Le groupe
Biographie :

Fractal Gates est créé en Août 2007 sur les cendres de Mislead, fondé deux ans plus tôt par Stéphane Peudupin (guitare) et Sébastien Pierre (chant / clavier) officiant tous les deux dans la formation doom / death Parisienne : Inborn Suffering. Après quelques changements de line-up, celui-ci se stabilise avec l'arrivée d'Arnaud Hoarau à la guitare, Antoine Verdier à la basse et Hugo Terva à la batterie. Le groupe qui officie dans un death-metal mélodique ne tarde pas et sort dans l'année une première démo quatre titres qui reçoit un bon accueil des critiques ce qui les motive à continuer de composer. C'est ainsi que leur premier effort, "Altered State Of Consciousness", est enregistré en Août 2008 à l'Hybreed Studio avec l'aide d'Andrew Guillotin (Nemesis, Temple Of Baal, Glorior Belli, Carnal Lust). En Février 2009, Vivien Dumont remplace Hugo Terva à la batterie et Fractal Gates signe avec le label Rusty Cage Records qui sort l'album "Altered State Of Consciousness". En Août 2012, Fractal Gates entre en studio pour son album suivant. "Beyond The Self" sort début 2013 chez Great Dane Records. En 2018, "The Light That Shines" sort chez Rain Without End Records.

Discographie :

2007 : Démo 4 titres
2009 : "Altered State Of Consciousness"
2013 : "Beyond The Self"
2018 : "The Light That Shines"


Les chroniques


"The Light That Shines"
Note : 18/20

La prochaine fois qu’une éclipse solaire sera perceptible depuis la France (dans son entièreté), ce sera le 12 Août 2026. Autant dire qu’avant qu’il fasse tout noir, le chemin est encore long et rien n’est moins sûr que le fait que Mamie Jacqueline assiste à ce phénomène naturelle. Heureusement, pour nous faire patienter, Fractal Gates nous propose une nouvelle éclipse auditive répondant au nom de "The Light That Shines". En plus, celle-ci, Mamie Jacqueline peut la contempler dès maintenant. À condition qu’auparavant quelqu’un prenne grand soin de lui régler son sonotone.

Le “Sci-fi melodic death metal", c’est comme si la chaîne Syfy (canal 51 de la TNT vue par SFR) avait décidé de te passer en boucle Interstellar en changeant la bande-son. La remplacer par des mélodies perdues, des envolées mystiques et un chant venu d’une autre galaxie. Fractal Gates, quant à lui, prend l’auditeur pour un mignon petit chat et l’envoie courir après cette lumière qui brille. Et même si je n’ai jamais été fan de ces vidéos buzz à base de félins et de pointeurs lasers, force est de constater que la démonstration proposée par Fractal Gates : elle est bien belle. D’ailleurs, dans ses inspirations, comme la fameuse chaîne de la science-fiction, le slogan de Fractal Gates est certainement "au-delà de l’imagination" et au-delà du réel.

Léché jusqu’au trognon et dans ses moindres détails, "The Light That Shines" fait preuve d’une technicité et d’une réalisation exemplaire ("Dreams Apart", "Faceless"). Si le genre requiert un talent de composition et une habilité certaine, Fractal Gates pousse les besoins de la musique au maximum par cet album que nous qualifierons d’œuvre complète ("Seas Of Flames", "Chasing The Line"). Fractal Gates profite donc d’une exploration décibellistique cosmique pour nous emmener voguer dans tous les confins de sa galaxie. Des passages les plus musclés aux explorations intrépides en passant par les mélodies aérées ("Infinity", "Bound By Time"). Le tout au cours d’une prestation excellente dans un univers consacré à la science-fiction.

"The Light That Shines" est un ouvrage qui ravira aisément les fans d’Enshine, Omnium Gatherum, Insomnium ou encore Countless Skies. En te faisant courir après cette lueur qui scintille, Fractal Gates envoie ta tête fracturer des portes. Fracture garantie donc, et pas qu’anale. Bref, ça fait mal. Fractal Gates hein ! Pour la fracture anale, et quand bien même cet album a une compétence pour élargir des orifices, je ne sais pas...


Rm.RCZ
Février 2019




"Beyond The Self"
Note : 16/20

Inborn Suffering était déjà un projet magnifique, la création de Fractal Gates voici maintenant quasi six ans aura été une idée plus que nécessaire pour nous faire bénéficier d'un groupe parisien de qualité. Tandis que des dizaines de groupes naissent "des côtes" (références bibliques oblige) de groupes plus ou moins conséquents aboutissants à une efficacité proche du zéro absolu, il en est qui se distinguent par leur fabuleuse façon d'approcher la musique metal et particulièrement ici le death melodique dans sa plus large définition.

Fractal Gates en est à son second album, environ quatre années le séparent de son grand frère, ils prennent le temps de la composition, le temps de bien écrire les chansons pour toujours aboutir sur un album efficient et tellement délectable. Sébastien Pierre et Stéphane Peudupin ont une fois de plus mis le pied à l'étrier mutuellement pour développer des idées mélodiques mûrement conçues proposant un death mélodique aussi majestueux qu'on pu l'être à leur époque le "Esoptron" de Septicflesh et le "Purgatory Afterglow" de Edge Of Sanity, deux albums cultes qui resteront à tout jamais des références du genre. Et ce n'est pas sans arrière pensée que ces deux références sont citées aujourd'hui, certainement parce que ces albums ont peut-être été (sans doute parmi d'autres aussi) des albums de chevet pendant de longues périodes hivernales ou printanières des deux protagonistes à l'origine de l'écriture de ce "Beyond The Shelf"». Pourquoi ? Simplement parce que l'écoute de cet album est un hommage à Septicflesh et Edge Of Sanity par l'inspiration et par la couleur mélodique, tout en apportant une véritable touche personnelle typiquement Fractal Gates-ienne. Les couleurs sont chaleureuses, et les thèmes toujours spatiaux emmènent l'auditeur à travers des galaxies lointaines remplies de mélodies qui s'affrontent où seule la poésie en ressort vainqueur. On assiste impuissant à des rafales d'oxymores musicaux où la violence se fait douce et où la mélodie se fait harmonie, mais on retrouve l'essence qui habitait "Esoptron" et "Purgatory Afterglow", une essence pure, sauvage, sincère mais surtout intense.

