/inferimetal