"Crucificial Imprecations"
Note : 19/20
Double sortie pour Hexorcist ! Le groupe floridien fête cette année son deuxième album, "Crucificial Imprecations", mais Gene Palubicki (chant, Perdition Temple, Malefic Throne, Demonized, ex-Angelcorpse…), Hexorcist II (basse), Hexorcist III (guitare, Bestialis, Nuclear Christ, ex-Thrash or Die) et Hexorcist IV (batterie, Bestialis, Gnosis, ex-Devastator) ont également profité de leur partenariat avec Invictus Productions pour rééditer son premier album, "Evil Reaping Death", et sa première démo, "Bestiarum Vocabulum".
Pour précision : je ne me concentrerai ici que sur "Crucificial Imprecations", le nouvel album.
L’album débute dans l’angoisse avec "Crucificial Imprecations", premier titre à l’introduction calme, bien trop calme pour la tempête qui suit et qui nous frappe sans ménagement, alignant les clichés du death metal old school au mixage juste assez sale pour que l’on puisse l’apprécier pleinement. Le répit est bien évidemment un concept illusoire, notamment lorsque la dissonance des leads sévit doublée du blast ravageur, puis le groupe nous accorde un temps pour respirer avant que "Deconsecration" ne prenne le relai avec un concept similaire mais deux fois plus court, confirmant un constat simple : le groupe frappe vite et fort. "Emissary Of Evil" va également renforcer cette idée en proposant à son tour des riffs old school malsains à souhait pour distiller son aura putride et intransigeante, rendant la rythmique aussi intense que les changements de rythme ou l’arrivée du solo, tout comme sur "Unconsecrated Offerings" qui n’aura lui non plus aucune pitié ni pour nos esgourdes, ni pour notre nuque avec un son aussi crade que maîtrisé.
Là encore, les leads sont à la limite du tolérable pour l’auditeur novice, mais le groupe file après un sample étrange sur "Adverse Sacraments" qui débute avec un moment de calme étouffant, et qui enchaîne avec un riffing saccadé tout aussi puissant que le précédent, doublé de rugissements rauques. Si vous espériez de la douceur, je vous conseille de ne pas compter sur "Hexorcist", titre lui aussi éponyme qui va proposer des touches stridentes à la limite du death / thrash pour appuyer la violence de la formation, ni même sur "Defacing Deities" qui, malgré son introduction solennelle et majestueuse, va redoubler d’efforts pour nous proposer une véritable déferlante contrôlée. Les leads se multiplient naturellement avant de passer au dernier titre, "Exordium Of Profanation", qui fait gémir les guitares avant de lâcher les chevaux pour une dernière vague de brutalité contrôlée qui va ravir les fans de death metal et qui mettra fin à la demi-heure.
Si vous pensez qu’une demi-heure est assez courte, essayez déjà d’encaisser "Crucificial Imprecations" en entier sans pause ! L’album est si intense et virulent qu’Hexorcist aura du mal à se surpasser la prochaine fois !
"Evil Reaping Death"
Note : 15/20
Premier album pour les Américains d'Hexorcist avec un "Evil Reaping Death" qui, comme son nom l'indique, sent fort le death metal qui tache. Trente-cinq petites minutes suffisent pour balancer la sauce et laisser une bonne dose de gras sur son passage.
Après quelques secondes d'intro, "Exulting The Adversary" nous balance du bon gros death vicelard avec des soli bien allumés dignes d'un Angelcorpse. Mais on sent surtout la parenté avec ce qu'on appelle le war metal puisque le death d'Hexorcist est brutal, direct, presque primitif et ne lève que rarement le pied. Les blasts ne sont pas du tout dans la tendance actuelle qui vise le mur du son, ici ils sont bien plus classiques et bien moins rapides. Par contre, ils sont presque systématiques et tiennent parfois plus du up-tempo bien nerveux. En tout cas, Hexorcist n'est clairement pas là pour faire dans la dentelle, ces dix morceaux sont aussi bestiaux que frontaux et l'odeur du death old school plane sur tout l'album. "Evil Reaping Death" est clairement un album de death à l'ancienne avec à la fois ce côté bestial et ces riffs presque démoniaques qui pourraient presque évoquer les tout débuts de Morbid Angel en plus bourrins et primitifs. La production est à l'avenant avec un son très gras, étouffé et étouffant. Que ce soit dans la démarche ou le style de metal pratiqué, Hexorcist ne laisse pas la moindre place à une quelconque trace de modernité. Son death est bloqué entre la fin des années 80 et le début des années 90 et rue dans les brancards avec une approche tellement frontale et bestiale qu'elle en devient presque jouissive. Bon, ne nous mentons pas, ce premier album ne marquera pas les mémoires, par contre quand il s'agit de foncer dans le tas et de faire gicler le sang sur les murs il répond présent. "Evil Reaping Death" prend des allures de char d'assaut qui vous passe dessus et rase tout ce qu'il trouve sur son passage.
Dix morceaux en trente-cinq minutes, pas besoin d'en dire plus, vous avez compris que ce premier album ne fait pas dans la finesse. On trouve d'ailleurs en fin d'album une reprise de Devastator qui n'est autre que l'ancien groupe de deux membres d'Hexorcist et qui lui non plus ne faisait pas de quartier dans un style tout aussi gras. On sent clairement que ces gars-là n'ont aucune prétention et veulent se faire plaisir avec du bon metal extrême bourrin et si "Evil Reaping Death" ne sera pas la claque de l'année ce plaisir reste communicatif et on se retrouve bien vite à headbanguer comme un con avec cet album dans les oreilles. Le fait que le groupe ne lève que rarement le pied donne à "Evil Reaping Death" un côté à la fois intense et étouffant typiquement old school, loin des délires techniques ou des records de vitesse des groupes modernes. Ici, tout est brut de décoffrage et les rares fois où le tempo ralentit c'est pour balancer des riffs sales et rampants qui ajoutent encore une couche de gras dans un album qui n'en manque pas. Dans une scène toujours plus lisse et sophistiquée, cela fait du bien de revenir aux racines de temps en temps et Hexorcist fournit une bonne virée en Delorean à 88 miles par heure. Tout est d'époque ici et rien ne vient perturber cette machine de guerre de death impitoyable et bourrin. Je ne suis pas certain que les plus jeunes puissent apprécier tant Hexorcist s'adresse aux vieux de la vieille, ou du moins à ceux qui aiment les vieilles recettes de grand mère death metal.
"Evil Reaping Death" résume son propos dans son titre et Hexorcist nous balance avec cet album un bon glaviot dans les enceintes. Du death primitf, bestial et brutal à l'ancienne qui ne laisse aucune place à une quelconque once de modernité. Trente-cinq minutes intenses et directes qui défoncent tout et qui rappelle le death metal des cavernes à notre bon souvenir.
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