Après, il est à supposer que les inspirations de Fractal Gates, qui, étant ce qu'elles sont de manière flagrante, ont pour conséquence la présence de Sotiris Vayenas (Septicflesh) sur les solos de "Timeless", et celle de Dan Swanö (Edge Of Sanity, Nightingale et beaucoup d'autres....) sur des vocaux clairs de "Everblaze" et de "Mighty Wings" (reprise du groupe Cheap Trick), qui nous ramènent rapidement à Nightingale d'ailleurs.

Ce "Beyond The Shelf", mixé et masterisé au Unisound AB par Dan Swanö a un aspect très suédois de la vieille époque mélodique des premiers jours, mais Fractal Gates regorge d'idées croustillantes et arrive aussi à offrir des spécialités grecques qui ne sont pas seulement le fruit de la distillation de Septicflesh. C'est pour cela que sur un titre comme "On Your Own" on découvre d'autres mélodies un peu plus guerrières ayant une proximité plus intime avec Rotting Christ, notamment au niveau de la rythmique, qui nous rappelle les derniers albums par moments. La voix de Sébastien Pierre, sur l'intégralité de l'album, n'est pas spécialement puissante, mais arrive tout de même à ne faire qu'un avec la musique par son côté très sombre et obscur, en s'accaparant les chansons d'une manière singulière juste ce qu'il faut pour donner la nuance gutturale parfaite.

Peut-être que dans tous ces superlatifs de congratulations, il existe un petit point noir, aussi infime qu'un excès de sébum, mais en tous les cas présent ; certains penseront que les introductions ou interludes d'environ une minute chacune que sont les pistes "Vision VII, VIII et IX" sont sans doute dispensables par leur aspect fugace et parfois insipide, mais ceci n'est que pensée subjective. Mis à part cela, c'est un nouveau joyau que Fractal Gates nous offre en digne successeur du premier album, si ce n'est en "usurpateur légitime" détrônant ainsi avec panache le non moins méritant "Altered State Of Consciousness". Les chansons se suivent inlassablement, étant complémentaires les unes des autres, ayant chacune leur propre identité comme pour "Timeless" par exemple qui reste une des plus planantes en termes d'atmosphère, oscillant entre un Pink Floyd metal et un Septicflesh rock, ou encore "We Are All Leaders" plus rock elle aussi, et également "The Experiment", certainement la plus obscure et la plus rude, ou enfin "Beyond The Self" la plus agressive.

Oh oui, "Beyond The Self" est une bouffée d'air pur intergalatique de ce début d'année, un réel bol de death mélodique intense, spatial, atmosphérique et indispensable à votre CDthèque vous pouvez en être certain. Encore une fois Great Dane Records a frappé et tapé dans la bonne pioche dans ses choix...


Arch Gros Barbare
Mai 2013




"Altered State Of Consciousness"
Note : 14/20

L'heure est venue de délaisser notre planète-terre et sa civilsation afin de se plonger dans les mystères d'un voyage intergalactique au son du death metal atmosphérique de Fractal Gates. Edifié sous l'impulsion de membres de la respectable formation Française Inborn Suffering, l'influence du doom metal vient ici s'allier à la fascinante thèmatique de la science-fiction, de la vie extra-terrestre ou encore de l'ésotérisme. Ce premier essai mené en coup de maître, enregistré à l'Hybreed Studio avec l'aide d'Andrew Guillotin (7th Nemesis, Glorior Belli, Carnal Lust, Temple Of Baal...), démontre d'un subtil sens du détail, preuve à l'appui avec un artwork alliant obscur, surnaturel et modernité, à l'image de ce que le combo propose brillament avec ce "Altered State Of Consciousness". Arrivés à destination, c'est un tout autre univers que le nôtre qui s'offre à nos oreilles comme à notre immagination, énigmatique autant que menaçant, laissant érer son auditeur à des années-lumière de la réalité, c'est pourtant conscient du danger que l'on décide de s'y engager tant son magnétisme est grand. Au delà de l'intro et de ces interludes à l'allure apocalytique, les compositions surprennent par leur ténacité, leur détermination malgré un mid-tempo assez dominant que l'on pourrait penser freinant, les intrusions mélodiques sont hypnotiques et les riffs lourds de puissance. En d'autres termes Fractal Gates a fait de ce "Altered State Of Consciousness" un abum qui ne s'écoute pas, mais un album qui se vit ! Outre une prestance remarquable, cet opus a su aussi déjouer le problème des concept-albums, à savoir une musique qui ne colle que trop peu souvent au thème, et parvient ainsi à ensorceler tout du long son auditoir sans qu'aucune onde de lassitude ne vienne à jamais le troubler. Les plus réticents sauront trouver satisfaction en Fractal Gates grâce à une musique alliant avec adresse émotions, rencontres du troisième type, mélodies enivrantes et douce furie, promettant un digne sucesseur d'ores et déjà prévu à ce premier et très concluant "Altered State Of Consciousness".


Jillian
Juin 2009


Conclusion
L'interview : Stéphane

Le site officiel : www.fractal-gates.com