"Nifelheim"
Note : 17/20
10 ans ! Il aura fallu attendre dix ans pour un nouvel album de Fejd chez Black Lodge Records.
Composé des frères Rimmerfors (Patrik aux instruments folkloriques et au chant, Niklas au chant et à la moraharpa), d’Esko (batterie), Lennart (clavier) et Thomas (basse), Fedj sort en 2026 son nouvel album intitulé "Nifelheim". Nifelheim est un monde glacial et désolé dans la mythologie nordique. Ça, c’est du titre d’album !
Première chose que je note, les chansons globalement ont plus de punch que l’album précédent. Évidemment la comparaison avec l’album précédent se fait immédiatement vu le délai entre les deux. Sur la chanson éponyme j’ai l’impression de parcourir "Nifelheim" à bord d’un drakkar, elle sonne très guerrière et je vois dans ma tête le circle pit qui se forme lors d’un concert. On sent dans les autres chansons une certaine mélancolie, notamment dans "Nidhögg". Avec tous les groupes pagan que j’ai écoutés, j’ai l’impression d’avoir une image familière au niveau des chansons mais avec un petit truc en plus. Honnêtement en l’entendant j’ai envie de bouger dessus et en même temps envie de me poser autour d’un feu de camp pour l’écouter. Cet album me fait penser à un rêve récurrent que je fais où je suis un corbeau qui survole un champ de bataille et avec la chanson "Edsvuren" on a l’impression d’entendre une valkyrie. Fejd fait très groupe de folk qui se fait doucement influencer par le metal lors de certains passages et l’album semble très sincère et change des autres groupes. Il n’y a pas de chants ou de musiques grandiloquentes mais ça fait justement plus traditionnel que d’autres production plus “léchées”. Cet album il s’écoute autour d’un feu de camp en buvant de l’hydromel et en se racontant les sagas passées.
Impression globale : c’est trop court et j’en voulais plus mais ça valait le coup d’attendre ! Je recommanderai l’album à des personnes qui ont l’habitude d’écouter du
fFolk sans hésiter !
"Nagelfar"
Note : 14/20
Un petit break folk pour se ressourcer quand on a trop encaissé de metal dans les neurones (ce qui n'a jamais été mon cas) peut se substituer à l'écoute du groupe suédois Fejd. En première bonne surprise, le groupe chante dans sa langue natale, ce qui apporte un côté plus traditionnel.
Et en matière de folk, le groupe reste dans quelque chose d'essentiellement acoustique avec des instruments médiévaux (guimbarde, vielle à roue, flûte...). Dans ces chansons, pas de grands moments festifs ou de paroles agressives nous poussant à décrocher l'épée de sa cheminée ou sortir sa hache de sa penderie (tout le monde ne vit pas dans une maison avec cheminée). Fejd nous donne juste l'envie de les écouter et de les laisser nous raconter leurs histoires. Côté compositions musicales, ça joue parfaitement et les instruments médiévaux sont super bien exploités, on en remonterait presque dans le temps. Et quand au chant clair, ça reste plutôt bon même si par moments, on aurait aimé que celui-ci soit un peu plus poussé.
Pour l'ambiance, comme je le disais plus haut, on se laisse facilement entraîner jusqu'à la fin de l'album. Mais il manque tout de même quelque chose que je n'arrive pas à définir, peut-être un certain charisme, quelque chose qui claque et qui donne envie de s'écouter l'album en boucle. Ce qui n'empêche pas que ça reste un bon album même s'il ne traversera pas les frontières par milliers. A découvrir et à apprécier à sa juste valeur.
"Eifur"
Note : 15/20
Un an seulement après la sortie de "Storm", Fejd est déjà de retour avec un nouvel opus : "Eifur".
Et on reste dans la même lignée : c'est un album très folk aux mélodies simples et efficaces, exempt de toute violence, laissant la part belle aux instruments traditionnels, et illustré par une superbe pochette typique du genre représentant une épaisse forêt, un corbeau...
Point d'intro, l'album s'ouvre sur le sympathique "Drängen Och Kråkan" : le morceau est entraînant, les instruments folk comme la cornemuse sont très présents et la voix de Patrik chaude et rauque. Plus surprenante, l'intro de "Farsot" met en valeur la basse, puis vient s'ajouter la guimbarde, apportant un ton plus léger et plus folk au morceau. Sur le titre "Jungfru i Hindhamn", on appréciera le rythme soutenu très festif, accompagné d'un chant énergique parfaitement approprié. L'instrumental "Alvas Halling" et "Arv" sont nettement plus mélancoliques avec des tempos moins rapides. Le très bon morceau éponyme "Eifur" est plus intense, et la vielle à roue est très présente, tout comme sur "Ledung". On retrouve une ambiance plus joyeuse avec "Gryning", sur lequel on peut remarquer le rythme rapide et léger des percussions et la présence discrète de claviers. "Vårstäv", avec son chant quasiment a capella et sa partie de flûte à bec, marque un temps de "répit" et sert d'introduction au très bon "Äring", sensiblement plus rapide. "Yggdrasil", plus mélancolique, joue sur l'alternance des rythmes et est l'un des morceaux les plus accrocheurs de l'album. Et c'est sur un morceau de flûte empreint d'émotion que s'achève l'opus.
En résumé, c'est un album typiquement folk qui préfère l'émotion aux prouesses techniques sans âme, les morceaux sont simples, directs et très efficaces. Sa principale faiblesse est le manque d'originalité ; non pas que la musique soit banale ou ennuyeuse, mais certains airs sont assez similaires, et l'opus ne révolutionne pas le genre. Mais le groupe nous propose une musique de qualité accompagnée d'un chant agréable, et les instruments traditionnels sont très présents tout au long des 12 pistes. "Eifur" nous invite à un voyage musical d'une cinquantaine de minutes qu'il serait dommage de rater.
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