Le groupe
Biographie :

Heidevolk est un groupe de viking et folk metal néerlandais, originaire d'Arnhem, dans la province de Gueldre et formé en 2002 par six hommes (dont le batteur Joost Westdijk Vellenknotscher) sous le nom de Hymir qui sera rapidement changé. Le groupe joue des chansons inspirées de la nature, de l'histoire de la province de Gueldre, et de la mythologie germanique. Toutes leurs paroles sont écrites et chantées dans leur langue maternelle, le néerlandais. Le groupe sort son premier album, "De Strijdlust Is Geboren", le 11 Mars 2005. En 2007, Heidevolk signe un contrat avec Napalm Records. Ils publient ainsi leur deuxième album "Walhalla Wacht" le 31 Mars 2008. Après avoir sorti "Uit Oude Grond" le 26 Mars 2010, ils publient en 2012 "Batavi". Le 8 Mai 2013, le groupe annonce le départ de son chanteur et membre fondateur Joris Boghtdrincker. Il est remplacé le 23 Novembre par Lars NachtBraecker. Le 20 mars 2015, le cinquième album du groupe "Velua" sort, et le 21 Avril 2015, Reamon Bomenbreker (guitare) et Mark Splintervuyscht (chant) quittent le groupe. Ils sont remplacés par Kevin Storm à la guitare et Jacco de Wijs au chant. Le sixième album s'intitule "Vuur Van Verzet" et sort le 12 Janvier 2018.

Discographie :

2005 : "De Strijdlust Is Geboren"
2008 : "Walhalla Wacht"
2010 : "Uit Oude Grond"
2012 : "Batavi"
2015 : "Velua"
2018 : "Vuur Van Verzet"


Les chroniques


"Vuur Van Verzet"
Note : 15,5/20

Vous commencez à vous lasser des formations folk / viking / pagan un peu trop traditionnelles ? Eh bien je vous conseille de jeter un oeil (ou plutôt une oreille) à Heidevolk, et son duo vocal qui séduit quiconque les écoute. Formé en 2002 aux Pays-Bas dans la plus pure tradition du metal folk, seul Joost Vellenknotscher (batterie, jouant également avec Autumnal Reaper, ex- Bolthorn) est présent depuis les débuts du groupe. Son line-up tumultueux lui permet d’être accompagné depuis 2006 par Rowan Roodbaert (basse, I Shall Move The Earth, ex- Blothorn), mais aussi Kevin Olinga (guitare) depuis 2012, Lars NachtBraecker (chant) depuis 2013, Kevin Storm (guitare, Cardamon) et Jacco de Wijs (chant, ex- Conorath) depuis 2016. Heidevolk totalise six albums, et "Vuur Van Verzet", le dernier, vient de sortir avec l’aide de A.A. Nemtheanga (Primordial , Dread Sovereign) au chant.

L’album débute avec "Ontwaakt", un titre énergique et qui mise tout sur la double voix du groupe, soutenue par des choeurs. La rythmique est plutôt basique, mais motive tout de même plutôt facilement, et on se retrouve à headbanguer sans s’en rendre compte en un rien de temps. "A Wolf In My Heart", est clairement plus mélodique, le chant saturé renforce les riffs d’un seul coup, avec des hurlements de loup comme le suggère le titre. Un solo bien placé qui nous donne envie de courir dans les bois, et on passe sur "Onverzetbaar". Ce titre, qui débute avec un son clair folklorique, arrive rapidement sur une rythmique martiale mais joyeuse, et toujours avec cette double voix envoûtante qui donne envie de rejoindre le groupe sur scène. "Yngwaz Zonen" et ses tambours ethniques est un titre court mais prenant, pour peu que l’on soit sensible à la musique folklorique aux influences nordiques, mais les Néerlandais reviennent bien vite à une composition typée metal avec "Britannia". Alors que le titre partait sur des riffs rapides, il se transforme soudain en mélodie lourde et contemplative, que les deux voix de Lars et Jacco amènent jusqu’à un solo épique ponctué d’harmoniques planantes. Changement d’ambiance avec la sombre "The Alliance" qui démarre de manière un peu plus grave qu’à l’accoutumée. Mais le fin mot de l’histoire, c’est la participation d’ A.A. Nemtheanga au chant, qui donne une dimension presque onirique à ce titre. Son hurlement lointain permet au groupe d’instaurer une ambiance différente avec des riffs beaucoup plus criards, ce qui me séduit largement. Il en sera de même pour "Tiwaz", un autre titre à l’aspect rituel et aux riffs sombres. Une accélération après les hurlements guerriers du duo, et les samples folkloriques reviennent à la charge. C’est avec "Het Oneindige Woud" que les Néerlandais choisissent de continuer l’aventure. Un titre plus court que la majorité, et qui renoue avec les sons clairs et folkloriques pour nous faire patienter jusqu’à "Gungir". Un nouveau titre motivant et onirique à la fois, qui donne simplement envie de profiter jusqu’à la fin des harmoniques rapides que le groupe met en place, alors que "Woedend" est une fois encore un peu plus sombre. Malgré les tentatives des musiciens pour faire coller la rythmique à l’ambiance festive du folk metal, on sent clairement une noirceur sous-jacente qui ne demande qu’à exploser. Et malgré quelques hurlements et un solo particulièrement épique, rien n’explosera.

