Le groupe
Biographie :

IATT est un groupe de black / death mélodique et progressif américain formé en 2008 et actuellement composé de : Paul Cole (batterie), Joe Cantamessa (guitare / Primitive Fuck, Remnants Of Winter), Alec Pezzano (guitare / orchestrations) et Jay Briscoe (chant / basse). IATT sort son premier album, "Gnosis: Never Follow The Light", en Juin 2015 chez Horror Pain Gore Death Productions, suivi de "Nomenclature" en Septembre 2019 chez Black Lion Records, de "Magnum Opus" en Mai 2022, et de "Etheric Realms Of The Night" en Mai 2026.

Discographie :

2009 : "Viatica" (EP)
2010 : "Unholy Divination" (EP)
2012 : "Pray For Damnation" (EP)
2013 : "Unholy" (EP)
2015 : "Gnosis: Never Follow The Light"
2018 : "St. Vitus Dance" (EP)
2019 : "Nomenclature"
2022 : "Magnum Opus"
2026 : "Etheric Realms Of The Night"


Les chroniques


"Etheric Realms Of The Night"
Note : 16/20

IATT revient conquérir notre esprit. Quatre ans ont passé depuis son dernier album, mais le groupe signé chez Black Lion Records composé de Jay Briscoe (chant / basse), Alec Pezzano (guitare / orchestrations), Joe Cantamessa (guitare, Remnants Of Winter) et Paul Cole (batterie) revient avec son quatrième album, "Etheric Realms Of The Night". Les Américains ont bénéficié de l’aide de Didier Malherbe (flûte) et Benjamin “Valcek” Karas (violon, Slaughtersun, Windfaerer).

"Drift Away" commence par nous hypnotiser, que ce soit avec le cliquetis de l’horloge ou son introduction mélancolique complétée par une voix samplée, puis la saturation apparaît, rendant le morceau bien plus agressif avant même l’arrivée des hurlements. On retrouvera tout de même la touche mélancolique dans les instruments additionnels, mais le groupe nous surprendra avec des touches prog plus joyeuses et travaillées alors que les derniers moments intenses nous abandonnent finalement sur "To Lie Beneath", plus longue composition de l’album où les musiciens alignent les changements de rythme. La flûte n’est pas en reste, apportant cette touche de folie de temps à autre, mais on pourra aussi la retrouver dans les claviers ou même au sein des riffs les plus étranges et avant gardistes avant de profiter d’une outro mélancolique qui mène à "Somniphobia", titre mélodieux mais abrasif où le contraste est encore plus important. Certains passages sont purement agressifs et à peine contrebalancés par les orchestrations, alors que d’autres sont bien plus simples, laissant claviers et hurlements mener la danse vers "Pavor Nocturnus", qui nous accorde un temps de répit avec sa douce introduction pour mieux nous surprendre avec ses passages les plus complexes.

On retrouvera même une touche de jazz pour annoncer le ton plus effrayant, tel un cauchemar qui redémarre en boucle jusqu’à ce que "Quietus" ne nous en libère, nous plongeant à son tour dans son angoisse quasi permanente, mais une fois de plus le titre change, et le break ne tardera pas à nous délivrer pour placer des influences folk aériennes qui déteindront sur la reprise de la saturation. Les vagues d’agressivité se suivent puis s’arrêtent pour faire place à "Walk Amongst" et son introduction vaporeuse mais oppressante qui donnera naissance à un son pesant au possible qui, même lors des passages calmes, restent en tête, accueillant choeurs mystérieux avant de sombrer de nouveau dans une folie agressive. La seconde moitié du titre alterne entre violence et jazz, mais les deux univers se rejoignent sur un point d’orgue avant qu’"Hypnos" ne vienne mettre un terme à l’album, délivrant une magnifique instrumentale au piano à peine effacée par une voix samplée qui lui donnera un ton tragique quelques secondes avant sa fin.

Si avec son précédent album, IATT s’était orienté vers un son très influencé par le metal progressif poussé à l’extrême, "Etheric Realms Of The Night" s’autorise encore plus de libertés et osant même des touches de jazz pour contrebalancer la violence brute mais mélodieuse.


Matthieu
Mai 2026




"Magnum Opus"
Note : 17/20

Les albums concept sont souvent parmi les plus intéressants en termes de thématiques, en effet, la volonté de raconter une histoire à travers la musique seule est un défi complexe qui nécessite de mettre en place des ambiances variées et bien travaillées. Ce défi, les Américains de IATT ont décidé de le relever et reviennent donc cette année avec leur troisième album qui ne manque clairement pas d’originalité. La musique se présente comme un blackened death metal avec des éléments progressifs et s’étoffant également d’orchestrations et éléments symphoniques comme on peut le constater dès le début dans la fin de "Servitude, Subjugate", morceau qui vient ouvrir l’album. L’album allant explorer les thématiques de l’occulte et de l’alchimie, il est plutôt approprié de le considérer comme un concept album qui vient apparemment faire suite au précédent, "Nomenclature", et raconte la descente de l’humanité à travers la tentative de maîtriser des concepts qui lui échappent : l’alchimie.

