Le groupe
Biographie :

Hecate Enthroned est un groupe de black / death metal mélodique britannique formé en 1995 et actuellement composé de : Dylan Hughes (basse / ex-Grimorium, ex-Nierty, ex-Art Of Mutilation), Nigel Dennan (guitare / Defod, ex-Merciless Savage, ex-Amethyst, ex-Daemonum, Imperial Genocide), Andy Milnes (guitare / ex-Colonel Blast, Imperial Genocide), Pete White (clavier), Matt Holmes (batterie / Sidious, ex-Formicarius, ex-Sheol, ex-Sathamel, ex-3 Daze Lost, ex-Wyrdstaef, ex-Zeitgeist Zero) et Joe Stamps (chant / Ba'al, ex-Lacrota, ex-Sadistic Undertorture, ex-Child Of Ash, ex-Ethereal). Hecate Enthroned sort son premier album, "The Slaughter Of Innocence, A Requiem For The Mighty", en Octobre 1997 chez Blackend, suivi de "Dark Requiems... And Unsilent Massacre" en 1998, de "Kings Of Chaos" en 1999, de "Redimus" en Mai 2004, de "Virulent Rapture" en Novembre 2013 chez Crank Music Group, de "Embrace Of The Godless Aeon" en Janvier 2019 chez M-Theory Audio, et de "The Corpse Of A Titan, A Lament Long Buried" en Mai 2026.

Discographie :

1997 : "The Slaughter Of Innocence, A Requiem For The Mighty"
1998 : "Dark Requiems... And Unsilent Massacre"
1999 : "Kings Of Chaos"
2004 : "Redimus"
2013 : "Virulent Rapture"
2019 : "Embrace Of The Godless Aeon"
2026 : "The Corpse Of A Titan, A Lament Long Buried"


Les chroniques


"The Corpse Of A Titan, A Lament Long Buried"
Note : 19/20

Nouvelle émanation d’Hecate Enthroned. Il aura fallu sept années à Nigel Dennan (guitare, Defod), Dylan Hughes (basse), Andy Milnes (guitare), Pete White (claviers), Joe Stamps (chant, Ba’al) et Matt Holmes (batterie, Sidious) pour nous offrir leur septième album, "The Corpse Of A Titan, A Lament Long Buried", en collaboration avec M-Theory Audio.

Nous pénétrons dans l’antre de la bête avec "Adar Rhiannon", introduction mystérieuse où seuls les claviers errent déjà avant d’y trouver une voix féminine, puis un hurlement viscéral sur "Spirits Stir Within Our Ancestors Tombs", premier morceau où la saturation nous enveloppe déjà dans son voile de ténèbres avant de s’embraser d’un seul coup. La déferlante est saisissante, nous emportant sans mal dans son flot de noirceur et de violence qui sévit un long moment avant d’enfin nous laisser respirer, mais sans surprise l’ouragan reviendra frapper tout en profitant de ses touches majestueuses avant de rejoindre "The Arcane Golem" qui nous replonge sans attendre dans son atmosphère pesante. Le titre profite de sa longueur pour laisser son introduction s’installer avant de charger à son tour, toujours soutenu par les claviers imposants pendant que la rythmique fait rage, adoptant par moments des tonalités accrocheuses et presque enjouées qui contraste avec les cris du vocaliste, notamment sur le final qui conduit à "Steed Of The Still Water" et sa mélancolie aérienne. Elle sera corrompue par les rugissements en arrière-plan, puis par la saturation qui reprend ses droits et offre une approche old school dévastatrice qui fait rage jusqu’à se laisser guider par un piano bien plus doux qui se transforme en touche hypnotique sur "Pwca", le morceau suivant.

Si le début est assez lent et nous permet de reprendre notre souffle en nous émerveillant, le chant clair apportera une touche fantomatique avant de permettre à la guitare de nous mener vers les ténèbres et les grognements, puis vers "Deathless In The Dryad Glade" qui retrouve ses tonalités inquiétantes l’espace d’une minute, puis qui s’abandonne à nouveau à la violence majestueuse. C’est un véritable plaisir que de se voir à nouveau ensevelir sous cette vague sombre et virulente qui s’installe avec fracas et propose un son massif permanent avant de devenir menaçant sur "A Gallery Of Rotting Portraits", titre suivant qui prend immédiatement le relai pour assurer la continuité avant de placer des parties orchestrales assez travaillées. Le morceau en devient alors grandiose, mais finira par laisser sa place à "The Boreal Monastery" et à sa douceur initiale, assez vite remplacée par une nouvelle vague de violence enivrante où les claviers jouent un rôle crucial en apportant les touches les plus aériennes, et nous guident même sur le long final vers "Into A Vale Of Endless Snow" où les riffs explosent encore, nous offrant pour la dernière composition un théâtre de fureur grandiloquente auquel chaque instrument contribue pleinement, ne rendant les armes qu’au dernier moment.