Et cette impression, qui finira par être clairement dérangeante, perdurera sur "Het Juk Der Tijd". La basse, un peu plus mise en avant sur la rythmique, monte tranquillement sous les coups d’harmoniques tranchants des Néerlandais, mais la double voix nous emporte tranquillement vers la fin de la chanson sans cette explosion tant attendue. Et ce n’est pas le premier des deux titres bonus, "Drink Op De Nacht", qui nous l’apportera. Les amateurs de musique folklorique au son clair combinée à la joie de vivre des deux chanteurs seront comblés sur ce titre joyeux, mais je suis obligé d’attendre "Een Wolf In Mijn Hart", la version néerlandaise d’"A Wolf In My Heart", pour repartir dans les compositions du groupe. Mais l’album prend fin.

Très réguliers dans la création d’albums efficaces, j’observe qu’Heidevolk font ce qu’ils ont toujours fait, et ce malgré des changements de line-up intempestifs. Cependant, je reste un peu sur ma faim. N’étant de base pas passionné de folk metal, j’avais davantage été séduit par leurs précédents albums, j’ai la nette impression qu’il manque une petite étincelle pour mettre le feu au poudre dans quelques titres sur "Vuur Van Verzet". Cependant, je suis certain qu’ils restent aussi efficaces que leurs prédécesseurs en live, alors je ne me fais pas de soucis pour la pérennité du groupe !


Matthieu
Janvier 2018




"Velua"
Note : 11/20

Il existe des groupes dont on a oublié complètement l'existence tellement ils ont été peu marquants. Et il existe même des groupes que j'ai chroniqués et que j'avais complètement oubliés tellement ils étaient bas de gamme. C'était le cas pour le groupe néerlandais Heidevolk et son album "Batavi" dont les chansons sont stockées dans un minuscule coin de mon cerveau impossible à décrypter (à moins qu'elles ne se soient évaporées de ma tête). Avec son album "Velua" sorti en 2015, est-ce que le groupe va réussir à me convaincre ?

Comme d'habitude, Heidevolk continue à développer un chant néérlandais sous un folk metal. Dès la première piste, on reste sur ce metal mélodique avec deux choristes et par moments un chant plus agressif. C'est pas mal mais ça manque un peu de pêche. Un des gros points forts est l'excellent soutien instrumental qui relève vraiment le niveau. Car oui, il faut le dire, quand on entend les choeurs, c'est vraiment mou du genou. Et malheureusement, pas besoin de s'étaler sur toutes les pistes pour en être convaincu. Pour du folk metal joué de façon guerrière, les chœurs manquent vraiment de pêche. C'est dommage car ça tient bien la route dans l'ensemble mais au fil de l'écoute de l'album, l'on a surtout peur de s'endormir avant la fin...

Et vous ne manqueriez rien car en mode "Massacre des oreilles à la tronçonneuse", nous avons droit à des reprises complètement foireuses. Entre "Rebel Yell" de Billy Idol et "Immigrant Song" de Led Zeppelin, c'est vraiment la cerise pourrie sur le gâteau périmé oublié dans un placard. Pourvu que les auteurs originaux ne soient pas au courant de tout cela. Pour conclure, "Velua" risque aussi de disparaître très rapidement de mon tête, je crois que c'est déjà en cours... Euh, je parlais de quoi déjà ?