Et tout au long de l’album, le groupe sait nous proposer des idées diverses et variées, allant de surprise en surprise en découvrant tous les éléments parsemés çà et là dans chacun des morceaux. On pourra par exemple citer un saxophone introduit dans "Ouroboros" et qui reviendra assez souvent dans l’album. Ainsi, l’album viendra accueillir de nombreux invités pour ces instruments avec notamment des membres ayant joué dans des formations comme Thank You Scientists ou Emperor. On retrouvera donc dans l’album une myriade d’instruments plus ou moins communs dans ce style de musique, avec notamment un piano qui sera récurrent dans les morceaux. Si l’introduction de tous ces éléments est une idée qui sort de l’ordinaire, encore faut-il réussir à les insérer correctement dans le mixage afin que l’instrumental ne devienne pas une bouillie sonore incompréhensible. Et force est de constater que c’est le cas ici, tout est parfaitement audible, extrêmement bien mixé, que ce soit la batterie absolument percutante qui se permet d’ajouter une avalanche de blasts sur un solo de saxophone sans le recouvrir, ou la basse, toujours parfaitement audible, qui fait démonstration d’une technique sans faille et parfaitement maîtrisée. Pour ce qui est de la guitare, cette dernière réussit également son rôle, abattant des accords lourds et percutants sur les parties death metal de l’album et des trémolos très efficaces sur les parties black metal.

En termes d’ambiances, difficile de s’y retrouver tant tout change constamment, l’album prend alors des allures protéiformes dans lesquelles il est compliqué de s’y retrouver. Introduisant un élément un peu original dans à peu près chaque morceau, le tout présente donc une multitude de facettes et d’ambiances, allant du grandiose dans les orchestrations de "Servitude, Subjugate" au mystérieux voire horrifique dans les claviers de "Prima Materia". Les ambiances seront également rythmées par des changements de rythme conséquent, notamment dans le morceau précédemment cité qui voit son rythme largement ralenti sur la fin, nous abandonnant à un genre de désespoir sombre et mélancolique, au son d’un orchestre et d’un saxophone traînants et tristes. On trouvera également des parties beaucoup plus rapides, soutenues par une avalanche de blasts et des riffs percutants et urgents qui donnent lieu à des pics de brutalité au sein de l’album, ces derniers étant bien évidemment bienvenus après des passages tristes et mélancoliques. L’album donne ainsi l’impression d’introduire de nouveaux éléments dans chaque morceau, ces derniers pouvant revenir plus tard dans l’album, mais n’étant pas tous présents dès le début, comme si chaque morceau nous présentait la découverte de quelque chose de nouveau. Les ambiances ajoutées par la nouveauté instrumentale décrivant la gravité, la joie ou les conséquences importantes de cette découverte. Ceci est largement palpable dans "Elixir Of Immortality", qui est sûrement le morceau le plus orienté death metal de l’album, et qui délivre la présence d’un violon ainsi que de chœurs discrets mettant en avant un côté grandiose correspondant parfaitement à ce que le titre semble évoquer.

Ainsi, l’ajout de tous ces éléments nous conduit lentement mais sûrement vers des orchestrations de plus en plus présentes et complexes au sein des morceaux, ce qui est particulièrement audible sur la fin de "Exculpate, Exonerate" qui va nous plonger dans un blackened death metal des plus intenses assaisonné de violon et de piano. Un chaos instrumental parfaitement maîtrisé s’instaure donc au fil de l’album, le rendant largement plus intéressant à écouter en entier qu’à travers des morceaux isolés de l’ensemble auquel ils appartiennent. Ce dernier illustre une descente dans la folie à travers des découvertes toujours plus étonnantes liées aux arts occultes et à l’alchimie. Pour ce qui est du chant, toujours maîtrisé, il va se décliner en plusieurs variations. Parfois guttural, parfois plus éraillé, on aura d’ailleurs souvent affaire aux deux en même temps donnant un effet de groupe des plus percutants. Le dernier morceau de l’album, "Seven Wandering Stars", verra apparaître également le chant de Jake Superchi, bien connu pour ses projets Uada et Ceremonial Castings, absolument unique et glaçant.

IATT nous délivre donc plus qu’un album, ils nous présentent une histoire, à travers de multiples éléments d’orchestrations et un blackened death progressif très bien mixé et maîtrisé, la folie de l’humanité face à des concepts inconnus est représentée et prend un aspect protéiforme qui vient se présenter dans l’album par de multiples ambiances et changement de rythme, le tout étant toujours très convaincant.


Praseodymium
Septembre 2022


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/iamthetrireme