Je ne m’attendais pas à voir resurgir Hecate Enthroned des profondeurs, mais ce nouvel opus tombe à point nommé pour affronter l’été. "The Corpse Of A Titan, A Lament Long Buried" est aussi froid que majestueux, et sa violence marquera plus d’un auditeur.


Matthieu
Août 2026




"Embrace Of The Godless Aeon"
Note : 19/20

Mesdames et Messieurs, le temps est venu. Voici cinq longues années qu’Hecate Enthroned ne nous avait pas honoré d’un nouveau recueil de textes violents et sanglants. Mais ce temps suffit, et "Embrace Of The Godless Aeon" est venu combler ce manque qui pulsait dans nos coeurs. Pour ceux qui ne suivent pas, le groupe a été fondé en Angleterre sous le nom d’ Amethyst puis s’est renommé Daemonum en 1993 avant de changer pour Hecate Enthroned en 1995. Dylan Hughes (basse, Art Of Mutilation ) et Nigel (guitare) sont à l’origine de cette “nouvelle” formation, mais le line-up comprend également Andy (guitare), Pete (claviers), Gareth Heady (batterie) et Joe Stamps (chant, ex-Sadistic Undertorture). Et si vous aimez le style black / death mélodique des Anglais, vous aurez automatiquement reconnu le chant féminin de Sarah Jezebel Deva (ex-Cradle Of Filth) qui joue avec le groupe sur scène. Prêts pour le sixième opus de la formation ?

L’album débute avec Ascension, un titre court et pourtant déjà très énigmatique. Ces sons clairs sur cette ambiance sombre… Ce clavier… Dès les premières seconds je suis conquis, et je sens l’intensité monter. J’attends l’explosion, qui s’appelle "Revelations In Autumn Flames". Et quelle claque mes aïeux, quelle violence ! Le chant de Joe est à la fois d’une pureté et d’une noirceur infinie ! L’alternance entre scream poignant et growl caverneux est tout aussi naturelle que l’apparition des claviers planants pour soutenir les riffs rapides du groupe. Le ressenti est tout aussi dantesque sur "Temple That Breathe", dévoilé en fin d’année dernière. Encore une fois, c’est cette puissance dans le chant, sublimée par la rythmique du groupe qui donne toute sa saveur à la musique, et qui nous met directement en transe.

"Goddess Of Dark Misfits" est le premier morceau où l’on entend la magnifique voix de Sarah Jezebel Deva, qui me fait littéralement fondre. Bien que douce et cristalline, elle se marie à merveille avec celle du chanteur, et leur duo ne fait qu’embellir une composition déjà absolument merveilleuse à la base. Et le fait que la chanson soit longue n’affecte en rien sa puissance, chaque passage plus calme est rehaussé par des ambiances plus prenantes, tout comme sur "Whispers Of The Mountain Ossuary". Ce morceau, bien que plus lent et plus calme, n’est pas pour autant moins intense, bien au contraire. Et l’intensité reprendra d’un seul coup avec la théâtrale "Enthrallment", un morceau aux claviers surpuissants et très présents. Pour peux que vous soyez sensible au style, ce titre vous semblera être un chef d’oeuvre orchestral, avec les autres instruments qui savent parfaitement se démarquer de l’ensemble.

La puissance brute reviendra sur "The Shuddering Giant", en même temps que le blast déchaîné qui accompagne les hurlements morbides du chanteur, et sans même chercher à comprendre les paroles, je ressens une certaine mélancolie dans la composition. Qui se ressent inévitablement dans le break, et aussi dans la reprise. "Silent Conversation With Distant Stars" est un morceau assez particulier. A la première écoute, je l’ai trouvé très différent du reste de l’album, mais à la seconde, je l’ai directement intégré à l’album sans une once d’hésitation. Et ce qui m’interpellait, c’est en fait le son plus tranchant des guitares par rapport à des claviers plus présent, alors qu’"Erebus And Terror", le dernier titre, est plus lent à démarrer. Introduit par Sarah, le reste du groupe ne se fait pas prier pour intervenir et finalement lâcher la déferlante sur l’univers. Mais à nouveau, le fait qu’il dure neuf minutes n’est absolument pas gênant, et l’intégralité de la composition se déguste avec plaisir.

Hecate Enthroned est de retour avec un "Embrace Of The Godless Aeon" plus que surpuissant. Cette véritable fable gothique nous embarque dans un univers fantasmagorique à la fois mélancolique, intense et décadente. Que nous manque-t-il à présent… ? Eh bien oui, une expérience live. C’est avec une hâte non dissimulée que j’attends les premières dates...


Matthieu
Février 2019


Conclusion
Le site officiel : www.hecateenthroned.com