Le groupe
Biographie :

Firtan est un groupe de pagan / black metal allemand formé en 2010 et actuellement composé de : Oliver König (basse, chant / Finsther Thron, Maersung), Phillip Thienger (chant, guitare, clavier / ex-Anwar), David Kempf (batterie / Algetic, Leyd, ex-Profanity, ex-Dimorph, ex-Dysfunction, ex-Grotesque Impalement, ex-Dawn Of Anger, ex-Atras Cineris, ex-Zerfall), Chris S. (guitare / ex-Ichorid), Klara Bachmair (violon) et Lukas Massinger (guitare / Lichtspielhaus, Perchta, Wesen, ex-D.A.W.N.). Firtan sort son premier album, "Niedergang", en autoproduction en Mai 2014, suivi de "Okeanos" en Juillet 2018 chez AOP Records, de "Marter" en Septembre 2022, de "Ethos" en Septembre 2024, et de "Helios" en Octobre 2026.

Discographie :

2013 : "Wogen Der Trauer" (EP)
2014 : "Niedergang"
2016 : "Innenwelt" (EP)
2018 : "Okeanos"
2022 : "Marter"
2024 : "Ethos"
2026 : "Helios"


Les chroniques


"Helios"
Note : 18/20

Firtan brille de nouveau. Pour ce cinquième album, intitulé "Helios", Phillip Thienger (chant / guitare / clavier, ex-Anwar), Oliver König (basse/chant, Finsther Thron, Maersung, Finsterforst en live), David Kempf (batterie, Algetic, ex-Zerfall), Chris S. (guitare, ex-Ichorid), Klara Bachmair (violon) et Lukas Massinger (guitare, Perchta, Wesen) renouvellent leur partenariat avec le label AOP Records, mais également Markus Stock (Empyrium, The Vision Bleak…) qui s’occupe du mix et mastering, mais aussi des claviers.

"Himsa" ouvre assez solennellement l’album, proposant une introduction douce mais assez sombre qui gagne en mélancolie avant que la violence entêtante n’apparaisse avec "Kalika's Tongue", laissant blast et riffs effrénés unir leurs forces pour rejoindre les premiers rugissements qui mettent immédiatement le ton et ancre le morceau dans la rage. Même le chant clair rend le son pesant, complété par un violon enivrant qui adoucir légèrement notre progression dans les ténèbres environnantes qui offrent des passages mystiques plus lents avant qu’"Ambrosia" ne prenne le relai, nous offrant d’abord un temps pour reprendre notre souffle pour mieux laisser le vocaliste annoncer le retour de la noirceur. On notera une approche un peu plus old school et directe sur ce titre tout de même sublimé par des orchestrations théâtrales, mais les différentes parties vocales qui se répondent le rendent également mystérieux avant que les riffs ne s’épaississent une dernière fois avant de passer à "Solis Currus", titre immédiatement hypnotique qui se sert d’harmoniques pour capturer notre attention pendant que la rythmique ne se développe. Le titre est assez changeant, mais il saura toujours retrouver sa puissance et son intensité entre deux moments de relâche, nous guidant sur la lancinante "Ascension", où les musiciens accueillent Christian Strobel (Stigmatized) pour renforcer la section vocale pendant que les riffs brumeux font naturellement leur oeuvre.

On reprend sur l’aspect brut avec "Wide Open Eye" qui développe ses tonalités imposantes tout en conservant l’agressivité et laisser son flot déferler à bonne allure, puis le long titre éponyme "Helios" nous accueille avec un son apaisant fait de choeurs et de tonalités très douces qui se métamorphosent à leur tour en épais brouillard inquiétant habité par leads perçants et grognements féroces. Les tonalités entêtantes s’intensifient, rappelant de temps à autre les voix de l’introduction pour temporiser la brutalité notamment du blast, puis Christian Strobel revient participer à "The Form Revealed", titre qui retourne à un black metal un peu plus primitif, mais qui conserve ses harmoniques enivrantes pour assurer un contraste intéressant. Le groupe nous laissera à peine quelques instants de répit avec des passages à peine plus doux avant de charger à nouveau vers "Revealing Prana" qui constituera enfin une véritable pause pour mieux enchaîner sur "The Hierophant", titre qui dépasse allègrement les dix minutes, constituant une aventure épique et changeante qui explore l'intégralité de leurs influences, qu’elles soient virulentes ou bien plus majestueuses. James Dorton (Black Crown Initiate, The Faceless, Ne Obliviscaris) participe à la cérémonie en leur compagnie en rugissant par moments, puis c’est avec Christian Höll (Perchta, Vinsta) que le groupe nous propose "Shadows Of A Dawn Unborn", revenant quelques peu à leurs racines Folk pour une dernière touche de douceur avant que "Man Of Iron", reprise de Bathory, ne vienne placer le point final à un album déjà très riche, respectant à la lettre les influences pagan.

Firtan est capable d’une violence viscérale comme d’une douceur enivrante, et c’est parfaitement ce qu’il fait avec "Helios", enchaînant très naturellement ces deux éléments en proposant des titres intenses et qui ne se ressemblent pas.


Matthieu
Octobre 2026




"Ethos"
Note : 19/20

Nouvelle percée pour Firtan. Deux ans après sa dernière production, le groupe composé de Phillip Thienger (chant / guitare / clavier, ex-Anwar), Oliver König (basse / chant, Finsther Thron, Maersung, Finsterforst en live), David Kempf (batterie, Profanity, Algetic, ex-Zerfall), Chris S. (guitare, ex-Ichorid) et Klara Bachmair (violon) dévoile "Ethos", son quatrième album. Markus Stock (Empyrium, The Vision Bleak…), responsable du mix et mastering, y joue également du dulcimer en plus de faire quelques choeurs.