JU
Août 2016




"Batavi"
Note : 08/20

Quand les Pays-Bas veulent faire du pagan metal, c'est le groupe Heidevolk qui se met en avant avec son album "Batavi" (je n'ose point faire de jeu de mots). Côté instrumental, c'est un combo de base avec batterie, guitare et basse. La seule originalité est la présence de deux chanteurs.

En écoutant les deux premières pistes "Een Nieuw Begin" et "De Toekomst Lonkt", on remarque très vite le côté pagan metal avec des riffs bien lourds ou plus rapides qui restent corrects mais pas marquants. Ce qui est surtout insupportable, c'est le chant qui ne colle pas du tout. Imaginez deux gars bourrés qui essayent de chanter des chansons paillardes, c'est à peu près la même chose. Aucun effort, de la monotonie à souhait à presque faire croire qu'ils vont s'endormir sur place. J'ai oublié de préciser, ils chantent en néerlandais et ça n'amène même pas une réelle touche d'originalité. Concernant les trois autres pistes, "Het Verbond Met Rome", "Wapenbroeders", "In Het Woud Gezworen", c'est la même recette à base d'ennui et de lassitude. Dommage car les ingrédients auraient pu être là si la musique avait plus collé au chant ainsi qu'une meilleure qualité de son. Tiens, la piste suivante "Veleda" qui est une ballade jouée au violon et à la guitare folk est un peu plus agréable par sa douceur. Enfin un morceau qui reste appréciable. Et pour ce qui est des dernières pistes, on revient au thème musical des toutes premières avec cette même impression d'ennui.

Dans l'ensemble, "Batavi" ne casse pas vraiment des briques, juste de quoi satisfaire lors d'une soirée pagan metal quand on a quelques grammes d'alcool dans le sang mais pas plus. Tant pis.


JU
Avril 2012




"Uit Oude Grond"
Note : 15/20

Avec tous ces groupes de folk metal qu’on retrouve un peu partout, il est difficile de trouver le petit plus pour se différencier des autres déjà bien nombreux, et pourtant, Heidevolk n’a pas de mal pour faire son petit bonhomme de chemin dans la musique pagan et sait trouver les arguments pour plaire. Pour résumé : de très bonnes rythmiques entrainantes et une musique variée aussi bien en instruments qu’aux différentes mélodies. Bien sur leur musique s’inscrit clairement dans une ambiance pagan / folk avec de solides références historiques, littéraires et mythologiques.

On sent vraiment à l’écoute de l’album une véritable maturité musicale, leur musique est bien carrée et approfondie de manière à ne rien laisser au hasard en ajoutant à ça une véritable passion des musiciens. On peut également s’arrêter sur la grande présence de références mythologiques et légendes, sans rentrer dans les détails tous les titres qui figurent sur l’album portent le nom d’un personnage de la mythologie Nordique ou historique, d’une légende provenant de la même région ou encore une référence littéraire à un poème d’un auteur néerlandais, pays de nos musiciens. Au moins la source d’inspiration du groupe et plus particulièrement de Joris Boghtdrincker parolier et vocaliste d’Heidevolk, n’est pas dénuée de sens et fait appel à des faits qui relèvent de toute une tradition. Ce qui fait la différence avec d’autres groupes pagan c’est l’originalité de leur musique, déjà ils ont privilégié deux chanteurs, ils chantent en même temps mais donnent un bon effet à la mélodie. Des vocalises typiquement folk à base de "oh, oh" et de "la, la" et un petit écho dans la voix. En fait, on imagine très bien une troupe de guerriers partir au combat en chantant les traditions de leur village pour se donner tout le courage nécessaire. Leur musique est loin d’être attristante et bien contraire elle est joyeuse et convient très bien à une ambiance de fête. Alors qu’on imagine les champs de bataille dans certains morceaux, d’autres laissent penser à une fête de village à une époque loin de notre civilisation actuelle, surtout dans le morceau instrumental : "Alvermans Wraak" (La revanche des Alverman). La mélodie possède également une part de sévérité, encore une fois les sujets exprimés ne sont pas tous joyeux et traitent aussi de la mort et de la fatalité du destin.