C’est avec "Hrenga" que les musiciens nous laissent pénétrer dans leur noirceur, d’abord avec une introduction brumeuse, puis avec une rythmique lancinante où ils accueillent J.J. (Harakiri For The Sky, Karg) pour un duo vocal viscéral. Le son nous étouffe jusqu’à une courte accalmie qui ne sert qu’à tempérer l’oppression qui revient avant de céder sa place à "Zores" et à sa fureur immédiate d’où sortent les rugissements intenses, mais également des harmoniques inquiétantes mais mélodieuses qui tempèrent l’atmosphère avec l’aide du violon. "Contra Vermes" dévoile une touche de dissonance aérienne qui s’allie parfaitement à la déferlante, mais également une pointe de douceur bienvenue qui nous permet de respirer avant que le son ne devienne plus imposant, puis c’est dans la quiétude que "Arkanum" nous autorise à continuer notre chemin pour rencontrer des riffs majestueux. Bien qu’extrêmement lourds, ils restent mélancoliques même lorsque les vociférations puissantes sont à l’oeuvre avant que le violon ne fasse s’embraser la rythmique pour un final explosif, puis c’est avec une approche old school saisissante que "Wermut Hoch Am Firmament" nous surprend en déboulant à toute allure, accueillant L.G. (Ellende).

On notera tout de même un moment plus lent complété par des murmures avant de reprendre sa vitesse morbide initiale en rejoignant "Moloch" qui reste sur une dynamique relativement similaire tout en créant plus de moments apaisants, rendant la charge assez mystérieuse. Le final confirme cette aura obscure que l’on retrouvera sur "Ruakh" et ses premiers instants envoûtants qui se transforment en ouragan violent, mais qui sait également proposer des passages plus aériens ou mêler les deux pour alimenter son ambiance unique, qui devient à nouveau plus brumeuse sur "Komm Herbei, Schwarze Nacht". La composition s’oriente naturellement vers des teintes pesantes mais entêtantes que l’on doit aux guitares dissonantes bien que relativement douces, si bien que la progression finale devient terrifiante avant que "Wenn Sich Mir Einst Alle Ringe Schließen" ne referme l’album entre claviers et violon mélodieux.

La magie sombre de Firtan opère à nouveau sans mal sur "Ethos" qui n’hésite pas à nous envelopper dans les ténèbres pour nous émerveiller. Les musiciens savent exactement quoi faire pour capter notre attention tout en délivrant une performance intense à chaque instant.


Matthieu
Septembre 2024




"Marter"
Note : 19/20

Firtan revient. Créé en 2010 en Allemagne, le groupe composé de Phillip Thienger (chant / guitare / claviers, ex-Anwar), Oliver König (basse / chant, Finsther Thron, Maersung, Finsterforst en live), David Kempf (batterie, Profanity, Algetic, ex-Zerfall) et Chris S. (guitare, ex-Ichorid) annonce la sortie de "Marter", son troisième album, chez AOP Records.

L’album débute avec la mélancolie abrasive de "Fadir", rapidement complétée par des hurlements massifs et bruts. Le tempo effréné rend le titre agressif et très direct, avec notamment ces parties vocales aux inspirations pagan suivies de blast, d’harmoniques entêtantes et de cris viscéraux intenses, mais on remarque également quelques parties plus douces comme le break ou le final mélodieux qui nous mène à "Amor Fati" et son introduction envoûtante, rattrapée par la saturation et les hurlements furieux. Les claviers envoûtants et les guitares claires apportent ce contraste à la rage brute, créant une dualité saisissante au sein de ce long titre qui sait également laisser les rênes à un blast ravageur avant de s’apaiser pour le final, mais "Labsal" fera s’embraser la rythmique à nouveau. Le vocaliste laisse la fureur la plus brute du poète allemand Hugo Ball s’exprimer avant que les riffs saturés ne disparaissent au profit d’un doux break mélodieux et envoûteur, puis la rythmique finit par exploser avant de laisser place à "Lethe", un titre au son plus sombre.

On ressent également cette noirceur dans les interventions vocales de ce morceau dissonant, parfois lancinant ou entêtant mais toujours oppressant qui laissera place à "Parhelia" et son introduction mystérieuse suivie par un sample vocal en allemand, puis par des mélodies mystiques. Le titre saura laisser la rage sombre et viscérale parler, mais il reste ancré dans ces sonorités aériennes et mélancoliques avant que l’atmosphère ne s’apaise avec "Odem", une composition mélodieuse surmontée par des hurlements sauvages. L’ambiance reste ancrée dans cette dualité entre la douceur et la violence avant de laisser place au silence qui nous conduit à "Menetekel" et ses racines old school. Le morceau profitera d’une dissonance brute, mais également d’orchestrations apaisantes pour laisser les différentes parties vocales créer une diversité intéressante tout en conservant les influences pagan épiques avant la douce outro qui sera brisée par "Peraht", la dernière composition, qui reste dans les sonorités old school dissonantes tout en créant une vague de fureur brute et inattendue. Les choeurs renforcent cette atmosphère imposante et agressive qui finira par mourir dans la douceur de ce final apaisant.

L’univers de Firtan est fait d’un somptueux contraste entre black metal old school, influences pagan majestueuses et hurlements bruts, créant une véritable tornade viscérale mélodieuse, intense et agressive qui se canalise en une heure sur "Marter", leur dernière oeuvre en date. Impossible de ne pas être conquis.


Matthieu
Novembre 2022


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/firtanofficial