Il n’y a pas grand-chose à reprocher à ce groupe, sans faire leur particularité sur la voix et leur sujet d’inspiration, ils ne laissent pas de côté les instruments et mettent en avant le côté metal de leur musique. Les guitares et la batterie sont bien présentes, (la guitare acoustique a su amener tout son charme et les solos de grattes sont plutôt bien réussis), et prennent le dessus sur d’autres instruments beaucoup plus folk comme la flûte qui d’ailleurs n’est pas présente sur cet opus, en revanche le violon trouve sa place dans des passages mélodiques plus folk ou plus lents et plein de douceur comme les magnifiques morceaux : "Levenlots" (Le destin) et celui qui suit : "Deemstering" (Crépuscule). Ce dernier étant une petite mélodie instrumentale emplie d’un romantisme folklorique. Heidevolk n’a donc rien oublié à la composition d’un bon opus et nous offre encore une fois le plaisir de nous régaler de leur musique pagan folk metal. Alors tous à vos cornes et trinquons à l’existence d’Heidevolk et de leur nouvel opus : "Uit Oude Grond".


Liz
Juin 2010




"Walhalla Wacht"
Note : 16/20

Un coup de tonnerre et c'est parti ! Les guerriers sont en furie... au cœur des vallées du "Saksenland" une bataille se déroule. Chantant à propos de leur pays et de l'amour qu'ils y portent, des dieux, des guerres, de la vie, de la mort...

Un cors nous appelle ! Rassemblons nos troupes, "Koning Radbound" ! Tambour et épées s'entrechoquent. Le rythme est lancé, se battre ou mourir, il faut choisir ! Le dialogue entre les deux chanteurs sonne juste, nous devons riposter ! (même si un peu plus de force dans leur voix pourrait nous emmener bien plus loin en quête de victoire) Le repos du guerrier ! Mais où ? …à la taverne bien sûr "Hulde Aan De Kastelein", oh oui laissons nous emporter par les effluves d'hydromel, les odeurs de porc grillé et de gros barbus sales et ivres remerciant en chœur leur kameraad (camarades) et la boisson, vodka, blonde, whisky… et même l'eau ! 'Sont fous ces païens ! J'apprécie particulièrement, le chant, typiquement folk, en néerlandais, très batailleur, un prof de chant s'en arracherait les cheveux mais la bataille et la patrie avant tout. Bref, ceci est du pagan / folk metal, pas de mal à identifier les influences. Peut-être le genre de groupe que l'on se lasse d'écouter au bout d'un moment… peu importe pour l'instant je voyage, juste à fermer les yeux et voir ces contrées vertes et prêtes à être envahies par l'ennemi ! Le violon est par moments d'une beauté certaine et ajoute une touche mélancolique à ce monde de brutes. La batterie ajoute l'effet de tambourinage épées / bouclier, épées / épées, mais sans la violence (un peu dommage cette absence de lutte… mais pas les vacances pour autant). Bref pas si brouillonne cette bataille. Le morceau "Zwaarden Geheven" ne serait rien sans cette énergie entraînante que nous apporte la guitare… Espérons que les dieux l'entendent ! Nous voilà plongés dans la forêt ("Dageraad"), au son de la flûte nous implorons les dieux de nous venir en aide pour cette bataille… peut-être la dernière. Ou bien sommes nous en train de supplier Odin d'envoyer nos humbles guerriers morts en Walhalla ! Les oiseaux et les instruments traditionels nous accompagnent au long de ce cortège funéraire. Et c'est sur cette note nostalgique, que le voyage se termine.

Dur, dur le retour à la réalité… Dix titres, qui se ressemblent mais avec un esprit et une atmosphère différents, pas d'impression de déjà vu (c'est un bon point pour un groupe folk !). La partie frustrante serait peut-être le fait que l'on a du mal à s'imprégner des paroles du fait qu'elles soient en néerlandais mais c'est ce qui fait aussi le charme de ce groupe. Cela peut toujours nous encourager à apprendre cette langue ! En conclusion, bon album sans surprise (jusqu'à la pochette de l'album qui nous indique clairement ce que l'on s'apprête à écouter), bataille à vivre allongé dans l'herbe humide, un casque sur les oreilles, sans risque de se faire trancher la gorge par un gros barbare méchant pas beau.


Anaïs
Juillet 2010


Conclusion
Le site officiel : www.heidevolk.com